Bayreuth 2016 : Marek Janowski dirige L’or du Rhin

WAGNER EN SUISSEFrance Musique, vendredi 19 août 2016, 20h. Wagner : L’or du Rhin. Depuis Bayreuth 2016, enregistrement réalisé le 26 juillet 2016.  C’est un événement pour tout wagnérien qui se respecte : cet Or du Rhin dirigé par l’immense wagnérien conteur, Marek Janowski (lequel pilote le Ring à Bayreuth cette année) devrait enflammer les esprits les plus rétifs et confirmer à nouveau, l’orchestration phénoménale de Wagner, dramaturge et symphoniste de premier plan. Ne serait-ce l’ouverture, dès les premières mesures et l’évocation du bouillonnement des eaux primordiales qui s’y déversent immédiatement, lançant la somptueuse machine orchestrale pour près de 15h de flux et de reflux symphonique ininterrompu (ou presque)… Le Rhin est ce grand volcan  incontrôlable qu’un fou dérisoire crut un instant dompter comme il trompa les filles naïades, gardiennes du trésor que le fleuve renferme… Il y a la légende et ses personnages fabuleux ; il y a surtout ce que les situations – barbares et cyniques-, nous révèlent de la condition humaine. Wagner est un grand psychologue qui a sondé l’âme des hommes… Le vrai protagoniste ici n’est ni Wotan, le dieu des dieux, bientôt empêtré dans ses propres lois tactiques ; ni les géants bâtisseurs qui vont s’entretuer ; ni Albérich, détenteur de l’anneau, – après avoir maudit l’amour… qui dépossédé de son trésor ne sera bientôt animé que par la vengeance haineuse (transmise plus tard à son fils, l’ignoble et lâche Hunding (dans la dernière Journée de la Tétralogie, Le Crépuscule des Dieux). Dans L’Or du Rhin, – Première Journée, c’est le dieu Loge, génie du feu, esprit volatile et aérien, intelligence malicieuse et calculatrice qui mène le jeu… tel un Mercure nordique, Loge apporte à Wotan, la facilité de la négociation, s’ingénie à brouiller les cartes, dupe l’arrogant ; trompe le trompeur. Son intelligence remodèle les alliances, tire les ficelles, des coulisses… C’est ce même feu – esprit et malice à l’Å“uvre, qui à la fin du cycle, en consommant le corps de Siegfried puis de Brunnhilde, permettra à l’or de retrouver les eaux du Rhin… Et l’harmonie originelle sera restaurée… mais sans les hommes.

France Musique, le 19 août 2016, 20h. Wagner : L’or du Rhin. Depuis Bayreuth 2016, enregistrement réalisé le 26 juillet 2016.
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Hermann Henrich : La Tétralogie (DR)

 

DVD, annonce. WAGNER : Tristan und Isolde, Bayreuth 2015 : Katarina Wagner / Christian Thielemann)

wagner tristan und isolde DVD wagner review compte rendu dvd critique vignette deutsche grammophonDVD, annonce. WAGNER : Tristan und Isolde, Bayreuth 2015 : Katarina Wagner / Christian Thielemann). Deutsche Grammophon édite le 8 juillet prochain, le dvd de la production du nouveau Tristan und Isolde créé en juillet 2015… Que vaut cette production polémique qui positionne l’arrière petite fille et codirectrice du Festival de Bayreuth, telle une metteure en scène de poids, habile ou inspirée à défendre le génie dramatique et théâtrale de son ascendant ? Après une lecture iconoclaste et finalement superficielle car gadget des Maitres Chanteurs de Nuremberg (2011), ce Tristan und Isolde de 2015 vaut adoubement. Une réussite éloquente qui a le mérite d’être claire, parfois épurée et suscite des tableaux puissants qui laissent la séduction du plateau vocal s’épanouir en un jeu dramatique naturel… Prochaine critique complète dans le mag cd dvd livres de classiquenews.

 

 

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DVD, annonce. WAGNER : Tristan und Isolde, Bayreuth 2015 : Katarina Wagner / Christian Thielemann avec Stephen Gould (Tristan). Avec Evelyn Herlitzius (Isolde), Georg Zeppenfelds (König/Le Roi Marke), Iain Paterson (Kurwenal), Raimund Nolte (Melot), Christa Mayer (Brangäne), Tansel Akzeybek (Ein Hirt/Un berger), Kay Stiefermann (Ein Steuermann), Tansel Akzeybek (Junger Seemann / Jeune matelot), Bayreuth Festival Orchestra / Christian Thielemann, direction.Katharina Wagner, Stage Director / mise en scène. Production créée à Bayreuth le 25 juillet 2015.

 

 

 

wagner-tristan-und-isolde-thielemann-katarina-wagnerBAYREUTH 2016… Cette année, Bayreuth semble – enfin- renouer avec les grandes années; rétablissant la place des distributions cohérentes et surtout écartant l’outrance néfaste des mises en scènes décalées et gadgets. Les Temps forts sont évidemment la nouvelle production de Parsifal signée Uwe Eric Laufenberg, sous la conduite du très efficace Hartmut Haenchen, avec l’angélique, ardent, lumineux Klaus Florian Vogt dans le rôle titre (les 25 juillet qui est l’ouverture du Festival de Bayreuth 2016, puis 2, 6, 15, 24 et 28 août) ; Le Ring musicalement prometteur sous la direction de Marek Janwski (à défaut d’une mise en scène déjà vue et plutôt consternante, pour le coup très gadget de Frank Castorf… rien que provocante et anecdotique).
La production de Tristan und Isolde version Katharina Wagner est à l’affiche cette année pour 6 dates : les 1er, 5, 9, 13, 17, et 22 août 2016. Stephen Gould, Tristan élégant et nuancé chante aux côtés de l’Isolde de Petra Lang (comme Stephen Gould, Christa Mayer est toujours présente dans le rôle de Brangaine)… Consulter le site du Festival de Bayreuth : http://www.bayreuther-festspiele.de/english/programme_157.html

 

 

CD, coffret. André Cluytens à Bayreuth (Tannhäüser, Les Maitres Chanteurs, Lohengrin, 1955-1957-1958, 10 cd Membran)

cluytens bayreuth lohengrin tannhauser maitres chanteurs coffret 10 cd membran andre cluytens maestro wieland wagner 1956 1957 1958 critique compte rendu classiquenewsCD, coffret. André Cluytens à Bayreuth (Tannhäüser, Les Maitres Chanteurs, Lohengrin, 1955-1957-1958, 10 cd Membran). Quand le français André Cluytens était le maître de Bayreuth… Membran réédite une partie de l’héritage du maestro Cluytens, en 1956, 1957, 1958, période bénie sur la Colline verte qui depuis a bien décliné en qualité et en pertinence musicale. Le coffret de 4 opéras  wagnériens comprend la fameuse production des origines celle de 1955 : Tannhäuser donc qui inaugure la coopération du chef français et du festival de Baureuth où à la grande joie de celui qui l’a convié – Wieland Wagner, le premier maestro hexagonal dans la place saisit par un souffle  irrésistible : fièvre active et aussi surtout poétique qui permet l’expression tendre, âpre,  enivrée et sensuelle ; approfondissant avec passion et intelligence ce Wagner ardent, orchestralement voluptueux et flamboyant aux atmosphères si fabuleuses (en exploitant la configuration spécifique de la fosse semi enterrée, le chef obtient dans les lointains cette onde des cordes caractéristique, enveloppante et évanescente, idéalement onirique). Cluytens est un orfèvre-conteur exceptionnel qui cisèle le chant de l’orchestre, curieux et généreux en détails ; la maîtrise et la sensibilité éclairent comme peu le talent du Wagner orchestrateur. Le remarquable atmosphériste veille aussi  à l’équilibre chanteurs et fosse : et comme bientôt Karajan et son Ring sculpté chambriste pour le studio dès 1966 (mais à Berlin car comme Solti, autre immense wagénrien, Karajan ne fit pas carrière à Bayreuth!), Cluytens lui a le souci constant de l’intelligibilité du texte et donc de la clarification de chaque situation. Tout cela devait idéalement fonctionner en accord avec les mises en scène de Wieland Wagner elles-mêmes dépouillées jusqu’à l’épure.

