DVD, critique. Ballet : La Reine Morte (Kader Belarbi, 2015 – 1 dvd OPUS ARTE)

belarbi reine morte dead queen DVD opus ARTE capitole DVD critique review par classiquenewsDVD, critique. Ballet : La Reine Morte (Kader Belarbi, 2015 – 1 dvd OPUS ARTE). Le chorĂ©graphe Kader Belarbi confirme un vrai talent de dramaturge, capable de construire un drame complet dĂ©roulĂ© en une soirĂ©e. La Reine morte crĂ©Ă©e Ă  Toulouse dès 2011, prolonge la rĂ©ussite de son « Corsaire ». L’ex danseur Ă©toile de l’OpĂ©ra de Paris a su affirmer un goĂ»t sĂ»r pour la tĂ©nèbre, les rĂ´les noirs auxquels il a donnĂ© de l’épaisseur (Abderram dans Raymonda). Sur les traces de Montherlant, Belarbi architecte sa narration en cultivant des situations contrastĂ©es, des images inoubliables et saisissantes qui illustrent avec Ă©clat et justesse l’exemple de la folie humaine, celle qui manipule, sacrifie l’amour, ambitionne le pouvoir. La folie dans tout son Ă©clat dĂ©risoire et pourtant magnifique : le roi atteint son but mais Ă  quel prix. 
Belarbi cite tous les poncifs qui ont fait jusque lĂ  le souffle des grands ballets romantiques, certains les plus connus et dansĂ©s encore aujourd’hui ; scènes collectives de cour dignes de Tchaikovski ; noces de l’ombre (RomĂ©o), … le tout superbement orchestrĂ©s et mis en lumière selon une sensibilitĂ© et une culture ciselĂ©es. C’est Ă  dire idĂ©alement barbare.

Ajoute à cette éloquence du drame sombre, le jeu et les pas de danseurs fins et puissants, chacun dans leur personnage : l’énergique et viril Don Pedro (Davit Galstyan), la sensibilité naturelle donc troublante de Doña Inès de Castro (Maria Gutierrez), vraie figure parfois évanescente et parfois d’une subtilité irréelle… l’infante toute d’or vêtue (Juliette Thélin), le bouffon en délire (Takafumi Watanabé).
Dans la fosse, le chef Koen Koessels dirige avec mordant, expressivité et âpreté l’Orchestre maison, offrant au Ballet du Capitole, un tremplin confortable, d’une fureur rentrée, aux éclats mesurés, vrai écrin à ce drame de la mort et du macabre. Superbe ballet contemporain.

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CLIC D'OR macaron 200DVD, critique. Ballet : La Reine Morte (Kader Belarbi, chorĂ©graphie d’après Montherlant) -Toulouse, Capitole, fĂ©vrier 2015 – 1 dvd OPUS ARTE. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2018

William Christie dĂ©voile Rameau en “maĂ®tre Ă  danser”

William Christie conducts Les Arts Florissants at Prom 17.Paris. CitĂ© de la musique, Rameau, maĂ®tre Ă  danser, les 21 et 22 novembre 2014, 20h. Après l’avoir crĂ©Ă©e en juin dernier Ă  Caen, William Christie reprend la production Ă©vĂ©nement qu’il dĂ©die au gĂ©nie chorĂ©graphique de Rameau, pour l’annĂ©e des 250 ans de la disparition du Dijonais. “Rameau maĂ®tre Ă  danser”… c’est le titre prĂ©cis de ce nouveau spectacle façonnĂ© par les Arts Florissants. William Christie nous offre ainsi deux ballets mĂ©connus Ă  redĂ©couvrir (tous deux reprĂ©sentĂ©s Ă  Fontenaibleau) dont un ballet crĂ©Ă© pour la naissance du Dauphin, futur Louis XVI, le 12 octobre 1754. Avant la vogue Retour d’Egypte Ă  venir, -celle initiĂ© Ă  l’extrĂ©mitĂ© du XVIIIè par la Campagne de Bonaparte en Egypte-, Rameau aborde l’exotisme de l’AntiquitĂ© Ă©gyptienne en cĂ©lĂ©brant la naissance d’un dieu, Osiris.  Dieu majeur du panthĂ©on nilotique qui incarne, thème central de la ferveur antique, la rĂ©surrection après la mort. C’est selon la vision de Rameau, toujours soucieux de reprĂ©senter les mĂ©canismes et phĂ©nomènes de la nature, une pastorale heureuse et rĂ©jouissante (commande royale oblige) oĂą Jupiter descend des cintres, interrompt la danse des bergers, pour annoncer l’évĂ©nement heureux : l’amour et les grâces s’associent aux mortels pour cĂ©lĂ©brer la naissance divine. Ni spectaculaire fracassant, ni apparitions fantastiques (quoique) mais la seule et miraculeuse activitĂ© de la danse magicienne… avec cette sensualitĂ© envoĂ»tante dont nous dĂ©lecte le fondateur des Arts Florissants depuis plus de 30 ans Ă  prĂ©sent. LIRE notre critique complète du spectacle Rameau, maĂ®tre Ă  danser

William Christie réenchante Rameau

Rameau, maître à danser

La Naissance d’Osiris, ballet en un acte
Daphnis et Eglé, pastorale
nouvelle production
William Christie, direction
Sophie Daneman, mise en scène
Paris, Cité de la musique
Salle des concerts
Les 21 et 22 novembre 2014, 20h

 

 

Les Arts Florissants choeur et orchestre / William Christie, direction musicale
Sophie Daneman, mise en scène / Françoise Denieau, chorégraphie / Nathalie Adam, Robert Le Nuz, assistants à la chorégraphie / Gilles Poirier, répétiteur / Alain Blanchot, costumes / Christophe Naillet, lumières et scénographie

