Dudamel dirige les Noces de Figaro de Mozart en direct de Berlin

dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-arte_logo_2013Arte. En direct : Les Noces de Figaro de Mozart. Vendredi 13 novembre 2015. Gustavo Dudamel, direction.  En direct du Staatsoper im Schiller Theater Unter der linden de Berlin, le vénézuélien actuel direction musical du Los Angeles Philharmonic, Gustavo Dudamel, l’élève le plus doué et le plus médiatisé du Sistema vénézuélien s’essaie (enfin) à la direction lyrique en pilotant la Staatskapelle de Berlin. Après ses réalisations réussies, toutes enregistrées par Deutsche Grammophon (Symphonie de Mahler en particulier), le jeune maestro joue de la baguette opératique dans le sommet sentimental de Mozart et da Ponte d’après Beaumarchais. La Folle Journée mozartienne trépigne d’une indicible excitation, que rendent explicite les airs de Chérubin, jeune cœur éperdu bientôt enrôlé (mais si troublé par la Comtesse) ; l’opéra souligne surtout le génie de Mozart dans la peinture  de l’âme féminine : La Comtesse (qui palpite et s’alanguit mélancoliquement au souvenir des années perdues où Almaviva l’aimait encore), Suzanne, vivace et pétillante, jeune épouse de Figaro ; sans omettre Barberine et son délicieux air au clair de lune, d’une émotivité à fleur de peau… Il semble que Mozart et Da Ponte aient finalement produit un miracle de justesse psychologique dans chacun des portraits des femmes ici présentes.

Gustavo Dudamel dirige Les Noces de MozartLe duo de la lettre entre Suzanne et La Comtesse y serait sans doute le point d’orgue, d’une vérité émotionnelle, d’une justesse musicale, irrésistibles. Qu’en sera-t-il sous la baguette du jeune vénézuélien Gustavo Dudamel ? Le maestro que tout le monde attend, se revèlera-t-il brillant chef lyrique ? Réponse ce soir sur Arte en direct de Berlin.

LIRE aussi notre dossier spĂ©cial Les Nozze di Figaro, Les Noces de Figaro : l’opĂ©ra de femmes 

 

 

ARTE, Vendredi 13 novembre 2015, 20h45dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-
Mozart : Les Noces de Figaro – en direct de Berlin
A l’affiche du Staatsoper im Schiller Theater unter den Linden de Berlin
Les 7, 9, 11, 13, 15 novembre 2015

Direction musicale : Gustavo Dudamel
Mise en scène : Jürgen Flimm
Staatskapelle Berlin
Staatsopernchor sous la direction de Frank Flade

Cinquième mise en scène des Nozze di Figaro par Jürgen Flimm, directeur-général du Berliner Staatsoper Unter den Linden. La commedia mozartienne est ici transposée en Espagne à Cadiz où la bonne société se rafraichit en bord de mer au coeur de l’été.

Avec Ildebrando D’Arcangelo et Dorothea Röschmann en Comte et Comtesse Almaviva, Anna Prohaska en Susanne, Marianne Crebassa en Cherubino, Lauri Vasar en Figaro… À la baguette, le très prisé chef vénézuélien Gustavo Dudamel dirige le Staaskapelle Berlin.

LIRE la présentation des Noces de Figaro sur le site du Staatsoper de Berlin

 

 

Approfondir : dossier spécial

Les Noces de Figaro : partition des Lumières, opéra des femmes ?

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

Mozart / Da Ponte : modernitĂ© des Noces de Figaro. En pleine pĂ©riode dite des Lumières, au moment oĂą Paris et la Cour de Versailles sous l’impulsion de Marie-Antoinette vivent leurs heures artistiques les plus glorieuses, Mozart et Da Ponte conçoivent en 1786, Les Noces de Figaro. Premier volet d’une trilogie exemplaire dans l’histoire de l’opĂ©ra, qui est l’enfant d’une collaboration Ă  quatre mains aux apports irrĂ©sistibles, l’ouvrage poursuit sa carrirèe sur les scènes du monde entier : c’est que sa musique berce l’âme et son livret, excite l’esprit par leur justesse combinĂ©e, accordĂ©e, idĂ©alement associĂ©e. Un mariage parfait ? Figaro et Suzanne, c’est le couple de l’avenir … LIRE notre dossier complet Les Noces de Figaro