cluytens andre un francais a bayreuth wagnerien es meriteArdent bien que n’ayant pas l’âge du rôle, le Tannhauser du quadra Wolfgang Windgassen exprime les désirs et la volonté de dépassement du chantre décadent (cf. son exhortation emportée aux plaisirs charnels, réminiscence de son séjour vénusien dit sa nature lascive), comme l’être culpabilisé à la fin du tournoi (fin du II), puis l’âme terrassée  en quête de purification. … Windgassen fait de Tannhäuser, figure de l’artiste Wagner en proie aux incompréhensions de son époque et de ses contemporain sur la mission salvatrice de son art, un être tiraillé, tendu, profondément agité (ce que confirme aussi sa prononciation spécifique : serpentine) ; sa confrontation initiale avec Vénus après le Prologue (très convaincante Herta  Wilfert) est contrastée et vive. Puis l’assemblée des chantres affirme une tendresse linguistique très bien définie que la prise live intensifie en ne gommant rien des déplacements sur la scène. L’Elisabeth de Gré Brouwenstjin affirme elle aussi une belle santé vocale sens de la ligne vocale), coeur ardent et reflechi aux belles inflexions chambristes, prêt à défendre le pêcheur Tannhäuser. Et le Wolfram de DF Dieskau éblouit pas sa finesse virile en témoin atteint mais impuissant et complice des amours d’Élisabeth et de Tannhäuser : le diseur rétablit avec justesse tout le travail spécifiquement de caractérisation théâtrale défendue par le maestro dans la fosse : du Wagner, articulé, naturel, fin et subtil comme nous l’aimons, et tel qu’il n’existe plus à Bayreuth.

 

 

 

Bayreuth 1955

Le Français André Cluytens conquiert Bayreuth

 

cluytens andre chef orchestre maestro classiquenewsAux côtés du Tannhäuser originel de 1955, le coffret comprend la fameuse nouvelle production des Maîtres Chanteurs que Wieland Wagner créa dès 1956 avec la complicité de son chef fétiche et qui fut reprise en 1957 (la présente bande) : l’idéal artistique s’y écoule avec tendresse et une ferveur dramatique inouïe là encore (dont les saillies et accents comiques si finement troussés par un Wagner décidément complet et inattendu). Cluytens instille une tension et une générosité humaine pour le trio béni : Eva, l’inspiratrice ; Walther, l’apprenti maître, mais aussi l’impétueux à l’insolence géniale et régénératrice, enfin évidemment Hans Sachs, modèle absolu pour tout artiste et donc double de Wagner. Comme dans Tannhäuser, le sens de l’intensité dans la ligne vocale, la justesse du chant, l’équilibre souverain entre la ciselure des instruments calibrés depuis la fosse et l’intonation de chaque air soliste… font merveille ici pour un Wagner intensément théâtral, jamais disproportionné, proche du texte, essentiellement poétique. L’instant de grâce étant accompli lors du sublime quintette (Selig, wie die Sonne) au III où le parti du bien, réceptacle de la mission sacrée et salvatrice de l’art communie (accord miraculeux entre Sachs, Walther et Eva – angélique Elisabeth Grümmer, diamant étincelant au-dessus des voix)… Des trois opéras intégraux, ce sont ces Maîtres Chanteurs qui retiennent surtout notre attention faisant la valeur première ce de coffret historique.

Ferme cette brillante trilogie Cluytens à Bayreuth, le Lohengrin de 1958. Fièvre jusqu’à l’incandescence (ouverture que n’aurait pas renier un Baudelaire épris de béatitudes célestes), surtout tempérament de feu et ardent pour une Elsa palpitante et subtile en tout point (Léonie Rysaneck, autre diamant à la fois étincelant et fébrile que polit avec une complicité amoureuse le chef Cluytens, exploitant sa fragilité lumineuse, son irradiante sensibilité). Les deux rôles noirs (Telramund et Ortrud sont finement ciselés eux aussi (ernest Blanc et Astrid Varnay).
Côté attention du chef, on y décèle une même ardeur et énergie millimétrée en particulier dans le III (cd3) : la direction à la fois fine et puissante du maestro français excelle à exprimer ce rêve amoureux entre Elsa et le chevalier élu, miraculeux,Lohengrin : leur effusion tendre que viendra bientôt détruire l’esprit du soupçon instillé par Ortrud dans l’âme trop fragile et manipulable d’Elsa. Cluytens veille toujours à la subtilité de l’articulation du texte et de la clarté de la situation : d’autant que le Lohengrin de Sandor Konya s’engage, voix peut-être courte parfois mais tendre, aux aigus tendus : il fait un chevalier descendu du ciel d’une séduction virile certaine : sa grande confession, révélation clé de l’ouvrage où il dévoile son identité comme fils de Parsifal et sauveur mandaté (In fernem Land…) affiche une détermination sobre, linguistiquement assurée. Les années Cluytens / W. Wagner font espérer pour l’actuel Bayreuth des jours meilleurs.

 

 

CD, coffret. André Cluytens à Bayreuth (Tannhäüser, Les Maitres Chanteurs, Lohengrin, 1955-1957-1958, 10 cd Membran)

 

 

CD, coffret événement. André Cluytens : le son Wagner dont rêvait Wieland

600201_front300dpiCD, coffret. André CLUYTENS : conducting Wagner – Bayreuth live (1955, 1957, 1958). L’éditeur Membran nous régale : au moment où Bayreuth peine à convaincre et déçoit plutôt année après année par la faiblesse des mises en scène et la confusion artistique qui pilote les choix et orientations du festival, le label Membran réédite en 10 cd, le legs wagnérien du chef André Cluytens sur la Colline Verte : un héritage propre aux années 1950 qui incarne un âge d’or dans l’histoire de Bayreuth… Car Cluytens par son sens du drame et son intelligence sonore offrait enfin à Wieland Wagner, directeur et metteur en scène sur la Colline, ce son dont il avait toujours rêvé… Evénement dans l’histoire de la Colline Verte quand le chef français dirige pour la première fois à Bayreuth Tannhaüser de Wagner en 1955 : c’est le premier Gaulois dans la place. Wieland Wagner ne devait plus pouvoir se passer de sa direction affûtée et dramatique qui laisse le chant se déployer sur un tapis orchestral ciselé. En 1956, Cluytens dirige la nouvelle production des Maîtres Chanteurs conçue par Wieland Wagner, puis Parsifal (en 1957 remplaçant Hans Knappertsbuch) ; enfin Lohengrin en 1958. Témoin des réalisations de l’heure (le renouveau de Bayreuth dans les années 1950), Anja Silva précisa qu’en Cluytens, Wieland Wagner avait trouvé le chef capable de lui offrir enfin la sonorité wagnérienne tant recherchée. Né Belge en 1905 (Anvers), Cluytens ne tarde à prendre la nationalité française : il devient directeur musical de la Société des Concerts du Conservatoire à Paris (alors occupé, 1943) puis dirige l’Opéra-Comique (1947-1953). Cluytens meurt à Paris en 1967. En 1965, le maestro revient à Bayreuth diriger Parsifal : pour la première fois dans l’histoire du Festival wagnérien, – consécration ou sacrilège, les spectateurs médusés applaudissent entre les actes ! …

