Philippe Herreweghe joue Brahms et Bruckner

herrewghe Philippe-Herreweghe-c-Michiel-HendryckxPOITIERS, TAP. Dim 10 nov 2019. BRAHMS, BRUCKNER, Herreweghe. Le chef flamand Philippe Herreweghe est familier des deux compositeurs que tout opposa en leur temps. Si Bruckner se rĂ©clame de l’orchestre et de l’esthĂ©tique wagnĂ©rienne- l’auteur du Ring Ă©tant son dieu, Brahms venu de Hambourg se fixe Ă  Vienne oĂč il prolonge la musique Ă©lĂ©gantissime, trĂšs architecturĂ©e, inspirĂ©e directement des classiques Haydn, Mozart, Beethoven (Hans von Bulow, chef d’orchestre rĂ©putĂ© ne disait-il pas de sa 1Ăšre symphonie qu’il s’agissait de la 10Ăš du grand Ludwig ?) 

Brahms johannes concertos pianos orchestre par adam laloum nelson freire critique annonce par classiquenewsLe Double Concerto est l’Ɠuvre d’un Brahms mĂ»r de plus en plus soucieux de perfection formelle (il venait de crĂ©er sa parfaite 4Ăšme symphonie). Le double Concerto fut d’abord Ă©crit pour violoncelle mais le compositeur y adjoint une partie de violon pour son ami, le cĂ©lĂšbre violoniste Joseph Joachim, dĂ©dicataire ; il s’agissait alors d’une “partition de rĂ©conciliation” comme l’a Ă©crit trĂšs justement la seule femme qui ait vraiment comptĂ© dans sa vie: la virtuose au piano et la compositrice Clara Schumann. L’oeuvre interrompt une brouille avec Joachim qui aura durĂ© 3 annĂ©es. L’écriture des 3 mouvements rĂ©capitule les Ă©pisodes de leur relation en dents de scie.

C’est en compagnie de la violoniste Isabelle Faust venue le jouer Ă  Poitiers en 2012, mais aussi du violoncelliste Christian PoltĂ©ra, que Philippe Herreweghe dirige pour la premiĂšre fois cette Ɠuvre, Ă  la tĂȘte de son Orchestre des Champs ElysĂ©es.

bruckner anton-499823De Bruckner toujours mĂ©sestimĂ© ou malcompris en France, quand il n’est pas caricaturĂ©-, Philippe Herreweghe s’est fait une quasi spĂ©cialitĂ©, rĂ©vĂ©lant a contrario de la tradition des chefs romantiques allemands sur instruments modernes, souvent Ă©pais et grandiloquents, la transparence et la sensibilitĂ© instrumentale d’un Bruckner soucieux de timbres et de couleurs comme aussi vigilant quant aux plans parfaitement architecturĂ©s. Telle nouvelle approche est permise aujourd’hui par les instruments d’Ă©poque aux timbres mieux caractĂ©risĂ©s.

La 2Ăšme symphonie, aux magnifiques proportions, Ă©tait la premiĂšre Ă  exposer la texture inimitable du compositeur autrichien et allait devenir le modĂšle de ses sept autres symphonies. C’est donc un fabuleux concert symphonique auquel nous convient le chef et ses instrumentistes, immergeant le spectateur au centre de la grande forge orchestrale oĂč se dĂ©ploient et dialoguent la soie lyrique des cordes, les couleurs des bois, les appels plus vĂ©hĂ©ments des pupitres de cuivres organisĂ©s en fabuleuses et majestueuses fanfares. C’est moins une puissante confrontation de blocs instrumentaux singularisĂ©s que la conjonction alternĂ©e de pupitres Ă©loquents, complĂ©mentaires qui se rĂ©pondent
 Ce qui prime alors chez Bruckner, c’est l’espace et le mysticisme d’un croyant sincĂšre, wagnĂ©rien de cƓur.

 

 

 

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Durée : 1h45 avec entracte

BRAHMS : Symphonie n°2
BRUCKNER : double concerto pour violon et violoncelle
avec

Isabelle Faust, violon
Christian Poltéra, violoncelle

POITIERS, TAPboutonreservation
Dimanche 10 novembre 2019, 15h

Orchestre des Champs Elysées
Philippe Herreweghe, direction

RÉSERVATIONS ici
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/brahms-bruckner/

 

 

 

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Approfondir : cd

Brahms par Philippe Herreweghe et l’Orchestre des Champs ElysĂ©es :

brahms orchestre champs elysees philippe herreweghe symphonie 4 rhapsodie pour alto anna hallenberg critique review cd classiquenews CLIC de classiquenews avril 2017CD, compte rendu critique. CLIC DE CLASSIQUENEWS d’avril 2017. JOHANNES BRAHMS : Symphonie n°4 (2015), Alt-Rhapsodie (2011) – Schcksalslied. Ann Hallenberg, Collegium Vocale Gent, Orchestre des Champs-ElysĂ©es. Philippe Herreweghe, direction. 25 ans que l’Orchestre des champs-Élysees dĂ©fend les vertus sonores, esthĂ©tiques, pĂ©dagogiques des instruments anciens: les apports en sont multiples dans la prĂ©cision et la caractĂ©risation des timbres plutĂŽt que le volume ; dans l’acuitĂ© renforcĂ©e du geste expressif aussi car bien sĂ»r il ne suffit pas de jouer sur des cordes en boyau pour sublimer une partition. Il faut Ă©videmment soigner (aussi, surtout) sa technique (jeu d’archet, etc
), ou aiguiser son style. Mais ici si l’auditeur et l’instrumentiste gagnent une intensitĂ© poĂ©tique dĂ©cuplĂ©e, l’exigence de prĂ©cision et d’articulation compensent la nettetĂ© souvent incisive du trait et de chaque accent. Autant de bĂ©nĂ©fices qui replacent le jeu et l’interprĂ©tation au cƓur de la dĂ©marche
 De ce point de vu, 25 ans aprĂšs sa crĂ©ation, l’OCE portĂ© par la direction affĂ»tĂ©e, prĂ©cise de son chef fondateur, Philippe Herreweghe, affirme une santĂ© rĂ©gĂ©nĂ©ratrice absolument captivante, dĂ©poussiĂ©rant des Ɠuvres que l’on pensait connaĂźtre.

philippe herreweghe a conversation with camille de rijck alpha livre 5 cd critique compte rendu alpha par classiquenews annonce reviewCD LIVRE, Ă©vĂ©nement. Annonce et critique. A conversation with 
Philippe Herreweghe (Livre, entretien, 5 cd / ALPHA / Phi). La pensĂ©e est libre, sans entrave, d’une prĂ©cision peu commune et surtout, avec le temps qui passe, et « qui reste », comme portĂ©e, sublimĂ©e par l’obligation viscĂ©rale de rĂ©aliser ce qui doit encore l’ĂȘtre. C’est un musicien qui a pensĂ© la musique, la façon de la vivre, d’en faire, de la servir. A ce titre, l’excellence a toujours inspirĂ© Philippe Herreweghe, tout au long de son parcours artistique, qui pour ses 70 ans en 2017, et aussi les 25 ans de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es, – « son » orchestre sur instruments anciens, se dĂ©voile ici, sans mots couverts. A la libertĂ© perfectionniste du geste quelque soit les rĂ©pertoires (et pas seulement baroque et luthĂ©rien : puisque son champs d’exploration va de JS Bach Ă  Stravinsky, en passant par Beethoven, Berlioz, Gesualdo, Dvorak, Mahler, Bruckner et Brahms / superbe et rĂ©cente Symphonie n°4 – CLIC de CLASSIQUENEWS), rĂ©pond ici la libertĂ© de la parole, parfois incisive sur la rĂ©alitĂ© humaine, sociale, artistique des musiciens en France, et en Europe, des orchestres routiniers abonnĂ©s au moindre et Ă  la paresse,
 pour entretenir le feu sacrĂ©, l’excellence donc musicale, mais aussi la cohĂ©sion dynamique du groupe, qu’il s’agisse surtout des choeurs dirigĂ©s (comme le Collegium vocale gent), ou l’OCE / Orchestre des champs-Ă©lysĂ©es), rien ne compte plus que 
 l’absolue perfection. Un but, une vocation qui ne sont jamais nĂ©gociable.

Paris, salle CORTOT, ce soir : Concert Brahms

artie-s-logo-concert-annonce-evenement-critique-classiquenewsPARIS, Salle Cortot. Ce soir, ARTIE’S PIANO QUARTET. BRAHMS rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. Pour ce programme chambriste de haut vol, la salle Cortot offre un Ă©crin idĂ©al avec sa convivialitĂ© et son acoustique parfaite. Autour du Quatuor pour piano de Brahms, ‹Artie’s promet de surprendre les spectateurs, grĂące Ă  la prĂ©sence de Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages) « qui vont faire planer un vent de folie sur cette soirĂ©e Ă  nulle autre pareille ! » 
 

  

 

Le 3Ăšme et dernier Quatuor pour piano et cordes en ut mineur opus 60

 

 

Brahms-Johannes-portrait-face-500-brahmsde Brahms fait partie des Ɠuvres Ă  clĂ©, dont en filigrane se lit la passion jamais rĂ©ellement Ă©noncĂ©e de Johannes pour celle qu’il admire entre toutes, Clara Schumann (l’Allegro initial composĂ© en dernier, porte le thĂšme de la lumineuse Clara). Brahms avouera mĂȘme au sujet de cette partition majeure, oĂč le poids de la sensibilitĂ© empĂȘchĂ©e le dispute Ă  l’exaltation la plus vive, qu’il a songĂ© alors, pendant sa composition (1856), tel Werther, au 
 suicide. Propre Ă  un temps de gravitĂ© mĂ©lancolique (dont il a le secret), Brahms n’achĂšvera son Quatuor pour piano qu’en 
1875. 19 annĂ©es d’une pensĂ©e musicale en pointillĂ©. Preuve d’une genĂšse difficile, en une pĂ©riode de grande interrogation (son intermezzo « surnaturel »), Brahms respire large, privilĂ©giant un flux discursif continu (sans barres de reprise d’exposition); l’ut mineur emprunte Ă  Robert Schumann ; l’Allegro en particulier est d’esprit schumannien ; l’Ɠuvre affirme une maturitĂ© intime au large ambitus : les souffrances du jeune Brahms – Werther sont ainsi comme rĂ©solues et exorcisĂ©es par le compositeur expĂ©rimentĂ© de 43 ans.
Le Quatuor est crĂ©Ă© en fĂ©vrier 1876 (Brahms est au piano) devant le Landgraf et la princesse de Hesse, trĂšs admirateurs de la musique de Brahms.‹En dĂ©coule cette esthĂ©tisme de la forme dont la sincĂ©ritĂ© touche et saisit immĂ©diatement ; sa libertĂ© d’écriture, exprimant toutes les volutes d’un cƓur ardent et fougueux, signale quant Ă  elle, le degrĂ© de maĂźtrise auquel est parvenu le compositeur au milieu des annĂ©es 1870.

PLAN : 4 mouvements Allegro non tropppo, Scherzo (Allegro en ut mineur), Andante, Allegro commodo. Durée approximative : 50 minutes.

 

 

 

 ARTIE'S PIANO QUARTET : BRAHMS réinventé

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PARIS, Salle CORTOTboutonreservation
jeudi 3 octobre 2019, 20h30
Concert ARTIE’S

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

 

MUSICIENS :
Jean-Michel Dayez, piano
Mathilde Borsarello Herrmann, violon
CĂ©cile Grassi, alto
Gauthier Herrmann, violoncelle

Avec l’aimable participation du Cirque des Mirages (Yanoswki et Fred Parker)

 

 

PROGRAMME
Brahms – Quatuor op.60
Mais aussi Ɠuvres de Mozart, Korngold, Piazzolla

Billetterie FNAC : 20€
Gratuit pour les -18 ans

Salle Cortot – 78 rue Cardinet – 75017 PARIS

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ARTIE-S-cecile-grassi-gauthier-herrmann-jean-michel-Dayez-Mathilde-borsarello-herrmann-brahms-concert-evenemtn-paris-3-octobre-2019-annonce-classiquenews

cortot-salle-concert-festival-annonce-critique-critique-classiquenews

 

 

UNE AUTRE IDÉE du CONCERT par ARTIE’S

 

ARTIE-S-cecile-grassi-gauthier-herrmann-jean-michel-Dayez-Mathilde-borsarello-herrmann-brahms-concert-evenemtn-paris-3-octobre-2019-annonce-classiquenewsEn rĂ©alitĂ©, ARTIE’S propose de renouveler l’expĂ©rience du concert classique, en particulier de musique de chambre dont l’intimisme favorise la rencontre et l’interaction avec les spectateurs. La participation du Cirque des Mirages, ce 3 octobre Ă  la Salle Cortot, enrichit la perception et la rĂ©ception de chaque Ɠuvre
 Pou rĂ©aliser la nouvelle expĂ©rience, les interprĂštes se rĂ©unissent autour du violoncelliste Gauthier Herrmann qui a eu l’idĂ©e de ce nouveau cycle de concerts ouverts, gĂ©nĂ©reux, crĂ©atifs et surtout accessibles. « Le Cirque des Mirages, c’est une amitiĂ© de longue date avec plus de 15 ans de scĂšne en duo. Mais c’est avant tout un univers unique emprunt de folie et de dĂ©cadence, oĂč chaque chanson est une histoire et, chaque histoire, une plongĂ©e dans les profondeurs abyssales de l’Ăąme humaine, explique Gauthier Herrmann. Le choix de Johannes Brahms n’est pas non plus gratuit. « Ce concert commence par l’opus 60 de Brahms, qui est sans aucun doute l’une des oeuvres les plus denses du compositeur. Comme toujours avec Artie’s, nous parlons et discutons avec le public. Cette oeuvre nous permettra de parler de la mort, de la nuit et pourquoi pas du diable ou du paradis… Et cela, personne ne le fait mieux que Yanowski ! »

 

 

 

 

 

RĂ©inventer l’accessibilitĂ© aux Ɠuvres


HUMOUR, ÉNERGIE, BIENVEILLANCE

Pour mieux comprendre les enjeux de ce concert atypique qui nĂ©anmoins respecte les Ɠuvres jouĂ©es au plus haut niveau, voici 3 questions complĂ©mentaires :

 

 

 

CNC : Pourquoi abordez-vous le Quatuor avec piano de Brahms ? Que nous renseigne-t-il de Brahms et de son Ă©criture ?

 

artie-s-logo-concert-annonce-evenement-critique-classiquenewsGauthier Herrmann : Ce choix de programme est avant tout une histoire de personnes. En effet, nous avons d’abord choisi les musiciens avant de choisir le programme. Les 4 musiciens sont partis en tournĂ©e en Inde en 2017 avec l’intĂ©grale des quatuors avec piano de Brahms  (opus 25, 26 et 60).  Ensuite nous voulions depuis longtemps partager une scĂšne parisienne avec Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages). La densitĂ© de l’opus 60 nous a paru une magnifique opportunitĂ© pour crĂ©er un univers commun.

 

 

 

cirque-des-mirages-concert-ARTIES-brahms-Quintette-pour-piano-brahms-concert-annonce-clic-de-classiquenews-gauthier-herrmann-violoncelle 

 Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages) – DR

 

Pouvez-vous nous présentez votre offre musicale ? Rencontre, ligne  artistique, sonorité, répertoire ?

 

Gauthier Herrmann : Artie’s est une joyeuse bande de musiciens ouverts sur le monde et sur le partage. Chaque annĂ©e, nous jouons et organisons environ 80 concerts autour du monde, avec une vingtaine de musiciens. Trios, quatuors, ou orchestres de chambre, la ligne artistique est donnĂ©e par les salles, les acoustiques, les publics… et surtout notre envie de rencontrer un public large et de le rassurer quand Ă  l’accessibilitĂ© de Mozart, Schubert et Beethoven !

 

 

 

 

Comment selon vous renouveler l’expĂ©rience du concert auprĂšs du public d’aujourd’hui ?

 

Gauthier Herrmann : VoilĂ  une question cruciale. Nous pensons que la vulgarisation de la musique peut prendre de nombreuses formes. Le but est de dĂ©mystifier les grandes oeuvres et les compositeurs mais certainement pas d’abaisser le niveau d’exigence requis par cet art. Nul besoin d’ĂȘtre fin connaisseur pour ĂȘtre Ă©merveillĂ© par un quatuor de Mozart ou une symphonie de Beethoven. Pour preuve, nous jouons souvent Ă  l’autre bout du monde (Inde, Chine, Moyen-Orient…) devant des publics d’une tout autre culture. Et cela fonctionne trĂšs bien ! Nous pensons qui si une proximitĂ© se rĂ©installe entre les artistes et le public, le pari de rendre la musique accessible Ă  tous sera gagnĂ© !

Et pour cela, Ă  chacun, son approche ; ce qui compte, c’est de le faire avec honnĂȘtetĂ© et simplicitĂ©. Si nous devions dĂ©finir la marque de fabrique Artie’s, disons que l’humour, l’Ă©nergie et la bienveillance font partie de chacun de nos concerts…

 

PLUS D’INFOS SUR ARTIE’S-GROUP.COM

Propos recueillis en septembre 2019.