Reinoud van Mechelen, Daphnis / Elodie Fonnard, Eglée / Magali Léger, Amour (D&E), Pamilie (Naissance) / Arnaud Richard, grand prêtre / Pierre Bessière, Jupiter / Sean Clayton, un berger (La Naissance)

Robert Le Nuz, Nathalie Adam, Andrea Miltnerova, Anne-Sophie Berring, Bruno Benne, Pierre-François Dolle, Artur Zakirov, Romain Arreghini, danseurs

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Compte rendu, ballet. Caen, le 4 juin 2014, Manège de la Guérinière. Rameau, maître à danser. Les Arts Florissants. William Christie, direction

 

RAMEAU, MAĂŽTRE A DANSER : le spectacle Ă©vĂ©nement des Arts Florissants. A Caen, William Christie poursuit un travail captivant sur la forme théâtrale : a contrario de tout ce qu’on avait pu espĂ©rer, imaginer, cogiter, le fondateur des Arts Florissants, dans une santĂ© rayonnante ce 4 juin, sait surprendre oĂą on ne l’attendait pas : son nouveau spectacle “Rameau, maĂ®tre Ă  danser” nous Ă©tonne ; les deux actes de ballets (Daphnis et EglĂ© puis La naissance d’Osiris datant du dĂ©but des annĂ©es 1750) ainsi ressuscitĂ©s trouvent dans l’Ă©crin improbable du Manège de l’acadĂ©mie Ă©questre de la GuĂ©rinière (lieu inconnu des caennais jusqu’Ă  il y a 2 mois encore), un dispositif surprenant qui permet en rĂ©alitĂ© de mesurer une approche concertĂ©e, audacieuse, expĂ©rimentale entre le mot, la note, le corps. Pour rĂ©ussir cette alliance prometteuse, la production s’appuie sur la complicitĂ©, la jeunesse, la subtilitĂ©.

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Esprit de famille

Christie_william_maxpeopleworld700428C’est peu dire que Bill veille Ă  l’accompagnement, la transmission, le perfectionnement des Ă©quipes d’artistes qu’il sait regrouper autour de lui ; c’est une famille qui se retrouve et nous gratifie d’une entente complice, si rare ailleurs. Les chanteurs sont des voix partenaires, dĂ©sormais familières au chef (et aux spectateurs qui les suivent pas Ă  pas depuis leurs dĂ©buts) : on y retrouve les anciens laurĂ©ats du Jardin des Voix, l’acadĂ©mie vocale fondĂ©e Ă  Caen avec le concours du Théâtre de Caen et son directeur Patrick Foll : Sean Clayton, Elodie Fonnard, Reinoud von Mechelen…  Chacun y approfondit encore son sens de l’espace, ses aptitudes dramatiques en un jeu qui doit ĂŞtre concertĂ©, et compris collectivement (en rĂ©alitĂ© les prĂ©ceptes approchĂ©s lors du Jardin des Voix et ici concrètement appliquĂ©s).
S’y illustrent aussi les 8 danseurs rĂ©unis par la chorĂ©graphe Françoise Denieau, comme les costumes superbes d’Alain Blanchot (lequel avait dĂ©jĂ  signĂ© auparavant ceux de Venus and Adonis de John Blow, la saison dernière au Théâtre de Caen)… Pas de doute en soignant d’infimes dĂ©tails, les producteurs ont relevĂ© le pari de ce nouveau spectacle. Pour la mise en scène, une ancienne chanteuse des Arts Florissants, Sophie Daneman poursuit ses dĂ©buts comme scĂ©nographe : le rĂ©sultat est aussi convaincant que pour Le Jardin de Monsieur Rameau, crĂ©Ă© en une tournĂ©e mondiale, amorcĂ©e lĂ  encore Ă  Caen. L’ex soprano sait faire respirer les corps, les mettre en situation, avec cette once de poĂ©sie, de fragilitĂ© et de dĂ©licatesse qui Ă©claire d’un autre regard le dĂ©roulement du spectacle. En sachant rĂ©unir dramatiquement les deux Ă©pisodes dansĂ©s, Sophie Daneman rĂ©ussit dĂ©jĂ  le dĂ©fi de la continuitĂ© : mais son souci  de la justesse s’accorde idĂ©alement au travail du Maestro sur l’articulation, la pulsion, la tension et la dĂ©tente qui alternent du dĂ©but Ă  la fin avec une Ă©lĂ©gance dĂ©lectable.

Laboratoire théâtral

La proximitĂ© avec la scène tout d’abord, fonctionne remarquablement avec une disposition oĂą les deux parties du public se font face, enserrant le plateau.  Les spectateurs ont le sentiment d’ĂŞtre Ă  la place du Roi Louis XV et de la Cour invitĂ©e Ă  Fontainebleau pour y assister en petit comitĂ©, aux nouveaux ballets de monsieur Rameau, chacun cĂ©lĂ©brant un Ă©vĂ©nement dynastique. Quand l’Ă©quipe des comĂ©diens arrivent sur scène, l’esprit des trĂ©teaux, la connivence d’une troupe apprĂŞtĂ©e pour l’occasion se rĂ©alisent idĂ©alement.
Autre point remarquable pour tous les spectateurs : debout, fĂ©dĂ©rateur des Ă©nergies combinĂ©es, William Christie, pour piloter le jeu des danseurs et des chanteurs,  fait face Ă  la scène, prodiguant avec cette Ă©lĂ©gance expressive dont il est le seul Ă  maĂ®triser la fascinante chorĂ©graphie, une direction souple et nerveuse, racĂ©e et coulante : du très grand art qui porte les musiciens vers l’excellence. Chacun de ses gestes millimĂ©trĂ©s, chacune des nuances indiquĂ©es vers les musiciens, chaque attaque et chaque articulation pour les chanteurs, s’offre ainsi aux spectateurs. Le travail sur l’expressivitĂ© s’en trouve plus Ă©clatant : c’est la leçon d’un très grand maĂ®tre qui nous est ainsi rĂ©vĂ©lĂ©e, visage de face, en attitudes et gestuelles gĂ©nĂ©reuses, expressives, communicatives.