 

 

 

André Cluytens : le son Wagner dont rêvait Wieland

 

cluytens andre un francais a bayreuth wagnerien es meriteUn français à Bayreuth. Le coffret de 10 cd édité par Membran comprend l’intégrale des opéras Lohengrin (1958, avec Astrid Varnay, Sandor Konya, Ernest Blanc dans les rôles d’Ortrud, Lohengrin et Telramund sans omettre l’immense Leonie Rysanek en Elsa), Tannhäuser (1955 avec Wolfgang Windgassen, Dietrich Fischer Dieskau dans les rôles de Tannhäuser et Wolfram) et Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg (1957 avec Gustav Neidlinger, Elisabeth Grümmer dans les rôles de Sachs et Eva). Parution annoncée le 26 juin 2015. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

LIRE aussi notre biographie d’André Cluytens

 

 

 

CD, Membran : 3 coffrets pour le printemps (Rudolf Schock, Cluytens à Bayreuth, Artistes dégénérés)

Le label Membran annonce 3 coffrets événements en juin 2015. Le premier dédié au centenaire du ténor légendaire Rudolf Schock, soulignant une facette peu connue de son irrésistible carrière, son chant wagnérien. La seconde boîte magique ressuscite l’apport du premier chef français invité à Bayreuth : André Cluytens, grand invité chéri de Wieland Wagner dès 1955, et dès lors, grand acteur du renouveau bayreuthien dans les années 1950. Enfin, Membran édite un coffret récapitulant les artistes « dégénérés », mis à l’index et inquiétés voire persécutés par le régime hitlérien dès 1933. 3 coffrets événements du mois de juin 2015.

Rudolf SCHOCK : the birthday Edition – Wagner operas
600255_front300dpiLe coffret de 10 cd récapitule la carrière époustouflante du ténor mozartien à Bayreuth où il fut un wagnérien fin et subtil a contrario de bon nombre de ses confrères. Comme Mozart, Verdi, Puccini, Wagner occupe une place privilégiée dans l’itinéraire de Rudolf Schock. A la demande de Wieland Wagner, Schock chante le rôle de Walther von Stolzing des Maîtres Chanteurs : en 1959, son incarnation demeure légendaire consolidant aussi la notoriété du festival. C’est aussi un Lohengrin remarqué à Brunswick, Hambourg, Bremen (1957, 1959). Le coffret du Rudolf Schock wagnérien édité par Membran célèbre aussi le centenaire de la naissance du ténor allemand né à Duisbourg qui rejoint le Staatsoper de Vienne en 1953 comme kammersänger et dont le cinéma dédia un film sur sa vie.
Le coffret comprend les intégrales de Lohengrin (1953), Die Meistersinger (aux côtés de l’Eva d’Elisabeth Grümmer), Der Fliegende Holländer (1960, aux côtés de Gottlob Frick, Dietreich Fischer Dieskau, Fritz Wunderlich dans les rôles de Daland, le Hollandais et un matelot…) et des extraits du Rheingold de 1952 (avec Gottlob Frick en Fasolt…). Rudolf Schock : the birthday Edition – Wagner operas, 10 cd Membran. Parution annoncée le 26 juin 2015.

600201_front300dpiAndré CLUYTENS : conducting Wagner – Bayreuth live (1955, 1957, 1958). Evénement dans l’histoire de la Colline Verte quand le chef français dirige pour la première fois à Bayreuth Tannhaüser de Wagner en 1955 : c’est le premier Gaulois dans la place. Wieland Wagner ne devait plus pouvoir se passer de sa direction affûtée et dramatique qui laisse le chant se déployer sur un tapis orchestral ciselé. En 1956, Cluytens dirige la nouvelle production des Maîtres Chanteurs conçue par Wieland Wagner, puis Parsifal (en 1957 remplaçant Hans Knappertsbuch) ; Lohengrin (1958). Témoin des réalisations de l’heure (le renouveau de Bayreuth dans les années 1950), Anja Silva précisa qu’en Cluytens, Wieland Wagner avait trouvé le chef capable de lui offrir enfin la sonorité wagnérienne tant recherchée. Né Belge en 1905 (Anvers), Cluytens ne tarde à prendre la nationalité française : il devient directeur musical de la Société des Concerts du Conservatoire à Paris (alors occupé, 1943) puis dirige l’Opéra-Comique (1947-1953). Cluytens meurt à Paris en 1967.
Un français à Bayreuth. Le coffret de 10 cd édité par Membran comprend l’intégrale des opéras Lohengrin (1958, avec Astrid Varnay, Sandor Konya, Ernest Blanc dans les rôles d’Ortrud, Lohengrin et Telramund sans omettre l’immense Leonie Rysanek en Elsa), Tannhäuser (1955 avec Wolfgang Windgassen, Dietrich Fischer Dieskau dans les rôles de Tannhäuser et Wolfram) et Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg (1957 avec Gustav Neidlinger, Elisabeth Grümmer dans les rôles de Sachs et Eva). Parution annoncée le 26 juin 2015.

Unbenannt-7Coffret « Forbidden but not forgotten » (interdits mais pas oubliés) : ils apparaissent tous sur le visuel de couverture, Kurt Bois, Ernst Busch, Hans Eisler, Heinrich Heine, Paul Hindemith, Otto Klemperer, Korngold, Mendelssohn, Krenek, Kreisler, Mahler, Meyerbeer, Offenbach, Schönberg, Serkin, Oscar Strauss, Georg Szell, Richard Tauber, Bruno Walter, Kurt Weill, Zemlinsky… tous chefs, compositeurs, interprètes juifs que les nazis ont scrupuleusement écartés, humiliés interdits. Le IIIème reich entendait dicter et reformuler les valeurs inaltérables de la culture allemande purifiée. Exit tous les tenants d’un sémitisme douteux. Le nettoyage musical réalisé par le national socialisme opère une épuration artistique systématique dont les expositions manifestes (Art dégénéré, Munich 1937 et Musique dégénérée, Dusseldorf 1938) soulignent les tares fatidiques. Le coffret de 10 cd réunit près de 175 enregistrements d’artistes tenus au silence, humiliés, persécutés par les nazis. Entre autres : Paul Hindemith dirige un extrait de Mathis le peintre ; Bruno Walter et Nathan Milstein jouent l’Andante pour violon de Goldmark ; Arthur Schnabel joue Lettre à Elise de Beethoven ; Erich Kleiber et le Philharmonique de Berlin, Stravinsky ; Schönberg interprète un extrait du Pierrot Lunaire sans omettre plusieurs mélodies de Schumann sur des textes de Heine par Lotte Lehmann ou des extraits d’opérettes par Richard Tauber…

Prochaine critique développée fin juin 2015, dans le mag CD, DVD, LIVRES de CLASSIQUENEWS.COM.

Bayreuth 2014. Histoire d’un désastre annoncé ? Rien ne va plus à Bayreuth.

Festspielhaus BayreuthBayreuth 2014 : rien ne va plus ! Les prochaines semaines seraient-elles décisives pour Bayreuth ? Tout semble aller de plus en plus mal sur la colline verte léguée par Wagner qui y souhaitait déployer un festival populaire et généreux, accessible et magicien, totalement dévolu à son œuvre lyrique … Rien de tel en vérité depuis plusieurs années.  La Chancelière Angela Merkel, présente depuis 9 ans (2005) à chaque ouverture de festival a fait savoir qu’elle reportait sa présence en cours de Festival. Du jamais vu. Un camouflet pour Bayreuth dont la première soirée ne fait plus la une des médias, sauf peut-être pour le scandale qu’elle suscite ou l’agacement qu’elle engendre.