 

  

 

PARIS, Salle Cortot. ARTIE’S PIANO QUARTET, le 3 oct 2019. BRAHMS rĂ©inventĂ©

artie-s-logo-concert-annonce-evenement-critique-classiquenewsPARIS, Salle Cortot. ARTIE’S PIANO QUARTET, le 3 oct 2019. BRAHMS rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. Pour ce programme chambriste de haut vol, la salle Cortot offre un Ă©crin idĂ©al avec sa convivialitĂ© et son acoustique parfaite. Autour du Quatuor pour piano de Brahms, ‹Artie’s promet de surprendre les spectateurs, grĂące Ă  la prĂ©sence de Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages) « qui vont faire planer un vent de folie sur cette soirĂ©e Ă  nulle autre pareille ! » 

Le 3Ăšme et dernier Quatuor pour piano et cordes en ut mineur opus 60

 

 

Brahms-Johannes-portrait-face-500-brahmsde Brahms fait partie des Ɠuvres Ă  clĂ©, dont en filigrane se lit la passion jamais rĂ©ellement Ă©noncĂ©e de Johannes pour celle qu’il admire entre toutes, Clara Schumann (l’Allegro initial composĂ© en dernier, porte le thĂšme de la lumineuse Clara). Brahms avouera mĂȘme au sujet de cette partition majeure, oĂč le poids de la sensibilitĂ© empĂȘchĂ©e le dispute Ă  l’exaltation la plus vive, qu’il a songĂ© alors, pendant sa composition (1856), tel Werther, au 
 suicide. Propre Ă  un temps de gravitĂ© mĂ©lancolique (dont il a le secret), Brahms n’achĂšvera son Quatuor pour piano qu’en 
1875. 19 annĂ©es d’une pensĂ©e musicale en pointillĂ©. Preuve d’une genĂšse difficile, en une pĂ©riode de grande interrogation (son intermezzo « surnaturel »), Brahms respire large, privilĂ©giant un flux discursif continu (sans barres de reprise d’exposition); l’ut mineur emprunte Ă  Robert Schumann ; l’Allegro en particulier est d’esprit schumannien ; l’Ɠuvre affirme une maturitĂ© intime au large ambitus : les souffrances du jeune Brahms – Werther sont ainsi comme rĂ©solues et exorcisĂ©es par le compositeur expĂ©rimentĂ© de 43 ans.
Le Quatuor est crĂ©Ă© en fĂ©vrier 1876 (Brahms est au piano) devant le Landgraf et la princesse de Hesse, trĂšs admirateurs de la musique de Brahms.‹En dĂ©coule cette esthĂ©tisme de la forme dont la sincĂ©ritĂ© touche et saisit immĂ©diatement ; sa libertĂ© d’écriture, exprimant toutes les volutes d’un cƓur ardent et fougueux, signale quant Ă  elle, le degrĂ© de maĂźtrise auquel est parvenu le compositeur au milieu des annĂ©es 1870.

PLAN : 4 mouvements Allegro non tropppo, Scherzo (Allegro en ut mineur), Andante, Allegro commodo. Durée approximative : 50 minutes.

 

 

 

 ARTIE'S PIANO QUARTET : BRAHMS réinventé

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jeudi 3 octobre 2019, 20h30
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MUSICIENS :
Jean-Michel Dayez, piano
Mathilde Borsarello Herrmann, violon
CĂ©cile Grassi, alto
Gauthier Herrmann, violoncelle

Avec l’aimable participation du Cirque des Mirages (Yanoswki et Fred Parker)

 

 

PROGRAMME
Brahms – Quatuor op.60
Mais aussi Ɠuvres de Mozart, Korngold, Piazzolla

Billetterie FNAC : 20€
Gratuit pour les -18 ans

Salle Cortot – 78 rue Cardinet – 75017 PARIS

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UNE AUTRE IDÉE du CONCERT par ARTIE’S

 

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 Pou rĂ©aliser la nouvelle expĂ©rience, les interprĂštes se rĂ©unissent autour du violoncelliste Gauthier Herrmann qui a eu l’idĂ©e de ce nouveau cycle de concerts ouverts, gĂ©nĂ©reux, crĂ©atifs et surtout accessibles. « Le Cirque des Mirages, c’est une amitiĂ© de longue date avec plus de 15 ans de scĂšne en duo. Mais c’est avant tout un univers unique emprunt de folie et de dĂ©cadence, oĂč chaque chanson est une histoire et, chaque histoire, une plongĂ©e dans les profondeurs abyssales de l’Ăąme humaine, explique Gauthier Herrmann. Le choix de Johannes Brahms n’est pas non plus gratuit. « Ce concert commence par l’opus 60 de Brahms, qui est sans aucun doute l’une des oeuvres les plus denses du compositeur. Comme toujours avec Artie’s, nous parlons et discutons avec le public. Cette oeuvre nous permettra de parler de la mort, de la nuit et pourquoi pas du diable ou du paradis… Et cela, personne ne le fait mieux que Yanowski ! »

 

 

 

 

 

RĂ©inventer l’accessibilitĂ© aux Ɠuvres


HUMOUR, ÉNERGIE, BIENVEILLANCE

Pour mieux comprendre les enjeux de ce concert atypique qui nĂ©anmoins respecte les Ɠuvres jouĂ©es au plus haut niveau, voici 3 questions complĂ©mentaires :

 

 

 

CNC : Pourquoi abordez-vous le Quatuor avec piano de Brahms ? Que nous renseigne-t-il de Brahms et de son Ă©criture ?

 

artie-s-logo-concert-annonce-evenement-critique-classiquenewsGauthier Herrmann : Ce choix de programme est avant tout une histoire de personnes. En effet, nous avons d’abord choisi les musiciens avant de choisir le programme. Les 4 musiciens sont partis en tournĂ©e en Inde en 2017 avec l’intĂ©grale des quatuors avec piano de Brahms  (opus 25, 26 et 60).  Ensuite nous voulions depuis longtemps partager une scĂšne parisienne avec Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages). La densitĂ© de l’opus 60 nous a paru une magnifique opportunitĂ© pour crĂ©er un univers commun.

 

 

 

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 Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages) – DR

 

Pouvez-vous nous présentez votre offre musicale ? Rencontre, ligne  artistique, sonorité, répertoire ?

 

Gauthier Herrmann : Artie’s est une joyeuse bande de musiciens ouverts sur le monde et sur le partage. Chaque annĂ©e, nous jouons et organisons environ 80 concerts autour du monde, avec une vingtaine de musiciens. Trios, quatuors, ou orchestres de chambre, la ligne artistique est donnĂ©e par les salles, les acoustiques, les publics… et surtout notre envie de rencontrer un public large et de le rassurer quand Ă  l’accessibilitĂ© de Mozart, Schubert et Beethoven !

 

 

 

 

Comment selon vous renouveler l’expĂ©rience du concert auprĂšs du public d’aujourd’hui ?

 

Gauthier Herrmann : VoilĂ  une question cruciale. Nous pensons que la vulgarisation de la musique peut prendre de nombreuses formes. Le but est de dĂ©mystifier les grandes oeuvres et les compositeurs mais certainement pas d’abaisser le niveau d’exigence requis par cet art. Nul besoin d’ĂȘtre fin connaisseur pour ĂȘtre Ă©merveillĂ© par un quatuor de Mozart ou une symphonie de Beethoven. Pour preuve, nous jouons souvent Ă  l’autre bout du monde (Inde, Chine, Moyen-Orient…) devant des publics d’une tout autre culture. Et cela fonctionne trĂšs bien ! Nous pensons qui si une proximitĂ© se rĂ©installe entre les artistes et le public, le pari de rendre la musique accessible Ă  tous sera gagnĂ© !

Et pour cela, Ă  chacun, son approche ; ce qui compte, c’est de le faire avec honnĂȘtetĂ© et simplicitĂ©. Si nous devions dĂ©finir la marque de fabrique Artie’s, disons que l’humour, l’Ă©nergie et la bienveillance font partie de chacun de nos concerts…

 

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Propos recueillis en septembre 2019.

 

 

ARTIE’S Ă  Cortot : BRAHMS, Quatuor pour piano (opus 60)

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Le 3Ăšme et dernier Quatuor pour piano et cordes en ut mineur opus 60

Brahms-Johannes-portrait-face-500-brahmsde Brahms fait partie des Ɠuvres Ă  clĂ©, dont en filigrane se lit la passion jamais rĂ©ellement Ă©noncĂ©e de Johannes pour celle qu’il admire entre toutes, Clara Schumann (l’Allegro initial composĂ© en dernier, porte le thĂšme de la lumineuse Clara). Brahms avouera mĂȘme au sujet de cette partition majeure, oĂč le poids de la sensibilitĂ© empĂȘchĂ©e le dispute Ă  l’exaltation la plus vive, qu’il a songĂ© alors, pendant sa composition (1856), tel Werther, au 
 suicide. Propre Ă  un temps de gravitĂ© mĂ©lancolique (dont il a le secret), Brahms n’achĂšvera son Quatuor pour piano qu’en 
1875. 19 annĂ©es d’une pensĂ©e musicale en pointillĂ©. Preuve d’une genĂšse difficile, en une pĂ©riode de grande interrogation (son intermezzo « surnaturel »), Brahms respire large, privilĂ©giant un flux discursif continu (sans barres de reprise d’exposition); l’ut mineur emprunte Ă  Robert Schumann ; l’Allegro en particulier est d’esprit schumannien ; l’Ɠuvre affirme une maturitĂ© intime au large ambitus : les souffrances du jeune Brahms – Werther sont ainsi comme rĂ©solues et exorcisĂ©es par le compositeur expĂ©rimentĂ© de 43 ans.
Le Quatuor est crĂ©Ă© en fĂ©vrier 1876 (Brahms est au piano) devant le Landgraf et la princesse de Hesse, trĂšs admirateurs de la musique de Brahms.‹En dĂ©coule cette esthĂ©tisme de la forme dont la sincĂ©ritĂ© touche et saisit immĂ©diatement ; sa libertĂ© d’écriture, exprimant toutes les volutes d’un cƓur ardent et fougueux, signale quant Ă  elle, le degrĂ© de maĂźtrise auquel est parvenu le compositeur au milieu des annĂ©es 1870.

PLAN : 4 mouvements Allegro non tropppo, Scherzo (Allegro en ut mineur), Andante, Allegro commodo. Durée approximative : 50 minutes.

 

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jeudi 3 octobre 2019, 20h30
Concert ARTIE’S

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

 

MUSICIENS :
Jean-Michel Dayez, piano
Mathilde Borsarello Herrmann, violon
CĂ©cile Grassi, alto
Gauthier Herrmann, violoncelle

Avec l’aimable participation du Cirque des Mirages (Yanoswki et Fred Parker)

 

 

PROGRAMME
Brahms – Quatuor op.60
Mais aussi Ɠuvres de Mozart, Korngold, Piazzolla

Billetterie FNAC : 20€
Gratuit pour les -18 ans

Salle Cortot – 78 rue Cardinet – 75017 PARIS

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UNE AUTRE IDÉE du CONCERT par ARTIE’S

 

ARTIE-S-cecile-grassi-gauthier-herrmann-jean-michel-Dayez-Mathilde-borsarello-herrmann-brahms-concert-evenemtn-paris-3-octobre-2019-annonce-classiquenewsEn rĂ©alitĂ©, ARTIE’S propose de renouveler l’expĂ©rience du concert classique, en particulier de musique de chambre dont l’intimisme favorise la rencontre et l’interaction avec les spectateurs. La participation du Cirque des Mirages, ce 3 octobre Ă  la Salle Cortot, enrichit la perception et la rĂ©ception de chaque Ɠuvre
 Pou rĂ©aliser la nouvelle expĂ©rience, les interprĂštes se rĂ©unissent autour du violoncelliste Gauthier Herrmann qui a eu l’idĂ©e de ce nouveau cycle de concerts ouverts, gĂ©nĂ©reux, crĂ©atifs et surtout accessibles. « Le Cirque des Mirages, c’est une amitiĂ© de longue date avec plus de 15 ans de scĂšne en duo. Mais c’est avant tout un univers unique emprunt de folie et de dĂ©cadence, oĂč chaque chanson est une histoire et, chaque histoire, une plongĂ©e dans les profondeurs abyssales de l’Ăąme humaine, explique Gauthier Herrmann. Le choix de Johannes Brahms n’est pas non plus gratuit. « Ce concert commence par l’opus 60 de Brahms, qui est sans aucun doute l’une des oeuvres les plus denses du compositeur. Comme toujours avec Artie’s, nous parlons et discutons avec le public. Cette oeuvre nous permettra de parler de la mort, de la nuit et pourquoi pas du diable ou du paradis… Et cela, personne ne le fait mieux que Yanowski ! »

 

 

 

ARTIE'S PIANO QUARTET : BRAHMS réinventé

 

 

 

 

 

RĂ©inventer l’accessibilitĂ© aux Ɠuvres


HUMOUR, ÉNERGIE, BIENVEILLANCE

Pour mieux comprendre les enjeux de ce concert atypique qui nĂ©anmoins respecte les Ɠuvres jouĂ©es au plus haut niveau, voici 3 questions complĂ©mentaires :

 

 

 

CNC : Pourquoi abordez-vous le Quatuor avec piano de Brahms ? Que nous renseigne-t-il de Brahms et de son Ă©criture ?

 

artie-s-logo-concert-annonce-evenement-critique-classiquenewsGauthier Herrmann : Ce choix de programme est avant tout une histoire de personnes. En effet, nous avons d’abord choisi les musiciens avant de choisir le programme. Les 4 musiciens sont partis en tournĂ©e en Inde en 2017 avec l’intĂ©grale des quatuors avec piano de Brahms  (opus 25, 26 et 60).  Ensuite nous voulions depuis longtemps partager une scĂšne parisienne avec Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages). La densitĂ© de l’opus 60 nous a paru une magnifique opportunitĂ© pour crĂ©er un univers commun.

 

 

 

cirque-des-mirages-concert-ARTIES-brahms-Quintette-pour-piano-brahms-concert-annonce-clic-de-classiquenews-gauthier-herrmann-violoncelle 

 Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages) – DR

 

Pouvez-vous nous présentez votre offre musicale ? Rencontre, ligne  artistique, sonorité, répertoire ?

 

Gauthier Herrmann : Artie’s est une joyeuse bande de musiciens ouverts sur le monde et sur le partage. Chaque annĂ©e, nous jouons et organisons environ 80 concerts autour du monde, avec une vingtaine de musiciens. Trios, quatuors, ou orchestres de chambre, la ligne artistique est donnĂ©e par les salles, les acoustiques, les publics… et surtout notre envie de rencontrer un public large et de le rassurer quand Ă  l’accessibilitĂ© de Mozart, Schubert et Beethoven !

 

 

 

 

Comment selon vous renouveler l’expĂ©rience du concert auprĂšs du public d’aujourd’hui ?

 

Gauthier Herrmann : VoilĂ  une question cruciale. Nous pensons que la vulgarisation de la musique peut prendre de nombreuses formes. Le but est de dĂ©mystifier les grandes oeuvres et les compositeurs mais certainement pas d’abaisser le niveau d’exigence requis par cet art. Nul besoin d’ĂȘtre fin connaisseur pour ĂȘtre Ă©merveillĂ© par un quatuor de Mozart ou une symphonie de Beethoven. Pour preuve, nous jouons souvent Ă  l’autre bout du monde (Inde, Chine, Moyen-Orient…) devant des publics d’une tout autre culture. Et cela fonctionne trĂšs bien ! Nous pensons qui si une proximitĂ© se rĂ©installe entre les artistes et le public, le pari de rendre la musique accessible Ă  tous sera gagnĂ© !

Et pour cela, Ă  chacun, son approche ; ce qui compte, c’est de le faire avec honnĂȘtetĂ© et simplicitĂ©. Si nous devions dĂ©finir la marque de fabrique Artie’s, disons que l’humour, l’Ă©nergie et la bienveillance font partie de chacun de nos concerts…

 

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Propos recueillis en septembre 2019.

 

 

ARTIE’S Ă  Cortot : Quatuor pour piano de BRAHMS (opus 60)

artie-s-logo-concert-annonce-evenement-critique-classiquenewsPARIS, Salle Cortot. ARTIE’S PIANO QUARTET, le 3 oct 2019. BRAHMS rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. Pour ce programme chambriste de haut vol, la salle Cortot offre un Ă©crin idĂ©al avec sa convivialitĂ© et son acoustique parfaite. Autour du Quatuor pour piano de Brahms, ‹Artie’s promet de surprendre les spectateurs, grĂące Ă  la prĂ©sence de Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages) « qui vont faire planer un vent de folie sur cette soirĂ©e Ă  nulle autre pareille ! » 

Le 3Ăšme et dernier Quatuor pour piano et cordes en ut mineur opus 60

Brahms-Johannes-portrait-face-500-brahmsde Brahms fait partie des Ɠuvres Ă  clĂ©, dont en filigrane se lit la passion jamais rĂ©ellement Ă©noncĂ©e de Johannes pour celle qu’il admire entre toutes, Clara Schumann (l’Allegro initial composĂ© en dernier, porte le thĂšme de la lumineuse Clara). Brahms avouera mĂȘme au sujet de cette partition majeure, oĂč le poids de la sensibilitĂ© empĂȘchĂ©e le dispute Ă  l’exaltation la plus vive, qu’il a songĂ© alors, pendant sa composition (1856), tel Werther, au 
 suicide. Propre Ă  un temps de gravitĂ© mĂ©lancolique (dont il a le secret), Brahms n’achĂšvera son Quatuor pour piano qu’en 
1875. 19 annĂ©es d’une pensĂ©e musicale en pointillĂ©. Preuve d’une genĂšse difficile, en une pĂ©riode de grande interrogation (son intermezzo « surnaturel »), Brahms respire large, privilĂ©giant un flux discursif continu (sans barres de reprise d’exposition); l’ut mineur emprunte Ă  Robert Schumann ; l’Allegro en particulier est d’esprit schumannien ; l’Ɠuvre affirme une maturitĂ© intime au large ambitus : les souffrances du jeune Brahms – Werther sont ainsi comme rĂ©solues et exorcisĂ©es par le compositeur expĂ©rimentĂ© de 43 ans.
Le Quatuor est crĂ©Ă© en fĂ©vrier 1876 (Brahms est au piano) devant le Landgraf et la princesse de Hesse, trĂšs admirateurs de la musique de Brahms.‹En dĂ©coule cette esthĂ©tisme de la forme dont la sincĂ©ritĂ© touche et saisit immĂ©diatement ; sa libertĂ© d’écriture, exprimant toutes les volutes d’un cƓur ardent et fougueux, signale quant Ă  elle, le degrĂ© de maĂźtrise auquel est parvenu le compositeur au milieu des annĂ©es 1870.

PLAN : 4 mouvements Allegro non tropppo, Scherzo (Allegro en ut mineur), Andante, Allegro commodo. Durée approximative : 50 minutes.

