Philippe Herreweghe joue Brahms et Bruckner

herrewghe Philippe-Herreweghe-c-Michiel-HendryckxPOITIERS, TAP. Dim 10 nov 2019. BRAHMS, BRUCKNER, Herreweghe. Le chef flamand Philippe Herreweghe est familier des deux compositeurs que tout opposa en leur temps. Si Bruckner se rĂ©clame de l’orchestre et de l’esthĂ©tique wagnĂ©rienne- l’auteur du Ring Ă©tant son dieu, Brahms venu de Hambourg se fixe Ă  Vienne oĂč il prolonge la musique Ă©lĂ©gantissime, trĂšs architecturĂ©e, inspirĂ©e directement des classiques Haydn, Mozart, Beethoven (Hans von Bulow, chef d’orchestre rĂ©putĂ© ne disait-il pas de sa 1Ăšre symphonie qu’il s’agissait de la 10Ăš du grand Ludwig ?) 

Brahms johannes concertos pianos orchestre par adam laloum nelson freire critique annonce par classiquenewsLe Double Concerto est l’Ɠuvre d’un Brahms mĂ»r de plus en plus soucieux de perfection formelle (il venait de crĂ©er sa parfaite 4Ăšme symphonie). Le double Concerto fut d’abord Ă©crit pour violoncelle mais le compositeur y adjoint une partie de violon pour son ami, le cĂ©lĂšbre violoniste Joseph Joachim, dĂ©dicataire ; il s’agissait alors d’une “partition de rĂ©conciliation” comme l’a Ă©crit trĂšs justement la seule femme qui ait vraiment comptĂ© dans sa vie: la virtuose au piano et la compositrice Clara Schumann. L’oeuvre interrompt une brouille avec Joachim qui aura durĂ© 3 annĂ©es. L’écriture des 3 mouvements rĂ©capitule les Ă©pisodes de leur relation en dents de scie.

C’est en compagnie de la violoniste Isabelle Faust venue le jouer Ă  Poitiers en 2012, mais aussi du violoncelliste Christian PoltĂ©ra, que Philippe Herreweghe dirige pour la premiĂšre fois cette Ɠuvre, Ă  la tĂȘte de son Orchestre des Champs ElysĂ©es.

bruckner anton-499823De Bruckner toujours mĂ©sestimĂ© ou malcompris en France, quand il n’est pas caricaturĂ©-, Philippe Herreweghe s’est fait une quasi spĂ©cialitĂ©, rĂ©vĂ©lant a contrario de la tradition des chefs romantiques allemands sur instruments modernes, souvent Ă©pais et grandiloquents, la transparence et la sensibilitĂ© instrumentale d’un Bruckner soucieux de timbres et de couleurs comme aussi vigilant quant aux plans parfaitement architecturĂ©s. Telle nouvelle approche est permise aujourd’hui par les instruments d’Ă©poque aux timbres mieux caractĂ©risĂ©s.

La 2Ăšme symphonie, aux magnifiques proportions, Ă©tait la premiĂšre Ă  exposer la texture inimitable du compositeur autrichien et allait devenir le modĂšle de ses sept autres symphonies. C’est donc un fabuleux concert symphonique auquel nous convient le chef et ses instrumentistes, immergeant le spectateur au centre de la grande forge orchestrale oĂč se dĂ©ploient et dialoguent la soie lyrique des cordes, les couleurs des bois, les appels plus vĂ©hĂ©ments des pupitres de cuivres organisĂ©s en fabuleuses et majestueuses fanfares. C’est moins une puissante confrontation de blocs instrumentaux singularisĂ©s que la conjonction alternĂ©e de pupitres Ă©loquents, complĂ©mentaires qui se rĂ©pondent
 Ce qui prime alors chez Bruckner, c’est l’espace et le mysticisme d’un croyant sincĂšre, wagnĂ©rien de cƓur.

 

 

 

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Durée : 1h45 avec entracte

BRAHMS : Symphonie n°2
BRUCKNER : double concerto pour violon et violoncelle
avec

Isabelle Faust, violon
Christian Poltéra, violoncelle

POITIERS, TAPboutonreservation
Dimanche 10 novembre 2019, 15h

Orchestre des Champs Elysées
Philippe Herreweghe, direction

RÉSERVATIONS ici
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/brahms-bruckner/

 

 

 

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Approfondir : cd

Brahms par Philippe Herreweghe et l’Orchestre des Champs ElysĂ©es :

brahms orchestre champs elysees philippe herreweghe symphonie 4 rhapsodie pour alto anna hallenberg critique review cd classiquenews CLIC de classiquenews avril 2017CD, compte rendu critique. CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2017. JOHANNES BRAHMS : Symphonie n°4 (2015), Alt-Rhapsodie (2011) – Schcksalslied. Ann Hallenberg, Collegium Vocale Gent, Orchestre des Champs-ElysĂ©es. Philippe Herreweghe, direction. 25 ans que l’Orchestre des champs-Élysees dĂ©fend les vertus sonores, esthĂ©tiques, pĂ©dagogiques des instruments anciens: les apports en sont multiples dans la prĂ©cision et la caractĂ©risation des timbres plutĂŽt que le volume ; dans l’acuitĂ© renforcĂ©e du geste expressif aussi car bien sĂ»r il ne suffit pas de jouer sur des cordes en boyau pour sublimer une partition. Il faut Ă©videmment soigner (aussi, surtout) sa technique (jeu d’archet, etc
), ou aiguiser son style. Mais ici si l’auditeur et l’instrumentiste gagnent une intensitĂ© poĂ©tique dĂ©cuplĂ©e, l’exigence de prĂ©cision et d’articulation compensent la nettetĂ© souvent incisive du trait et de chaque accent. Autant de bĂ©nĂ©fices qui replacent le jeu et l’interprĂ©tation au cƓur de la dĂ©marche
 De ce point de vu, 25 ans aprĂšs sa crĂ©ation, l’OCE portĂ© par la direction affĂ»tĂ©e, prĂ©cise de son chef fondateur, Philippe Herreweghe, affirme une santĂ© rĂ©gĂ©nĂ©ratrice absolument captivante, dĂ©poussiĂ©rant des Ɠuvres que l’on pensait connaĂźtre.