Crise sur le festival créé par Wagner en 1876

Tempête et désaffection sur Bayreuth

 
Wagner Katharina Bayreuth Eva WagnerDe fait, le Tannhaüser programmé ce 25 juillet, celui de l’Allemand Sebastian Baumgarten (créé in situ en 2011, et passablement laid à force de décalages à tout va) représente les choix contestés de la direction du Festival : provocation et relecture. Objectivement, Bayreuth en dépit de son prestige (de sa salle élaboré par Wagner, de son orchestre dans sa fosse semi-couverte…) ne fait plus rêver. Les productions agacent même d’année en année. Voix déséquilibrées (à part quelques têtes d’affiches dont le ténor Jonas Kaufmann), mises en scène absurdes, incohérentes, chefs inégaux… Bayreuth est de toute évidence un festival en perte d’aura : à trop vouloir élargir son audience, faire jeune et punk, rajeunir les lectures et oser de nouveaux dispositifs scéniques, la direction actuelle, partagée par les deux héritières et arrières-petites-filles du fondateur Richard, Katharina Wagner et Eva Wagner-Pasquier, a fini par sacrifier la qualité et la magie du lieu et de son offre musicale. Qu’en sera-t-il en 2015, quand Katharina prendra seule la direction du l’auguste maison familiale ? On peut craindre le pire de la part d’une femme de théâtre qui s’entête dans une ligne radicale.
RIng bayreuth 1876Cet été, retransmis intégralement et en décalé par France Musique, Le Ring de l’allemand Frank Castorf est à nouveau programmé (Kirill Petrenko, direction musicale ; consulter ici les dates des retransmissions du Ring de Bayreuth 2014 sur France Musique) ; après sa création en 2013, la production de cette Tétralogie a de la même façon que les spectacles précédents, suscité un immense scandale, semé d’irritation, d’ennui, de déception : les tableaux s’y succèdent à la façon d’une BD vulgaire aux effets anecdotiques. Mais les dysfonctionnements ne concernent pas seulement les têtes pensantes et le public : le metteur en scène lui-même, Frank Castorf, embauché après des tentatives vaines auprès de Wim Wenders, envisage de porter plainte contre les deux directrices : choisi au dernier moment, il lui aurait été refusé un délai décent pour travailler sur Le Ring ; surtout, l’intéressé regrette un climat de suspicion, de peur, un climat délétère digne de la guerre froide… imposé et entretenu par les deux corégentes. Ambiance. Bayreuth dans son projet originel, celui souhaité par Wagner, n’est plus que poussière. La Colline verte vit ses heures les plus délicates… à force d’être dénaturé, le Festival le plus célèbre de Bavière pourrait bien y perdre définitivement son âme et toute attraction. A part la fierté d’y obtenir une place, le mélomane avisé sait bien que les plus beaux spectacles wagnériens ne sont plus créés à Bayreuth. C’est bien tout le problème du Festival qui n’a plus l’exclusive du répertoire ni la garantie de la pertinence des propositions lyriques. Le signe alarmant le plus manifeste est envoyé de la billetterie cette année : alors qu’il fallait attendre jusqu’à 10 ans pour obtenir une place (après avoir été intégré sur une liste d’attente), Bayreuth en 2014 a mis en vente des billets sur son site internet… et certains spectacles (Le Ring justement), ne sont toujours pas complets. Une première et un comble pour un festival qui depuis des décennies proposait les soirées à guichet fermé. Rien ne va plus à Bayreuth.

Le Festival de Bayreuth 2014 n’affiche aucune nouvelle production (la dernière celle du Ring en 2013 se voulait emblématique). 7 opéras y sont présentés en 30 représentations jusqu’au 28 août 2014. Attention pour les heureux festivaliers qui pourront y goûter l’acoustique d’époque, le théâtre de Bayreuth est en restauration (la façade est totalement restaurée, comme la maison du compositeur ” Wahnfried “, – construite grâce à Louis II de Bavière pour Wagner entre 1872 et 1874-, également restaurée …

 

 

Illustration : le premier Ring représenté à Bayreuth du vivant de Wagner en 1876, grâce au financement alloué par Louis II de Bavière

Le Ring du Bayreuth 2014

wagner grand formatFrance Musique à Bayreuth.Wagner : Der Ring, les 3,10,17,24 août 2014. Que vaut Le Ring version Bayreuth 2914 ? La direction musicale est assurée par le chef Kirill Petrenko, né en 1972 à Omsk. Et pour chanteurs, un plateau de wagnériens méconnus/inconnus jusque là… C’est avéré, et depuis une décennie voire deux… les meilleures productions wagnériennes n’ont plus guère lieu sur la colline verte, et c’est bien le drame de Bayreuth actuellement. Ce ne sont pas les mises en scène décalées branchées souvent très laides ou tristement gadgets qui compensent l’absence de qualité musicale et de cohérence dramatique. Mais à chaque édition estivale du festival conçu par Richard Wagner lui-même, le festivalier est en droit d’espérer une surprise voire un … miracle. Assister au Ring dans le théâtre édifié par Wagner avec l’aide de Louis II de Bavière demeure en soi une expérience inoubliable : le premier Ring fut inauguré en 1876. La direction de Kirill Petrenko qui n’en est pas à son premier Wagner ni son premier Ring suffira-t-elle à emporter l’acuité expressive et poétique du drame wagnérien ? Souvent à force de minutie attentive, de souci hédoniste du son, les chefs en oublient surtout le mouvement enfiévré de l’action musicale … Et la mise en scène de Franck Castorff ? Qu’en sera-t-il en août 2014 ? Parions que ses décalages outranciers et sa frénésie confuse et laide digne d’une mauvaise BD ne provoquent le même agacement qu’en 2013 où le spectacle avait été créé et reçu de façon scandaleuse. A défaut de se déplacer à Bayreuth, France Musique diffuse les 4 volets de ce Ring Bayreuthien à écouter (plutôt qu’à voir).

petrenko-kirill-wagner-bayreuthL’Or du Rhin, dimanche 3 août 2014, 20h
La Walkyrie, dimanche 10 août 2014, 20h
Siegfried, dimanche 17 août 2014, 20h
Le Crépuscule des dieux, dimanche 24 août 2014, 20h

 

 

Approfondir
Consulter les distributions du Ring Bayreuth 2014 (Kirill Petrenko, direction) sur le site du Festival de Bayreuth

Lire notre dossier spécial La Tétralogie de Richard Wagner (1876)

L’Avant Scène Opéra spécial festival de Bayreuth

Centenaire du ténor Wolfgang Windgassen (1914-1974)

Windgassen-Wachter-1963-275Né en 1914 à Annemasse (Haute-Savoie), Wolfgang Windgassen incarne le ténor wagnérien par excellence, loin des caricatures actuelles qui s’entêtent à imposer l’image d’un hurleur surpuissant, poitriné, sans éclat ni nuances. La preuve apportée par Windgassen marque l’histoire des grands interprètes à Bayreuth dont le sens du verbe, la clarté plutôt que la vocifération laissent un standard d’excellence encore aujourd’hui difficile à renouveler. Formé au chant par ses parents, -tous deux chanteurs lyriques, Wolfgang est recruté par Wieland Wagner à Bayreuth en 1951 (pour y chanter Froh et déjà Parsifal) : il y chante tous les rôles importants, assurant parfois en quelques semaines, plusieurs parties dans des opéras différents, attestant d’une santé sidérante : Lohengrin, Tristan, Siegmund (Walkyrie), Siegfried (Ring), Walther (Les Maîtres Chanteurs), et bien sûr, Parsifal.