 

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PARIS, Salle CORTOTboutonreservation
jeudi 3 octobre 2019, 20h30
Concert ARTIE’S

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

 

MUSICIENS :
Jean-Michel Dayez, piano
Mathilde Borsarello Herrmann, violon
CĂ©cile Grassi, alto
Gauthier Herrmann, violoncelle

Avec l’aimable participation du Cirque des Mirages (Yanoswki et Fred Parker)

 

 

PROGRAMME
Brahms – Quatuor op.60
Mais aussi Ɠuvres de Mozart, Korngold, Piazzolla

Billetterie FNAC : 20€
Gratuit pour les -18 ans

Salle Cortot – 78 rue Cardinet – 75017 PARIS

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UNE AUTRE IDÉE du CONCERT par ARTIE’S

 

ARTIE-S-cecile-grassi-gauthier-herrmann-jean-michel-Dayez-Mathilde-borsarello-herrmann-brahms-concert-evenemtn-paris-3-octobre-2019-annonce-classiquenewsEn rĂ©alitĂ©, ARTIE’S propose de renouveler l’expĂ©rience du concert classique, en particulier de musique de chambre dont l’intimisme favorise la rencontre et l’interaction avec les spectateurs. La participation du Cirque des Mirages, ce 3 octobre Ă  la Salle Cortot, enrichit la perception et la rĂ©ception de chaque Ɠuvre
 Pou rĂ©aliser la nouvelle expĂ©rience, les interprĂštes se rĂ©unissent autour du violoncelliste Gauthier Herrmann qui a eu l’idĂ©e de ce nouveau cycle de concerts ouverts, gĂ©nĂ©reux, crĂ©atifs et surtout accessibles. « Le Cirque des Mirages, c’est une amitiĂ© de longue date avec plus de 15 ans de scĂšne en duo. Mais c’est avant tout un univers unique emprunt de folie et de dĂ©cadence, oĂč chaque chanson est une histoire et, chaque histoire, une plongĂ©e dans les profondeurs abyssales de l’Ăąme humaine, explique Gauthier Herrmann. Le choix de Johannes Brahms n’est pas non plus gratuit. « Ce concert commence par l’opus 60 de Brahms, qui est sans aucun doute l’une des oeuvres les plus denses du compositeur. Comme toujours avec Artie’s, nous parlons et discutons avec le public. Cette oeuvre nous permettra de parler de la mort, de la nuit et pourquoi pas du diable ou du paradis… Et cela, personne ne le fait mieux que Yanowski ! »

 

 

 

ARTIE'S PIANO QUARTET : BRAHMS réinventé

 

 

 

 

 

RĂ©inventer l’accessibilitĂ© aux Ɠuvres


HUMOUR, ÉNERGIE, BIENVEILLANCE

Pour mieux comprendre les enjeux de ce concert atypique qui nĂ©anmoins respecte les Ɠuvres jouĂ©es au plus haut niveau, voici 3 questions complĂ©mentaires :

 

 

 

CNC : Pourquoi abordez-vous le Quatuor avec piano de Brahms ? Que nous renseigne-t-il de Brahms et de son Ă©criture ?

 

artie-s-logo-concert-annonce-evenement-critique-classiquenewsGauthier Herrmann : Ce choix de programme est avant tout une histoire de personnes. En effet, nous avons d’abord choisi les musiciens avant de choisir le programme. Les 4 musiciens sont partis en tournĂ©e en Inde en 2017 avec l’intĂ©grale des quatuors avec piano de Brahms  (opus 25, 26 et 60).  Ensuite nous voulions depuis longtemps partager une scĂšne parisienne avec Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages). La densitĂ© de l’opus 60 nous a paru une magnifique opportunitĂ© pour crĂ©er un univers commun.

 

 

 

cirque-des-mirages-concert-ARTIES-brahms-Quintette-pour-piano-brahms-concert-annonce-clic-de-classiquenews-gauthier-herrmann-violoncelle 

 Yanowski et Fred Parker (Cirque des Mirages) – DR

 

Pouvez-vous nous présentez votre offre musicale ? Rencontre, ligne  artistique, sonorité, répertoire ?

 

Gauthier Herrmann : Artie’s est une joyeuse bande de musiciens ouverts sur le monde et sur le partage. Chaque annĂ©e, nous jouons et organisons environ 80 concerts autour du monde, avec une vingtaine de musiciens. Trios, quatuors, ou orchestres de chambre, la ligne artistique est donnĂ©e par les salles, les acoustiques, les publics… et surtout notre envie de rencontrer un public large et de le rassurer quand Ă  l’accessibilitĂ© de Mozart, Schubert et Beethoven !

 

 

 

 

Comment selon vous renouveler l’expĂ©rience du concert auprĂšs du public d’aujourd’hui ?

 

Gauthier Herrmann : VoilĂ  une question cruciale. Nous pensons que la vulgarisation de la musique peut prendre de nombreuses formes. Le but est de dĂ©mystifier les grandes oeuvres et les compositeurs mais certainement pas d’abaisser le niveau d’exigence requis par cet art. Nul besoin d’ĂȘtre fin connaisseur pour ĂȘtre Ă©merveillĂ© par un quatuor de Mozart ou une symphonie de Beethoven. Pour preuve, nous jouons souvent Ă  l’autre bout du monde (Inde, Chine, Moyen-Orient…) devant des publics d’une tout autre culture. Et cela fonctionne trĂšs bien ! Nous pensons qui si une proximitĂ© se rĂ©installe entre les artistes et le public, le pari de rendre la musique accessible Ă  tous sera gagnĂ© !

Et pour cela, Ă  chacun, son approche ; ce qui compte, c’est de le faire avec honnĂȘtetĂ© et simplicitĂ©. Si nous devions dĂ©finir la marque de fabrique Artie’s, disons que l’humour, l’Ă©nergie et la bienveillance font partie de chacun de nos concerts…

 

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Propos recueillis en septembre 2019.

 

 

COMPTE-RENDU, piano. LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2019. Concert de clÎture, le 16 juin 2019. BRAHMS : Concerto pour piano et orchestre en si-bémol, Johannes Brahms. ONL, JC CASADESUS, N FREIRE.

Compte rendu, piano. Lille. Concert de clĂŽture Festival Piano(s) Lille, 16 juin 2019. Concerto pour piano et orchestre en si-bĂ©mol, Johannes Brahms. Orchestre National de Lille. Jean-Claude Casadesus, direction. Nelson Freire, piano. Nous voici dans la fabuleuse salle – auditorium du Nouveau SiĂšcle Ă  Lille pour la clĂŽture de la 15e Ă©dition du Lille Piano(s) Festival, Ă©vĂ©nement dĂ©sormais incontournable du printemps lillois chaque annĂ©e et qui voyait cette annĂ©e d’anniversaire, la derniĂšre direction artistique de Jean-Claude Casadesus. Pour souligner 2019, le pianiste brĂ©silien Nelson Freire interprĂšte le 2e concerto pour piano et orchestre de Brahms, avec l’Orchestre National de Lille sous la direction de
 Jean-Claude Casadesus. Trois jours de cĂ©lĂ©bration kalĂ©idoscopique de l’art du piano avec une conclusion sensible oĂč l’accord, la symbiose entre le piano et l’orchestre sont au rendez-vous.

Nelson Freire, aprĂšs un rĂ©cital solo d’une sensibilitĂ© exquise la veille, rejoint ainsi l’Orchestre National de Lille pour le monumental concerto de Brahms. L’Ɠuvre composĂ©e 20 ans aprĂšs le premier fut trĂšs bien reçue dĂšs sa crĂ©ation. Modeste, Brahms parlait du concert comme « un petit concert en si-bĂ©mol ». Nous pouvons voir l’évolution tout Ă  fait symphonique du maĂźtre ; s’il est moins exubĂ©rant que le premier, il est plus Ă©quilibrĂ©, d’une plus grande rĂ©serve Ă©motionnelle, accouplĂ©e Ă  une plus grande maĂźtrise de l’orchestration et surtout Ă  un sens plus mĂ»r de la relation entre le soliste et l’ensemble.

 

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Le 2ù Concerto de Brahms par Nelson Freire

Un « petit concert » pas comme les autres

 

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L’opus en 4 mouvements commence par un Allegro non troppo qui s’ouvre avec un solo du cor Ă  la beautĂ© Ă©difiante et sereine. En ce mouvement de forme sonate Ă©largie, Nelson Freire fait preuve d’un toucher sensible mais avec brio, et si le dialogue entre lui et l’orchestre commence loin de l’équilibre, pour des raisons peut-ĂȘtre liĂ©es Ă  l’acoustique de l’auditorium, nous sommes bien sĂ»r conquis par l’humanitĂ© des efforts concertĂ©s.

L’Allegro Appassionato qui suit est un scherzo romantique oĂč l’on peut apprĂ©cier davantage la relation tout Ă  fait intense entre le piano et l’orchestre, et ceci par la maĂźtrise et la cohĂ©sion des groupes sous la baguette du chef, les cordes se montrant particuliĂšrement puissantes. L’orchestre se dresse en effet devant le jeu quelque peu tourmentĂ©, trĂšs vertigineux, du pianiste. Le troisiĂšme mouvement est un Andante tranquille oĂč le violoncelle a un rĂŽle important. Il interprĂšte une sorte de cantilĂšne d’une beautĂ© paisible qui apaise et qui inspire. Le piano s’agite dans la partie centrale ce qui fait ressortir davantage les contrastes, et qui permet Ă©galement de ne pas rester bercĂ© par le violoncelle.

 

 

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L’Ɠuvre se termine enfin par un Allegretto grazioso soit les pages les plus dramatiques et virtuoses pour le soliste. La forme rondo est habituellement une des plus lĂ©gĂšres dans le concert classique, mais ici Brahms l’élargit massivement, comme s’il s’agissait d’équilibrer l’opus par rapport aux mouvements prĂ©cĂ©dents. Bien sĂ»r, le mouvement a ce je ne sais quoi de dansant typique des rondos, et c’est encore une occasion d’entendre les vents de l’Orchestre National de Lille en excellente forme, ainsi que les cordes toujours pleines de brio et de grande souplesse expressive.

Le public est enflammĂ© aprĂšs cette interprĂ©tation triomphale d’une Ɠuvre phare du rĂ©pertoire pianistique ; ses espoirs sont couronnĂ©s par un bis de Nelson Freire d’une beautĂ© bouleversante. Il s’agĂźt de la transcription d’une musique de ballet du 2e acte de l’OrphĂ©e et Eurydice de Gluck, connue simplement comme « mĂ©lodie » ou encore comme la « danse des esprits bĂ©nis ». Ici Nelson Freire offre une interprĂ©tation d’une justesse et d’une dĂ©licatesse inouĂŻes. Il a conscience de l’origine orchestrale de la partition, si le doigtĂ© est luxuriant, la mĂ©lodie chantante est d’une clartĂ©, d’une limpiditĂ© surprenante, d’une caresse Ă©difiante. Inoubliable.

 

 

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Le chef Jean-Claude Casadesus partage ensuite quelque mots de remerciements pour cette fin de festival heureuse. 15 ans d’aventure musicale qui mĂ©ritent toutes les louanges. Vivement les prochaines Ă©ditions ! Le Festival 2019 a rĂ©uni selon les organisateurs pas moins de 15 000 spectateurs : belle validation populaire. Aucun doute, le grand public et le classique poursuivent Ă  Lille des noces florissantes. RV est pris pour la 16Ăš Ă©dition de LILLE PIANO(S), annoncĂ©e dĂ©jĂ  le week end des 12, 13 et 14 juin 2020. Photos et illustrations : © Ugo Ponte / ONL 2019

 

 

 

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VIDEOS
Vidéo des meilleurs moments du festival 2019 sur www.youtube.com/ONLille

Compte-rendu, concert. Aix-en-Provence, le 18 av 2019. Quintettes de Brahms. Capuçon, La Marca, Moreau
  

paques festival aix 2019 capucon moreau la marca chilemme concert critique classiquenews annonce critique concertCompte-rendu, concert. Aix-en-Provence, le 18 avril 2019. Quintettes de Brahms. Renaud Capuçon, Adrien La Marca, Edgar Moreau, Guillaume Chilemme, RaphaĂ«lle Moreau, GĂ©rard CaussĂ©, Gautier Capuçon, Nicholas Angelich. Du 13 au 28 avril 2019, la 7Ăšme Ă©dition du Festival de PĂąques d’Aix-en-Provence continue de s’affirmer haut et fort dans le paysage culturel français : forts de ses 25000 spectateurs l’an passĂ© (contre 14000 spectateurs en 2014, soit prĂšs du double en seulement quatre ans !), les heureux directeurs Dominique Bluzet et Renaud Capuçon espĂšrent battre encore un record de frĂ©quentation lors du cru 2019. Comme pour les prĂ©cĂ©dentes Ă©ditions, le festival affiche grands noms et formations prestigieuses (Wiener Symphoniker, Camerata Salzburg, Staastkapelle Dresden
), mais aussi jeunes et futurs talents (Daniel Lozakovitch, George Li, Andreas Ottensamer) aux cĂŽtĂ©s de gloires consacrĂ©es comme Marek Janowski, Arcadi Volodos, Teodor Currentzis ou encore Michel Corboz


La soirĂ©e du 18 avril, sise dans l’Auditorium du Conservatoire Darius Milhaud, Ă©tait entiĂšrement consacrĂ©e Ă  des Quintettes de Brahms, et rĂ©unissait autour de Renaud Capuçon (et Ă  l’image du festival) jeunes artistes et les deux « MaĂźtres » que sont GĂ©rard CaussĂ© et Nicholas Angelich. Pour les Quintettes Ă  cordes n°1 et n°2 exĂ©cutĂ©s en premiĂšre partie, Renaud Capuçon avait conviĂ© Ă  ses cĂŽtĂ©s ces partenaires privilĂ©giĂ©s que sont pour lui Guillaume Chilemme, GĂ©rard CaussĂ©, Adrien La Marca et Edgar Moreau. Les deux Quintettes Ă  cordes ont Ă©tĂ© composĂ©s Ă  Bad Ischl (oĂč Brahms aimait Ă  venir en villĂ©giature l’étĂ©), et sont assez atypiques dans leur effectif : deux violons, deux altos et un violoncelle), le deuxiĂšme étant sensiblement plus tardif et mĂȘme quasi ultime dans la production brahmsienne. Ces deux Ɠuvres complexes sont jouĂ©es par la bande d’amis avec un parfait Ă©quilibre et une musicalitĂ© digne des plus grands ensembles constituĂ©s. Monument de la musique de chambre, le Quintette avec piano op. 34 - donnĂ© en seconde partie du concert – fut plusieurs fois remaniĂ© par son auteur, qui en avait d’abord fait un quintette avec deux violoncelles, puis une sonate pour deux pianos, avant de lui donner la forme que nous lui connaissons. ExtrĂȘmement rĂ©flĂ©chie et travaillĂ©e, cette partition dĂ©veloppe une pluralitĂ© de thĂšmes et de figures qui la rend parfois difficile d’accĂšs, mais il apparaĂźt dĂšs les premiĂšres mesures que les cinq interprĂštes rĂ©unis ici (Renaud Capuçon, son frĂšre Gautier, RaphaĂ«lle Moreau, GĂ©rard CaussĂ© et Nicholas Angelich) possĂšdent cette capacitĂ© de mise en image, trouvant pour chaque motif le ton juste, tout en marquant les diffĂ©rences avec nettetĂ©, et l’on ne pourra Ă©galement que louer la lĂ©gĂšretĂ© de leur jeu, particuliĂšrement bienvenue dans une Ɠuvre d’une telle densité !

Alors
 Aimez-vous Brahms ? JouĂ© ainsi
 Oui, oui et encore oui ! 

 

 

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Compte-rendu, concert. Aix-en-Provence, le 18 avril 2019. Quintettes de Brahms. Renaud Capuçon, Adrien La Marca, Edgar Moreau, Guillaume Chilemme, Raphaëlle Moreau, Gérard Caussé, Gautier Capuçon, Nicholas Angelich.

 

 

 

 

En direct de Lyon, 2Ăš Concerto pour piano de BRAHMS

BRAHMS HD pour GSTAAD reportage2018FRANCE MUSIQUE. Vend. 17 mai 2019, 20h. PĂ©pin, Brahms, Sltakin, en direct de Lyon. ComposĂ© vingt ans aprĂšs le Premier Concerto et créé par Brahms lui-mĂȘme 51859), Ă  Budapest, le Second Concerto (1878) poursuit la rĂ©ussite du Premier, dans la chatoyance et l’introspection, c’est l’un des plus magistraux de l’histoire de la musique ; en quatre mouvements, son dĂ©veloppement beethovĂ©nien lui assure la carrure et le souffle d’une symphonie. Premier mouvement majestueux ; un scherzo contrastĂ©, rythmĂ© ; mouvement lent poĂ©tique et mĂ©lancolique avec intro pour violoncelle solo (le chant de l’ñme), enfin, finale lumineux, majestueux lĂ  encore, aux accents hongrois (avec aussi une touche d’humour). Pour en rĂ©ussir les vertiges et les Ă©lans, le soliste russe NikolaĂŻ Luganski, parfois dur et tendu, rarement Ă©nigmatique et tendre (comme peut l’ĂȘtre a contrario un Nelson Freire ou le français rĂ©cent, Adam Laloum, trĂšs convaincant interprĂšte des deux Concertos pour piano)


En complĂ©ment du massif brahmsien, l’élĂ©gance viennoise du classique Haydn, pĂšre de la symphonie (Symphonie « roulement de timbales » ; et crĂ©ation mondiale pour une Ɠuvre signĂ©e Camille PĂ©pin qui a choisi comme point de dĂ©part de sa nouvelle piĂšce le roulement de timbales de la Symphonie n° 103 de Haydn, justement. RĂ©ponse, Ă©chos, filiation et rĂ©vĂ©rence, ou rĂ©invention impertinente ?

Concert donnĂ© en direct Ă  l’Auditorium de Lyon

Camille PĂ©pin
Laniakea (CM)
Commande de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon

Joseph Haydn
Symphonie en Mi bémol Majeur HOB I : 103, Roulement de timbales

Johannes Brahms
Concerto n°2 en Si bémol Majeur Op.83

NikolaĂŻ Lugansky, piano
Orchestre National de Lyon
Leonard Slatkin, direction

La Schubertiade de Sceaux : Schubert, Brahms, Schumann

sceaux la schubertiade de sceaux hotel de ville saison sur classiquenewsSCEAUX, Sam 19 janv 2019. 17h30 : alto / piano, L Hennino / PK Atanassov. Duo de charme, alto / piano, le nouveau concert prĂ©sentĂ© dans le cadre de la Schubertiade de Sceaux, et dans la salle principale de l’HĂŽtel de ville, met l’accent sur une facette passionnante de la musique de chambre : le dialogue entre deux instruments aux moirures complices
 le pianiste Pierre-Kaloyann Atanassov quitte son trio (Trio Atanassov) le temps de ce programme et joue avec l’une des altistes les plus prometteuses de sa gĂ©nĂ©ration, LĂ©a Hennino, dans un programme d’Ɠuvres romantiques, associant Schubert, Schumann, Brahms. L’opus D 821 Ă©tait originellement pour piano et arpeggione. L’arpeggione est un ancien instrument entre la guitare et le violoncelle, expĂ©rimentation qui rĂ©sulte d’une commande de son ami Vincenz Schuster, guitariste affirmĂ© ; l’arpeggione n’avait que 6 cordes, rendant extrĂȘmement difficile sa maĂźtrise : l’instrument nouveau ne s’imposa pas et l’Ɠuvre est aujourd’hui surtout jouĂ© par l’alto ou le violoncelle. La Sonate Arpeggione de Schubert (1824) comprend trois mouvements (allegro moderato, adagio, allegretto). Lumineuse et profonde, l’Ɠuvre porte qualitĂ©s et caractĂšres de Schubert : nostalgie, finesse, renoncement poĂ©tique, tendresse rĂȘveuse et mĂ©lancolie Ă©thĂ©rĂ©e
 avec dans variations et reprises, une rĂ©flexion personnelle sur le sens et la direction de l’écriture mĂ©lodique.