philippe herreweghe a conversation with camille de rijck alpha livre 5 cd critique compte rendu alpha par classiquenews annonce reviewCD LIVRE, Ă©vĂ©nement. Annonce et critique. A conversation with 
Philippe Herreweghe (Livre, entretien, 5 cd / ALPHA / Phi). La pensĂ©e est libre, sans entrave, d’une prĂ©cision peu commune et surtout, avec le temps qui passe, et « qui reste », comme portĂ©e, sublimĂ©e par l’obligation viscĂ©rale de rĂ©aliser ce qui doit encore l’ĂȘtre. C’est un musicien qui a pensĂ© la musique, la façon de la vivre, d’en faire, de la servir. A ce titre, l’excellence a toujours inspirĂ© Philippe Herreweghe, tout au long de son parcours artistique, qui pour ses 70 ans en 2017, et aussi les 25 ans de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, – « son » orchestre sur instruments anciens, se dĂ©voile ici, sans mots couverts. A la libertĂ© perfectionniste du geste quelque soit les rĂ©pertoires (et pas seulement baroque et luthĂ©rien : puisque son champs d’exploration va de JS Bach Ă  Stravinsky, en passant par Beethoven, Berlioz, Gesualdo, Dvorak, Mahler, Bruckner et Brahms / superbe et rĂ©cente Symphonie n°4 – CLIC de CLASSIQUENEWS), rĂ©pond ici la libertĂ© de la parole, parfois incisive sur la rĂ©alitĂ© humaine, sociale, artistique des musiciens en France, et en Europe, des orchestres routiniers abonnĂ©s au moindre et Ă  la paresse,
 pour entretenir le feu sacrĂ©, l’excellence donc musicale, mais aussi la cohĂ©sion dynamique du groupe, qu’il s’agisse surtout des choeurs dirigĂ©s (comme le Collegium vocale gent), ou l’OCE / Orchestre des champs-Ă©lysĂ©es), rien ne compte plus que 
 l’absolue perfection. Un but, une vocation qui ne sont jamais nĂ©gociable.

CD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie Manfred Honeck (Pittsburgh Symph Orch, 2018)

bruckner-symphony-no-9 pittsburgh symphony orchestra cd annonce critique cd review cd classiquenews critique cd opera symphonies symphonies musique classique newsCD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie Manfred Honeck (Pittsburgh Symph Orch, 2018). VoilĂ  un programme Ă©loquent et clair qui dĂ©voile la direction « centrale », trĂšs Ă©quilibrĂ©e du chef autrichien nĂ© dans le Vorarlberg en Autriche en sept 1958, Manfred Honeck. Le voici dirigeant le Symphonique de Pittsburgh. La 9Ăš est la derniĂšre partition symphonique de Bruckner, laissĂ©e hĂ©las inachevĂ©e. Bruckner particuliĂšrement dĂ©couragĂ© aprĂšs la mauvaise rĂ©ception de la 8Ăš, dĂ©laisse la plume pour ne la reprendre qu’en avril 1891. La partition de l’Adagio restera orpheline du Finale qui devait lui succĂ©der, la 9Ăš reste l’InachevĂ©e. Et dans l’Adagio, Bruckner exprime cette quĂȘte au repos, Ă  la grĂące qu’en croyant sincĂšre, il espĂ©rait atteindre.
Au gouffre dantesque, terrifiant du Scherzo, le plus beau jamais « écrit par l’auteur, rĂ©pond la priĂšre et l’adieu de l’Adagio
 Atteint de PleurĂ©sie, Bruckner devait s’éteindre en octobre 1896.
Justement, il n’est que d’écouter attentivement le dernier (3Ăš) Ă©pisode / le dernier mouvement (Adagio : Sehr langsam, feierlich, de presque 30 mn) pour mesurer le sĂ©rieux et la haute façon du chef, directeur musical du Pittsburgh Symph Orch, MANFRED HONECK que ses origines viennoises, rattachent Ă  la tradition des chefs Ă©lĂ©gants et hĂ©donistes. Il est soucieux surtout Ă  la façon d’un Karajan, d’une sonoritĂ© ronde et fondue, (lisse et linĂ©aire diront les plus critiques), mais solarisĂ©e comme les plus grands brucknĂ©riens (Jochum, Boehm, Wand, Masur,
).

WAGNER sublimé  Le dĂ©but aux cordes seules dessinent dans l’éther, la citation sublimĂ©e du Parsifal de Wagner (le modĂšle absolu de Bruckner). Expression d’un absolu spirituel et d’une profonde sĂ©rĂ©nitĂ©, l’Adagio approfondit la foi inextinguible du compositeur de Linz  en un ample tableau qui dĂ©colle et se maintient suspendu au dessus de l’existence terrestre, prĂ©ludant bien des dĂ©veloppements chez Mahler : mĂ» par une ardente ferveur, Honeck construit Ă  partir de cette sidĂ©ration wagnĂ©rienne plusieurs accents d’une totalitĂ© assumĂ©e, Ă©panouie qui enfle les cuivres, nobles et majestueux ici, d’une rĂ©sonance presque secrĂšte, voire Ă©nigmatique. Manfred Honeck ne cherche pas la dĂ©clamation superfĂ©tatoire mais plutĂŽt l’aspiration vers l’autre monde. Il dĂ©graisse l’orchestration ailleurs Ă©paisse voire lourde de Bruckner.
Dans cette vision intĂ©rieure, trĂšs intimiste, le ruban des cordes exprime l’absolu certitude et l’espĂ©rance de temps futurs enfin rĂ©solus, sans entraves ni tension. Une sorte d’extase spirituelle que seule l’orchestre colossal ici peut exprimer, entre l’hommage Ă  Wagner, en sa gravitĂ© renouvelĂ©e et R Strauss (Symphonie Alpestre). Une priĂšre qui touche par sa sincĂ©ritĂ© : Honeck lui apporte la couleur et l’éloquence requises. TrĂšs convaincant.