Centenaire du ténor allemand légendaire Wolfgang Windgassen, héros bayreuthien

A Bayreuth, il s’affirme sous la baguette de grands chefs dont Clemens Krauss (Bayreuth 1953), Joesph Keilberth et Eugen Jochum (pour Lohengrin), et dans les années 1960 : Sawallisch, Solti (qui l’engage pour sa première intégrale discographique stéréo du Ring : 1958-1966 où le ténor allemand chante un siegfried anthologique), enfin Karl Böhm.

Au début des années 1970, il s’illustre dans la mise en scène, puis, de 1970 à sa mort en 1974 (8 septembre), dirige l’opéra de Stuttgart, une ville qui avait accueilli ses années de perfectionnement. Chez Windgassen, l’intelligence du chanteur, comblé par une technique de diseur exceptionnel, se mariait à un jeu d’acteur souvent irrésistible. Wolfgang Windgassen a été aussi un excellent Radamès (Aida de Verdi).

 

Illustration : Wolfgang Windgassen (debout) à Bayreuth

Livres. Wagner : Les Maîtres Chanteurs. Avant Scène Opéra n°279

avant scene opera maitres chanteurs de nuremberg wagner 279 mars 2014 avant scene operaLivres. Wagner : Les Maîtres Chanteurs. Avant Scène Opéra n°279. Superbe édition, remarquablement complète dans sa nouvelle publication de mars 2014. Où tous les enjeux esthétiques, politiques, musicaux souhaités par Wagner, et les interactions dramatiques entre les personnages sont analysés, illustrations à l’appui, à travers le fil exhaustif du guide d’écoute (présentant le livret intégral avec en double lecture, chaque séquence musicale correspondante, commentée), à travers 5 thématiques identifiées et présentées en amorce, comme ” points de repères “.
Ce nouvel opus est complémentaire au précédent dossier sur Les Maîtres Chanteurs précédemment édité par l’Avant Scène opéra en 1989. Les amateurs seront donc bien inspirés de s’en rendre acquéreurs pour nourrir de nouvelles pistes de compréhension.

Ce que nous avons aimé en particulier dans cette nouvelle approche de la partition ” comique ” de Wagner : les enjeux politiques d’un opéra qui démontre et explicite deux esthétiques opposées ; la vitalité compositionnelle d’une partition qui assimile de façon géniale toutes les facettes du genre comique, procédés mis en Å“uvre auparavant et avec la même réussite par le duo Mozart et Da Ponte (drammas giocosos, comme Don Giovanni) ; …. Et l’on comprend mieux de façon lumineuse ce qui détermine dans l’ouvrage, la relation trouble du vieux cordonnier et si sage Hans Sachs vis à vis de la jeune beauté Eva en dépit de l’attirance de cette dernière pour le jeune chevalier Walther ; la complexe combinaison de l’héroïque et du comique dans un drame qui recherche la grâce et la transcendance en glorifiant l’art…

Compléments familiers aux apports des textes d’analyse, la discographie et la vidéographie des Maîtres Chanteurs. La récapitulation de toutes les productions de l’opéra dans le monde, de 1989 à 2013, et à Bayreuth de 1996 à 2012.

Wagner : Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg. Numéro spécial de l’Avant Scène Opéra n°279. Nouvelle édition, mars 2014. Parution : 05/03/2014. 192 pages. ISBN 978-2-84385-312-8.

2 versions disponibles sur le site de l’Avant Scène Opéra : broché physique ou à télécharger en PDF haute définition depuis le site Avant Scène Opéra. Les deux version 28 euros.

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Prochaine parution de l’Avant Scène Opéra : Anna Bolena de Donizetti, en liaison avec la production présentée à l’Opéra de Bordeaux en mai 2014.

Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg
Wagner Richard
Avant Scène Opéra n°279

Sommaire de la nouvelle édition

L’Å’uvre
Points de repère
Chantal Cazaux : Argument
Michel Debrocq : Introduction et Guide d’écoute
Richard Wagner : Livret original en allemand
Jean Matter : Traduction française

Regards sur l’Å“uvre
Hans Sachs : Ce qu’un chanteur doit chanter
Philippe Godefroid : Genèse et enjeux des Maîtres Chanteurs
Gérard Condé : Des règles pour aller plus loin
Jean-François Candoni : Stolzing contre Beckmesser
Françoise Ferlan : Rires et sourires
Pierre Flinois : Les Maîtres Chanteurs avec ou sans Nurnberg

Écouter, voir et lire
Philippe Godefroid : Discographie comparée
Pierre Flinois : Vidéographie comparée
Constance Malard : L’Œuvre à l’affiche
Au Festival de Bayreuth (1996-2012)
À travers le monde (1989-2013)

Bibliographie

Hermann Levi : un juif à Bayreuth, créer Parsifal (1882)

Hermann Levi : un juif à Bayreuth. C’est peut-être le pire cas qu’ait eu à gérer Wagner dans sa vie … l’antisémite notoire devait croiser sur son chemin de bâtisseur, un maçon exceptionnel, maestro architecte doué pour diriger et comprendre ses œuvres : Hermann Levi… le juif. Pour accomplir son dernier opus, le naître de Bayreuth ne put faire sans Levi. Les mots à son encontre évoque le malaise Wagner vis à vis d’un musicien exceptionnel capable comme personne alors de comprendre la musique de l’avenir… « juif domestiqué », « juif assimilé »… autant de vocables bien discutables qui s’effacent devant la réalité inimaginable de l’époque. L’histoire réelle dépasse souvent la fiction : jamais Parsifal ne devait connaître un meilleur maestro que Hermann Levi, à jamais inscrit dans l’histoire de Bayreuth et dans la genèse du dernier opéra de Wagner en 1882.

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Le chef créateur de Parsifal

 

Il incarne une contradiction notoire dans le cercle très restreint des proches et des intimes de Wagner à Bayreuth : Cosima et son époux sont des antisémites militants qui ne manquent jamais une occasion de déprécier la judéité y compris chez les musiciens les plus doués à leur époque. Le Journal qui consigne sous la plume de Cosima tout ce que dit son divin époux éclaire chaque étape de leur confession. Hermann Levi (1839-1900), fils et petit fils de rabbins en fait le frais : immense chef d’orchestre et doué dès son jeune âge, son seul défaut est d’être juif. Mais le musicien qui vénère Wagner comme un dieu, souhaite réaliser grâce à lui et sa quête artistique de dépassement et d’accomplissement, mais aussi, une manière d’intégration complète dans la culture germanique dont le couple de Bayreuth est le plus engagé des ambassadeurs.
Hermann Levi dirige l’orchestre de l’opéra de Munich dont il est directeur musical depuis 1872: il est l’employé de Louis II de Bavière qui accepte que le jeune chef dirige aussi à Bayreuth. Après de très longs efforts pour approcher Wagner et susciter son regard bienveillant, Levi ne tarde pas à devenir un habitué de Wahnfried, – la maison des Wagner à Bayreuth-, hôte recherché et donc jalousé, que Wagner adoube même officiellement en demandant à ce que le chef juif dirige la création de Parsifal ! De fait, Levi restera dans l’histoire de Bayreuth, le créateur, surtout le plus grand interprète de Parsifal : un comble. De 1882, pour la création et jusqu’en 1894, soit 12 ans, Levi est le chef de Parsifal : un statut inouï que personne ne saura jamais égaler après lui.
Pour l’homme hypersensible que fut Levi, cela n’alla pas sans tiraillements et angoisse viscérale. Wagner exigeait autant qu’il savait attendrir tous ceux prêts à le jouer, mieux le servir. A plusieurs reprises, Levi demande d’être soulagé et libéré d’une telle charge, tout en espérant être fondamentalement reconnu pour ses aptitudes personnelles et artistiques à comprendre et interpréter Wagner. Ce que le compositeur lui permet de vivre avant de mourir en 1883. Tout en exigeant l’impossible, Wagner accorde à son chef préféré la reconnaissance tant espérée.
Dans les faits, Hermann Levi réussit cette ambition, dévoilant tout ce qui dans Parsifal relève d’une profonde expérience humaniste, mystique, intime. Il dirige à 8 reprises Parsifal à Bayreuth (1882, 1883, 1884, 1886, 1889, 1891, 1892 et 1894). La crise la plus aiguë dans cette vocation doloriste fut l’année 1888 : usé, éreinté psychiquement, Levi doit se reposer; il ne dirigera pas Parsifal, sujet de toutes ses peines et de tous ses dépassements musicaux : Wagner décédé, c’est Cosima qui reprenant peu à peu la direction du festival wagnérien impose un rythme, une nouvelle méthodologie de travail surtout un nouveau sacerdoce exclusif. En 1891, Levi élabore pour elle, une version remarquable de Tannhaüser pour Bayreuth, d’après les nombreuses possibilités laissées par Wagner ; cette version Levi sera longtemps tenue pour un modèle par tous les chefs soucieux de diriger la partition. La corde a failli se rompre entre Levi et Cosima : il reste une légende de la direction, celle qui dès la création de Parsifal aura permis de conclure le mythe Wagner de son vivant, jusqu’au cime de l’excellence.