 

 

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Le fondateur des Arts Florissants renoue ici avec ses meilleures rĂ©ussites musicales, affirmant par devant tous, dont ses très nombreux Ă©lèves et Ă©mules, sa totale maĂ®trise chez Rameau. Dès le commencement, l’on ne saurait demeurer insensible Ă  la poĂ©sie languissante de la musique, sa tendresse, sa dĂ©licatesse jamais mièvre qui avant l’ère romantique, sait dĂ©voiler la richesse du sentiment, ici les mystères de l’amour. Avant BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte, Rameau (et CollĂ©, son librettiste) s’intĂ©ressent aux liens tĂ©nus qui sĂ©parent l’amitiĂ© de l’amour : ainsi Daphnis et EglĂ© ne tardent-ils pas Ă  tomber dans les bras l’un de l’autre. Heureuse destinĂ©e de deux  bergers amis qui deviennent amants sous l’arc tendu d’un Cupidon facĂ©tieux très en voix (Magali LĂ©ger). Le ton est donnĂ© : ivresse, extase, ravissement, en particulier dans la musette finale qui fait basculer l’action pastorale dans l’enivrement collectif.

le mot, la note, le corps…  : musique et danse fusionnĂ©es

La seconde partie (La Naissance d’Osiris) est plus enchanteresse encore grâce Ă  l’interaction très aboutie entre le chant et la danse : la première scène fait paraĂ®tre les danseurs en un tableau nocturne, vĂ©ritable hymne Ă  la fragilitĂ©, finesse et dĂ©licatesse Ă  jamais inscrites dans une production sertie de joyaux lyriques que l’on retrouve encore dans le solo de la jeune danseuse qui prĂ©cède le final.
Absent mais sollicité déjà dans le premier ballet, Jupiter soi-même paraît en un superbe aigle noir sous les traits du noble et altier Pierre Bessière.
Rapport troublant entre le chant et la danse, les danseurs semblent prendre l’avantage, confinant dĂ©jĂ  au ballet d’action que dĂ©veloppera Noverre en fin de siècle. DĂ©jĂ  en 1754, Rameau enchaĂ®ne les tableaux avec une grâce inĂ©galĂ©e ; certes les airs de bergère et le jeu piquant et drĂ´latique entre les acteurs font indiscutablement pensĂ© Ă  l’opĂ©ra italien : Paris se remet Ă  peine de la Querelle des Bouffons. Rameau prolonge en cela l’esprit champĂŞtre enchantĂ© des madrigaux pastoraux de Monteverdi. Mais Ă  plusieurs reprises, il semble que ce que les mots et le chant ne peuvent exprimer, la danse et le mouvement concertĂ© des corps le disent plus clairement (superbe solo du danseur russe : Artur Zakirov).

Le Théâtre de Caen (et son directeur Patrick Foll) peut ĂŞtre fier d’accompagner Bill et ses Arts Florissants dans des expĂ©riences nouvelles Ă  la marge du spectacle musical classique : c’est un laboratoire dont voici une nouveau jalon passionnant. La formule est bien connue des familiers de la Cartoucherie Ă  Vincennes quand Ariane Mouchkine recrĂ©ait la forme du théâtre en une relation rĂ©inventĂ©e avec le public : ici, le mĂŞme sentiment expĂ©rimental fait mouche.

 

 

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MAGIQUE MUSIQUE. Mais l’on aurait tort d’oublier l’essentiel : la pure magie de la musique ramĂ©lienne. Du dĂ©but Ă  la fin, on reste mĂ©dusĂ© par l’Ă©quilibre et la richesse des pupitres de l’orchestre des Arts Florissants, gorgĂ© d’une saine vitalitĂ©, traversĂ© par un sens inouĂŻ du dĂ©tail et de l’intensitĂ© dramatique. La force du Rameau chorĂ©graphe c’est Ă©videmment l’alternance des passages alanguis, de la transe amoureuse et tendre, d’un Ă©clair qui foudroie le ciel et terrasse les acteurs sur le plateau ; puis c’est le jeu de l’ensemble quand chant et danse se mĂŞlent. La combinaison s’impose par son intelligence fusionnelle moins sa juxtaposition : dĂ©jĂ  les deux disciplines tendent Ă  n’en former qu’une seule vers une forme théâtrale spĂ©cifique, singulièrement dramatique. Rien de dĂ©coratif ou de superficiel mais un théâtre frappant de sentiments justes. Tel n’est pas le moindre apport de Bill l’enchanteur Ă  la scène ramĂ©lienne. Le chef sait en exprimer l’indicible nostalgie ; il a le secret miracle de rĂ©vĂ©ler la profondeur et la gravitĂ© d’un Rameau qui n’a rien dĂ©cidĂ©ment de dĂ©coratif ni de pĂ©dant. Autant dire que ce nouveau spectacle en cette annĂ©e Rameau frappe fort et nous touche par son extrĂŞme et profonde dĂ©licatesse. Un must.