CD critique. BRUCKNER : 9Ăš symphonie « inachevĂ©e » (Pittsburgh Symph Orch, Manfred Honeck – 2018 – 1 cd Fresh / RR)

CD, annonce. BRUCKNER : Symphonie n°9 (Pittsburgh Symphony, Manfred Honeck – 1 cd Fresh Live fĂ©v 2018)

bruckner-symphony-no-9 pittsburgh symphony orchestra cd annonce critique cd review cd classiquenews critique cd opera symphonies symphonies musique classique newsCD, annonce. BRUCKNER : Symphonie n°9 (Pittsburgh Symphony, Manfred Honeck – 1 cd Fresh Live fĂ©v 2018). Directeur musical du Pittsburgh Symphony Orchestra (depuis 2008), Manfred Honeck a un calendrier chargĂ© cet Ă©tĂ© 2019 : il dirige la Conducting Academy (acadĂ©mie de direction d’Orchestre) au Gstaad Menuhin Festival (Suisse) Ă  l’invitation de Christoph MĂŒller, intendant gĂ©nĂ©ral du Festival
 en fĂ©vrier 2018, le chef autrichien, ex assistant de Claudio Abbado, enregistrait en fĂ©vrier 2018, en une prise live, la spectaculaire et monumentale Symphonie n°9 de Bruckner
 composĂ©e en 1896 et laissĂ©e 
 malĂ©diction du chiffre dans l’histoire des compositeurs, 
 inachevĂ©e.
MalgrĂ© sa dĂ©mesure et sa majestĂ© grandiloquente, la 9Ăš de Bruckner exprime les inquiĂ©tudes comme l’espĂ©rance du croyant. La prĂ©sence divine n’est jamais loin, toujours prĂȘte Ă  se manifester, quand pĂšse l’obscuritĂ© de l’abandon et de la souffrance. Lui-mĂȘme rĂ©dacteur du livret accompagnant l’enregistrement, Manfred Honeck prĂ©sente les options de son interprĂ©tation, une Ă©popĂ©e orchestrale qui traverse de grandes plages intranquilles et sombres, parfois frappĂ©es par l’angoisse, mais que porte toujours une indĂ©fectible certitude spirituelle. En 3 mouvements seulement, le massif brucknĂ©rien dĂ©veloppe cependant des dimensions colossales : le mouvement I dĂ©passe 25 mn et la partition s’achĂšve en un ample Adagio de plus de 27 mn, expression de la foi d’une Ăąme brĂ»lante et insatisfaite, celle d’Anton Bruckner.

C’est le dĂ©jĂ  9Ăš enregistrement de l’orchestre symphonique de Pittsburgh. Nouveau jalon d’une sĂ©rie enregistrĂ©e (Pittsburgh Live! Series) qui a comptĂ© auparavant en particulier la Symphonie n°5 de Shostakovich / Chostakovitch et l’Adagio pour cordes seules de Barber.

 

 

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Bruckner: Symphonie n°9
Pittsburgh Symphony Orchestra
Manfred Honeck, direction
(1896 – inachevĂ©e)

I. Feierlich – Sehr ruhig
II. Scherzo: Bewegt, lebhaft – Trio: Schnell
III. Adagio: Sehr langsam, feierlich

Enregistrement Live SACD rĂ©alisĂ© au Heinz Hall, en fĂ©rvier 2018, rĂ©sidence du Pittsburgh Symphony Orchestra (PSO). – Parution : le 23 aoĂ»t 2019 – 1 cd SACD FRESH! – prochaine critique dĂ©veloppĂ©e dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS

KARAJAN 2019 : Les 30 ans de la mort (1989 – 2019) Symphonies de BRUCKNER et TCHAIKOVSKY / Berliner Philharmoniker (DG)

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_ETE 2019. Deux coffrets opportuns viennent rappeler l’hĂ©ritage d’un grand chef du XXĂš, Herbert Van Karajan (nĂ© en 1908, mort en 1989) dont les 30 ans de la disparition seront ainsi cĂ©lĂ©brĂ©s par DG Deutsche Grammophon ce 16 juillet 2019. Autant dire que le label de Hambourg, le plus prestigieux au monde, fort d’un catalogue inĂ©galĂ©, rend hommage Ă  l’un des piliers de sa gloire et de sa pertinence artistique, toujours bien vivaces aujourd’hui. Avec ses chers Philharmoniker de Berlin, le chef septuagĂ©naire Ă  la stature d’empereur, enregistre l’intĂ©grale des symphonies de Bruckner (1 Ă  9, Ă  Berlin de janvier 1975 Ă  janvier 1981), et de Tchaikovsky (6 Symphonies, entre octobre 1975 et fĂ©vrier 1979)
 le geste est carrĂ©, parfois dĂ©clamatoire mais jamais court, parfois emphatique mais habitĂ© ; jouant sur une spatialisation nouvelle du son, plus concentrĂ© que rayonnant, pourtant souvent dĂ©taillĂ© (Tchaikovski), Karajan affirme une esthĂ©tique de l’enregistrement particuliĂšrement fouillĂ©e, Ă  laquelle il a participĂ© au premier rang.