 

 

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Léa Hennino, alto  -  Pierre-Kaloyann Atanassov, piano

   

 

Brahms johannes concertos pianos orchestre par adam laloum nelson freire critique annonce par classiquenewsL’opus 120 de Brahms comprend deux sonates (composĂ©es Ă  l’étĂ© 1894, initialement pour piano et clarinette, et transcrites plus tard par le compositeur pour alto et piano). Pierre-Kaloyann Atanassov et LĂ©a Hennino jouent la n° 2 en mi bĂ©mol majeur. La transcription n’entame en rien l’élĂ©gance d’une Ɠuvre de la pleine maturitĂ© (les deux Sonates sont ses ultimes piĂšces dans le genre) : multiplicitĂ© mouvante de l’écriture en variations (dont Brahms a le gĂ©nie), surtout riche exploitation du timbre sombre, parfois Ăąpre et amer de l’alto que le compositeur aime passionnĂ©ment comme Berlioz avant lui. A noter l’Allegro appassionato, fiĂ©vreux et serein Ă  la fois, exprime au plus prĂšs, les deux faces de la passion brahmsienne, Eros et Tanatos, – l’équivalent du doublĂ© ambivalent : Florestan / Eusebius de Schumann. Jamais l’élan poĂ©tique et l’architecture faussement simple des deux derniĂšres Sonates n’ont Ă  ce point fusionnĂ©. La Sonate est l’un des sommets de l’inspiration chambriste de Brahms.

Enfin, de Schumann, les deux instrumentistes interprĂštent MĂ€rchenbilder, soit 4 piĂšces trĂšs contrastĂ©es inspirĂ©es de vieilles lĂ©gendes populaires : il s’agit des (trop) rares partitions du rĂ©pertoire Ă©crites initialement pour alto et piano.

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SCEAUX (92), La Schubertiadeboutonreservation
HĂŽtel de Ville
Samedi 19 janvier 2019, 17h30

 

 
Schubert: Sonate Arpeggioneschubert-franz-schubertiade-concert-annonce-par-classiquenews
Schumann: FantasiestĂŒcke op. 73
Brahms: Scherzo de la sonate FAE
Brahms: Sonate op. 120 n° 2 en mi bémol majeur

LĂ©a Hennino, alto
Pierre-Kaloyann Atanassov, piano

 

 

RESERVATION
http://www.schubertiadesceaux.fr/pierre-kaloyann-atanassov-et-lea-hennino-19-janvier-2019/

Renseignements
06 72 83 41 86 – schubertiadesceaux@orange.fr

 

   

 

MASTERCLASS PRÉALABLE :

A 11h45 « A vous la scÚne » :

Master-classe publique de Pierre-Kaloyann Atanassov Ă  destination d’un ensemble amateur sĂ©lectionnĂ©, suivie de la prestation publique de l’ensemble / En coproduction avec Proquartet Centre EuropĂ©en de Musique de Chambre.

 

   

   

 

COMPTE-RENDU, concert. Metz, le 6 décembre 2018. Récital Brahms, Geoffroy Couteau, piano (1/4).

couteau geoffroy portrait piano concert critique par classiquenewsCOMPTE-RENDU, concert. Metz, Salle de l’esplanade de l’Arsenal, le 6 dĂ©cembre 2018. RĂ©cital Brahms par Geoffroy Couteau (1/4). Artiste associĂ© Ă  la CitĂ© musicale de Metz, le jeune pianiste français Geoffroy Couteau se lance un joli dĂ©fi en s’attaquant – Ă  la faveur de quatre concert rĂ©partis sur deux saisons – Ă  l’intĂ©grale pour piano seul de Johannes Brahms – qu’il a cependant dĂ©jĂ  enregistrĂ©e pour le label Dolce Vita il y a deux ans de cela. Il l’a fait de maniĂšre chronologique, parcourant ainsi une pĂ©riode courant de 1851 Ă  1893, annĂ©es pendant lesquelles Brahms confie Ă  son instrument prĂ©fĂ©rĂ© ses aspirations et ses confidences. Mais rappelons que l’histoire d’amour entre le compositeur allemand et Geoffroy Couteau ne date pas de ce disque, puisqu’à l’issue de ses Ă©tudes au CNSM de Paris, il avait remportĂ©, en 2005, le premier prix du prestigieux Concours international Brahms de Pörtschach.

SonoritĂ©s transparentes, lignes mĂ©lodiques harmonieuses, Ă©nergie rythmique prĂ©gnante, densitĂ© sonore : voici quelques-unes des lignes de force de l’Ɠuvre pour piano de Brahms. C’est ce qui fait de chacune de ses Ɠuvres un bijou de puissance et de finesse mĂȘlĂ©es, mais c’est aussi ce qui rend leur interprĂ©tation si risquĂ©e : au-delĂ  de la difficultĂ© technique, le vĂ©ritable enjeu est de rester fidĂšle Ă  cette Ă©criture si riche et subtile. C’est avec les Quatre Ballades op.10 (1854) que l’artiste dĂ©bute son rĂ©cital. L’énergie rythmique, les contrastes dynamiques, les plans sonores, tout cela est parfaitement maĂźtrisĂ© ici. Il rĂ©sulte de son toucher un sentiment de lĂ©gĂšretĂ© et de plĂ©nitude qui, mĂȘme dans les parties plus Ă©nergiques, plus harmoniques, et plus brutales, semble mis au service d’une atmosphĂšre extatique.

Couteau poursuit avec la Sonate N°2 op.2 (mais en fait, chronologiquement, la premiĂšre qu’il ait composĂ©e…). Dans cette Ɠuvre en quatre mouvements, Brahms passe constamment d’un univers sonore Ă  l’autre. Grandiose, majestueux, puis lĂ©ger, fragile, martelant d’imposants accords puis effleurant quelques dĂ©licates notes, laissant s’épanouir quelques mĂ©lodies lumineuses, puis faisant surgir des rythmes lancinants, il exige du pianiste une sensibilitĂ© et une virtuositĂ© Ă©clatantes. Sous les doigts de Couteau, les thĂšmes surgissent, se modifient, pĂ©rissent et ressuscitent naturellement : l’épanouissement sonore subjugue avant de cĂ©der la place Ă  une finesse transparente


En deuxiĂšme partie de soirĂ©e, les Trois Intermezzi op.117 (1892) sont en revanche un opus que Brahms composa vers la fin de sa vie, ouvrage d’un grand lyrisme, teintĂ© de nostalgie, ce qui le diffĂ©rencie de la fraicheur intĂ©riorisĂ©e des Ballades entendues en premiĂšre partie. Le premier Intermezzo, tout spĂ©cialement, nous laissera un souvenir profond : Couteau le pare de couleurs nocturnes et crĂ©pusculaires, car c’est bien le serein adieu d’un compositeur au soir de sa vie que cette piĂšce Ă©voque. Il clĂŽture son programme avec les Variations sur un thĂšme de Paganini op.35, qui exploite le thĂšme du 24e Caprice du cĂ©lĂšbre violoniste italien (que Liszt et Schumann avaient dĂ©jĂ  rĂ©utilisĂ© pour des contrepoints pianistiques). LĂ  encore, l’agilitĂ© formidable de Couteau se double d’une extrĂȘme dĂ©licatesse, donnant Ă  chacune de ces variations une empreinte particuliĂšre, tantĂŽt espiĂšgle, tantĂŽt hargneuse, tantĂŽt timide. Le pianiste fait dĂ©filer avec maestria une abondante imagerie de sentiments et d’affects, qui lui vaut de chaleureux vivats de la part d’un public messin venu nombreux entendre le jeune prodige.

Bref, Ă  vos calendriers pour la seconde journĂ©e de son cycle Brahms
 elle aura lieu le 30 avril au mĂȘme endroit !

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. Metz, Salle de l’esplanade de l’Arsenal, le 6 dĂ©cembre 2018. RĂ©cital Brahms par Geoffroy Couteau (1/4).

CD, critique. BRAHMS : Concertos n°1 et 2, V Maltempo. Mitteleuropa Orch / Marco Guidarini (2 cd Piano classics, Brilliants classics)

brahms concertos pour piano 1 et 2 marco guidarini vincenzo maltempo piano classics brilliants review cd critique cd par classiquenews novembre 2018CD, critique. BRAHMS : Concertos n°1 et 2, V Maltempo. Mitteleuropa Orch / Marco Guidarini (2 cd Piano classics, Brilliants classics). La carrure, plutĂŽt solide, du piano de Vincenzo Maltempo contraste avec la tenue vibratile extrĂȘmement sensible de l’orchestre dirigĂ© par Marco Guidarini (Mitteleuropa Orchestra, phalange italienne que le chef pilote depuis deux saisons comme directeur musical, sept 2017). Le pianiste n’hĂ©site pas Ă  ralentir, creuser les respirations, Ă©tendre, Ă©largir les champs imaginatifs du Concerto n°1 (1859) dĂšs le premier mouvement d’ouverture, « Maestoso », Ă  la fois majestueux et tendre, lyrique et passionnĂ© : surtout introspectif et humaniste, fraternel et presque caressant. Chef et soliste expriment le massif tectonique, les couleurs d’un orchestre wagnĂ©rien qui façonnent l’un des paysages sonores parmi les plus impressionnants comme les plus intimes aussi – paradoxe ou oxymore nettement brahmsienne (le pudique et le secret dans le grandiose) spĂ©cifique Ă  Johannes Brahms.
Le galbe et cette intĂ©rioritĂ© ample et comme ralentie font les dĂ©lices de cette lecture qui ne manque ni de panache dĂ©monstratif ni d’écoute introspective, faisant sonner le piano symphonique chers aux Romantiques (de la premiĂšre gĂ©nĂ©ration, les Chopin et Liszt), comme l’instrument royal capable de ciselure intime.
Le 2Ăš mouvement fait surgir une couleur intense
 dans le repli et le recueillement (Adagio), avec un Ă©tirement de la pĂąte sonore qui suscite de nouveaux horizons intĂ©rieurs. L’équilibre entre le piano et l’atmosphĂšre orchestrale est idĂ©al. L’ingĂ©nieur du son et les interprĂštes ont privilĂ©giĂ© la rondeur et la chaleur grave du clavier, aux rĂ©sonances profondes, d’une sĂ©duction Ă©vidente.

BRAHMS HD pour GSTAAD reportage2018Le Concert n°2 (1881) moins fiĂ©vreux et Ă©pique, impose un complicitĂ© fusionnelle suprĂȘme, entre soliste et orchestre, dans le premier mouvement, comme envoĂ»tĂ© (Allegro non troppo) oĂč la direction du chef inscrit une ampleur renouvelĂ©e, d’une tension exemplaire, exprimant jusqu’au voile de l’expĂ©rience car il s’agit bien d’une partition de l’extrĂȘme maturitĂ© du classique romantique. ComposĂ© 20 ans aprĂšs le Premier Concerto, l’opus opus 83 tend Ă  basculer la forme concertante vers le riche terreau poĂ©tique du poĂšme symphonique. Serti et comme constellĂ© d’inclusions intimes et d’une rare pudeur, le Concerto n°2 bascule Ă©videmment dans l’intonation chambriste, ce que comprend le chef qui lui donne mĂȘme une rĂ©sonance Ă  la fois claire et dĂ©taillĂ©e, mozartienne, comme une stabilitĂ© architecturĂ©e Ă  la Beethoven. Toute la passion brahmsienne s’exprime librement dans le second mouvement (allegro appassionato), d’une instabilitĂ© expressive d’une grande finesse et lĂ  encore oĂč rayonnent l’équilibre entre le clavier sombre, grave, profond, et l’éloquence plus picturale de la direction orchestrale. Le 3Ăš Ă©pisode, – Andante, et son ouverture comme un concerto pour violoncelle, tisse une nouvelle coloration dans l’introspection tendre et fraternelle : le hautbois atteint une lueur crĂ©pusculaire qui dit Ă  la fois la fin et le commencement. Les respirations que cultivent le chef, par ailleurs, grand chef lyrique, saisissent par leur justesse. Tout ici suspend son vol et dĂ©ploie un sentiment de pure extase, hors temps. C’est l’émergence d’un nouveau temps, temps du sentiment, temps Ă©motionnel, qui ne connaĂźt aucune intelligence de l’efficacitĂ© mais creuse la richesse des harmonies et la clartĂ© du plan mĂ©lodique.
Le « gracioso » du dernier mouvement est remarquable de simplicitĂ© et de dĂ©tails articulĂ©s avec une prĂ©cision aĂ©rienne. L’équilibre et la balance sont trĂšs bien ajustĂ©s, accordant ciselure du piano et enveloppe climatique diffusĂ©e par l’orchestre : l’articulation du piano servie par une prise de son trĂšs proche du clavier et de la table d’harmonie, mais parfaitement ajustĂ©e Ă  l’orchestre, dessine cette fusion claire, d’une fraĂźcheur inĂ©dite qui contraste avec les autres lectures, souvent, Ă©paisses, et denses, parfois trop pompeuses.
Ici rien de tel, plutĂŽt le relief millimĂ©trĂ© de chaque instrument, en complicitĂ© et en dialogue avec le piano. Voici assurĂ©ment dans ces Ă©quilibres et mesures, le meilleur Ă©pisode du Concerto. D’autant que les interprĂštes savent rehausser encore l’humour de Brahms qui se saisit de motifs folkloriques hongrois, en un rondeau Ă  l’ivresse magicienne. Recyclant l’esprit de vieilles valses avec un recul Ă  la fois tendre et nostalgique. L’acuitĂ© dynamique, le scintillement entre clavier et orchestre suscitent notre admiration. Remarquable lecture : de loin, le travail agogique et trĂšs fouillĂ©, surtout dans les 2 derniers mouvements du Concerto n°2, force l’admiration. CLIC DE CLASSIQUENEWS.COM de dĂ©cembre 2018. Bravo maestro.

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. Johannes Brahms : Concertos pour piano n°1, n°2 – Vincenzo Maltempo piano – Mitteleuropa Orchestra – Marco Guidarini direction. 2 CD Piano classics – PCL10145 – EAN code – 5029365101455 – Mai 2018. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

https://www.piano-classics.com/articles/b/brahms-piano-concerto-nos-1-2/

CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca)

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CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca). Etrangement la Philharmonie TchĂšque / Czech Philharmonic sonne dĂ©mesurĂ©e dans une prise de son Ă  la rĂ©verbĂ©ration couvrante qui tant Ă  diluer et Ă  noyer le dĂ©tail des timbres, comme le relief des parties : orchestre, solistes, choeur (Prague Philharmonic Choir). Heureusement, la direction tendre du chef Jiri Belohlavek (rĂ©cemment dĂ©cĂ©dĂ© : il s’est Ă©teint le 31 mai 2017) Ă©vite d’écraser et d’épaissir, malgrĂ© l’importance des effectifs et le traitement sonore plutĂŽt rond et indistinct. C’est presque un contresens pour une partition qui plonge dans l’affliction la plus dĂ©chirante, celle d’un pĂšre (Dvorak) encore saisi par la perte de ses enfants Josefa en septembre 1875, puis ses ainĂ©es : Ruzenka et Ottokar.

 

Fini en 1877, crĂ©Ă© Ă  Prague en 1880, le Stabat Mater imposa un tempĂ©rament puissant, Ă  la fois naĂŻf et grandiose, qui alors, confirmait l’enthousiasme de Brahms (trĂšs admiratif la Symphonie n°3 de Dvorak). L’étonnante franchise et sincĂ©ritĂ© de la paritition valurent partout oĂč elle fut crĂ©Ă©e, un triomphe Ă  son auteur (dont Ă  Londres oĂč il dirigea lui-mĂȘme la fresque bouleversante en 1884). Comme le Requiem de Verdi, aux dimensions elles aussi colossales, le Stabat Mater de Dovrak n’en oublie pas l’humanitĂ© et l’intimitĂ© de son sujet : la ferveur Ă  la Vierge de compassion et de douleur ne pourrait s’exprimer sans pudeur et dĂ©licatesse.

C’est pourquoi l’oeuvre alterne constamment entre le dĂ©sir de paix et d’acceptation, et la profonde dĂ©chirure de la douleur et du sentiment immense, irrĂ©pressible d’impuissance comme d’injustice.  TrĂšs libre quant Ă  la liturgie, – comme Brahms et l’élaboration de son Requiem Allemand, Dvorak façonne son Stabat Mater comme un hymne personnel Ă  la Vierge douloureuse, rĂ©confortante, admirable.

 

L’Ampleur et l’épaisseur brahmsienne s’invitent ainsi dans la tenue de l’orchestre du cd2 – parfois trop solennelle, Ă©crasante mĂȘme, particuliĂšrement dans l’intro pour l’air de tĂ©nor (avec choeur) : « Fac me vere tecum flere », d’une attĂ©nuation plus tendre grĂące au timbre hĂ©roĂŻque et trĂšs rond du tĂ©nor amĂ©ricain Michael Spyres ; air de compassion, aux cĂŽtĂ©s  de la mĂšre endeuillĂ©e, face au Fils crucifiĂ©, rempli de recueillement et aussi de volontĂ© parfois colĂ©reuse
 LĂ  encore, le chanteur amĂ©ricain soigne sa ligne, arrondit les angles, caresse et rassĂ©rĂšne


 

AprĂšs la sĂ©quence purement chorale (tendresse souple du choeur Ă©voquant Marie / plage 2, cd2), le duo soprano et tĂ©nor (VIII. Fac ut portem Christi mortem / Fais que supporte la mort du Christ) affirme la trĂšs forte caractĂ©risation des parties solistes (lumineuse et fragile vorie sĂ©raphique Eri Nakamura) ; leur duo exprime le dĂ©sir des solistes : supporter l’affliction nĂ©e du deuil et de la perte, emportant tout l ‘effectif. Les deux voix s’engouffrent dans la peine divine et la souffrance du Fils.  Soprano et tĂ©nor trouvent l’intonation juste, entre dĂ©ploration et pudique exhortation, mais elles sont souvent noyĂ©es dans le magma orchestral (la prise de son est vraiment indigne).