En direct sur Arte. A Berlin, Gustavo Dudamel dirige les Noces de Figaro de Mozart

dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-arte_logo_2013Arte. En direct : Les Noces de Figaro de Mozart. Vendredi 13 novembre 2015. Gustavo Dudamel, direction.  En direct du Staatsoper im Schiller Theater Unter der linden de Berlin, le vénézuélien actuel direction musical du Los Angeles Philharmonic, Gustavo Dudamel, l’élève le plus doué et le plus médiatisé du Sistema vénézuélien s’essaie (enfin) à la direction lyrique en pilotant la Staatskapelle de Berlin. Après ses réalisations réussies, toutes enregistrées par Deutsche Grammophon (Symphonie de Mahler en particulier), le jeune maestro joue de la baguette opératique dans le sommet sentimental de Mozart et da Ponte d’après Beaumarchais. La Folle Journée mozartienne trépigne d’une indicible excitation, que rendent explicite les airs de Chérubin, jeune cœur éperdu bientôt enrôlé (mais si troublé par la Comtesse) ; l’opéra souligne surtout le génie de Mozart dans la peinture  de l’âme féminine : La Comtesse (qui palpite et s’alanguit mélancoliquement au souvenir des années perdues où Almaviva l’aimait encore), Suzanne, vivace et pétillante, jeune épouse de Figaro ; sans omettre Barberine et son délicieux air au clair de lune, d’une émotivité à fleur de peau… Il semble que Mozart et Da Ponte aient finalement produit un miracle de justesse psychologique dans chacun des portraits des femmes ici présentes.

Le duo de la lettre entre Suzanne et La Comtesse y serait sans doute le point d’orgue, d’une vérité émotionnelle, d’une justesse musicale, irrésistibles. Qu’en sera-t-il sous la baguette du jeune vénézuélien Gustavo Dudamel ? Le maestro que tout le monde attend, se revèlera-t-il brillant chef lyrique ? Réponse ce soir sur Arte en direct de Berlin.

LIRE aussi notre dossier spĂ©cial Les Nozze di Figaro, Les Noces de Figaro : l’opĂ©ra de femmes 

 

 

ARTE, Vendredi 13 novembre 2015, 20h45dudamel-gustavo-maestro-classiquenews-presentation-review-critique-account-of-
Mozart : Les Noces de Figaro – en direct de Berlin
A l’affiche du Staatsoper im Schiller Theater unter den Linden de Berlin
Les 7, 9, 11, 13, 15 novembre 2015

Direction musicale : Gustavo Dudamel
Mise en scène : Jürgen Flimm
Staatskapelle Berlin
Staatsopernchor sous la direction de Frank Flade

Cinquième mise en scène des Nozze di Figaro par Jürgen Flimm, directeur-général du Berliner Staatsoper Unter den Linden. La commedia mozartienne est ici transposée en Espagne à Cadiz où la bonne société se rafraichit en bord de mer au coeur de l’été.

Avec Ildebrando D’Arcangelo et Dorothea Röschmann en Comte et Comtesse Almaviva, Anna Prohaska en Susanne, Marianne Crebassa en Cherubino, Lauri Vasar en Figaro… À la baguette, le très prisé chef vénézuélien Gustavo Dudamel dirige le Staaskapelle Berlin.

LIRE la présentation des Noces de Figaro sur le site du Staatsoper de Berlin

 

 

Approfondir : dossier spécial

Les Noces de Figaro : partition des Lumières, opéra des femmes ?