CLIC_macaron_2014Le souffle impĂ©rial de ses Bruckner auxquels il garantit aussi une introspection majestueuse en liaison avec la foi sincĂšre du compositeur de Linz ; la tendresse et cette prĂ©sence obsessionnelle du Fatum chez Piotr Illiytch fondent la valeur des 2 coffrets, remarquablement remixĂ©s pour l’occasion (cd et Blu-ray audio HD 96khz / 24 bit. Soit dans un format master des plus optimisĂ©. 2 coffrets incontournables.

 

 

 

CD, coffret événement. KARAJAN : 9 symphonies de Bruckner (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 9 cd DG Deutsche Grammophon)

CD, coffret événement. KARAJAN : 6 Symphonies de Tchaikovski (Berliner Phil. Herbert von Karajan, 4 cd DG Deutsche Grammophon)

 

 

 

BRUCKNER symphonies 1 - 9 Berliner Philharmoniker coffret set box 9 cd DG Deutsche Grammophon review cd critique par classiquenews KARAJAN 2019 71-ssYNLWdL._SL1200_

 

 

TCHAIKOVSKY-symphonies-1---6-30th-anniversary-1989-2019-Berliner-Philharmoniker-coffret-set-box-9-cd-DG-Deutsche-Grammophon-review-cd-critique-par-classiquenews-KARAJAN-2019

 

 

 
 

 

APPROFONDIR

 

 

LIRE aussi nos articles et dossiers HERBERT VON KARAJAN, dont le bilan des coffrets édités pour les 25 ans de la mort de Karajan en 2014 :

Karajan20025 ans aprĂšs sa mort (1989), le chef autrichien Herbert von Karajanlaisse un hĂ©ritage musical et esthĂ©tique qui s’incarne par le disque : titan douĂ© d’une hypersensibilitĂ© fructueuse chez Beethoven, Schumann, Tchaikovski, Richard Strauss, Brahms entre autres 
, Karajan s’est forgĂ© aussi une notoriĂ©tĂ© lĂ©gitime grĂące Ă  son souci de la qualitĂ© des enregistrements qu’il a pilotĂ©s et rĂ©alisĂ©s pour Deutsche Grammophon. Outre la virtuositĂ© habitĂ©e, un sens innĂ© pour la ciselure comme le souffle Ă©pique de la fresque, Karajan a marquĂ© l’histoire de l’enregistrement par son exigence absolue. Une acuitĂ© inĂ©dite pour d’infimes nuances rĂ©vĂ©lant l’opulence arachnĂ©enne des timbres
 tout cela s’entend dans le geste musical comme dans la prise de son
 dans son intĂ©grale de 1961-1962 des Symphonies de Beethoven, magistralement captĂ©es dans le respect de la vie et de la palpitation
 Pour ses 25 ans, le prestigieux label jaune rĂ©Ă©dite une sĂ©rie de coffrets absolument incontournables. Voici notre sĂ©lection d’incontournables. LIRE notre sommaire articles et dossiers HERBERT VAN KARAJAN

 

Symphonie n°3 “Wagner” de BRUCKNER

FRANCE MUSIQUE, Dim 3 fĂ©v 2019, 16h. BRUCKNER : Symphonie n°3. Tribune des critiques de disques. Quelle est la meilleure version et pourquoi ? Passage en revue des versions diverses enregistrĂ©es pour le disque de la 3Ăš Symphonie de Bruckner. MarquĂ© par Wagner qui fut son idole et une source intarissable d’inspiration, Bruckner, organiste et plutĂŽt croyant, a bĂąti une cathĂ©drale symphonique aussi impressionnante que celle de Brahms ; une gageure impressionnante pour ce solitaire, humainement discret voire effacĂ© qui n’a cessĂ© de rĂ©viser l’écriture de chaque opus symphonique.
Justement, en rĂ© mineur (comme celle unique de Franck), la Symphonie n°3 dite Wagner, composĂ©e Ă  partir de la fin 1872, est le chantier de rĂ©visions incessantes et demeura inĂ©dite jusqu’à sa publication en 
 1977. Pendant longtemps, il n’en exista qu’un enregistrement, vite rattrapĂ© par d’autres, sur instruments modernes, sur instruments d’époque (Herreweghe), et rĂ©cemment par le plus convaincant, Andris Nelsons avec le GewandhausOrchester Leipzig

http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-bruckner-symphonie-n3-wagner-ouverture-de-tannhauser-andris-nelsons-gewandhausorchester-leipzig-1-cd-deutsche-grammophon-leipzig-juin-2016/

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, Dimanche 3 février 2019
16h : Symphonie n°3 de BRUCKNER
Tribune des critiques de disques
Quelle est la meilleure version et pourquoi ?

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bruckner1Dans l’ombre de Wagner
 Bruckner poursuit le cycle de ses rĂ©fections en 1877, assurant lui-mĂȘme la crĂ©ation de son opus, Ă  Vienne le 16 dĂ©c 1877 : Ă©chec retentissant. Il rĂ©vise encore son Ɠuvre, courant 1878, raccourcissant chaque mouvement, sauf le Scherzo; augmentĂ© d’une nouvelle coda plus dĂ©veloppĂ©e (version Haas) ; pourtant dans sa version plus tardive, Nowak ne garde cette coda rajoutĂ©e par Bruckner
 car il prit en compte de nouvelles coupes rĂ©alisĂ©es par Bruckner vieillissant et contraint Ă  de nouvelles tailles (contre son grĂ©) en 1888 – 1889 : le choix et la justification des versions demeurent une question ouverte probablement jamais rĂ©solue. A chaque chef et musicologue de justifier ses choix et d’en dĂ©fendre la cohĂ©rence.
La 3Ăš est une Ɠuvre charniĂšre : plus vaste et d’un souffle Ă©pique grandiose que les symphonies antĂ©rieures ; elle annonce le gigantisme et l’architecture du colossal des symphonies qui suivent, mais avec cette carrure instrumentale et cette alliance des timbres spĂ©cifiques au compositeur ; suractivitĂ© des cordes, opulence des cuivres
 une orchestration trĂšs proche de celle de son modĂšle trĂšs prĂ©sent dans la partition, Wagner. Peu de chefs se sont finalement intĂ©ressĂ©s en profondeur Ă  la signification et au sens de la 3Ăš symphonie Wagner de Bruckner, focusant plutĂŽt sur les derniĂšres ; pourtant la 3Ăš pose clairement les piliers du gĂ©nie orchestral de Bruckner : ceux d’une inspiration sincĂšre malgrĂ© sa dĂ©mesure ; d’une quĂȘte et d’un idĂ©al (en liaison avec son propre mysticisme et la glorification de Dieu), qui recherche constamment les Ă©quilibres dans la matiĂšre sonore, l’une des plus riches et des plus impressionnantes.
DurĂ©e : presque 1h – 4 mouvements : Moderato con moto / Adagio quasi andante / Scherzo vivacema non troppo / Finale (Allegro).