 

Plus Ă©nergique et presque conquĂ©rant, l’air de l’alto Elisabeth Kulman (Inflammatus), prenant Ă  tĂ©moin aussi la Vierge courageuse et compatissante affirme le beau tempĂ©rament de la chanteuse au timbre noble et rond, trĂšs respectueuse de l’intĂ©rioritĂ© mesurĂ©e de cet andante maestoso : la voix Ă©carte toute solennitĂ©, elle intensifie la priĂšre individuelle d’une fervente « rĂ©chauffĂ©e par la grĂące », adoratrice apaisĂ©e de Marie, dans l’attĂ©nuation finale d’une douleur enfin mieux vĂ©cue.

 

Le chef trouve des accents plus pointillistes Ă  l’orchestre et idĂ©alement accordĂ©s au quatuor vocal, Ă  la fois attendri et sincĂšre dans des accents plus francs et directs ; toujours, le geste semble mesurer l’ampleur du dolorisme que la mort implacable et injuste suscite (vague du collectif renforcĂ© par le choeur grandiose), alternĂ© par une priĂšre fervente trĂšs incarnĂ©e, soudainement lumineuse Ă  l’énoncĂ© du Paradis promis Ă  l’ñme Ă©plorĂ©e.

Jiri Belohlavek force le trait dans la solennité, conférant à la fresque de Dvorak, une épaisseur majestueuse, quasi beethovénienne (Missa Solemnis) et une trÚs forte charge introspective (Brahmsienne).

 

Le finale est une arche plus impressionnante et spectaculaire (de surcroĂźt dans un espace trĂšs rĂ©verbĂ©rĂ©) que retenue ; et le chef joue sur le grandiose des effectifs en nombre. MalgrĂ© la spatialisation large et la prise de son diluĂ©e, Belholavek trouve l’intonation juste dans les derniĂšres mesures aux cordes qui dessinent l’espoir d’une aube nouvelle, rĂ©solvant la charge de tant de ferveur antĂ©rieure.

Dans la salle Dvorak au Rudolfinum de Prague, le cĂ©rĂ©moniel l’emporte sur la vĂ©ritable intimitĂ© de la ferveur. La fresque parfois dĂ©mesurĂ©e, dĂ©borde du sentiment individuel pourtant contenu dans une partition Ă  la trĂšs forte coloration autobiographique. Autour du maestro, les Ă©quipes rĂ©unies : chƓur (rendu ainsi confus par la prise de son indistincte et pĂąteuse), orchestre, solistes
 cĂ©lĂšbrent surtout un monument national, et aussi assurĂ©ment l’engagement d’un chef alors ĂągĂ©, reconnu pour sa dĂ©fense du rĂ©pertoire national. Pour les versions alternatives, avec solistes aussi impliquĂ©s et sobres, et surtout choeur enfin dĂ©taillĂ©, voyez du cĂŽtĂ© des chefs Herreweghe, Kubelik et Sinopoli (les deux derniers chez DG). RĂ©alisĂ© quelques semaines avant sa mort, ce Stabat Mater prend des allures de testament artistique du chef principal, dĂ©tenteur de toute une tradition esthĂ©tique que l’on ne peut dĂ©sormais ignorer.

 

 

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CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca)

SAINTES. Philippe Herreweghe dirige le Requiem de Brahms

POITIERS. Le 13 octobre 2016. Brahms : Un Requiem allemand. Philippe Herreweghe relit le sommet du romantisme sacrĂ©, que signe Brahms en 1871. Requiem personnel. En croyant connaisseur des textes bibliques, Johannes Brahms n’hĂ©sita pas Ă  transgresser les rĂšgles en opĂ©rant lui-mĂȘme la sĂ©lection des priĂšres et chants qu’il souhaitait mettre en musique pour son Requiem. IntitulĂ© Requiem allemand (Ein deutsche Requiem), l’oeuvre s’écarte ainsi de la tradition en n’étant pas chantĂ©e en latin. Sa force et sa ferveur n’en ont que plus d’intensitĂ© et d’émotivitĂ©, abordant sans mĂ©nagements sirupeux, les sujets essentiels que doit affronter le commun des mortels, la mort et la course du temps, la perte des ĂȘtres chers, la finitude de toute chose
 Il s’agit d’un tĂ©moignage personnel traversĂ© par ses impressions et sentiments, par ses expĂ©riences personnelles aussi qui ont endeuillĂ© sa propre vie.

Brahms-Johannes-portrait-face-500-brahmsMenĂ©e par une jeune Ăąme de 21 ans, la composition s’étend sur plusieurs annĂ©es, de 1854 Ă  1868. De graves Ă©vĂ©nements en ont marquĂ© la genĂšse et la couleur particuliĂšre, ainsi “Den alles Aleisch” dĂ©veloppe l’esquisse d’une sonate Ă©crite au moment de la tentative de suicide de Robert Schumann dont Brahms Ă©tait trĂšs proche. D’autres parties seraient contemporaines de la mort de Schumann (1856) mais Brahms n’a pas prĂ©cisĂ© lesquelles, d’autres encore auraient Ă©tĂ© composĂ©es dans la suite du dĂ©cĂšs de sa mĂšre en 1865.

RENONCEMENT, PAIX ULTIME. A Poitiers, l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es et Philippe Herreweghe jouent Brahms. Premier temps fort de la saison 2016-2017, le sublime Requiem Allemand / Ein deutsche Requiem de Johannes Brahms, partition non liturgique mais tĂ©moignage d’estime du jeune Johann pour son aĂźnĂ© tant admirĂ© et estimĂ©, Robert Schumann
 En allemand (et non en latin), Brahms dĂ©taille avec pudeur et profondeur plusieurs mĂ©ditations sur la perte d’un ĂȘtre cher, le deuil obligĂ©, la mort, le renoncement au monde et Ă  l’amour. La traditionnelle mĂ©tamorphose grĂące Ă  la musique se rĂ©alise en teintes mordorĂ©es et scintillante d’autant plus vibratiles grĂące au format et au caractĂšre spĂ©cifiques des instruments anciens : de l’angoisse et de la douleur Ă  l’espĂ©rance finale, oĂč se prĂ©cise la promesse d’une vie sereine et Ă©ternelle. Philippe Herreweghe retrouve la puissance d’une partition de l’intime, sertie et constellĂ©e de joyaux d’une rare pudeur : Brahms rend un hommage personnel Ă  son « maĂźtre » tant aimĂ© ; il lui offre une priĂšre faite de pleine conscience et de gravitĂ© maĂźtrisĂ©e.

Philippe Herreweghe portraitLe chef fondateur de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es en rĂ©sidence au TAP, prolonge ainsi son prĂ©cĂ©dent enregistrement d’Un Requiem Allemand / Ein Deutsches Requiem de Brahms, gravĂ© en 1996. Les fiançailles magiques fĂȘtent en 2016, leurs 25 ans : la journĂ©e spĂ©ciale « Cocktail », festival d’un jour autour et par l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, le jeudi 9 mars 2017 permettra Ă  Poitiers de retrouver chef et instrumentistes en interaction avec leur public-; 20 ans plus tard, le geste devrait Ă©blouir par une expĂ©rience plus riche, une comprĂ©hension nourrie par des annĂ©es de rĂ©flexion et de mĂ©ditation sur le manuscrit de Brahms. Lecture attendue, Ă©vĂ©nement, d’autant plus apprĂ©ciĂ©e dans l’acoustique exceptionnellement dĂ©taillĂ©e et claire du ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers. Avec le Collegium Vocale Gent, Eerens, soprano et Kresimir Strazanac, baryton. RESERVEZ

 

 

 

POITIERS, TAP
Jeudi 13 octobre 2016, 20h30
Brahms : Ein Deutsches Requiem / Un Requiem Allemand

Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es
Collegium Vocale Gent
Ilse Eerens, soprano
KreĆĄimir StraĆŸanac, baryton

 

 

Philippe Herreweghe, direction

RESERVEZ VOTRE PLACE
Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site du TAP Poitiers / saison 2016 – 2017

POITIERS. Philippe Herreweghe dirige Un Requiem Allemand de Brahms

POITIERS. Le 13 octobre 2016. Brahms : Un Requiem allemand. Philippe Herreweghe relit le sommet du romantisme sacrĂ©, que signe Brahms en 1871. Requiem personnel. En croyant connaisseur des textes bibliques, Johannes Brahms n’hĂ©sita pas Ă  transgresser les rĂšgles en opĂ©rant lui-mĂȘme la sĂ©lection des priĂšres et chants qu’il souhaitait mettre en musique pour son Requiem. IntitulĂ© Requiem allemand (Ein deutsche Requiem), l’oeuvre s’écarte ainsi de la tradition en n’étant pas chantĂ©e en latin. Sa force et sa ferveur n’en ont que plus d’intensitĂ© et d’émotivitĂ©, abordant sans mĂ©nagements sirupeux, les sujets essentiels que doit affronter le commun des mortels, la mort et la course du temps, la perte des ĂȘtres chers, la finitude de toute chose
 Il s’agit d’un tĂ©moignage personnel traversĂ© par ses impressions et sentiments, par ses expĂ©riences personnelles aussi qui ont endeuillĂ© sa propre vie.

Brahms-Johannes-portrait-face-500-brahmsMenĂ©e par une jeune Ăąme de 21 ans, la composition s’étend sur plusieurs annĂ©es, de 1854 Ă  1868. De graves Ă©vĂ©nements en ont marquĂ© la genĂšse et la couleur particuliĂšre, ainsi “Den alles Aleisch” dĂ©veloppe l’esquisse d’une sonate Ă©crite au moment de la tentative de suicide de Robert Schumann dont Brahms Ă©tait trĂšs proche. D’autres parties seraient contemporaines de la mort de Schumann (1856) mais Brahms n’a pas prĂ©cisĂ© lesquelles, d’autres encore auraient Ă©tĂ© composĂ©es dans la suite du dĂ©cĂšs de sa mĂšre en 1865.

RENONCEMENT, PAIX ULTIME. A Poitiers, l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es et Philippe Herreweghe jouent Brahms. Premier temps fort de la saison 2016-2017, le sublime Requiem Allemand / Ein deutsche Requiem de Johannes Brahms, partition non liturgique mais tĂ©moignage d’estime du jeune Johann pour son aĂźnĂ© tant admirĂ© et estimĂ©, Robert Schumann
 En allemand (et non en latin), Brahms dĂ©taille avec pudeur et profondeur plusieurs mĂ©ditations sur la perte d’un ĂȘtre cher, le deuil obligĂ©, la mort, le renoncement au monde et Ă  l’amour. La traditionnelle mĂ©tamorphose grĂące Ă  la musique se rĂ©alise en teintes mordorĂ©es et scintillante d’autant plus vibratiles grĂące au format et au caractĂšre spĂ©cifiques des instruments anciens : de l’angoisse et de la douleur Ă  l’espĂ©rance finale, oĂč se prĂ©cise la promesse d’une vie sereine et Ă©ternelle. Philippe Herreweghe retrouve la puissance d’une partition de l’intime, sertie et constellĂ©e de joyaux d’une rare pudeur : Brahms rend un hommage personnel Ă  son « maĂźtre » tant aimĂ© ; il lui offre une priĂšre faite de pleine conscience et de gravitĂ© maĂźtrisĂ©e.

Philippe Herreweghe portraitLe chef fondateur de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es en rĂ©sidence au TAP, prolonge ainsi son prĂ©cĂ©dent enregistrement d’Un Requiem Allemand / Ein Deutsches Requiem de Brahms, gravĂ© en 1996. Les fiançailles magiques fĂȘtent en 2016, leurs 25 ans : la journĂ©e spĂ©ciale « Cocktail », festival d’un jour autour et par l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, le jeudi 9 mars 2017 permettra Ă  Poitiers de retrouver chef et instrumentistes en interaction avec leur public-; 20 ans plus tard, le geste devrait Ă©blouir par une expĂ©rience plus riche, une comprĂ©hension nourrie par des annĂ©es de rĂ©flexion et de mĂ©ditation sur le manuscrit de Brahms. Lecture attendue, Ă©vĂ©nement, d’autant plus apprĂ©ciĂ©e dans l’acoustique exceptionnellement dĂ©taillĂ©e et claire du ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers. Avec le Collegium Vocale Gent, Eerens, soprano et Kresimir Strazanac, baryton. RESERVEZ

 

 

 

POITIERS, TAP
Jeudi 13 octobre 2016, 20h30
Brahms : Ein Deutsches Requiem / Un Requiem Allemand

Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es
Collegium Vocale Gent
Ilse Eerens, soprano
KreĆĄimir StraĆŸanac, baryton

 

 

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Cd, coffret. Nikolaus Harnoncourt : Brahms (Symphonies 1, 2, 3, 4, concertos pour piano 1 et 2, 1996-1999, 5 cd Warner classics)

CLIC_macaron_2014Cd, coffret. Nikolaus Harnoncourt : Brahms (Symphonies 1,harnoncourt brahms 5 cd warner classics review critique cd classiquenews compte rendu critique cd 2, 3, 4, concertos pour piano 1 et 2, 1996-1999, 5 cd Warner classics). Ce q’un baroqueux peut apporter dans la tenue des orchestres modernes et dans le rĂ©pertoire romantique
 Warner classics nous rĂ©gale le premier, parmi les labels classiques historiques Ă  cĂ©lĂ©brer l’hĂ©ritage du MaĂźtre regrettĂ© (dĂ©cĂ©dĂ© en mars 2016 : dĂ©cĂšs de Nikolaus Harnoncourt), en dĂ©voilant ce souci particulier sur le mĂ©tier romantique : avec les instrumentistes de l’Orchestre Philharmonique de Berlin (en 1996, 1997) et pour les Concertos pour piano avec ceux du Royal Concertgebouw Amsterdam (live de 1999, dans une prise de son idĂ©ale); voici 5 cd Ă©tapes majeures pour un Brahms symphonique et concertant, dĂ©poussiĂ©rĂ©. 5 cd pour Ă©valuer tout ce que peut apporter un chef historiquement informĂ©, et l’un des plus aguerris, libre, inventif, visionnaire en la matiĂšre, soit Nikolaus Harnoncourt au travail, dĂ©voilant de nouveaux trĂ©sors d’exĂ©cution et de rĂ©alisation souple, articulĂ©e, – avec les musiciens sur instruments modernes du Berliner Philharmoniker : la dĂ©marche est d’autant plus lĂ©gitime que s’agissant de Johannes, – dernier romantique, et si proche de Schumann, il s’agit d’une Ă©criture qui regardent toujours vers le passĂ©, Beethoven (son dieu) et au delĂ , bien avant, le raffinement inĂ©dit qu’apporte le chef Baroqueux, pionnier de la RĂ©volution sur instruments d’époque, et auteur d’un intĂ©grale Beethoven sur instruments d’époque (Orchestre de chambre d’Europe-, toujours indĂ©passĂ©e, chez Teldec) se rĂ©vĂšle porter d’une Ă©nergie affĂ»tĂ©e renouvelĂ©e, avec un rapport bois, cordes repensĂ© dan sel sens de la clartĂ© concertante (ce dĂšs le dĂ©but des variations sur un thĂšme de Joseph Haydn cd1). De mĂȘme le dĂ©but de la Symphonie n°1 portĂ©e pressĂ©e par un flux incandescent d’une urgence inĂ©luctable brille singuliĂšrement par l’équilibre instrumental et la balance nouvellement Ă©laborĂ©e qui met en avant les vents et les bois (flĂ»tes et hautbois), jaillissement de l’harmonie qui colore spĂ©cifiquement l’énergie vitale de cette entrĂ©e en matiĂšre qui rĂ©sonne et s’enfle avec en une sorte d’extase tragique
 (Live rĂ©alisĂ©e Ă  la Philharmonie de berlin en dĂ©cembre 1996). Tout est dit dans cette fabuleuse narration jamais dĂ©monstrative mais intĂ©rieure dont l’acuitĂ© des timbres, et une nouvelle motricitĂ© entre le pupitres soulignent la filiation beethovĂ©nienne qui structure de l’intĂ©rieur et de façon organique, les 4 Symphonies de Brahms. Toujours en 1996, les Symphonie 2 et l’Ouverture tragique (live de 1996) souligne ce travail spĂ©cifique sur la couleur et l’intensitĂ© des bois et des vents sur des cordes rĂ©solument transparentes : d’ailleurs, Harnoncourt a beaucoup travailler avec les instrumentistes la rĂ©solution des phrases en une seul tenue d’archet. L’agilitĂ© de la main droite a Ă©tĂ© un point fondamentale de cette approche rĂ©gĂ©nĂ©rative.
Eblouissant HarnoncourtUn an plus tard (cd 3, 1997), les mĂȘmes rĂ©alisent le dramatisme tellurique de la n°3 : le chant des bois et de cuivres sur la mer des cordes, cette intelligibilitĂ© des pupitres allĂšge considĂ©rablement l’allant de texture, fonde l’acuitĂ© d’une direction soucieuse d’articulation (clarinette, basson, hautbois
) et aussi d’élĂ©gance dans la tenue gĂ©nĂ©rale des cordes. La ligne de la clarinette (en dialogue avec le cor
) est particuliĂšrement soignĂ©e, prĂȘte vive d’une sensibilitĂ© suprĂȘme au timbre. L’AllĂ©gretto qui ouvre telle une aurore pleine de promesses et de plĂ©nitudes Ă©phĂ©mĂšres, l’admirable n°4 opus 98, confirme le raffinement instrumental qu’apporte la vision de Harnoncourt (mĂȘme dĂ©tail et vibration dans l’Andante moderato qui suit) quand l’Allegro giocoso est portĂ© au pieds de la lettre, vif, palpitant, d’une nervositĂ© rĂ©jouissante. Enfin le cd 4, ajoute le bĂ©nĂ©fice de ce geste aĂ©rĂ©, prĂ©cis, nerveux dans la forme concertante, celle du Concerto n°1 opus 15, taillĂ© comme un diamant vif argent ; oĂč l’ouverture est saisissante d’acuitĂ© expressive, un lever de rideau qui impressionne et bouleverse par sa sincĂ©ritĂ© ; d’autant que la prise de son est d’une richesse de restitution remarquable (jusqu’aux bruits des instruments, et des partitions que l’on feuillĂšte sur les pupitres !) : enregistrĂ© en dĂ©cembre 1999, Ă  Amsterdam avec le Concertgebouw d’Amsterdam, le geste d’Harnoncourt sĂ©duit par ses temps ralentis, la profondeur qui s’en dĂ©gage aussitĂŽt, une Ă©quilibre entre plĂ©nitude et urgence, langueur, dĂ©sespoir (Adagio); un bouillonnement et une tendresse mĂȘlĂ©s formant un superbe bain d’émotions et de sentiments qui dĂ©ferlent, affleurent, se dĂ©ploient avec un naturel irrĂ©sistible : l’orchestre ainsi dirigĂ© compose un tapis et un Ă©crin idĂ©al pour le piano certes sensible mais moins inspirĂ©, habitĂ© du soliste Rudolf Buchbinder (beaucoup moins nuancĂ© et suggestif que le chef). Ce que parvient Ă  rĂ©aliser le chef avec les instrumentistes reste saisissant. RĂ©ellement impressionnant. Dans le cd 5, le Concerto pour piano n°2 y cultive les mĂȘmes qualitĂ©s : vibration superlative de l’orchestre, d’une hauteur poĂ©tique irrĂ©sistible, d’un dramatisme attentif et contrastĂ©, auquel rĂ©pond le jeu parfois Ă©pais et percussion Ă  outrance du soliste. Harnoncourt chez Brahms fut captivant : ces 5 cd le dĂ©montrent sans rĂ©serve. Magistrale rĂ©vĂ©lation ou confirmation s’agissant du Baroqueux chez le plus romantique des Romantiques germaniques. Incontournable.