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

Mozart / Da Ponte : modernitĂ© des Noces de Figaro. En pleine pĂ©riode dite des Lumières, au moment oĂą Paris et la Cour de Versailles sous l’impulsion de Marie-Antoinette vivent leurs heures artistiques les plus glorieuses, Mozart et Da Ponte conçoivent en 1786, Les Noces de Figaro. Premier volet d’une trilogie exemplaire dans l’histoire de l’opĂ©ra, qui est l’enfant d’une collaboration Ă  quatre mains aux apports irrĂ©sistibles, l’ouvrage poursuit sa carrirèe sur les scènes du monde entier : c’est que sa musique berce l’âme et son livret, excite l’esprit par leur justesse combinĂ©e, accordĂ©e, idĂ©alement associĂ©e. Un mariage parfait ? Figaro et Suzanne, c’est le couple de l’avenir … LIRE notre dossier complet Les Noces de Figaro

DVD. Alban Berg : Lulu. Mojca Erdmann (Barenboim, 2012, 1 dvd Deutsche Grammophon)

lulu berg dvd mojca erdmann daniel barenboim deutsche grammophonDVD, critique. Alban Berg : Lulu. Mojca Erdmann (Barenboim, 2012, 1 dvd Deutsche Grammophon). Berlin, avril 2012 : au théâtre Unter den Linden, Barenboim dirige Wozzek puis Lulu, ici dans la version non de Friedrich Cerha, mais celle, s’agissant du III, de D R Coleman. A partir des fragments laissés par Berg en 1935, le musicologue a reconcentré les sections parvenues, décousu l’ordre de Cerha (plus de prologue ni de scène parisienne habituelles dans le III) mais une formule resserrée, dense, précipitant la mort de Lulu (en coulisses), afin de « préserver l’effet de symétrie » souhaité par Berg dans l’architecture globale de son second opéra. Andrea Breth peine à révéler une vision cohérente et précise d’un drame scénique qui éblouit par son étrangeté pourtant. Il y a de la confusion dans ce dispositif quoique la tension reste palpable.

Le mystère, le trouble, la gêne surtout et les frémissements d’une destruction totale sont perceptibles dans un drame qui moderniste et inclassable concentre les fissures et catastrophes de l’époque : la destruction de la république de Weimar sous la montée de l’hitlérisme. Cimetière de voitures, perspectives tronquées, chanteurs au sol… tout indique ici la fin de l’ordre bourgeois.

 

 

lulu_mojca erdmann - daniel barenboim dvd deutsche grammophon critique classiquenews

 

 

Côté chanteurs, évidemment la silhouette juvénile, au corps gracile de la soprano Mojca Ermann, vraie poupée glamour, séduit dans le rôle de la femme enfant, perverse et attendrissante (la beauté du diable?) : son timbre pincé, malgré des aigus mal tenus, n’en finit pas de troubler voire de captiver. Debora Polaski fait une comtesse solide et très émouvante au III dans son air de déploration au cimetière, sorte de chant funèbre sur le genre humain à l’agonie… quand Michael Volle, vrai vedette de la soirée, incarne avec une finesse nuancée et le Docteur Schön et à la fin, Jack l’éventreur… présence à la fois paternelle, fraternelle, et dans les faits maritale (humain surtout humain donc périssable : il meurt de facto au II, tué par la belle qui lui tire une balle dans le dos) et enfin juge implacable face à la monstruosité humaine. L’homme (la femme ici) est une saloperie délicieuse… qui exploite et consomme sans scrupule ni morale jusqu’à la mort.

Daniel Barenboim veille dans la fosse à ce dévoilement progressif de la catastrophe et de l’effroi collectif : le sexe désigne la mort ; le désir c’est la manipulation ; l’amour,un esclavage… et l’humanité, l’annonce d’une mort inéluctable. Au final qu’avons nous sur scène, une ambiance délétère et des morts à la pelle : les deux premiers maris de Lulu (le professeur de médecine puis le peintre), enfin Schön et son fils Alwa, Lulu elle-même. Cirque fantastique et scène pathétique, la production berlinoise reste honnête. Volle et Polaski sont très convaincants, les maillons forts du spectacle : c’est d’ailleurs eux deux qui ferment le rituel théâtral après l’embrasement final. Le dernier tableau est le plus réussi dans son dépouillement. Mais on lui préfèrera d’emblée la version édité par DG également, avec Petibon dans la mise en scène de Py.