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VOIR le teaser de la Symphonie n°3 de Bruckner par Andris Nelsons (Leipzig, printemps 2017) – le maestro nommĂ© directeur musical en 2018 de l’orchestre, a amorcĂ© en 2017 une intĂ©grale des symphonies de Bruckner…

https://www.youtube.com/watch?v=n6DXK4kd79w

https://www.youtube.com/watch?v=n6DXK4kd79w

POITIERS, TAP. Concert WAGNER et BRUCKNER

Philippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs ElysĂ©es Ă  PoitiersPOITIERS, TAP. Mer 14 nov 2018. Wagner, Bruckner. SoirĂ©e symphonique, germanique et romantique au TAP de Poitiers, grĂące Ă  la force de persuasion de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, phalange en rĂ©sidence au sein du thĂ©Ăątre poitevin, comprenant un auditorium aux qualitĂ©s acoustiques exceptionnels, Ă  notre avis pas assez reconnues. A 20h30, rĂ©cital lyrique et symphonique. Cycle de lieder avec orchestre pour soprano tout d’abord oĂč la cantatrice, experte en mĂ©lodies françaises, VĂ©ronique Gens, chante le cycle des Wesendonck-Lieder que Richard Wagner dĂ©dia Ă  sa passion pour son hĂŽtesse et protectrice en Suisse, Mathilde Wesendock (laquelle a Ă©crit aussi les poĂšmes du cycle). Idylle consommĂ©e ou non, il nous reste plusieurs chants embrasĂ©s, oĂč s’accomplissent l’enchantement et l’extase amoureuse, dont la mĂ©lodie de Tristan (celle de la nuit d’amour de l’acte II). D’une irrĂ©sistible langueur enivrĂ©e.

 

 

concert voix et orchestre au TAP de POITIERS

Romantisme lyrique et symphonique

bruckner1Puis l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es interprĂšte le massif brucknĂ©rien qui doit tant Ă  
 Wagner. Bruckner vouant une admiration sans borne pour le MaĂźtre de Bayreuth. Poitiers affiche la Symphonie n°4 de Bruckner, dite « Romantique » avec ses claires rĂ©fĂ©rences au monde chevaleresque mĂ©diĂ©val, 
( tristanesque ?)   « Ville mĂ©diĂ©vale, chevaliers se lançant au-dehors sur de fiers chevaux, Amour repoussĂ©, et mĂȘme Danse pour le repas de chasse ».
 Philippe Herreweghe aborde la symphonie avec une clartĂ© dĂ©taillĂ©e et un sens de l’analyse qui restitue le relief de l’architecture et l’acuitĂ© des timbres instrumentaux, ce dans un format et des Ă©quilibres sonores affinĂ©s, comme le permet trĂšs justement la spĂ©cificitĂ© des instruments d’époque.

Dite “Romantique”, la QuatriĂšme ouvre le cycle des Symphonies brucknĂ©riennes “en majeur”. Il existe trois versions connues, validĂ©es par l’auteur. Bruckner compose la partition originale de janvier Ă  novembre 1874 et la dĂ©die au Prince Constantin Hohenlohe, espĂ©rant une protection. La pĂ©riode est difficile pour le musicien qui n’a presque plus rien pour vivre. L’oeuvre ne sera rĂ©vĂ©lĂ©e au concert que dans sa version originelle Ă©ditĂ©e par Nowak
 en 1975! En 1878, Bruckner reprenait les deux premiers mouvements, puis en 1880, rĂ©Ă©crivait le finale. C’est cette derniĂšre version, la troisiĂšme, qui fut crĂ©Ă©e Ă  Vienne, le 20 fĂ©vrier 1881 sous la direction de Hans Richter. Le compositeur cite Parsifal de Wagner et l’instrumentation de son cher modĂšle



Gestion des cuivres (souvent colossaux), rondeur chantante des bois, mer et houle des cordes
 comment le chef saura-t-il piloter le langage brucknĂ©rien ? Il est aussi question de souffle majestueux et de grandeur, comme de mysticisme car Bruckner Ă©tait habitĂ© par l’idĂ©al chrĂ©tien, Ă©tant trĂšs croyant. RĂ©ponse ce 14 nov 2018 dans le superbe auditorium du TAP de Poitiers.