 

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Christie William portrait 290Caen. Manège de l’AcadĂ©mie de la GuĂ©rinière, le 4 juin 2014.  Rameau, maĂ®tre Ă  danser. Les Arts Florissants choeur et orchestre. William Christie, direction musicale. Sophie Daneman, mise en scène. Françoise Denieau, chorĂ©graphie / Nathalie Adam, Robert Le Nuz assistants Ă  la chorĂ©graphie. Alain Blanchot, costumes. Reinoud van Mechelen, Daphnis / Elodie Fonnard, EglĂ©e / Magali LĂ©ger, Amour (D&E), Pamilie (Naissance) / Arnaud Richard, grand prĂŞtre / Pierre Bessière, Jupiter / Sean Clayton, un berger (La Naissance). Robert Le Nuz, Nathalie Adam, Andrea Miltnerova, Anne-Sophie Berring, Bruno Benne, Pierre-François DollĂ©, Artur Zakirov, Romain Arreghini danseurs.

 

 

A l’affiche Ă  Caen, les 5, 7, 8 juin. Le 14 juin au Manège du Haras national de Saint-LĂ´. A l’affiche du Festival de William Christie en VendĂ©e Ă  ThirĂ©, les 23 puis 24 aoĂ»t 2014. Production donnĂ©e sur le miroir d’eau dans le cadre enchanteur des Jardins de William Christie. Incontournable.

Le 27 septembre  2014 Ă  Mortagne au Perche (festival Septembre musical de l’Orne). Puis tournĂ©e française et mondiale Ă  Paris, Dijon, puis Londres, Luxembroug et Moscou. Diffusion en direct sur culturebox le 8 juin 2014, 17h. Parution d’un dvd Ă  venir courant 2015.

 

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Illustrations : Philippe Delval 2014

Tournée Rameau, maître à danser
Après sa création au Théâtre de Caen, le programme part en tournée :

Le 14 juin 2014, 21h. Saint-LĂ´ (Manche) : Haras national
Août 2014 : présentation particulière du spectacle à Thiré, dans le cadre du festival Dans les jardins de William Christie : les 23 et 24 août à Thiré.
Le 27 septembre 2014, 19h. Mortagne au Perche, Septembre musical de l’Orne
Le 4 novembre 2014, 20h. Philharmonie de Luxembourg
Les 6 et 7 novembre 2014, 20h. Moscou, Théâtre du Bolchoï
Le 14 novembre 2014, 20h. Dijon, Opéra
Le 18 novembre 2014, 20h. Londres, Barbican Centre
Les 21 et 22 novembre 2014, 20h. Paris, Cité de la musique

APPROFONDIR : d’autres articles sur William Christie et Les Arts Florissants :

CD. Le Jardin de Monsieur Rameau
CD. Belshazzar
Atys 2011 : l’Ĺ“uvre au noir du Roi Soleil
Festival Dans les jardins de William Christie, 1ère édition août 2012 

Compte-rendu : Paris. Palais des Congrès, le 1er juin 2013. Gala Noureev & Friends. Orchestre Pasdeloup. Olga Jegunova, piano. Valery Ovsianikov, direction

Nureyev portraitLe Palais des Congrès annonce une soirĂ©e vraiment extraordinaire. ” Noureev & Friends ” est un gala de danse sous le patronage de la Fondation Rudolf Noureev, cĂ©lĂ©brant le 75e anniversaire de la naissance du danseur icĂ´nique. Pour l’Ă©vĂ©nement, une quinzaine d’Étoiles des meilleures compagnies de ballet dans le monde interprètent des extraits de chorĂ©graphies liĂ©es Ă  Noureev. L’Orchestre Pasdeloup assure  la partie musicale sous la direction du chef Russe Valery Ovsianikov.

 

 

Souvenirs de Noureev

 

Charles Jude, actuel directeur du Ballet de l’OpĂ©ra National de Bordeaux crĂ©e le programme de la soirĂ©e avec David Makhateli, ancien danseur Étoile du Royal Ballet. Le programme très complet prĂ©sente les diffĂ©rent facettes de l’art de Noureev ; le chorĂ©graphe, certes, mais aussi le danseur lĂ©gendaire, reprĂ©sentant par excellence de l’hĂ©ritage classique ainsi que l’artiste assoiffĂ© de modernitĂ©. Les prestations sont entrecoupĂ©es par des tĂ©moignages vidĂ©os d’une beautĂ© rare et particulièrement touchants. Ainsi Mikhail Baryshnikov partage avec un public Ă©mu, le fait que Rudolf lui manque et qu’il pense Ă  lui tous les jours de sa vie… Nous partageons ce sentiment Ă  100%.

Les danseurs du Ballet National de Bordeaux commencent la soirĂ©e avec la Petite Mort de JirĂ­ Kylián. Nous avons vu et apprĂ©ciĂ© la reprise du ballet lors des Quatre Tendances ce printemps Ă  l’OpĂ©ra National de Bordeaux.

Ce soir, nous avons le plaisir d’entendre un Orchestre Pasdeloup immaculĂ© et le piano sensible d’Olga Jegunova dans les mouvements lents des concertos pour piano n° 21 et 23 de Mozart. Dans ce sens, l’ambiance est encore plus sensuelle et les danseurs paraissent plus expressifs et cohĂ©sifs.