 

 

Friedelind Wagner, l’autre voix de Bayreuth

Friedelind WagnerAu moment où sont célébrés partout dans le monde et à Bayreuth évidemment pour le festival estival, les 200 ans de Richard Wagner, classiquenews souligne le message différent d’un membre du clan Wagner, celui de Friedelind, petite-fille du compositeur qui de son vivant, aidée par Toscanini, eut le courage de rompre avec sa famille, refusant la collision néfaste avec Hitler et le nazisme … Et si Friedelind, empêchée à Bayreuth, écartée par son frère Wolfgang, incarnait mieux que ses proches, le message wagnérien ?

Née en 1918, Friedelind incarne la pensée miraculeuse du clan Wagner, si entâché par sa collision avec le nazisme et depuis le règne à Bayreuth de la veuve Cosima, empêtré dans des positions de replis dogmatiques ultraconservateurs. D’où le problème toujours actuel de Bayreuth au moment du bicentenaire 2013: la colline verte n’a pas résolu ses querelles de successions internes ni vraiment convaincu en terme de qualité artistique. Voilà bien longtemps que le théâtre édifié par Wagner grâce à Louis II de Bavière ne présente plus les meilleures productions du Ring, de Lohengrin, de Tannhäuser et de Parsifal … L’ère de Wieland, avec sa politique artistique audacieuse et ses mises en scènes conceptuelles et esthétiques paraît bien lointaine à présent, mais Wieland avait démontré après la guerre combien un nouveau Bayreuth, temple de la magie wagnérienne, était alors possible. Les temps ont changé depuis…

 

 

Wagner dénazifié :
l’ange Friedelind contre Bayreuth

 

Friedelind est la fille de Siegfried Wagner, le fils de Richard, homosexuel dont les inclinations sentimentales ont toujours été savamment masquées par le clan, en particulier grâce à son mariage avec Winifried, totalement dévolue à Hitler (que ses enfants doivent adorer comme leur oncle) : elle fait de Bayreuth le refuge des nazis et fait basculer toute l’activité wagnérienne du côté de la barbarie, assimilant encore Wagner avec la pensée hitlérienne, tel un outil de propagande à la solde du tyran barbare. 
Ayant des rapports tendus avec sa mère, Friedelind résiste à l’emprise du nazisme sur le clan : même si elle se résout à visiter le fürer en 1937, elle garde chevillé au corps, une distance avec l’idéologie imposée par sa mère. Doutant de l’assimilation assumée du wagnérisme comme propagande pour Hitler, le jeune femme décide de rompre avec sa famille et quitte Bayreuth dès 1939, à 21 ans : elle s’exile aux USA en 1940 avec le soutien d’un wagnérien humaniste comme elle, Toscanini. Friedelind garde des liens avec son frère Wieland.
En 1945, Friedelind écrit et fait publier ses souvenirs de la période Bayreuth hitlérisé (Heritage of fire) : aujourd’hui encore le livre est soigneusement tenu secret et inaccessible, tant à cause des révélations impardonnables sur les choix du clan Wagner pendant la guerre, que par la figure admirable d’un membre qui a su déceler l’horreur et s’en détacher quitte à en souffrir.

En 1953, après la guerre, Friedelind revient à Bayreuth mais sa mère l’en écarte : la fille a trahi, elle n’a donc pas sa place au sein du Théâtre de son grand-père ; et pourtant la fille prodigieuse s’entête à orienter le lieu par une nouvelle position plus éthique. Consciente cependant de l’immense héritage de son aîné, Friedelind organise en marge de Bayreuth, plusieurs masterclasses (1959) destinées à sensibiliser les jeunes musiciens et le public à la musique de Richard Wagner, reprenant de ce dernier l’idée d’ouvrir une école favorisant la compréhension et l’interprétation des opéras wagnériens. Héritière spirituelle de son grand-père, Friedelind parvient à former plusieurs chanteurs dont la mezzo Barbara Conrad. 
Avec la mort de son frère Wieland (1966), Friedelind perd un soutien important à Bayreuth : Wolfgang le 2ème frère et co directeur du festival prend alors les rênes de l’institution : comme leur mère Winifried, Wolfgang interdit à sa soeur l’accès au Théâtre. 
Jusqu’à sa mort en 1991, Friedelind ne cesse de défendre une autre histoire de Wagner à Bayreuth, le débarrassant des collusions avec l’hitlérisme qui a dénaturé profondément le message de Wagner.

Le travail des années futures, au moment du bicentenaire Wagner 2013 devrait voir une nouvelle approche de l’histoire du wagnérisme en Allemagne et à Bayreuth : se pencher sur l’oeuvre et la vie de Friedelind Wagner permettra de réécrire demain le message de Wagner à travers ses oeuvres ; expliquer le sens du Ring en le distinguant clairement des multiples instrumentalisations dont il a été l’objet dont surtout la récupération par les nazis et le clan Wagner (Winifried, Wolfgang) reste le point crucial d’une bataille toujours d’actualité.

Gala Wagner 2013 (en direct de Bayreuth)

Arte, mercredi 22 mai 2013, 22h25: Gala Wagner à Bayreuth …
Spécial bicentenaire 2013
En direct de Bayreuth

Le chef d’orchestre allemand Christian Thielemann interprète avec l’Orchestre du Festival de Bayreuth et des solistes de renommée internationale, un concert anniversaire pour Richard Wagner né en 1813. Au programme : extraits d’opéras en version de concert

Programme :wagner_dossier_2013_582
La Walkyrie, 1er acte
Rienzi : Introduction et prière
Le crépuscule des dieux : Voyage sur le Rhin et Marche funèbre
Les maîtres chanteurs de Nuremberg : Prélude

Direction musicale: Christian Thielemann, Orchestre du Festival de Bayreuth
Solistes: Eva-Maria Westbroeck (Sieglinde), Johan Botha (Siegmund, Rienzi), Kwangchul Youn (Hunding).