DVD, critique. Berg : Lulu (version berlinoise inédite de DR Coleman, 2012). Mojca Erdmann (Lulu), Deborah Polaski (la comtesse Geschwitz), Michael Volle (Schön, Jack), Thomas Piffka (Alwa), Stephan Rügamer (le peintre). Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction. Andrea Breth, mise en scène. Filmé à Berlin en mars 2012. 1 DVD Deutsche Grammophon 0440 073 4934

 

 

 

Berlin, Deutsche Oper. Pretty Yende chante Lucia di Lammermoor

une-evasion-deutsche-oper-berlin-580-570Berlin, Deutsche Oper. Donizetti : Lucia di Lammermoor :  les 1er, 6 fĂ©vrier 2015. L’annĂ©e oĂą meurt Bellini, sur le mĂ©tier des Puritains pour la scène parisienne, Donizetti son challenger livre Lucia di Lammermoor crĂ©Ă© au San Carlo de Naples le 26 septembre 1835. Le compositeur gagne ainsi ses lettres de noblesse, s’affirmant avant Verdi, tel le champion du romantisme lyrique Ă  l’italienne. Walter Scott donne l’intrigue inspirĂ©e d’une histoire authentique : celle de Janet Dalrymple qui en 1668 assassine son mari pendant leur nuit de noces et le paye fort au prix de sa raison. Edgardo fait figure de bon, opposĂ© Ă  Enrico, le mĂ©chant manipulateur contre lequel doit lutter la riche hĂ©ritière Lucia. Modèle des hĂ©roï¨nes romantiques sacrifiĂ©es, Lucia s’immole en perdant la raison dans la fameuse scène de la folie, martyr et embrasement extatique Ă  l’acte III. Le rĂ´le de Lucia offre au soprano coloratoure, de style bellinien obligĂ©, une palette de sentiments nuancĂ©s et profonds, exprimĂ©s avec une rare justesse : dĂ©sir d’une jeune âme juvĂ©nile, d’autant plus exacerbĂ©e face Ă  un frère sadique et noir et un amant Ă©trangement distanciĂ©, absent, aimant mais si peu complice.

 

Lucia, un sommet du bel canto romantique

 

lucia-deutsche-oper-berlin-580-380-pretty-yendeLucia est encore une adolescente au dĂ©sir ardent, d’un romantisme entier et passionnel : les vocalises de sa partie s’intensifient Ă  mesure que la souffrance ou la frustration se dĂ©ploient. Elle affronte directement la brutalitĂ© d’une sociĂ©tĂ© phallocratique qui traite les femmes comme des marchandises, Ă  Ă©pouser ou Ă  renier. La figure de l’Ă©pouse sacrifiĂ©e, comme immolĂ©e par son propre frère marque les esprits des contemporains de Donizetti dont Ă©videmment Flaubert : Emma Bovary, la protagoniste tragique de son roman fameux, assiste Ă  la reprĂ©sentation de Lucia en français : Emma voit alors dans Lucia, sa propre image, une prĂ©monition de son propre destin dĂ©sormais vouĂ© Ă  la mort. C’est Maria Callas la première qui en 1955 restitue en bellinienne accomplie la force Ă©motionnelle du personnage, les aspirations de la jeune femme affrontĂ©e malgrĂ© elle et jusqu’Ă  la mort, Ă  l’esprit Ă©troit et roublard d’une sociĂ©tĂ© d’hommes hostiles…

 

 

 

2 raisons pour ne pas manquer La Lucia de Berlin

l’Ă©valuation de classiquenews.com

CLIC D'OR macaron 2001- la mise en scène classique promet de respecter la gradation de plus en plus pathétique et tragique du drame, en particulier la scène de la folie de Lucia au III

CLIC_macaron_20142- dans le rĂ´le de Lucia, la jeune soprano sud africaine Pretty Yende fait ses dĂ©buts attendus dans un grand rĂ´le romantique tendu et nuancĂ© ; de la grâce juvĂ©nile et adolescente Ă  la folie de la femme sacrifiĂ©e et criminelle, la cantatrice, couronnĂ©e par le Grand Prix Bellini en 2010 (avant sa distinction par le prix Operalia l’annĂ©e suivante en 2011) devrait Ă©blouir l’audience par sa ligne vocale, son timbre diamantin taillĂ© pour les hĂ©roĂŻnes angĂ©liques, mais aussi son intelligence des coloratoures, non plus mĂ©caniques mais finement expressives. Classiquenews suit la carrière de Pretty Yende depuis ses dĂ©buts et l’obtention de son Grand Prix au 1er Concours Bellini 2010.