CohĂ©sion et complicitĂ© s’accordent Ă  l’entrain et Ă  l’athlĂ©tisme de Maia Makhateli et Remi Wörtmeyer du Ballet National de Hollande, dans Two pieces for Het du chorĂ©graphe Hollandais Hans Van Manen. Ils font preuve d’un tempĂ©rament Ă  la fois imposant et dĂ©contractĂ© dans les deux pièces ; lui avec une sensualitĂ© et une virtuositĂ© trĂ©pidante ; elle, avec une personnalitĂ© Ă©lectrique.

Puis paraĂ®t non sans dĂ©lices, un pas de deux de La Sylphide, dans la chorĂ©graphie d’August Bournonville rarement programmĂ©e en France. Rudolf Noureev affectionnait particulièrement ce ballet de l’École Danoise. Iana Salenko et Marian Walter du Ballet de l’OpĂ©ra d’État de Berlin l’interprètent. La grâce infinie du couple se distingue très nettement, et notamment les beaux sauts et les impeccables entrechats de Marian Walter en James. Si Paris est peu habituĂ©e aux galas, elle est moins encore habituĂ©e aux ballets de Bournonville. Nous aimerions voir davantage les merveilles du style Bournonville en France, avec son Ă©paulement singulier, sa pantomime raffinĂ©e, sa batterie exquise.

Exquise est aussi la prestation de Tamara Rojo, Étoile incroyable du Royal Ballet et de l’English National Ballet, oĂą elle exerce aussi la direction artistique.  D’abord dans le pas de deux de la chambre du ballet Manon de MacMillian oĂą l’Orchestre Pasdeloup est rayonnant dans la musique somptueuse de Massenet. Tamara Rojo forme un couple ravissant avec son partenaire Federico Bonelli du Royal Ballet. Elle est tellement passionnĂ©e et passionnante dans sa performance… Son style captive par son engagement Ă©motionnel et son sens de l’abandon. Tout comme dans Marguerite et Armand, crĂ©Ă© spĂ©cialement pour Rudolf Noureev et Margot Fonteyn par le chorĂ©graphe Sir Frederick Ashton. L’occasion est rare et donc d’autant plus apprĂ©ciĂ©e de voir ce bijou chorĂ©graphique particulièrement Ă©mouvant. Le couple avec Robert Pennefather du Royal Ballet est de mĂŞme très beau, lui avec des lignes particulièrement Ă©lĂ©gantes.

L’Ă©lĂ©gance et l’excellence sont aussi au rendez-vous en ce qui concerne Myriam Ould-Braham et Mathias Heymann, Étoiles du Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Elle impressionne avec ses pointes irrĂ©prochables, une prĂ©sence et un charisme irrĂ©sistible dans le pas de deux de Raymonda, version Noureev. Ici ils dĂ©bordent de brio lors des variations et la coda n’est pas moins que gĂ©niale. Mathias Heymann interprète Ă©galement le solo Manfred, chorĂ©graphie rare et intense de Noureev. Le danseur français offre une prestation puissante et dramatique. Il tient l’audience en haleine avec son envol et ses sauts. La performance des deux est Ă  la hauteur de l’occasion et fait sans doute honneur au Ballet de l’OpĂ©ra de Paris.

Tout Ă  fait honorable est aussi Evgenia Obrazstova, Étoile du BolchoĂŻ. Pendant le pas de deux de La Belle au Bois dormant, elle est spectaculaire. Ses mouvements sont pleins de grâce, sa technique est parfaite ;  son expression d’une immense musicalitĂ©. Nous sommes totalement Ă©blouis par la majestĂ© et la subtilitĂ© de sa danse.

L’oeuvre qui clĂ´t le programme n’est autre que le fameux pas de deux du ballet de Petipa Le Corsaire (il s’agĂ®t Ă  l’origine d’un pas de trois). La pièce de bravoure et de virtuositĂ© est pour toujours liĂ©e Ă  Noureev, devenu cĂ©lèbre dans son adolescence en l’interprĂ©tant. Aleksandra Timofeeva du Ballet du Kremlin et Vadim Muntagirov de l’English National Ballet la dansent ce soir. Le jeune couple est Ă  couper le souffle. Lui avec ses manèges Ă©poustouflants, elle avec ses 29 fouettĂ©s enflammĂ©s. C’est la cerise de virtuositĂ© d’un gâteau d’art très bien pensĂ©.

Saluons l’initiative de la Fondation Rudolf Noureev, et l’engagement de son Ă©quipe artistique. Les danseurs extraordinaires, le programme gĂ©nĂ©reux et diversifiĂ©, l’orchestre Pasdeloup plus brillant que jamais, ont fait de cet hommage Ă  Noureev un moment inoubliable. Le dvd de ce gala mĂ©morable est annoncĂ© courant 2014.

Paris. Palais des Congrès, le 1er juin 2013. Gala Noureev & Friends. Orchestre Pasdeloup. Olga Jegunova, piano. Valery Ovsianikov, direction.

Compte-rendu : Paris. Théâtre des Champs Élysées, le 31 mai 2013. Centenaire du Sacre du Printemps. Nijinsky, Waltz, chorégraphes. Théâtre Mariinsky. Valery Gergiev, direction.