Cd, coffret. Nikolaus Harnoncourt. BRAHMS : Symphonies, Concertos pour pianos, Variations, Ouvertures. Berliner Philharmoniker (1996-1997), Royal Concertgebouw Orchestra Amsterdam (Live de 1999). 5 cd Warner classics. 0190295 975104. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

Compte rendu, concert. Tours, Opéra. Le 5 décembre 2015. Brahms : Concerto pour piano n°2. R. Strauss, Ravel. Adam Laloum, piano. Orch. Région Centre-Val de Loire Tours. Jean Yves Ossonce, direction.

PIANO ENCHANTEUR : Adam Laloum Ă  ToursLe clou de ce dernier programme symphonique Ă  l’OpĂ©ra de Tours est le 2Ăšme Concerto pour piano de Johannes Brahms. Soliste annoncĂ©, le laurĂ©at du Prix Clara Haskil 2009, Adam Laloum (nĂ© en 1987), Ă©lĂšve au CNSMD de Paris, de Michel BĂ©roff. Adam Laloum, le poĂšte des pianistes français et certainement le plus mĂ©ditatifs d’entre tous fait l’affiche de ce concert prometteur : on sait jusqu’à quels piani introspectifs le chef Jean-Yves Ossonce (dont le public de Tours vit le dernier cycle symphonique ici mĂȘme depuis l’annonce de dĂ©mission) aime conduire son orchestre tourangeau : telle capacitĂ© allusive, jouant sur le murmure timbrĂ©, mettant en avant la couleur de chaque instrument exposĂ©, s’est entendue prĂ©cĂ©demment dans des TchaĂŻkovski pour nous devenus mĂ©morables (LIRE notre compte rendu de la Symphonie n°6 de Tchaikovski en novembre 2014 par Jean-Yves Ossonce). La combinaison du pianiste dĂ©jĂ  invitĂ© Ă  Tours et du maestro sur la scĂšne de l’OpĂ©ra pouvait nous laissait espĂ©rer l’impossible.

Or l’alchimie a bien eu lieu 
 et le jeu miroitant, diaphane, ciselĂ©, d’une tendresse enfantine et amoureuse surtout dans l’Andante du jeune pianiste français s’est dĂ©ployĂ© sans masque si ce n’est celui assumĂ© de la pudeur. Tout le Concerto pour piano n°2 de Brahms d’une ampleur symphonique affirmĂ©e (avec ses 4 mouvements), laisse pourtant le chant du clavier s’épanouir, entre la tragĂ©die sombre Ă  peine voilĂ©e, la digression facĂ©tieuse (en particulier dans le dernier mouvement grazioso oĂč scintille les motifs populaires, rythmes hongrois rĂ©servĂ©s aux cordes), et au cƓur de la sensibilitĂ© brahmsienne, une hypersensibilitĂ© affective qui est la clĂ© de cette noblesse qui retourne toujours Ă  l’intime et Ă  la pudeur blessĂ©e. L’agilitĂ© faune, la versatilitĂ© dynamique, la caresse du piano d’Adam Laloum font le miel d’une soirĂ©e d’une trĂšs haute musicalitĂ© Ă  Tours oĂč chaque mouvement berce par une sincĂ©ritĂ© de ton qui d’un Ă©pisode Ă  l’autre, rĂ©tablit la grande cohĂ©rence du cycle orchestral dans son entier.

On sait grĂ© au chef de nous servir avec une finesse d’élocution tĂ©nue, l’admirable combinaison de certains timbres appareillĂ©s (cor Ă©videmment, hautbois, sans omettre le violoncelle au dĂ©but et Ă  la fin de l’Andante qui respire alors au diapason du clavier complice : mĂȘmes vibrations accordĂ©es entre les deux instruments. Un trĂšs grand moment de plĂ©nitude … purement musicale (pour plaire au critique Eduard Hanslick, dĂ©fenseur acharnĂ© et souvent partisan de Brahms).  Le piano enivrĂ©, extatique, parfois rugissant d’Adam Laloum s’accorde Ă  l’engagement du chef. Ce Brahms ambivalent, Ă  la fois solaire et crĂ©pusculaire, combinant la tĂ©nĂšbre et la grĂące lumineuse ressuscite ainsi en un acte d’une complicitĂ© accomplie.

 

 

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Compte rendu, concert. Tours, Opéra. Le 5 décembre 2015. Brahms : Concerto pour piano n°2. R. Strauss, Ravel. Adam Laloum, piano. Orch. Région Centre-Val de Loire Tours. Jean Yves Ossonce, direction.

La Belle HĂ©lĂšne d'Offenbach Ă  ToursProchain Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours : La Belle HĂ©lĂšne d’Offenbach, les 26,27,30 et 31 dĂ©cembre 2015. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte : … ElĂ©gance, souplesse, ivresse mĂ©lodique 
 pour Pisani, La Belle HĂ©lĂšne rassemble toute les qualitĂ©s d’une grande Ɠuvre : une opĂ©rette dont la subtilitĂ© se rapproche de l’opĂ©ra;  politiques vĂ©reux mais trĂšs arrogants, dĂ©esses dĂ©vergondĂ©es et bergers complices portĂ©s sur la cabriole
 Divertissement certes, mais Offenbach comme Rameau dans sa formidable PlatĂ©e (prĂ©figuration de la future comĂ©die musicale Ă  venir, dĂ©jĂ  en 1745
.) nous tend le miroir : la sociĂ©tĂ© portraiturĂ©e dans La Belle HĂ©lĂšne sous couvert de gags Ă  gogo et de tableaux dĂ©lirants …

 

 

 

CD, compte rendu critique. Coffret Brahms : complete orchestral music. Integrale de la musique pour orchestre. Riccardo Chailly, direction. Gewandhaus Orchester Leipzig. 7 cd Decca (2006-2014)

brahms complete orchestral music coffret box Decca review compte rendu critique cd classiquenews Freire kavakos repin mork disques cd review compte rendu critique de disque, coffret Chailly classiquenewsCD, compte rendu critique. Coffret Brahms : complete orchestral music. Integrale de la musique pour orchestre. Riccardo Chailly, direction. Gewandhaus Orchester Leipzig. 7 cd Decca (2006-2014). EnregistrĂ©e en plusieurs coffrets sĂ©parĂ©s selon le calendrier des enregistrements rĂ©alisĂ©s, cette intĂ©grale Brahms par Riccardo Chailly prend forme en un coffret unique Ă©ditĂ© par Decca (7 cd). Avec sa rĂ©cente intĂ©grale Beethoven, Chailly impressionne par une ampleur du son, une puissance qui sait aussi prĂ©server le dĂ©tail et une certaine clartĂ© ; tout est canalisĂ© pour l’opulence d’un dramatisme brĂ»lĂ© qui compose dans une discographie une voie mediane, Ă©quilibrĂ©e qui s’affirme comme une rĂ©fĂ©rence jamais dĂ©cevante. Soucieux de clartĂ© et de lisibilitĂ©, le Brahms de Chailly sait trancher, caractĂ©riser sans Ă©paisseur et cette surenchĂšre produisant bien souvent une pĂąte dĂ©clamĂ©e, ampoulĂ©e, finalement indigeste. Chailly revient Ă  l’architecture primitive et originelle du Brahms bĂątisseur, prolongeant comme personne l’invention des formes depuis Beethoven. ComparĂ© Ă  ses premiĂšres lectures des Symphonies avec l’autre Gewandhaus (d’Amsterdam), le geste forgĂ© et peu Ă  peu sculpter Ă  Leipzig, comme profitant de la rĂ©volution interprĂ©tative opĂ©rĂ©e sur Bach, a conçu une direction plus lĂ©gĂšre et transparente dont la sensibilitĂ© instrumentale rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, exalte les sens et fait la rĂ©ussite par exemple du mouvement lent (Andante) du Concerto pour piano n°2 (1881, cd 7), de loin la lecture la plus intĂ©ressante, profitant aussi il est vrai de l’exceptionnelle Nelson Freire (Live de 2005).

brahms serenades chailly gewandhaus de leipzig orchestra classiquenews compte rendu critique cd decca mai 2015Directeur musical du Gewandhaus de Leipzig depuis 2005, Riccardo Chailly signe donc une intĂ©grale qui malgrĂ© certains passages Ă  vide, comporte des instants de grĂące, comme suspendus, portĂ©s par cet idĂ©al personnel de la lisibilitĂ© et de la clartĂ© qui n’empĂȘche ce que nous aimons tant chez Brahms, l’ivresse et l’extase tendre, jaillissement Ă©perdu d’une innocence prĂ©servĂ©e, intacte malgrĂ© les blessures tues, les traumatismes (Ă©couter ce mĂȘme Andante et la place accordĂ©e au chant du violoncelle : un instant de grĂące).

L’intĂ©grale Brahms de Chailly demeure une leçon de musicalitĂ© respectueuse, soucieuse d’articulation et de lisibilitĂ©…

Vertus de la clarté allégée

C’est un Brahms plus nerveux, et osons dire mĂȘme audacieux au sens d’un Beethoven : les coups de timbales qui ouvrent la PremiĂšre Symphonie ne signifient-ils pas voici l’aube d’un monde nouveau comme Beethoven le dit lui-mĂȘme au terme de son propre cycle symphonique dans sa 9Ăšme ? Chailly retrouve ainsi le Brahms moderne et on pas classique, celui expurgĂ© de la tradition fin XIXĂš et mi XXĂšme, hĂ©ritĂ© de ses meilleurs dĂ©fenseurs Toscanini, FĂ©lix Weingartner. Brahms l’inventeur de formes nouvelles, capable de surprendre par un itinĂ©raire harmonique et rythmique neuf, rĂ©solument improbable, Brahms le rĂ©formiste ; voilĂ  le visage qui s’inscrit en lettres d’or sur le coffret Chailly : n’Ă©coutez que le dĂ©but et son dĂ©veloppement de la Symphonie n°1 (vrai poco sostenuto des cordes et transparence lĂ©gĂšre pour plus de mordant et d’ĂąpretĂ© voire de lumiĂšre dans cet irrĂ©pressible allant tragique initial) pour comprendre les apports du geste dĂ©poussiĂ©rĂ©, allĂ©gĂ©, nerveux, jamais surexpressif du chef italien. Sans perdre la puissance et le sentiment de la carrure colossale, le chef ajoute et soigne de bout en bout, le relief d’une lisibilitĂ© entre les pupitres qui reprĂ©cise la direction de l’architecture, les justes proportions entre les pupitres. La Symphonie n°3 dĂšs le dĂ©but peut ainsi compter sur une parfaite prĂ©cision lisible des bois qui citent avec d’autant plus de vitalitĂ©, la rĂ©fĂ©rence aux motifs folkloriques si prĂ©sents dans le tissu brahmsien. La construction globale, l’Ă©difice de Symphonies en Symphonies dĂ©voilent par un geste prĂ©cis, affinĂ©, des arĂȘtes vives, des passages et des modĂ©natures insoupçonnĂ©es (lissĂ©es ou expĂ©diĂ©es par les chefs moins scrupuleux).  ComplĂ©ment exaltants Ă  la clartĂ© architecturale des 4 Symphonies, les Ɠuvres concertantes, pour violon ; pour violon et violoncelle, Ă©clairent Ă©galement un mĂȘme souci d’Ă©locution : le Concerto en rĂ© (1879) s’impose Ă©videmment parmi les meilleures rĂ©ussites du coffret. C’est peu dire que le violon de Kavakos transcende le Concerto en rĂ© (prise de 2013) par la finesse sans aucune emphase de son instrument. C’est droit, vif, prĂ©cis, allĂ©gĂ© lui aussi, dans la lumiĂšre et d’une clartĂ© absolu (trilles aiguĂ«s inouies, d’une ciselure arachnĂ©enne), exprimant la fusion, cet esprit d’effusion souple et tendre unissant orchestre et violon dans une seule et mĂȘme caresse amoureuse : Leonidas Kavakos est Brahmsien comme Chailly : jamais dans la dĂ©monstration et la pure virtuositĂ©, rĂ©vĂ©lant des couleurs intĂ©rieures enfouies, intimes, pudiques d’une infinie douceur.

MĂȘme incandescence et mĂȘme entente partagĂ©es par les deux solistes du Double Concerto (live de 2008) : le violoncelle de Truls Mork et le violon de Vadim Repin, vif argents, d’une sobriĂ©tĂ© Ă©prise d’Ă©lĂ©gance chambriste, toujours articulĂ©e et d’une subtilitĂ© d’accents… Les nouveaux rĂ©glages de Chailly se ressentent d’autant mieux dans une Ɠuvre qui alterne de façon souvent vertigineuse les parties dĂ©volues Ă  tout l’orchestre et l’incise murmurĂ©e et plus ciselĂ©e du chant Ă  deux voix. Chambriste et concertant, comme un Concerto grosso, la partition semble diffĂ©rente Ă  tout ce qui fut jouĂ© jusque lĂ .

Riccardo Chailly dirigeantEn s’appuyant sur la tradition brahmsienne de l’orchestre de Leipzig, songeons que l’orchestre a crĂ©Ă© en 1859 le Premier Concerto pour piano,  Riccardo Chailly peut sculpter une sonoritĂ© qui a sa base romantique des plus lĂ©gitimes. En apportant un regard scrupuleux, veillant Ă  la lisibilitĂ© des timbres comme des pupitres, le chef rĂ©ussit son objectif : retrouver un Brahms plus incisif, plus transparent dont le souci de l’architecture et de la couleur se dĂ©voilent magistralement. En somme Brahms Ă©tait un moderne. Loin des clichĂ©s qui en font le suiveur conservateur et orthodoxe de Beethoven, rĂ©solument rival de Mahler Ă  Vienne. L’histoire d’un Brahms dĂ©poussiĂ©rĂ© s’Ă©crit maintenant grĂące Ă  son pionnier dĂ©sormais incontournable, Riccardo Chailly.

 

 

 

Tracklisting Intégrale pour orchestre de Brahms :

 

CD1: Symphonie no. 1  op.68; Symphonie no. 3  op.90

CD2: Symphonie no. 2 op.73; Symphonie no. 4  op.98; version alternative du début de la Symphonie n°4

CD3:  Ouverture tragique op.81; Intermezzo op.116 no. 4 (arr. Paul Klengel); Intermezzo op.117 no.1 (arr. Paul Klengel); Variations sur un Thùme de Haydn op.56a; Liebeslieder-Walzer op.52; Andante, Symphonie no. 1 – premiùre de la version originale; Academic Festival Overture op.80;  Danses hongroises nos. 1, 3 & 10

CD4: Serenade no. 1 op.11; Serenade no. 2 op.16

CD5: Concerto pour violon op.77 [Leonidas Kavikos]; Concerto for Violin & Violoncelle op.102 [Vadim Repin, Truls Mörk]

CD6: Concerto pour piano no. 1  op.15 [Nelson Freire]

CD7: Concerto pour piano no.2 in B flat op.83 [Nelson Freire]

Orchestre du Concertgebouw de Leipzig

Leipzig Gewandhausorchester
Riccardo Chailly, direction

 

 

 

CD, compte rendu critique. Coffret Brahms : complete orchestral music. Integrale de la musique pour orchestre. Riccardo Chailly, direction. Gewandhaus Orchester Leipzig. 7 cd Decca 4788994 (2006-2014). Parution : mi octobre 2015.

 

 

Brahms – Symphonie n°3 (partition interactive pour PIANO)

IcĂŽne_1024x1024_BrahmsBrahms – Symphonie n°3 opus 90 (partition interactive pour PIANO)  : la partition interactive pour piano. Qui n’a jamais rĂȘvĂ© de jouer la fameuse mĂ©lodie du mouvement lent de la Symphonie n°3 que Johannes Brahms composa Ă  l’Ă©tĂ© 1883 Ă  Wiesbaden ? … L’Andante est une sĂ©quence exceptionnellement tendre et sereine en ut majeur (originellement jouĂ©e par les bois)… la puretĂ© Ă©lĂ©giaque de son motif associĂ© aux autres mouvements a assurĂ© Ă  Brahms une gloire immĂ©diate dĂšs sa crĂ©ation Ă  Vienne, le 2 dĂ©cembre 1883 (sous la direction du chef Hans Richter). PrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau.

bouton partition

 

 
 

 

 
 

 

Niveau de difficulté : progressif
Type de partition : sans accompagnement
Prix de la partition : 4,99 euros

DĂ©mo vidĂ©o de l’adaptation de la Symphonie n°3 de Brahms, second mouvement (andante) par le pianiste Mauro lo Conte – Arrangement de Guy-François Leuenberger. 14 niveaux de difficultĂ©.