 

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Programme

> Richard Wagner : Wesendonck-Lieder
> Anton Bruckner : Symphonie n° 4 en mi bémol majeur « Romantique »

ORCHESTRE DES CHAMPS ELYSEES
Philippe Herreweghe, direction
VĂ©ronique Gens, soprano

 

 

 

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boutonreservationPOITIERS, TAP.
Mercredi 14 novembre 2018, 20h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/bruckner-wagner/

1h40, avec entracte

 

 

wesendonck-matilde-lieder-wagner-concerts
 

 

Mathilde Wesendonck inspire Ă  Ricahrd Wagner un amour considĂ©rable : les poĂšmes de la protectrice suscitent l’un des cycles les plus enchanteurs et amoureux du compositeur romantique (DR)

 

 

 

 

POITIERS, TAP. Concert WAGNER et BRUCKNER

Philippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs ElysĂ©es Ă  PoitiersPOITIERS, TAP. Mer 14 nov 2018. Wagner, Bruckner. SoirĂ©e symphonique, germanique et romantique au TAP de Poitiers, grĂące Ă  la force de persuasion de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, phalange en rĂ©sidence au sein du thĂ©Ăątre poitevin, comprenant un auditorium aux qualitĂ©s acoustiques exceptionnels, Ă  notre avis pas assez reconnues. A 20h30, rĂ©cital lyrique et symphonique. Cycle de lieder avec orchestre pour soprano tout d’abord oĂč la cantatrice, experte en mĂ©lodies françaises, VĂ©ronique Gens, chante le cycle des Wesendonck-Lieder que Richard Wagner dĂ©dia Ă  sa passion pour son hĂŽtesse et protectrice en Suisse, Mathilde Wesendock (laquelle a Ă©crit aussi les poĂšmes du cycle). Idylle consommĂ©e ou non, il nous reste plusieurs chants embrasĂ©s, oĂč s’accomplissent l’enchantement et l’extase amoureuse, dont la mĂ©lodie de Tristan (celle de la nuit d’amour de l’acte II). D’une irrĂ©sistible langueur enivrĂ©e.

 

 

concert voix et orchestre au TAP de POITIERS

Romantisme lyrique et symphonique

bruckner1Puis l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es interprĂšte le massif brucknĂ©rien qui doit tant Ă  
 Wagner. Bruckner vouant une admiration sans borne pour le MaĂźtre de Bayreuth. Poitiers affiche la Symphonie n°4 de Bruckner, dite « Romantique » avec ses claires rĂ©fĂ©rences au monde chevaleresque mĂ©diĂ©val, 
( tristanesque ?)   « Ville mĂ©diĂ©vale, chevaliers se lançant au-dehors sur de fiers chevaux, Amour repoussĂ©, et mĂȘme Danse pour le repas de chasse ».
 Philippe Herreweghe aborde la symphonie avec une clartĂ© dĂ©taillĂ©e et un sens de l’analyse qui restitue le relief de l’architecture et l’acuitĂ© des timbres instrumentaux, ce dans un format et des Ă©quilibres sonores affinĂ©s, comme le permet trĂšs justement la spĂ©cificitĂ© des instruments d’époque.

Dite “Romantique”, la QuatriĂšme ouvre le cycle des Symphonies brucknĂ©riennes “en majeur”. Il existe trois versions connues, validĂ©es par l’auteur. Bruckner compose la partition originale de janvier Ă  novembre 1874 et la dĂ©die au Prince Constantin Hohenlohe, espĂ©rant une protection. La pĂ©riode est difficile pour le musicien qui n’a presque plus rien pour vivre. L’oeuvre ne sera rĂ©vĂ©lĂ©e au concert que dans sa version originelle Ă©ditĂ©e par Nowak
 en 1975! En 1878, Bruckner reprenait les deux premiers mouvements, puis en 1880, rĂ©Ă©crivait le finale. C’est cette derniĂšre version, la troisiĂšme, qui fut crĂ©Ă©e Ă  Vienne, le 20 fĂ©vrier 1881 sous la direction de Hans Richter. Le compositeur cite Parsifal de Wagner et l’instrumentation de son cher modĂšle



Gestion des cuivres (souvent colossaux), rondeur chantante des bois, mer et houle des cordes
 comment le chef saura-t-il piloter le langage brucknĂ©rien ? Il est aussi question de souffle majestueux et de grandeur, comme de mysticisme car Bruckner Ă©tait habitĂ© par l’idĂ©al chrĂ©tien, Ă©tant trĂšs croyant. RĂ©ponse ce 14 nov 2018 dans le superbe auditorium du TAP de Poitiers.

 

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Programme

> Richard Wagner : Wesendonck-Lieder
> Anton Bruckner : Symphonie n° 4 en mi bémol majeur « Romantique »

ORCHESTRE DES CHAMPS ELYSEES
Philippe Herreweghe, direction
VĂ©ronique Gens, soprano

 

 

 

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boutonreservationPOITIERS, TAP.
Mercredi 14 novembre 2018, 20h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/bruckner-wagner/

1h40, avec entracte

 

 

CD. Bruckner : Symphonie n°4 (Pittsburgh Symphony Orchestra, Manfred Honeck, 2013)

bruckner manfred honeck symphonie 4CD. Bruckner : Symphonie n°4 (Pittsburgh Symphony Orchestra, Manfred Honeck, 2013). Lecture remarquable que celle du chef Manfred Honeck qui surclasse bien des approches que la comparaison fait paraĂźtre dures, contrastĂ©es voire schĂ©matiques. Le travail sur la transparence, le contrĂŽle des dynamiques, servi par un sens architectural et hĂ©doniste, en particulier dans le dernier mouvement, Finale, le plus long, oĂč pour une fois, la lisibilitĂ© des pupitres ne signifie pas opposition schĂ©matique mais au contraire fusion des timbres, en une texture sonore Ă  l’ampleur et la rondeur… wagnĂ©rienne. Le relief expressif, cette opulence qui sait aussi creuser l’onirisme chambriste, et la nettetĂ© des bois et des vents dans les sĂ©quences rĂȘveuses, offre une synthĂšse, faisant de Bruckner, un symphoniste accompli d’une richesse d’intentions prodigieuses, le chaĂźnon essentiel Ă  l’orĂ©e de Schubert (pour les arriĂšres plans vĂ©ritablement murmurĂ©s et voilĂ©s comme des lointains traitĂ©s en songe), Mahler et Wagner.