Stravinsky portrait faceCentenaire du Sacre du printemps de Stravinsky au tce, théâtre des champs Ă©lysĂ©es,  Il y a cent ans, le Théâtre des Champs ÉlysĂ©es Ă©tait la scène d’une rĂ©volte musicale parmi les plus cĂ©lèbres de l’histoire. La première du Sacre du Printemps le 29 mai 1913 … il y a juste 100 ans. Le tumulte fut tellement troublant que la police dut intervenir, pendant la reprĂ©sentation, pour maĂ®triser une partie furieuse de l’Ă©lĂ©gant public surexcitĂ©. Quand nous pensons aux huĂ©es lamentables des groupuscules lors des premières de Medea de Cherubini et de Don Giovanni cette annĂ©e, constatons que le Théâtre des Champs ÉlysĂ©es est toujours bastion d’une modernitĂ© contestĂ©e. Et le tremplin des parisiens toujours aptes Ă  fomenter un scandale pas toujours lĂ©gitime…

 

 

Centenaire d’une modernitĂ© intacte

 

Pour fĂŞter le centenaire dans l’esprit le plus brillant et le plus fabuleux, le ballet et l’orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint Petersburg vient avec son maestro Valery Gergiev pour un programme ” sacrĂ© ” : la reconstitution de la chorĂ©graphie originale de Nijinsky du Sacre du Printemps, avec costumes et dĂ©cors Ă©galement reconstituĂ©s, et la crĂ©ation française d’un nouveau Sacre par la cĂ©lèbre chorĂ©graphe contemporaine allemande Sasha Waltz.

Le sujet brĂ»lant de la soirĂ©e du centenaire est sans doute la composition de Stravinsky. Mais elle n’aurait jamais vu le jour sans la commande des Ballets Russes. La chorĂ©graphie de Nijinsky reconstituĂ©e par Millicent Hodson et Kenneth Archer prĂ©sentĂ©e d’abord, Ă©tonne toujours Ă  cause de sa modernitĂ©. Les danseurs classiques du ballet Mariinsky sont peu habituĂ©s aux pieds tordus de la chorĂ©graphie, mais ils sont au mĂŞme temps très impliquĂ©s dans cette rĂ©surrection minutieuse. L’ambiance est celle d’un primitivisme paĂŻen dramatique et colorĂ©. Le mĂ©lange d’ingĂ©nuitĂ© folklorique avec une certain mysticisme est très saisissant. Nous avons l’impression d’ĂŞtre rĂ©ellement transportĂ©s dans une Russie ancestrale, passionnante / passionnĂ©e mais surtout pas romantique. Mention spĂ©ciale pour la danseuse qui interprète l’Ă©lue, très convaincante dans ses mouvements extatiques avant son sacrifice. Elle paraĂ®t certainement habitĂ©e par des forces supĂ©rieures. Si l’oeuvre chorĂ©graphique de Nijinsky n’est pas pour tous les goĂ»ts, surtout pas pour ceux qui n’aiment que les cygnes mourants, son Sacre de Printemps conserve tout l’attrait et l’intĂ©rĂŞt d’une oeuvre clĂ©, rĂ©volutionnaire ; saluons cette reconstitution et souhaitons la revoir dans nos salles françaises.

Le Sacre de Sasha Waltz
, quoi que moins descriptif et colorĂ©, maintient l’ambiance tribale, ajoutant davantage de tension au livret. PlutĂ´t abstraite, la chorĂ©graphie contemporaine prĂ©sente la femme comme une figure forte prĂŞte Ă  se battre, comme un vĂ©ritable sujet. L’entrain endiablĂ© de la danse impressionne, souvent expressionniste, toujours très physique. Ici il s’agĂ®t d’un rituel plus conflictuel et chaotique que solennel et mystique comme chez Nijinsky. L’abondance et la diversitĂ© des mouvements, des curves insolentes, des sauts insolites, mais aussi des très belles lignes et des tableaux frappants rehaussent l’aspect chaotique, presque apocalyptique de la chorĂ©graphie. Si la danse semble d’une grande difficultĂ© physique exigeant un sens permanent des attaques et de l’endurance, elle est plus vertigineuse et osĂ©e qu’acrobatique. L’appropriation et la reinterprĂ©tation de Waltz pose des questions Ă  la fois vagues et profondes. Comme c’est souvent le cas, son style a un effet confondant sur l’audience, plutĂ´t perplexe, jamais insensible.

Après chaque chorĂ©graphie, la salle est inondĂ©e d’applaudissements, les plus chaleureux Ă©taient pour l’orchestre du Théâtre Mariinsky dirigĂ© par Valery Gergiev. Leur seule prestation, d’une force rythmique et d’un brio capable de dĂ©clencher une Ă©meute, rappelle l’atmosphère scandaleuse liĂ© Ă  la crĂ©ation. La puissance de l’orchestre, la direction bouleversante et Ă©lectrisante de Gergiev, spectaculaire dans les dissonances, avec ses timbres ensorcelants… sont les vĂ©ritables vedettes de la soirĂ©e. Le primitivisme intellectualisĂ© de la musique jouĂ©e avec tempĂ©rament et caractère est contagieux. Il paraĂ®t se transmettre dans les corps du public et stimuler davantage les danseurs. Concert du centenaire Ă©patant : le sentiment de mysticisme et de transcendance portĂ© par les deux chorĂ©graphies n’est pas près de nous quitter.

Paris. Théâtre des Champs Élysées, le 31 mai 2013. Centenaire du Sacre du Printemps. Vaslav Nijinsky, Sasha Waltz, chorégraphes. Ballet du Théâtre Mariinsky. Orchestre du Théâtre Mariinsky. Valery Gergiev, direction.