Brahms : Symphonie n°3 en fa majeur
Partition pour piano seul

 

CD, compte rendu critique. Brahms : Serenades. Chailly (1 cd Decca)

brahms serenades chailly gewandhaus de leipzig orchestra classiquenews compte rendu critique cd decca mai 2015CD, compte rendu critique. Brahms : Serenades. Chailly (1 cd Decca). C’est avant tout la rencontre (Ă©blouissante) d’un chef et d’un orchestre : l’aventure entre Riccardo Chailly et les instrumentistes du Gewandhaus de Leipzig se poursuit sous les cieux enchantĂ©s comme ce nouvel opus en tĂ©moigne : Brahms va idĂ©alement au chef et Ă  l’orchestre allemand : ainsi ses deux SĂ©rĂ©nades, composĂ©es entre 1858 et 1860, dont la force et la vitalitĂ© de l’approche ici feraient presque oublier parfois leur dĂ©sĂ©quilibre structurel, entre Ă©pisodes profondĂ©ment inspirĂ©s et vraies longueurs un rien artificielle de musique pure. Le maestro milanais montre Ă  quel point l’Ă©criture raffinĂ©e, furieuse, bondissante (Ă  la fois doublement viennoise, mozartienne et beethovĂ©nienne) de Brahms regarde en dĂ©finitive vers la symphonie (la SĂ©rĂ©nade 1 est rĂ©visĂ©e et achevĂ©e simultanĂ©ment Ă  la Symphonie n°1 et elle partage aussi d’indiscutables affinitĂ©s avec la Symphonie n°3 de Johannes)… Brahms revisite en hommage Ă  Mozart, cet esprit de l’Ă©lĂ©gance virtuose mozartienne, esprit de divertissement trĂšs habilement Ă©crit lĂ©guĂ© par le XVIIIĂš. L’Ă©lan chorĂ©graphique, la vitalitĂ© dansante, l’exaltation toujours lĂ©gĂšre et transparente attestent de l’excellente santĂ© du Gewandhaus. D’un prĂ©jugĂ© tenace les tenants pour des Ɠuvres austĂšres, voire secondaires et d’un moindre fini vis Ă  vis des Symphonies, voici que Chailly trĂšs inspirĂ©, capable de galvaniser ses troupes, montre toute l’Ă©nergie imprĂ©visible des deux SĂ©rĂ©nades qui dans les mouvements lents, savent aussi exprimer une dĂ©chirante nostalgie : les deux Adagios non troppo (celui de la SĂ©rĂ©nade 1 frappe par sa caresse mĂ©ditative en si bĂ©mol majeur ; tandis que celui en la mineur de la 2, convainc irrĂ©sistiblement par sa densitĂ© grave et aĂ©rĂ©e). Souffler un vent puissant et exaltĂ©, d’une impĂ©rieuse juvĂ©nilitĂ© : voilĂ  l’un des aspects et non des moindres de cette lecture en tout point convaincante. La quasi intĂ©grale Brahms par Chailly chez Decca s’affirme bel et bien comme l’une des meilleures rĂ©ussites symphoniques rĂ©centes en Allemagne.

Johannes Brahms (1833-1897) : Sérénades 1 (opus 11)  et 2 (opus 16). Gewandhausorchester. Riccardo Chailly, direction. Enregistré à Leipzig en 2014. 1 cd Decca  0289 478 6775 3.

Poitiers, TAP. Philippe Herreweghe joue Mendelssohn et Brahms

kopatchinskaja patricia violon mendelssohnPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30. Philippe Herreweghe, Patricia Kopatchinskaia. Nouveau jalon finement ciselĂ© sur le plan instrumental, de la saison symphonique Ă  Poitiers.  AprĂšs les concertos de Schumann et TchaĂŻkovski, la saison symphonique au TAP de Poitiers se poursuit avec deux autres perles romantiques : le 21 avril, Philippe Herreweghe et les instrumentistes de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es s’associent au feu ardent de la violoniste moldave Patricia Kopatchinskaia qui, il y a huit ans Ă  Poitiers avait dĂ©jĂ  marquĂ© les esprits dans le Concerto de Beethoven. Celle qui joue pieds nus, pour mieux sentir les vibrations du plateau transmises par les respirations et pulsions de l’orchestre, affirme depuis plusieurs annĂ©es, une sensibilitĂ© fĂ©line d’une intensitĂ© rare. En seconde partie, l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es interprĂšte sur instruments d’Ă©poque la Symphonie n°2 de Brahms(composĂ©e plus de 30 ans aprĂšs le Concerto de Mendelssohn), dans une configuration proche de la crĂ©ation par l’Orchestre de Meiningen.

 

 

 

Tendresse et lumiĂšre de Mendelssohn
Mendelssohn Felix-MendelssohnParadoxe de l’art: l’apparente virtuositĂ© masque la simplicitĂ© lumineuse de la partition. Souvent, dans le Concerto pour violon n°2 de Mendelssohn, les interprĂštes ont l’habitude de forcer ou de souligner le brio. Or l’esprit de l’oeuvre ne le commande pas forcĂ©ment. Les multiples acrobaties de l’archet, font oublier la vraie nature d’une partition tissĂ©e de sobriĂ©tĂ©, d’insouciance voire d’innocence rĂȘveuse et lumineuse, de mesure. ComposĂ© de 1838 Ă  1844, le concerto fut crĂ©Ă© par le violoniste Ferdinand David au Gewandhaus de Leipzig, le 13 mars 1845
 Mendelssohn, alitĂ©, ne put assister Ă  la crĂ©ation de son chef-d’oeuvre. Quand le compositeur fut rĂ©tabli, dĂ©couvrant l’arche ardente et rayonnante de son oeuvre, sous les doigts de Josef Joachim, le 3 octobre 1847, il Ă©tait presque trop tard
 il devait s’éteindre le mois suivant, le 4 novembre 1847, Ă  38 ans.

 

 

 

Rage et passion de Brahms
brahms 280En Carinthie, Brahms (44 ans) achĂšve sa lumineuse et tendre Symphonie n°2, crĂ©Ă©e par Hans Richter Ă  Vienne en dĂ©cembre 1877: le calme majestueux, d’une Ă©loquence discrĂšte, tendre, presque amoureuse du premier mouvement est un prĂ©ambule trĂšs accessible: le raffinement de l’orchestration (bois, cuivres) renvoie Ă  Beethoven tandis que l’écoulement narratif n’empĂȘche pas une certaine grandeur musclĂ©e et carrĂ©e propre Ă  la soliditĂ© finalement trĂšs nordique de Johannes; grave et tendre Ă  la fois, lĂ  encore, le sub lime second mouvement est une confession amoureuse, pudique et sensible, d’une intensitĂ© rare (adagio ma non troppo : est ce l’hymne amoureux Ă  l’aimĂ©e, Clara Schumann ?). Puis, le compositeur revient Ă  la clartĂ© rythmique beethovĂ©nienne dans l’Allegretto grazioso quasi andantino oĂč l’esprit enjouĂ©, innocent d’un lĂ€ndler semble jaillir, premier, vif argent, souvenir aussi de la trĂ©pidation mendelssohnienne. C’est peu dire que l’éclat et le rire triomphal du dernier et quatriĂšme mouvement (Allegro con spirito) rappellent le finale de la Jupiter de Mozart (jusqu’à la clarinette noble et Ă©lĂ©gante prise dans le flux d’une lumineuse envolĂ©e). LĂ  aussi, cet amour pour le classicisme distingue l’écriture de Brahms: une vitalitĂ© qui traverse tous les pupitres que les chefs gagnent Ă  ne jamais jouer ni tendu ni Ă©pais.

 

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30.
Brahms, Mendelssohn
Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es

Philippe Herreweghe, direction
Patricia Kopatchinskaia, violon

Felix Mendelssohn : Concerto pour violon en mi mineur op. 64
Johannes Brahms : Symphonie n°2 en ré majeur op. 73

Illustration : Patricia Kopatchinskaja (© Marco Borggreve)

 

 

 

 

Livres. Nikolaus Harnoncourt : La Parole musicale (Actes Sud)

actes Sud harnoncourt la parole musicale propos sur la musique romantique actes sud livres clic de classiquenews octobre 2014Livres. Nikolaus Harnoncourt : La Parole musicale (Actes Sud). Coquille sur la couverture : contrairement Ă  ce qui est indiquĂ©, les propos recueillis ici ne concernent pas uniquement les compositeurs romantiques
 A moins que Mozart (et ses ultimes Symphonies dont la centrale K550 en sol mineur) soit lui aussi romantique
 ce qui nous comblerait de joie (!), car sa modernitĂ© et sa sensibilitĂ© visionnaire ne peuvent selon nous ĂȘtre rangĂ©es dans aucune case
 trĂȘve d’observations de dĂ©tail : car c’est bien de plusieurs textes dĂ©cisifs et lumineux dont il est question dans ce nouvel opus Ă  propos de Beethoven, Schubert, Schumann, Brahms, Bruckner et mĂȘme Bizet et Verdi (mais pas de Strauss ni de Mahler : Harnoncourt n’a jamais cachĂ© qu’il les jugeait l’un et l’autre « trop bavards »). Comme directeur musical de son festival Styriarte en Autriche, Nikolaus Harnoncourt a pu aborder nombre de compositeurs, lyriques et symphoniques auxquels il a consacrĂ© des discours et prĂ©sentations trĂšs dĂ©taillĂ©s, surtout trĂšs militants. Le texte liminaire le plus pertinents demeure celui sur Mozart et le sens profond de sa Symphonie axiale / centrale au sein de la trilogie des trois derniĂšres : 39, 40 et 41 « Jupiter ». La K 550 en sol mineur rĂ©sonne comme une dĂ©flagration, par sa sonoritĂ© inĂ©dite et inclassable qui fait imploser la forme elle-mĂȘme et le tissu mĂ©lodique comme harmonique. Sa signification profonde s’entend avec les deux autres qui l’encadrent. Jamais Harnoncourt, exceptionnel mozartien (il a dirigĂ© les opĂ©ras majeurs Ă  Salzbourg) n’a Ă©tĂ© ici plus argumentĂ©, mieux inspirĂ©, dans un texte rĂ©digĂ© pour les 250 ans de Mozart au Mozarteum de Salzbourg (2006). Pour passer des intentions Ă  la pratique le lecteur se reportera Ă  l’excellent double cd Ă©ditĂ© simultanĂ©ment chez Sony classical, dĂ©diĂ© justement au 3 derniĂšres Symphonies conçu comme «  un oratorio instrumental », CLIC de classiquenews du mois de septembre 2014.

CLIC_macaron_2014Au-delĂ  de l’exercice hommage (lĂ©gitime), Harnoncourt argumente en faveur du sens profond de l’art dont les grandes Ɠuvres doivent demeurĂ©es accessibles et vivantes pour le plus grand nombre. Ainsi se prĂ©cisent les valeurs d’un chef « exemplaire » qui repousse toujours plus loin l’exercice collectif (chef et orchestre) de la musique, comme une expĂ©rience humaniste et spirituelle Ă  partager avec les publics. . A travers les textes de confĂ©rence et de prĂ©sentation liĂ©s aux Ă©ditions du festival Styriarte, mais aussi grĂące Ă  l’apport de plusieurs entretiens traduits, le chef Harnoncourt aborde des thĂšmes variĂ©s (De Beethoven Ă  Berg, 1990 ; la rhĂ©torique musicale chez Beethoven, la Missa Solemnis (Salzbourg 1992), les contrastes de Schubert redĂ©couverts
 Ainsi se profile aussi une connaissance aiguĂ« de ce qu’est une certaine musique autrichienne typiquement viennoise, de Schubert Ă  Johann Strauss (en passant par Bruckner) : une maniĂšre d’écrire la musique et aussi un regard sur la vie oĂč se mĂȘle musique populaire (danses traditionnelles), Ă©lĂ©gance, nostalgie
 Pour comprendre une Ă©criture, il faut Ă©videmment revenir Ă  ses origines et connaĂźtre absolument le manuscrit autographe : avant l’édition qui est la variation rĂ©ductrice et tronquĂ©e, les notes manuscrites du compositeurs offrent un champs polysĂ©mantique d’une richesse inouĂŻe :la preuve en est donnĂ©e chez Bruckner et aussi ici chez Bizet dont la Carmen prĂ©sente une palette exceptionnellement dĂ©taillĂ©e de nuances et d’indications dynamiques (hauteur, intensitĂ©, durĂ©e, caractĂšre de la note ou de la phrase
).  Ailleurs pour Harnoncourt, Genoveva de Schumann est un sommet dans le genre opĂ©ra psychologique et mental, et Aida de Verdi, de la pure musique de chambre, 
 mĂȘme Brahms y paraĂźt tel « un vieux garçon usé ».  L’esprit de Nikolaus Harnoncourt n’a jamais cessĂ© d’ĂȘtre depuis ses dĂ©buts comme pionniers des relectures baroqueuses sur instruments anciens, d’une verve neuve, en dĂ©fricheur et en rĂ©volutionnaire : depuis 60 ans de pratique musicale, il ne cesse de nous ouvrir des horizons originaux et passionnants sur les Ɠuvres. Un modĂšle et une personnalitĂ© Ă  part
 en ses temps de standardisation et de fadeur. Lecture indispensable.

Nikolaus Harnoncourt : La Parole musicale. SĂ©lection de textes, confĂ©rences, entretiens, traduits de l’allemand par Sylvain Fort.  Actes Sud Beaux Arts, Hors collection. Septembre, 2014 / 10 x 19 / 240 pages. ISBN 978-2-330-03407-8. Prix indicatif : 22, 00€

Les Symphonies de Brahms

Brahms -Johannes+Brahms-774x1024France 2. Brahms : les Symphonies par Zygel. Mardi 12 aoĂ»t 2014, 00h25. Denses et passionnelles mais d’une structure complexe autant qu’Ă©quilibrĂ©e (comme Beethoven), les quatre Symphonies de Brahms ont l’ivresse Ă©chevelĂ©e des quatre opus de Schumann (son mentor et ami rencontrĂ© Ă  20 ans), sans omettre sa curiositĂ© pour les motifs populaires, ce qui le rapproche de Schubert. InaugurĂ© avec la crĂ©ation de la Symphonie n°1 en 1876 (l’annĂ©e du premier Ring de Wagner Ă  Bayreuth), achevĂ© en 1885, le cycle des Symphonie de Johannes Brahms prolonge la tradition orchestrale outre-Rhin depuis Beethoven. Mais Brahms apporte en plus de la concision du plan et de la cohĂ©rence de la structure,  une tension favorable aux conflits internes et une orchestration immĂ©diatement repĂ©rable (il faut connaĂźtre outre ses Symphonies, les Concertos remarquables qu’il a Ă©galement composĂ© : le Concerto pour violon est contemporain de la Symphonie n°2, soit 1877 ; le deuxiĂšme Concerto pour piano, de loin le plus sublime opus concertant jamais Ă©crit alors depuis Beethoven, prĂ©cĂšde en 1881, ses 3Ăšme et 4Ăšme Symphonies, datĂ©es 1883-1885). Parfois trop Ă©pais, jouant plus sur la densitĂ© et pas assez sur l’opulence souple et articulĂ©e, beaucoup de chefs ont fini par “grossir” le trait brahmsien, lui ĂŽtant toute transparence au profit d’un tragique grandiose, lourd et grandiloquent. Or le champion et adversaire de Wagner Ă  Vienne, a gagnĂ© ses galons et sa lĂ©gitime notoriĂ©tĂ© en s’inscrivant tel un ” classique” contre les modernes de son temps.

 

 

france2-logo_2013Brahms : les Symphonies de Brahms, un cycle rĂ©alisĂ© sur 9 ans (1876-1885) par Jean-François Zygel (Les clefs de l’orchestre). France 2, mardi 12 aoĂ»t 2014, 00h25. Les Nuits d’Ă©tĂ©.

 

 

jean-francois-zygel_c_1_jpg_681x349_crop_upscale_q95France 2 diffuse toute la nuit ses programmes de musique classique :
Ă  2h20 : La boĂźte Ă  musique, rediffusion, saison 2011, les meilleurs moments…),
Ă  4h15 : RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, Les clefs de l’orchestre par Jean-François Zygel (2012). Pour illustrer les explications de JF Zygel, le Philharmonique de Radio France joue des extraits du ballet crĂ© en 1935.

CD. Brahms : Sonates pour violon et piano opus 78, 100, 108 (Corey Cerovsek, Paavali Jumppanen, 1 cd Milanollo recording)

BRAHMS--580-Cerovsek-Jumppanen-brahms-promoJB-MillotCD. Brahms : Sonates pour violon et piano opus 78, 100, 108 (Corey Cerovsek, Paavali Jumppanen, 1 cd Milanollo recording). Ce remarquable cd souligne avec une sensiblitĂ© intense, trĂšs finement partagĂ©e la proximitĂ© de Brahms avec les grands violonistes de son temps, Robert Heckmann, Jenö Hubay et surtout Joseph Joachim son grand ami avec lequel dans le dĂ©roulement de la forme Sonate, le compositeur crĂ©ateur au piano de ses propres Ɠuvres, semble communier en de secrĂštes introspections intimes
 Les 3 Sonates choisies par le violoniste canadien Corey Cerovsek confirment aussi le gĂ©nie de Johannes dans l’écriture chambriste : un chant personnel, viscĂ©ral, profond et souvent incandescent qui explique combien les contemporains furent aussi touchĂ©s que nous par l’expression d’un romantisme versatile, Ă  la fois si original et si flamboyant : Clara Schumann, la muse secrĂšte et la femme de sa vie, bien que mariĂ©e Ă  Robert Schumann, le maĂźtre et mentor de Johannes, avoue avoir pleurĂ© de bonheur aprĂšs avoir jouĂ© la premiĂšre Sonate de ce programme trĂšs cohĂ©rent.