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Temps forts de la partition, acte par acte :
Ce qu’il ne faut pas manquer, les Ă©pisodes du drame les plus dĂ©cisifs…

En Ecosse, les Ashton (Enrico et sa soeur Lucia) vouent une terrible haine à leur rival, Edgardo, hériter de la famille Ravenswood.
Au I : Les deux amants. EnivrĂ©s par leur amour, Edgardo et Lucia s’abandonnent Ă  la langueur extatique (duo Sulla tomba)
Au II : Le mariage forcĂ©. C’est l’acte de la manigance, celle du frère sadique Enrico et de son complice Raimondo qui forcent Lucia Ă  Ă©pouser un bon parti : Arturo Bucklaw. Les deux intrigants rĂ©alisent leur projet en faisant croire Ă  Lucia qu’Edgardo l’a trahie pour une autre. Le sextuor final est le plus impressionnant : face aux agents du complot (Enrico, Raimondo, Arturo) se dressent les amants hier unis, Ă  prĂ©sent dĂ©sunis : Edgardo jette l’anneau que lui avait remis Lucia au I.
Au III : La folie de Lucia. Alors qu’Edgardo et Enrico se sont donnĂ© rendez vous pour se battre, surgit Lucia dĂ©mente, errant dans le château encore animĂ© par les murmures de la fĂŞte nuptiale : elle vient de tuer Arturo, sa robe maculĂ©e de sang (scène de la folie : Il dolce suono…). Alors qu’il allait se battre avec Enrico, Edgardo en apprenant la mort de Lucia, se poignarde.

 

 

Lucia di Lammermoor au Deutsche Oper de Berlin :
Vendredi 6 fĂ©vrier – Berlin, 19h30


Ivan Repusic, direction musicale
Filippo Sanjust, mise en scène

Simone Piazzola, Enrico
Pretty Yende, Lucia
Joseph Calleja, Edgardo
Matthew Newlin, Arturo
Andrew Harris, Raimondo
Ronnita Miller, Alice

Orchestre et choeur de la Deutsche Oper
Visiter le site du Deutsche Oper Berlin

A l’affiche les 1er, 6 fĂ©vrier 2015
Consulter la page Lucia di Lammermoor sur le site du Deutsche Oper Berli

 

 
 

 

Organisez votre séjour à Berlin : les 6 et 7 février 2015

Profitez de la reprĂ©sentation du vendredi 6 fĂ©vrier 2015 au Deutsche Oper pour rester Ă  Berlin, et voir le lendemain samedi 7 fĂ©vrier : Macbeth de Verdi au Staatsoper de Berlin, 18h. Daniel Barenboim, direction. Avec Placido Domingo, Macbeth. RenĂ© Pape, Banquo. Liudmyla Monastyrska, Lady Macbeth, Rollando Villazon, Macduff… Peter Mussbach, mise en scène. LĂ  aussi le plateau vocal promet un grand moment musical et lyrique (Placido Domingo en Macbeth) d’autant plus convaincant sous la baguette de Barenboim et dans la mise en scène de Peter Musbach (homme de théâtre dont le travail scĂ©nique et visuel demeure toujours passionnant).

Week end Ă  Berlin : Lucia et Macbeth, les 6 et 7 fĂ©vrier 2015. Destination voyage culturel et lyrique proposĂ© par Europera La Fugue. A partir de 250 euros par personne… toutes les infos, les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site www.europera.com

DVD. Verdi : Il Trovatore (Netrebko, Domingo, Barenboim, Berlin 2013)