Ballet. Onéguine par John Cranko

Ballet : Onéguine de John Cranko. Du 3 février au 5 mars 2014

oneguine_crankoS’inspirant du roman en vers d’Alexandre Pouchkine, John Cranko en Ă©pure l’intrigue et concentre le rĂ©cit sur les sentiments de ses quatre protagonistes. Amours inachevĂ©s, duel et regrets rythment ce ballet Ă  l’écriture mordante voire haletante, elle-mĂŞme traversĂ©e par le souffle de l’action prĂ©cipitĂ©e par la course du temps: qui est OnĂ©guine ? un vieux loup solitaire insensible ou plutĂ´t une âme ardente qui déçut reporte toujours la rencontre amoureuse qu’il espère en secret ? Trop attendre suscite l’accomplissement du destin, ici particulièrement douloureux et amer… Un drame tragique et dĂ©sespĂ©rĂ©, sublimĂ© encore par la musique tirĂ© de l’opĂ©ra de TchaĂŻkovski sur le mĂŞme sujet.  Paris, Palais Garnier, Du 3 fĂ©vrier au 5 mars 2014.

Palais Garnier
saison 2013-2014
13 dates, du 3 février au 5 mars 2014
2 horaires : Ă  19h30 et Ă  14h30

Oneguine,
ballet de John Cranko
d’après Pouchkine et TchaĂŻkovski

Musiques : Piotr Ilyitch Tchaikovski
Chorégraphie : John Cranko
Les Étoiles, Les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet
Orchestre de l’Opéra national de Paris
James Tuggle, direction

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Les Petits Rats de l’OpĂ©ra (sĂ©rie tĂ©lĂ© sur Arte, 21 et 28 avril 2013)

TĂ©lĂ©, Arte. Les rats de l’OpĂ©ra de Paris. Les 21 et 28 avril 2013, 16h20

Comment les petits rats entrent dans la danse ?

6 Ă©pisodes sur la formation des jeunes danseurs Ă  l’OpĂ©ra de Paris…

En 6 Ă©pisodes de 26 mn chacun, Arte souligne les 300 ans de la naissance de l’Ecole française de danse Ă  travers une sĂ©rie documentaire sur l’apprentissage des jeunes danseurs de 8 Ă  18 ans…

rats_opera_garcons_danseursDe Septembre 2011 Ă  juillet 2012, les jeunes apprentis danseurs de l’OpĂ©ra national de Paris apprennent les rudiments du mĂ©tier Ă  travers une discipline exemplaire voire spartiates que beaucoup ont un temps dĂ©criĂ©e et dĂ©noncĂ©e… Immersion dans le quotidien de l’effort esthĂ©tique, de l’athlĂ©tisme chorĂ©graphique au service du vocabulaire classique et des grandes oeuvres du rĂ©pertoire… Les 21 et 28 avril Ă  16:20. InĂ©dit. Feuilletons documentaires Ă  l’occasion du tricentenaire de l’Ecole française de danse en 2013. (Arte, 6x26mn).

Les petits rats de l’OpĂ©ra

Une annĂ©e au cĹ“ur de l’Ecole de Danse de l’OpĂ©ra de Paris, de septembre 2011 Ă  juillet 2012. La rĂ©alisatrice Françoise Marie filme les premiers pas des jeunes rats de l’OpĂ©ra : apprentissage, discipline, confrontation Ă  la magie et Ă  la duretĂ© de la scène mais aussi pour l’Ĺ“il de la rĂ©alisatrice, passage de l’enfance Ă  l’adolescence et au monde adulte… L’Ecole de Danse de l’OpĂ©ra national de Paris, fondĂ©e il y a 300 ans, est aujourd’hui un lieu mythique, de rĂ©putation internationale. Elle s’est trouvĂ©e pendant 150 ans au cĹ“ur mĂŞme du prestigieux Palais Garnier Ă  Paris. Aujourd’hui, l’école se trouve Ă  Nanterre, en banlieue parisienne, dans un lumineux bâtiment signĂ© Portzamparc. Elle compte 130 Ă©lèves âgĂ©s de 8 Ă  18 ans, portĂ©s par un mĂŞme dĂ©sir : danser un jour dans le corps de ballet de l’OpĂ©ra de Paris. 
TĂ©moin privilĂ©giĂ©, la camĂ©ra de Françoise Marie les a accompagnĂ©s le temps d’une annĂ©e scolaire.

Arte, les 21, 28 avril 2013, 16h20 
Diffusion des Ă©pisodes
Dimanche 21 avril 2013, 16h20
3 Ă©pisodes: 1, 2, 3.
1)   La rentrée
Septembre 2011. Une nouvelle année débute à l’Ecole de Danse de l’Opéra qui compte 130 enfants âgés de 8 à 18 ans. Il y a ceux dont c’est le premier jour. Il y a ceux qui retrouvent avec satisfaction un univers familier. Il y a ceux qui viennent de loin : Italie, Finlande, Chine… le film explore les sentiments, attentes, craintes des élèves danseurs en ne privilégiant aucun en particulier.
Chaque matin, à 8 heures, dans le bâtiment dédié à la scolarité, les élèves de l’Ecole grimpent les marches qui vont les mener de l’école primaire à la terminale.  L’après-midi est, lui, dédié à la danse. Dès la rentrée, à peine achevé le discours de bienvenue prononcé par la Directrice et danseuse étoile, Elisabeth Platel, l’école entre en effervescence, avec la préparation du défilé : chaque année depuis 1949, le corps de ballet et l’école de danse défilent ensemble sur la grande scène de l’Opéra Garnier, sur l’air d’une marche militaire composée par Hector Berlioz. En faisant leurs premiers pas sur scène, les petits rats goûtent au paradis de la scène…