Docu. La Folie Wagner (2012)

Arte, La Folie Wagner, mercredi 22 mai 2013, 20h45  …  Grand portrait d’un musicien dérangeant indispensable. Anarchiste puis bourgeois, réformateur lyrique et révolutionnaire, égocentrique, libertin mais immensément cultivé,  le démiurge Wagner reste en dépit de ses facettes humaines contestables (antisémite notoire), un créateur universel incontournable. Richard Wagner dérange et divise les esprits. Le documentaire jalonné de témoignages et de reconstitutions filmées jouées par des acteurs (qui s’appuient sur la correspondance de Wagner) se penche sur sa personnalité pour mieux cerner la corrélation entre l’homme et son génie musical et apporte un éclairage nouveau sur les faits historiques développé grâce à des interviews avec les meilleurs spécialistes de Wagner, des animations, des évocations historiques, l’apport des musiciens (Philippe Jordan) et des personnalités de Bayreuth…

Livres. Wagner. Bon baisers de Bayreuth (Fayard)

Livres. Bon baisers de Bayreuth. Lettres de Wagner (Fayard)

lootens_wagner_baisers_bayreuth_livre_wagner_2013_FayardIl existe peu de compositeurs qui dans leurs lettres (à peu près 12.000 s’agissant de Wagner) ait à ce point communiquer et divulguer leurs humeurs et pensées personnelles, au point dès son vivant, de lui inspirer à lui et à sa compagne Cosima, le souci de les récupérer coûte que coûte auprès de leurs destinataires ou de leurs descendants.

Cosima elle-même se rangea à l’idée de publier un bon nombre de documents dès 1888, non sans maquiller et réviser les textes afin de préserver le meilleur aspect de son défunt époux. Quoiqu’il en soit l’édition complète de l’intégralité du corpus épistolaire de Wagner est une entreprise toujours en cours: elle ne sera réalisée qu’en 2025… un édifice en constant progrès que la présente publication chez Fayard éclaire par le choix des lettres ainsi publiées et surtout annotées.

Christophe Lootens

Bon baisers

de Bayreuth

Lettres de Richard Wagner
(Editions Fayard)

Les textes ici rassemblés bénéficient d’une traduction française scrupuleuse (eu égard à l’humeur de Wagner et aux spécificités de son propre style) et d’une édition critique, rendant leur apport sûr, volontairement respectueux de la pensée originelle du compositeur. On connaît le goût du musicien pour les phrases longues, les tournures complexes, le style indirect… autant de figures qui rendent délicate toute traduction fine et exhaustive en français. Le sommet de cette correspondance ampoulée étant atteint dans les lettres que Wagner adresse à Louis II lequel, protocole oblige, imposait des tournures vieux style, souvent hyperboliques, au lyrisme suranné: pourtant Wagner devait se plier à cet usage, travaillant alors longuement à la teneur de ses réponses au jeune monarque. Contrairement au titre de l’ouvrage, il ne s’agit pas des lettres particulièrement dédiées à l’édification de Bayreuth et du premier festival du Ring (1876) mais bien d’un corpus large et ouvert dans sa sélection, destiné à éclairer tous les épisodes de la vie de Richard Wagner.

Lettres de Wagner

De la première lettre à sa sÅ“ur Ottilie (Leipzig, le 3 mars 1832) à celle ultime adressée au producteur et homme de théâtre Angelo Neumann (Bayreuth, 1883), le choix des lettres (à peu près 200 originaux) tout en privilégiant plusieurs proses inédites sait couvrir toutes les périodes d’une vie artistique riche et féconde où épisodes privés et ressentiments personnels se confondent avec les ondulations d’une Å“uvre révolutionnaire. De l’aveu même de l’auteur, vie privée et Å“uvre musicale ne forment qu’un seul et même massif dont la complexité et le réseau inextricable à la façon des motifs directeurs ou leitmotiv dans la matière sonore du Ring, composent une unité et une cohérence souterraine, à la fois fascinante et éclairante.
L’intérêt principal de la collection ainsi présentée concerne la mise en contexte de chaque lettre retenue, précisant les enjeux et la situation propre au moment de l’écriture et de l’envoi. Le lecteur suit ainsi un cheminement artistique exceptionnel dont la portée critique et réformatrice sur la question de l’opéra est née et portée par une irrésistible nécessité intérieure. Wagner se révèle dans ses élans, ses espoirs, ses positions tout au long d’une vie unique à la fois, foudroyée et aussi sublimée, comptant ses gouffres dépressifs et ses sommets transcendants voire ses percées miraculeuses dont la rencontre providentielle avec le jeune roi Louis II de Bavière en 1864 ; la protection du souverain assure désormais à Wagner, la réalisation entière de tout l’Å“uvre dont le Ring et le théâtre moderne destiné à l’accueillir, Bayreuth. Wagner se dévoile vis à vis entre autres de Liszt, Hanslick, Schumann, Mathilde Wesendonck, Hans von Bulow, Cosima, Nietzsche, Arrigo Boito, Otto von Bismark… sans omettre Johannes Brahms ou Eliza Wille ; la détestation de Mendelssohn, de Paris et de la France, la relation ambivalente et plutôt critique à Meyerbeer, … l’édification de Bayreuth, les derniers opéras, des Maîtres Chanteurs à Parsifal sans omettre évidemment les quatre chapitres des Nibelungen sont clairement évoqués et donc d’autant mieux ” expliqués ” sous la plume du maître. L’apport est inestimable, sa formulation et présentation indiscutable d’autant plus opportuns en cette année Wagner 2013.

Christophe Looten: Bons baisers de Bayreuth. Lettres de Richard Wagner. Parution: février 2013. ISBN: 9782213671079. 404 pages. Prix indicatif: 26 euros.Editions Fayard, collection

Bicentenaire Wagner 1813-2013. Grand dossier

Grand dossier Richard Wagner 2013, spécial bicentenaire…

Richard Wagner 2013

Richard Wagner 2013

Né en 1813 (le 22 mai à Leipzig), décédé à Venise, le 13 février 1883, Wagner est à l’honneur en 2013: il s’agit de fêter et le bicentenaire de sa naissance et les 130 ans de sa mort. Particulièrement critiquée et discutée, son Å“uvre lyrique modifie en profondeur l’opéra, et dans sa conception dramatique et musicale, et dans les modalités de sa représentation: jusqu’au concept d’orchestre placé sous la scène, comme à Bayreuth. Inventeur du spectacle total en particulier dans le cycle de l’Anneau du Nibelung, soit 4 opéras d’une durée globale de plus de 15 heures, Wagner réinvente le théâtre lyrique à la fin du XIXème siècle. Jamais l’orchestre n’a été si essentiel ni le chant, en véritable fusion avec le tapis instrumental. Plus que jamais chez Wagner, prime l’accomplissement du drame qui inféode chant et développement instrumental. C’est aussi un spectacle non plus décoratif, virtuose et divertissant mais conçu comme une initiation spirituelle adressé au plus nombre. Wagner a donc interrogé comme personne avant lui le langage, les moyens scéniques mais aussi la finalité de l’opéra.

L’homme se présente à nous avec ses contradictions et ses engagements discutables vite récupérés par les nazis qui en font leur emblème artistique (parmi d’autres compositeurs germaniques): icône de l’artiste maudit incompris par la société, il fut un hédoniste soucieux de son confort petit bourgeois; les lectures du Ring et des Maîtres Chanteurs ont tissé l’étoffe d’un créateur pangermaniste, annonciateur par son antisémitisme avéré, des pires idéologies barbares après lui… C’est enfin un séducteur à la vie sentimentale chaotique, finalement assagie à partir de sa rencontre avec la fille de Liszt, Cosima (alors mariée avec le chef Hans von Bulow, lui-même wagnérien fervent).