Bruckner solarisé

Directeur musical du Pittsburgh Symphony Orchestra (PSO) depuis 2008, le chef autrichien Manfred Honeck dĂ©livre ici une sensibilitĂ© saisissante, accordant toute l’attention Ă  un Bruckner ciselĂ© dans la… dĂ©licatesse et le raffinement. Moins le maestro en fait, plus son geste Ă©claircit, allĂšge, approfondit une portĂ©e onirique que l’on avait finit par oublier chez le compositeur. Pas surprenant que le chef, gĂ©nĂ©reux, amoureux mĂȘme, et aussi douĂ© d’une noblesse dramatique trĂšs sĂ©duisante, ait suffisamment convaincu ses instrumentistes pour ĂȘtre reconduit jusqu’en 2020 !

CLIC_macaron_2014Le co fondateur avec Claudio Ababdo de l’orchestre des jeunes Gustav Mahler signe une version articulĂ©e, claire, qui sait aussi parler le colossal. La gestion des cuivres reste d’une prĂ©cision impeccable, parfaitement Ă©quilibrĂ©e, et le chant des bois, enchanteur. Certains reprocheront la sĂ»retĂ© trop hĂ©doniste, un calme solennel et souverain, mais la vertu principale du chef Honeck, c’est sa rondeur dans la clartĂ©, son dramatisme dans l’Ă©quilibre justement, la nostalgie irrĂ©sistible et la qualitĂ© des piani qui se dĂ©gagent par exemple de la derniĂšre section du Finale. Le sens des respirations, l’approfondissement qui s’en dĂ©gage (Ă©lĂ©vation et introspection de l’Andante quasi allegretto) rejoint les meilleurs versions lĂ©gendaires Ă  juste titre, celles isolĂ©ment de Giulini, Wand, Boehm. Dans l’Ă©noncĂ© filigranĂ© du Finale, se prĂ©cise peu Ă  peu l’annonce d’une aurore et la promesse d’un monde nouveau, quand beaucoup de chefs ne soignent que le ronflant et le majestueux : Honeck rĂ©tablit la part fervente, spirituelle si oubliĂ©e, mais lĂ©gitime … relevant d’un compositeur trĂšs croyant, Ă©pris d’absolu. DĂšs le dĂ©but, la direction suit son chemin sans faillir ; elle s’impose traversĂ©e de visions parsifaliennes et la tension tient en haleine… superbe Bruckner, magnifiĂ© par la prise de son SACD (rĂ©alisĂ© par l’Orchestre lui-mĂȘme), et dans la version 1878 – 1880. L’enregistrement live intensifie l’admiration : de toute Ă©vidence pour atteindre Ă  un tel Ă©quilibre chaleureux de la sonoritĂ©, chef et instrumentistes ont appris Ă  cultiver l’art dĂ©terminant de la confiance, de l’Ă©coute, de la complicitĂ©. Les concerts du Pittsburg Symphony Orchestra sont trop rare en France pour ĂȘtre manquĂ©s : ce cd vous permettra de prĂ©parer une leçon de haut symphonisme,  Ă  vivre dans une salle de concert. HĂ©las pas de dates françaises Ă  l’horizon des prochaines tournĂ©es de l’orchestre amĂ©ricain. CLIC de classiquenews en toute logique.

Anton Bruckner : Symphonie n°4, version 1878-1880. Pittsburgh Symphony Orchestra. Manfred Honeck, direction. Live enregistré à Pittsburgh en décembre 2013. 1 cd Pittsburgh live! SACD FR 713sacd, durée : 1h06mn. En vente sur le site du Pittsburgh Symphony Orchestra

CD. Claudio Abbado dirige la 9Ăšme de Bruckner (Lucerne 2013)

bruckner-9-abbado-cd-lucerne-festival-orchestraCD. Claudio Abbado dirige la 9Ăšme de Bruckner (Lucerne 2013). Deutsche Grammophon Ă©dite fin juin, le dernier concert public du chef d’orchestre Claudio Abbado. C’Ă©tait Ă  Lucerne le 23 aoĂ»t 2013, le chef italien dirigeait “son” orchestre suisse, dans deux piĂšces maĂźtresses du rĂ©pertoire symphonique romantique : l’InachevĂ©e (8e Symphonie) de Schubert et la Symphonie n° 9 de Bruckner (elle aussi inachevĂ©e…). D’une intĂ©rioritĂ© irrĂ©elle confĂ©rant Ă  sa direction un Ă©tat de grĂące inoubliable pour les spectateurs d’alors, Claudio Abbado semblait bien y faire son adieu au monde et aux hommes…. Fin juin 2014, paraĂźt le premier volet de ce concert mĂ©morable : la 9Ăšme Symphonie de Bruckner, ainsi rĂ©vĂ©lĂ©e et transfigurĂ©e, dans son inachĂšvement originel (trois premiers mouvements).