trovatore verdi netrebko domingo DVDCLIC D'OR macaron 200DVD. Verdi : Il Trovatore (Netrebko, Domingo, Barenboim, Berlin 2013). Dans l’imaginaire du scénographe Philippe Stölzl, le Trouvère est un conte lunaire, basculant constamment entre cynisme barbare et délire fantastique. La première scène est digne d’une gravure gothique d’Hugo ou d’une eau forte de Callot : Ferrando (excellent Adrian Sâmpetrean) plante le décor où règne la malédiction de la sorcière effrayante brûlée vive sur le bûcher par le comte de Luna… une vision primitive qui inspire tout le spectacle qui suit, dont les tableaux jouant sur le blanc et le noir, détaillant d’effrayantes ombres graphiques sur les murs d’une boîte dont l’angle regarde vers la salle et les spectateurs, instaure ce climat si original, celui façonné par un Verdi subjugué par le jaillissement du surnaturel, de la malédiction, la figure troublante d’âmes éperdues (Leonora) qui ivres et portées par leur seul désir, demeurent continûment aveuglées par la passion qui les consume : la jeune femme dans une arène de silhouettes souvent grotesques et grimées jusqu’à la caricature, y paraît tel un lys pur, éclatant par son chant amoureux, juvénile, ardent, innocent. Ce qu’apporte Anna Netrebko relève du miraculeux : le jaillissement brut d’un amour immense qui la dépasse totalement, la possède jusqu’à l’extase : le chant est incandescent, âpre, d’une sincérité tendre irrésistible.

Le public berlinois lui réserve une ovation collective dès son premier air. Légitimement. Tout le premier acte (Le Duel) est stupéfiant de justesse réaliste et expressionniste, saisissant même par ses ombres rouges aux murs défraichis. Un régal pour les yeux et aussi pour l’esprit exigeant : la direction d’acteur est précise et constamment efficace.

Trouvère berlinois, fantastique, effrayant : superlatif

azucena, trovatore berlin, barenboimDans la fosse Daniel Barenboim des grands jours sculpte chaque effet ténébriste d’une partition qui frappe par sa modernité fantastique, rappelant qu’ici la vision de Verdi rejoint les grands noms du romantisme lugubre et cynique, surnaturel, cauchemardesque, et poétiquement délirant : Aloysius Bertrand, Villiers de l’Isle Adam, ETA Hoffmann.  On s’étonne toujours que bon nombre continue d’affliger l’ouvrage verdien d’une faiblesse dramatique due à un livret soit disant faiblard : c’est tout l’inverse. Et la présente production nous montre a contrario des idées reçues et colportées par méconnaissance, la profonde cohérence d’une partition au découpage très subtil, aussi forte et glaçante que Macbeth, aussi prenante que Rigoletto, aussi échevelée et juste que La Traviata… Philipp Stölzl apporte aussi ce picaresque espagnol dans costumes et maquillages qui revisitent en outrant ses couleurs, Velasquez et les caravagesques ibériques, de Ribeira à Murillo.  Si Leonora, incarnée par la sensuelle et embrasée Anna Netrebko, captive de bout en bout, le Luna, rongé par la jalousie et l’impuissance amoureuse trouve en Placido Domingo, un baryton ardent, habité par une psyché qui lui aussi le submerge : passionnant duo.

netrebko anna trouvère trovatore leonora Berlin BarenboimPar son code couleur vert froid, exprimant un cynisme fantastique de plus en plus présent au fur et à mesure de l’action, le théâtre de Philipp Stölzl rappelle évidemment l’immense Peter Mussbach (repéré dans son approche parisienne de La Norma au Châtelet) : le choeur des gitans y singe une foule aux accents apeurés, orgiaques avant que ne paraisse le chant halluciné d’Azucena (très honnête Marina Prudenskaya, de plus en plus touchante : c’est elle qui porte le germe de la vengeance finale ; elle est elle aussi, comme Leonora, une poupée fardée, usée, transfigurée par la passion qui la porte et la consume : si Leonora est dévorée par l’amour pour Manrico le trouvère, Azucena est portée, aspirée par l’effroi du sacrifice primordial : l’assassinat de son propre fils (le véritable) par les flammes. Le Manrico de Gaston Rivero sans partager la brulure de ses partenaires défend haut la figure du Trouvère. Jamais production n’a à ce point mieux exprimer l’essence hallucinée et lunaire de l’opéra verdien : c’est essentiellement un théâtre de la brûlure, des âmes embrasées, où pèse dès l’origine, l’image effrayante flamboyante du bûcher initial. Une éblouissante réussite qui passe surtout par la cohérence du dispositif visuel. Chef et solistes sont au diapason de cette lecture colorée, expressionniste, remarquablement convaincante. Voilà qui renvoie à la marche inférieure la plus récente production du Trouvère avec le duo Netrebko et Domingo, présentée cet été au Festival de Salzbourg… La galerie de peintures qui s’y impose paraît en comparaison fatalement anecdotique tant ici, la création visuelle, le théâtre des ombres découpées sur les murs du cube nourrissent le feu de l’action. Un must et donc un CLIC de classiquenews.com.