Mais l’artiste et le créateur sont indiscutables. Avant la réussite sur le plan esthétique de La Tétralogie, le choc de Tristan und Isolde (Munich, 1865) reste un jalon décisif dans l’histoire de l’opéra : écriture chromatique irrésolue (le fameux accord de Tristan), orchestre omniprésent, expression directe du jaillissement de la psyché où mort et amour se confondent… plus aucun compositeur d’envergure n’écrira de la même façon après Tristan. Et tous les génies ou grands créateurs après Wagner, paieront directement ou indirectement leur dette à Richard. S’il n’a pas de disciples manifestement déclarés ou reconnus par le maître, son Å“uvre influence tous les créateurs à partir des années 1860… dont en France, une fièvre collective qui recueille avec discernement et originalité son apport grâce au fédérateur César Franck puis D’Indy, Chausson, Vierne  et jusqu’au Debussy des intermèdes de Pelléas et Mélisande, sans omettre les moins connus dont Victorin Joncières, l’un de ses plus militants défenseurs dans l’Hexagone.

Aujourd’hui il est temps de repréciser voire nuancer certaines facettes de l’oeuvre et de la vie de Richard Wagner… A commencer par l’identification des grands thèmes de son théâtre lyrique, peu à peu précisé au fur et à mesure de ses ouvrages: de Rienzi, Le Vaisseau fantôme, Tannhäuser, Lohengrin jusqu’à Tristan, Der Ring et Parsifal, son ultime opéra : le statut de l’artiste, l’accomplissement irrésolu du désir, l’impossibilité de l’amour, mais surtout la compassion salvatrice et l’appel à une nouvelle fraternité, sujets bien peu mis en avant, pourtant moteurs dans La Tétralogie et particulièrement dans Parsifal… En vérité, il est temps de revenir à un Wagner expurgé des approches qui l’ont dénaturé: Wagner est bien le plus grand créateur lyrique de tous les temps et même le chantre de l’amour… aux côtés de l’acte II de Tristan, immersion dans l’extase amoureuse, le duo Sieglinde et Siegmund dans La Walkyrie (Première journée du Ring), comme dans Parsifal, l’évolution du personnage clé de Kundry, restent à nos yeux, l’invention poétique la plus bouleversante de Wagner.

Tout au long de l’année du centenaire Wagner 2013, Classiquenews dresse un bilan de l’oeuvre wagnérienne (opéras majeurs, dates biographiques décisives, évolution et accomplissements, contradictions de l’oeuvre, fils spirituels et détracteurs…), tout en récapitulant les grands événements lyriques à ne pas manquer en 2013… C’est aussi plusieurs offres de voyages et évasions musicales qui vous permettront de vivre cette année Wagner d’une manière inédite.

sommaire de notre dossier Wagner 2013

Richard WagnerTout au long de l’année du centenaire Wagner 2013, Classiquenews dresse un bilan de l’oeuvre wagnérienne (opéras majeurs, dates biographiques décisives, évolution et accomplissements, contradictions de l’oeuvre, fils spirituels et détracteurs…), tout en récapitulant les grands événements lyriques à ne pas manquer en 2013… C’est aussi plusieurs offres de voyages et évasions musicales qui vous permettront de vivre cette année Wagner d’une manière inédite.

1. Les premières années: Les Fées, Rienzi… (1828-1842)
De Leipzig à Paris (1839) et Dresde (1842), par Delphine Ralph

Avant de composer ses premiers opéras, Wagner est un jeune chef qui dirige de nombreux opéras dont il apprend le métier, l’écriture, les enjeux… vocaux comme dramatiques. Dès 15 ans à Leipzig (1828), le jeune compositeur apprend l’écriture musicale auprès de Theodor Weinlig, alors cantor à Saint-Thomas. Une première Symphonie en ut (1831) démontre un tempérament très tôt maîtrisé: bavard, emporté, entier et toujours épique.

2. Les années 1840 à Dresde: Rienzi, Le Vaisseau Fantôme, Tannhäuser et Lohengrin (1843-1848)

L’opéra romantique allemand selon Wagner, par Carl Fischer

En 1842, Rienzi avait marqué une première synthèse indiscutable.  Mais même s’il reste meyerbeerien, autant que beethovénien, Wagner change ensuite sa manière et la couleur de son inspiration avec Le Vaisseau fantôme: il quitte l’histoire et ses références naturellement pompeuses pour la légende: Tannhäuser et surtout Lohengrin confirment cette direction poétique.

3. De Munich à Bayreuth: l’accomplissement lyrique
Tristan und Isolde, Le Ring, Les Maîtres chanteurs… (1857-1883)
les opéras de la maturité: Tristan, Le Ring, Parsifal par Lucas Irom

A partir de 1857, Wagner met de côté la composition du Ring pour se consacrer totalement à Tristan und Isolde, composé de 1857 à 1859: il est alors l’hôte de ses protecteurs Otto et Mathilde Wesendonck…

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le 22 décembre
Tannhäuser de Wagner à Berlin
Tannhäuser de Wagner au Deutsch Oper de Berlin
Du 21 au 23 décembre 2012
3 jours à Berlin, à partir de 789 euros
Soirée à l’opéra le samedi 22 décembre 2012
Tannhäuser de Wagner. Kristen Harms, mise en scène. Ulf Schirmer, direction. Avec Peter Seiffert, Tannhäuser; Christian Gerghaher, Eschenbach; Petra Maria Schnitzer, Elisabeth, Venus… En lire +

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calendrier Wagner 2013

les 4 productions et événements  à ne pas manquer en 2013
2 Ring à Paris puis Dijon, Tannhäuser à l’Opéra du Rhin,…

Paris, Opéra Bastille

dossier Richard Wagner 2013, spécial bicentenaireLe Ring 2013 par Philippe Jordan (direction) et Günter Krämer (mise en scène): reprise contestée et pourtant pour nous attendue, la production du Ring à Bastille reste l’une des réalisations de l’ère Joel, parmi les plus réussies, en particulier pour L’Or du Rhin puis La Walkyrie.
L’Or du Rhin, à partir 29 janvier 2013
Le festival Wagner: Der Ring 2013, l’intégralité de la Tétralogie en continu (ou presque): les 18, 19 puis 23 et 26 juin 2013

Monte Carlo, Opéra

dossier Richard Wagner 2013, spécial bicentenairerécital lyrique Wagner
Auditorium Rainier III
les 8 et 10 février 2013
Jonas Alber, direction
Acte I de La Walkyrie
Acte II de Tristan und Isolde
Robert Dean Smith, Ann Petersen

Opéra du Rhin
Mulhouse et Strasbourg

dossier Richard Wagner 2013, spécial bicentenaireTannhäuser
Du 24 mars au 8 avril 2013
Constantin Trinks, direction
Keith Warner, mise en scène
Scott MacAllister (Tannhäuser)

coup de coeur classiquenews

le Ring 2013, made in Dijon

Richard Wagner 2013Le Ring 2013 par l’excellent Daniel Kawka, Der Ring des Nibelungen… Du 5 au 13 octobre 2012. On le savait wagnérien convaincu; son Tristan und Isolde (Olivier Py, mise en scène, juin 2009) présenté sur la scène du Théâtre Dijonais avait été salué par la rédaction de classiquenews: aucun doute Daniel Kawka qui est aussi fondateur et chef principal de l’Ensemble Orchestral Contemporain reste le champion de cette année Wagner à venir en France: ne manquez  pas chaque volet de sa Tétralogie: une réalisation d’ores et déjà passionnante voire historique si le plateau vocal est à la hauteur de l’exigence du maestro. Quoiqu’il en soit le geste du chef saura ciseler ce symphonisme ardent et chambriste dont il est l’un des rares à posséder la secrète alliance…  Du 5 au 13 octobre 2013. En lire +