 

Brahms : le cƓur et l’esprit

 

Les deux solistes s’accordent en style et en intonation rĂ©ussissant aprĂšs leur prĂ©cĂ©dente intĂ©grale des Sonates de Beethoven, ce nouveau jalon Brahmsien.
De fait, l’opus 78 (crĂ©Ă© en novembre 1879) enivre pas sa grande richesse thĂ©matique, son unitĂ© organique nourrie par le principe de dĂ©veloppement cyclique : l’Ɠuvre est appelĂ© aussi Regenlied car le motif du «  chant de la pluie » prĂ©cĂ©demment composĂ©, affleure dans les deux mouvements extrĂȘmes, avec ce rythme pointĂ© emblĂ©matique, un balancement entre cƓur et esprit, tendresse maĂźtrisĂ©e et nostalgie d’un monde perdu (l’enfance et son innocence sacrifiĂ©e). Flexible, prĂ©cis, fin, le violon de Corey Cerovsek se place d’emblĂ©e tel un acteur pilote, inscrivant sans dĂ©monstration mais avec une superbe Ă©locution juste et sincĂšre, l’élan irrĂ©pressible et irrĂ©sistible d’une musique Ă©crite avec le sang. L’Adagio fait valoir la complicitĂ© des deux musiciens pour une immersion dans la pudeur et la profondeur d’une tendresse et d’une mĂ©lancolie schumanienne. OĂč le sombre et le grave atteignent une intensitĂ© quasi spirituelle.

 
 

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Dans l’Opus 100 (crĂ©Ă© en 1886), les interprĂštes Ă©tincellent plus encore en diffusant la santĂ© lumineuse portĂ©e par la tonalitĂ© du la majeur : d’une unitĂ© aquatique elle aussi, voile non de pluie mais vitalitĂ© reconquise au bord du lac de Thun (prĂšs de Berne, d’oĂč son titre Thuner Sonate). C’est une harmonie nouvelle, bienheureuse et parfois fĂ©erique dont le premier thĂšme du mouvement initial emprunte Ă  Wagner, le Preislied des MaĂźtres Chanteurs
 La vitalitĂ© partagĂ©e et la connivence des deux instrumentistes se rĂ©vĂšlent trĂšs habiles dans le caractĂšre mĂȘlĂ©, troublant, ambivalent du 2Ăšme mouvement, Ă  la fois scherzo et andante – versatilitĂ© schumanienne des humeurs lĂ  encore. Ils expriment idĂ©alement l’entrain extatique mais aussi si tendre du Finale.

CLIC_macaron_2014PiĂšce d’ampleur (4 mouvements) et d’une passion personnelle emblĂ©matique totalement accomplie, l’Opus 108 (crĂ©Ă© en dĂ©cembre 1888) est ici le plus rĂ©cent ouvrage et celui qui synthĂ©tise magistralement ce chant intĂ©rieur, tragique, rugissant, mĂ©lancolique d’un Brahms hypersensible. Le rĂ© mineur marque l’essor d’un nouveau printemps, indice d’une fougue irrĂ©pressible qui colore les Ɠuvres de maturitĂ©. AgilitĂ© Ă©loquente et lumineuse dans le premier mouvement malgrĂ© ses dĂ©fis polyphoniques innombrables, grĂące poĂ©tique d’une rĂȘverie Ă©nigmatique dans l’Adagio, fantastique Ă©chevelĂ© et Ă  l’élocution arachnĂ©enne du 3, enfin magnifique exposition et rĂ©itĂ©ration des 5 thĂšmes faisant l’esprit flamboyant et conquĂ©rant du dernier mouvement (Presto agitato), le jeu des interprĂštes Ă©claire sans lourdeur ni dĂ©monstration la trame dense, le chant tourmentĂ©,incandescent Ă  force de gravitĂ© parfois sourde voire Ăąpre, l’élan ardent d’une Ă©criture qui profite ici de leur lĂ©gĂšretĂ© sensible. Le violon et le piano en pleine affinitĂ© s’accordent au diapason d’une sincĂ©ritĂ© tendre et viscĂ©rale, ayant ses aspĂ©ritĂ©s panique comme ses cimes de plĂ©nitude extatique. Rien n’est nettement dissociĂ© ni clairement distinct dans la tragĂ©die brahmsienne : la tristesse y Ă©pouse la tendresse ivre la plus jubilatoire. L’ardente Ă©nergie qui anime chacun des musiciens se rĂ©vĂšle souvent irrĂ©sistible, d’une chaleureuse complicitĂ©, d’une intelligence musicale qui coule comme un miel Ă©lectrique. La gestion mesurĂ©e et trĂšs tĂ©nue des climax lyriques emporte l’adhĂ©sion par son Ă©lĂ©gance et sa grande fluiditĂ© expressive. La comprĂ©hension des trois partitions est Ă©vidente, et le rĂ©sultat, enivrant. Superbe programme.

Johannes Brahms : Sonates pour violon et piano opus 78, 100, 108 (Corey Cerovsek, violon Milanollo, Stradivarius de 1728. Paavali Jumppanen, piano. 1 cd Milanollo recording). Durée : 1h03. Enregistrement réalisé à La Chaux de Fonds (Suisse), en mars 2013. Parution annoncée le 2 avril 2014.

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Compte-rendu : Toulouse, Halle-aux-grains. 18 juin 2013. Claude Debussy (1862-1918) ; Johannes Brahms (1833-1897) ; Karol Szymanowski (1882-1937) ; Krystian Zimerman, piano

Krystian ZimermanKrystian Zimerman est unique, musicien d’exception, artiste rare, incontournable. Chaque rencontre avec le pianiste polonais est inoubliable. Le souvenir de son rĂ©cital Chopin en 2010 encore prĂ©sent et les regrets liĂ©s Ă  son annulation l’an dernier, sont responsables de l’attente Ă©mue du public toulousain.
DĂšs le grand prix du concours Chopin de Varsovie qu’il a gagnĂ© en 1975, les plus grands chefs et orchestres l’ont rĂ©clamĂ© et avec sagesse, le pianiste prodige a gardĂ© une Ă©thique des plus hautes.  Certains le trouve trop exigeant, soit. Reconnaissons une nouvelle fois que la maniĂšre dont il construit son rĂ©cital et dont il offre au public sa conception de la musique, nous laisse sans voix. Il a la particularitĂ© de se prĂ©senter en scĂšne avec son piano personnel, accordĂ© par ses soins. Il souhaite maitriser tout ce qui peut faire obstacle entre la musique et son public. Le programme de ce soir a Ă©tĂ© changĂ© en derniĂšre minute. Nous avons perdu Beethoven pour … amplifier l’univers de Debussy : chaque partie de concert a dĂ©butĂ© par des  oeuvres de Claude de France.
Avec  Zimerman, le piano de Debussy est large et profond. C’est comme si sous les doigts du pianiste un livre s’ouvrait d’abord classiquement Ă  plat puis dĂ©veloppait la troisiĂšme dimension. Par un son colorĂ©, riche et des nuances d’une souplesse admirable, un voyage dans le pays des rĂȘves s’initie. Ces trois estampes, Ă©crites aprĂšs PellĂ©as sont des tableaux rĂȘvĂ©s. La Chine de « pagodes », l’Espagne de la « soirĂ©e dans Grenade » et  surtout les gouttes d’eau de « jardin sous la pluie » deviennent, avec un interprĂšte si puissamment poĂšte, des voyages dans l’espace et le temps. Impossible d’analyser une telle interprĂ©tation qui relĂšve d’une puissance d’évocation rare, tant les sons et les couleurs se rĂ©pondent.
Il est plus facile d’évoquer les moyens pianistiques immenses dans la  deuxiĂšme Sonate du jeune Brahms, dont la fougue juvĂ©nile exige de recrĂ©er des sonoritĂ©s orchestrales. Krystian Zimerman empoigne la partition Ă  bras le corps, tonne, fulmine et fond de tendresse, dĂ©taille des traits dans un staccato infernal ou chante avec un lĂ©gato de diva romantique. Les couleurs sont d’une richesse inhabituelle et les nuances vont du murmure au grondement de fin du monde. Le camaĂŻeu d’émotions amoureuses variĂ©es contenu dans cette partition, n’a jamais Ă©tĂ© aussi Ă©vident. Il s’agit bien d’une sonate en forme de dĂ©claration d’amour. Qui doutera aprĂšs une telle interprĂ©tation que Brahms Ă©tait Ă©pris Ă  la folie de Clara Schumann ?
En deuxiĂšme, partie le livre 1 des prĂ©ludes de Debussy a permis de retrouver le piano impressionniste, lyrique et plein d’humour de Krystian Zimerman. L’ampleur sonore de Debussy ainsi interprĂ©tĂ© pourra surprendre. De nouveau, les images se dĂ©veloppent en trois dĂ©mentions pour notre plus grand plaisir ! Impossible de rĂ©sister et le voyage reprend de plus belle avec en apothĂ©ose les profondeurs abyssales de la « cathĂ©drale engloutie ». Les plans sonores se superposent de maniĂšre Ă  crĂ©er un vertige. L’eau, la lumiĂšre, le lointain et le tout proche deviennent palpables. Quelle beautĂ©s dans ces sonoritĂ©s riches osant aller jusqu’à la saturation (quels magnifiques graves !). Debussy est offert en relief et  perspectives  comme rarement.
Karol Szymanowski prendra-t-il la place dans nos concerts comme il le mĂ©rite ? Avec un interprĂšte aussi dĂ©licat et raffinĂ© que Zimerman : certainement. Les PrĂ©ludes du Livre 1 sont des courtes piĂšces fragiles et plus subtiles que virtuoses.  Karol Szymanowski Ă©tait trĂšs jeune lorsqu’il les composa, le 8Ăšme date de ses 14 ans. Mais la grĂące de la jeunesse est parfaitement rendue par le dĂ©licat touchĂ© du pianiste.
Les variations sur un thĂšme populaire polonais sont au contraire une Ɠuvre de la maturitĂ©. TrĂšs abouties elle exigent des moyens pianistiques de grande virtuositĂ©. Avec enthousiasme Krystian Zimerman s’empare de cette page pour en faire une longue sonate. La variĂ©tĂ© de l’inspiration, la richesse chromatique et les audaces demandĂ©es au pianiste dĂ©passent les modĂšles de Liszt et Scriabine. Le panache avec lequel le pianiste termine les variations est spectaculaire. Mais tout du long, la beautĂ© des phrasĂ©s et la richesse des sonoritĂ©s a gardĂ© une poĂ©sie ineffable jusque dans les moments les plus extravertis. Zimerman termine son rĂ©cital sous les bravos nourris du public conquis. Il  ne lui concĂšde aucun bis, il avait tout donnĂ© et nul n’en a Ă©tĂ© déçu. Un artiste de ce format dĂ©passe le cadre d’un simple rĂ©cital. Il apporte bien d’avantage. Il crĂ©e une vraie rencontre.

Toulouse, Halle-aux-grains. 18 juin 2013. Claude Debussy (1862-1918) : Estampes,  Six préludes du livre 1 ; Johannes  Brahms (1833-1897) ; Sonate n°2, en fa diÚse mineur, op. 2 ; Karol Szymanowski (1882-1937) : Préludes n°1, 2 et 8, op. 1 ; Variations sur un thÚme populaire polonais, en si mineur, op. 10. Krystian Zimerman, piano.

Midori joue le Concerto pour violon de Brahms

MIDORI_VIOLON_midori_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Arte, le 30 juin 2013,19h. Concerto pour violon de Brahms par Midori   …   Pour ses trente ans de scĂšne, la violoniste Midori interprĂšte le Concerto pour violon de Brahms. En 1982 Ă  New York, elle fait ses dĂ©buts Ă  l’ñge de 11 ans sous la direction de Zubin Mehta. Le chef d’orchestre indien est Ă  la tĂȘte de l’Orchestre philharmonique de Munich pour ce concert anniversaire.
Le talent exceptionnel de Midori a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© trĂšs tĂŽt. Dans les annĂ©es 1980, elle a commencĂ© Ă  se produire en public et a remportĂ© de nombreux prix. Mais au milieu des annĂ©es 1990, elle tourne le dos au monde des concerts. Son souci de perfection l’avait plongĂ©e dans une dĂ©pression dont elle a mis du temps Ă  se remettre.
Elle ne dĂ©laisse toutefois pas totalement la scĂšne. Mais elle se fixe d’autres prioritĂ©s, notamment ses Ă©tudes de psychologie.
Midori s’engage dans des projets sociaux ayant pour finalitĂ© de favoriser l’accĂšs Ă  la musique. Ces activitĂ©s lui ont valu bon nombre de distinctions. Le concert anniversaire qu’elle donne Ă  Munich est l’occasion de jeter un pont vers le passĂ©.Le Concerto opus 77 en rĂ© majeur est la seule Ɠuvre composĂ©e par Brahms pour violon et orchestre. A sa crĂ©ation en 1879 Ă  Leipzig, l’Ɠuvre a ravi les uns et irritĂ© les autres. Le chef Hans von BĂŒlow y voyait un morceau composĂ© contre le violon et non pas pour le violon. En effet, dans ce concerto, le violon est une voix parmi d’autres, et de surcroĂźt une voix confrontĂ©e Ă  d’immenses difficultĂ©s techniques d’exĂ©cution.
Dans son traitement du concerto pour soliste, Brahms adopte une approche plutĂŽt symphonique. Il voulait que le violon se mette au service de la musique et non l’inverse. Les critiques souvent virulentes le dĂ©couragĂšrent d’écrire un second concerto pour violon. Pourtant, le jugement de l’histoire allait s’avĂ©rer bien diffĂ©rent. Aujourd’hui, cette Ɠuvre devenue incontournable est inscrite au rĂ©pertoire des plus grands violonistes. Un dĂ©fi indispensable et une oeuvre de rĂ©fĂ©rence qui dĂ©voile les maitres actuels de l’archet.

Direction : Zubin Mehta
Avec Midori et l’Orchestre philharmonique de Munich.                                         .

Télé. Dudamel joue la 3Ú de Brahms. Arte, le 27 janvier 2013,19h15

Télé,Arte. Dudamel joue la 3Ú de Brahms. Le 27 janvier 2013,19h15

Paris, Philharmonique de Radio France (avril 2012)

Dudamel joue la 3Ăš de Brahms

 

L’un des chefs d’orchestre prodiges de ces derniĂšres annĂ©es, le VĂ©nĂ©zuĂ©lien Gustavo Dudamel, Ă©tait, Salle Pleyel, Ă  Paris en avril 2012 pour diriger l’Orchestre Philharmonique de Radio France dans l’intĂ©grale des Symphonies de Brahms. C’est la 3Ăšme des quatre symphonies que nous retrouvons ce soir dans Maestro: le concert a Ă©tĂ© enregistrĂ© le 13 avril 2012 Ă  Paris.

Arte, maestro
dimanche 27 janvier 2013, 19h15

dudamel_448Brahms commença la composition de sa 3Ăšme Symphonie en 1880, mais c’est Ă  l’Ă©tĂ© 1883 qu’il s’y consacra pleinement jusqu’Ă  son achĂšvement. Elle fut crĂ©Ă©e le 2 dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e, Ă  Vienne, par le chef d’orchestre Hans Richter, qui lui donna le surnom d’ ” HĂ©roĂŻque ” en rĂ©fĂ©rence Ă  la 3Ăšme de Beethoven ainsi nommĂ©e. Le succĂšs de la Symphonie fut immĂ©diat, Ă  travers toute l’Europe et jusqu’aux Etats-Unis.

ÉlĂšve de Rodolfo Saglimbeni et de JosĂ© Antonio Abreu (fondateur de l’Orchestre Simon Bolivar des Jeunes du Venezuela), Gustavo Dudamel remporte le concours de direction d’orchestre ” Gustav Mahler ” en 2004, puis reçoit les conseils de Claudio Abbado, Daniel BarenboĂŻm, Sir Simon Rattle.
Il est tout Ă  la fois le Directeur musical du Los Angeles Philharmonic depuis 2009 (contrat prolongĂ© jusqu’à la saison 2018/2019), du Gothenburg Symphony Orchestra et de l’Orchestre Symphonique du Venezuela Simon Bolivar (depuis 1999). Bien que ses engagements aux Etats-Unis, en SuĂšde et au Venezuela occupent dĂ©jĂ  quarante-trois semaines de son emploi du temps annuel, il trouve encore le temps de se consacrer chaque saison aux meilleurs orchestres internationaux dont le Philharmonique de Radio France.

le feu intérieur

Etrangement, ce n’est pas le lutin malicieux et dĂ©chaĂźnĂ© qui s’offre aux camĂ©ras mais un musicien gĂ©nĂ©reux certes surtout introspectif, intĂ©rieur, d’un calme Ă©merveillĂ© dont la tendresse pour les musiciens de l’Orchestre français s’exprime pendant la courte Ă©vocation des rĂ©pĂ©titions en prĂ©ambule au concert proprement dit. Dudamel le sage, le tendre, le pudique: voilĂ  une facette qu’on lui connaissait moins et qui relĂšve le dĂ©fi, ou plutĂŽt les multiples sommets et Ă©preuves de la 3Ăš brahmsienne. Le geste est Ă©conome, la concentration totale et la communion avec les musiciens, idĂ©ale. C’est la 3Ăš fois que chef et orchestre jouent ensemble: une entente humaine qui porte ses fruits et s’accomplit dans les 4 mouvements de la Symphonie de Brahms: curieusement, l’HĂ©roĂŻque de Brahms s’achĂšve dans le murmure, la tendresse, un acte de foi et une confession libellĂ©e Ă  demi mots.

La tendresse et la pudeur si intensĂ©ment mises Ă  l’honneur dans les 2 mouvements centraux (l’Andante Ă©vanescent et le fameux poco allegretto), sont serties par les mouvements I et II, ce dernier s’achevant en un calme recouvrĂ© qui contraste trĂšs fortement avec l’impĂ©tuositĂ© majestueuse et tragique du I. Dudamel s’alanguit, ralentit, respire, accusant le chant particularisĂ© des pupitres les uns aprĂšs les autres: le chant des violoncelles au cƓur du III (avec leurs Ă©chos fraternels: cor, hautbois, clarinette, chacun reprenant le thĂšme principal d’une douce nostalgie); l’alliance emblĂ©matique cor et hautbois; clarinette axiale dans l’Andante, laquelle conclue le mouvement tout baignĂ© d’amour tendre, de secrĂšte extase… La direction du maestro Ă©tonne par sa profondeur, sa tendresse comme sa gravitĂ©. Passionnant.

RĂ©alisation : Isabelle Soulard (France, 2012, 43mn) Coproduction : ARTE France, Camera Lucida, Radio France