La 9Ăšme (et ultime de Bruckner) lui coĂ»ta un long dĂ©lai de gestation : plus de 7 ans…. des premiĂšres esquisses en 1887 Ă  l’achĂšvement du 3Ăš mouvement (Adagio) en 1894. Entretemps, l’Ă©chec de la 8Ăšme Symphonie lui valut une semi dĂ©pression : Bruckner ne reprit la plume qu’en avril 1891. Au terme de sa vie, le compositeur si peu estimĂ© pour son art, puisa dans les deux derniĂšres annĂ©es de sa vie, l’Ă©nergie pour terminer sa derniĂšre oeuvre … en vain. La pleurĂ©sie usa ses derniĂšres ressources et le final demeura Ă  l’Ă©tat d’Ă©bauches et d’annotations diverses… un casse tĂȘte pour les musicologues et interprĂštes contemporains.
La 9Ăšme comme c’est le cas de Schubert (mais pas de Beethoven qui finit son ultime opus, ni de Mahler, auteur d’une presque 10Ăšme), la 9Ăšme de Bruckner est donc une bouleversante inachevĂ©e. En place du dernier mouvement esquissĂ©, Bruckner invita Ă  jouer en guise d’ultime Ă©pisode, son Te Deum… tel fut le cas lors de la crĂ©ation des trois premiers mouvements en 1903, ce que depuis, beaucoup de musiciens ont fait et font toujours. D’autres Ă©cartant les versions en reconstitutions signĂ©s Nowak et Haas, prĂ©fĂšrent terminer le cycle symphonique de Bruckner par le 37me mouvement (Adagio), tel l’adieu d’un homme de coeur et de ferveur sincĂšre qui n’aspirait qu’Ă  la paix de son Ăąme : un auto requiem en quelques sorte.

CLICK_classiquenews_dec13Abbado nous laisse ici l’un de ses ultimes accomplissements symphoniques rĂ©alisĂ©s avec l’orchestre qu’il a fondĂ© pour le festival de Lucerne. Le chef semble graver dans le marbre cette nouvelle lecture recherchant la part de l’ombre,  le surgissement de l’inĂ©luctable qui s’exprime dans le grandiose et  l’expression directe brute Ăąpre du fatum (2 Ăšme mouvement). Gageure rĂ©jouissante l’effet des masses sonores n’empĂȘche pas la ciselure des Ă©pisodes plus introspectifs voire intimes : les Ă©clairs plus Ă©vanescents s’appuyant sur la lĂ©gĂšretĂ© sautillante et ciselĂ©e des violons et des bois, contrastent idĂ©alement avec le motif d’une tragĂ©die puissante (cuivres rugissants) qui s’accomplit aprĂšs les pizz des cordes. Si Giulini, autre immense BrucknĂ©rien nous fait ressentir les vertigineuses architectures, Abbado rĂ©ussit Ă©galement en sondant jusqu’au trĂ©fonds des tĂ©nĂšbres, la dĂ©sespĂ©rance humaine. Il parvient Ă  rĂ©soudre l’enchaĂźnement des parties colossales des blocs pupitres affrontĂ©s sans perdre jamais la tension ni la continuitĂ© du discours formel.
Un cap est franchi avec les passages d’une sourde profondeur plus tenue encore dans le 3 Ăšme mouvement qui en une coloration wagnĂ©rienne somptueuse pleinement assumĂ©e et manifeste – citation Ă  peine voilĂ©e du testament du maĂźtre si vĂ©nĂ©rĂ© : Parsifal. Ils apportent les Ă©clairs mordorĂ©s d’une rĂ©vĂ©lation visiblement Ă©prouvĂ©e puis cultivĂ©e grĂące au maĂźtre de Bayreuth. Les Ă©clairages que tisse alors Abbado rĂ©ussissent Ă  transmettre l’idĂ©e d’une expĂ©rience intime qui se fond avec le prope destin du chef dont la mine physique, celle alors d’un frĂȘle aigle Ă  peine remis de sa longue maladie… la direction investie est aussi celle d’une bouleversante tragĂ©die personnelle. Ces deux lectures se mĂȘlent et dialoguent ici avec une intensitĂ©, une justesse de ton,  une sincĂ©ritĂ© prenante et ineffable, immĂ©diate et presque frontale, entre ressentiment  pudique et proclamation gorgĂ©e d’espoir triomphant,  jamais Ă©coutĂ©e chez Bruckner jusque lĂ .  Une telle profondeur de vue vĂ©cue comme une odyssĂ©e en apnĂ©, parfaitement conduite, fait entendre une rĂ©flexion critique intĂ©rieure riche et trĂšs intense qui se rapproche de… Mahler, compositeur que Claudio Abbado connaĂźt et approche de la mĂȘme  maniĂšre : impĂ©tuositĂ© de la lutte, tensions et vertiges avant l’illumination finale, aux murmures pleins de renoncement et de sĂ©rĂ©nitĂ© enfin recouvrĂ©e.
La riche texture de l’orchestre aux effectifs wagnĂ©riens dĂ©ploie un paysage spectaculaire et investi,  humain et cosmique comme si chaque volet de la symphonie inachevĂ©e Ă©tait l’Ă©manation du Ring wagnĂ©riens.   Bruckner s’inscrit dans les pas de son prĂ©dĂ©cesseur avec une justesse Ă  la fois respectueuse et fraternelle.   Le cheminement n’est pas sans rappeler le parcours des symphonies de Mahler.  Le souffle qui s’y dĂ©ploie est celui d’un dragon puissant et serein. Sans forcer le trait dans l’opposition des pupitres cordes/cuivres que d’autres chefs s’emploie Ă  sculpter jusqu’Ă  la dĂ©monstration conflictuelle, Ababdo rĂ©alise plutĂŽt la fluiditĂ© des Ă©pisodes en creusant pour chacun, leur climat, leur profond Ă©quilibre.C’est donc pour Abbado une expĂ©rience intime, l’offrande inespĂ©rĂ©e de son Ă©blouissante sensibilitĂ© orchestrale. Respectueux du manuscrit original transmis par le Bruckner incomplet, Abbado nous gratifie ainsi des trois mouvements autographes et achevĂ©s dont l’unitĂ© et la cohĂ©rence interne n’auront jamais Ă©tĂ© aussi mieux investies. Ici le testament de Bruckner rejoint celui du chef italien. Bouleversant.  Évidemment CLIC de classiquenews.

Bruckner : 9Úme Symphonie. Lucerne festiaval orchestra. Claudio Abbado, direction. 1 cd Deutsche Grammophon, enregistrement réalisé en août 2013 à Lucerne.