Verdi : Il Trovatore. Anna Netrebko (Leonora), Placido Domingo (Placido Domingo), Azucena (Marina Prudenskaya), Manrico le Trouvère (Gaston Rivero, Adrian Sâmpetrean (Ferrando)… Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction. Philipp Stölzl, mise en scène. 1 dvd Deutsche Grammophon. Enregistré à Berlin au Staatsoper Unter den Linden de Berlin, im Schiller Teater, en décembre 2013.

 

 
 

 

TELE. En octobre 2014, Mezzo diffuse l’Elvira candide, juvĂ©nile d’Anna Netrebko (Metropolitan Opera 2006-2007) : I Puritani avec Anna Netrebko au Met 2007 sur Mezzo Live HD : 6 > 24 octobre 2014. 

mezzo logo 2014

 

 
 

 
 

CD. Jonas Kaufmann en crooner 1920 : nouveau programme Du bist die Welt für mich (1 cd Sony classical, à paraître le 15 septembre 2014)

jonas_kaufmann crooner berlin You mean the entire worlf to me cd sony classical You mean the entire worlf to meCD. Jonas Kaufmann en crooner 1920 : nouveau programme Du bist die Welt für mich (1 cd Sony classical, à paraître le 15 septembre 2014). Vous le connaissiez wagnérien (Siegmund, Tannhaüser, Parsifal…), le voici en crooner des années 1920 à Berlin. Le ténor vedette munichois, Jonas Kaufmann publie chez Sony un nouveau disque événement à paraître le 15 septembre 2014. Face à un micro savamment choisi pour l’occasion, le visuel de couverture ne laisse pas indifférent : le chanteur en style rétro, a pris le chemin du studio pour graver de nouveaux standards lyriques, non pas signés Verdi (comme l’a montré son remarquable récital discographique The Verdi album),  mais Lehar, Tauber, Kalman, Korngold ou Stolz, soit les auteurs actifs à Berlin, en vogue à l’époque des débuts du cinéma parlant…

Kaufmann en crooner berlinois des années 1920

A l’instar du tube populaire qui donne son titre Ă  l’album : Du bist die Welt fĂĽr mich (Tu es le monde pour moi / You mean the entire world to me) de Richard Tauber, – une chanson souvent reprise en bis lors de ses rĂ©citals, Jonas Kaufmann a organisĂ© son programme en collectionnant plusieurs standards restituĂ©s ici dans leur orchestration originale, remontant Ă  la pĂ©riode 1925-1935. L’interprète diseur en or (chez Schubert entre autres), magicien du verbe incarnĂ©, remarquable acteur lyrique par son intĂ©rioritĂ© intimiste et puissante, sait ici ciseler l’arĂŞte expressive de chaque auteur, qu’on a tort de classer parmi les compositeurs mineurs, auteurs de musiques lĂ©gères. Il retrouve ce legato mordant et très colorĂ© que ses prĂ©dĂ©cesseurs, tels Fritz Wunderlich  ou Rudolf Schock, ont su avant lui affirmer, rendant au rĂ©pertoire mĂ©sestimĂ©, ses lettres de noblesse… Le programme Ă©voque l’âge d’or de la chanson berlinoise propre aux annĂ©es 1920 et 1930 dont l’insouciance raffinĂ©e contraste avec les Ă©vĂ©nements politiques Ă  venir. cd sony classical kaufmann jonas2Au total 17 chansons et airs d’une sensualitĂ© ciselĂ©e oĂą Jonas Kaufmann affirme davantage son intelligence vocale et dramatique, son sens du texte, son goĂ»t de la situation, son brio naturel pour la caractĂ©risation Ă©motionnelle.  Pour ce nouvel album, Jonas Kaufmann est rejoint par la soprano Julie Kleiter pour Abraham et Korngold ; ils sont accompagnĂ©s par les instrumentistes du Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin, dirigĂ©s par Jochen Rieder.

 

1 cd Sony classical à paraître le 15 septembre 2014.  Prochaine grande critique dans le mag cd de classiquenews.com