2 ) Au travail !
En participant au défilé du corps de ballet de l’Opéra national de Paris, les élèves ont éprouvé le sentiment d’appartenir à cette grande maison. Pourtant, rien ne peut les assurer qu’ils seront là l’année prochaine et qu’ils côtoieront encore les étoiles qui les font rêver…
La danse est l’Ă©cole de la discipline, de l’endurance, de la rivalitĂ© aussi, saine et inĂ©vitable compĂ©tition qui fait surgir les meilleurs d’entre eux, plus armĂ©s physiquement mais aussi plus mĂ»rs sur le plan psychologique.
Pour rester se maintenir parmi les rangs de l’Ă©cole, ils devront digĂ©rer les critiques, adhĂ©rer Ă  l’exigence, aux horaires, supporter l’effort quotidien, l’éloignement de leur famille, se responsabiliser… devenir adultes. Au fil des cours, ils vont apprendre de leurs professeurs, hĂ©ritiers d’une longue tradition, une technique et un style. En effet, depuis 300 ans, les maĂ®tres transmettent Ă  leurs Ă©lèves les Ă©chauffements, les exercices, les conseils qu’ils ont eux-mĂŞmes reçus de leurs maĂ®tres… d’étoiles Ă  graines d’étoiles. Des exigences de discipline, de ports de tĂŞte en ports de bras, de bas de jambes, qui rendent reconnaissable dans le monde entier le style « OpĂ©ra de Paris » jusqu’Ă  la maĂ®trise d’une silhouette, acrobatique et souple Ă  la fois, prĂŞte Ă  rebondir et s’Ă©lancer sans entraves.

3)  Les progrès
Pirouettes, tours attitudes, brisĂ©s volĂ©s, cabrioles… C’est l’automne et quelque chose se prĂ©pare Ă  l’École de Danse de l’OpĂ©ra de Paris, qui va mobiliser tous les Ă©lèves danseurs. En dĂ©cembre, chaque division va prĂ©senter sur la scène du Palais Garnier, un peu de son travail quotidien, pour un rendez-vous attendu du public : les dĂ©monstrations de l’École de Danse. L’enjeu est important. Dans le public, amateurs et professionnels scrutent en dĂ©tail les exercices et les progrès des Ă©lèves. 
Parmi tous les enseignements dispensĂ©s, cet Ă©pisode ce consacre aux plus inĂ©dits: chez les grands, les premiers cours d’adage, dans lesquels ils apprennent les pas de deux; chez les petits, les cours d’expression musicale oĂą ils ressentent l’importance du premier pas sur scène et s’essaient aux exercices qui vont dĂ©velopper leur crĂ©ativitĂ©.

Diffusion du 28 avril 2013, 16h20
3 derniers Ă©pisodes : 4, 5 et 6

danse_graines_etoiles_opera_paris_petits_rats4) Un monde à part
Les vacances de Noël sont terminées. Les applaudissements qui ont salué les démonstrations des élèves au Palais Garnier appartiennent déjà aux beaux souvenirs.
Nourris d’enseignements riches et variĂ©s allant de la danse folklorique Ă  la danse de caractère, de la danse contemporaine Ă  l’étude des styles chorĂ©graphiques Ă  travers les siècles, c’est dans un cocon formateur et protecteur que garçons et filles vivent leurs annĂ©es d’adolescence. Pourtant le chemin des Ă©toiles est Ă©troit: n’être ni trop gros, ni trop maigre, ni trop petit, ni trop grand, exceller en danse, mais aussi prĂ©parer son baccalaurĂ©at, cela laisse bien peu de place aux rĂŞves et turbulences de l’adolescence… 
Les Ă©lèves se sentent dans une bulle, Ă  la fois protĂ©gĂ©s, mais aussi parfois contraints, enfermĂ©s, expĂ©rimentĂ©s, Ă  l’Ă©cart de la rĂ©alitĂ©. 
Une fois par an, les portes de la bulle s’ouvrent aux enfants des autres Ă©coles, pour les “DĂ©monstrations Jeune Public”; se joue alors un jeu de regards entre deux mondes et deux jeunesses.5) En scène
Des costumes, des personnages, voici venu le printemps et le temps des ballets. Le temps pour les élèves de briller comme de vrais professionnels.
Les petits vont participer aux côtés des étoiles à l’un des spectacles de la saison, « La Bayadère », donné sur la grande scène de l’Opéra Bastille. 
Les grands se partageront les rôles dans les trois chorégraphies présentées au très attendu « spectacle de l’Ecole de Danse » qui aura lieu comme chaque année à l’Opéra Garnier : 
- « Le Bal des Cadets », une chorégraphie pétillante qui met en valeur les qualités techniques et leurs talents d’acteurs de chacun. 
- « Symphonie en trois mouvements », chorégraphié par Nils Christe, invité par l’Ecole à monter ce ballet aujourd’hui dansé dans le monde entier. 
- « Variations », pièce de Johannes Brahms dont Violette Verdy, ancienne Directrice de la Danse à l’Opéra de Paris et danseuse étoile de Balanchine a conçu la chorégraphie.
Cette fois, il s’agira d’aller plus loin, d’endosser des rĂ´les, devenir des personnages, en costumes, dans des chorĂ©graphies renommĂ©es : enfin ĂŞtre des artistes. InterprĂ©ter, jouer…
 
6) Le temps des Ă©preuves
Ă€ l’École de Danse de l’OpĂ©ra de Paris, le mois de mai annonce le temps des Ă©preuves.  Tous les Ă©lèves doivent passer un examen pour accĂ©der Ă  la classe supĂ©rieure. La vĂ©ritable inquiĂ©tude n’est pas le redoublement, mais le renvoi… 
Mais pour les Ă©lèves de dernière annĂ©e, se joue l’étape dĂ©cisive du concours d’entrĂ©e dans le corps de ballet. Les candidats qui ont moins de 18 ans pourront Ă©ventuellement rester une annĂ©e de plus pour retenter le concours l’annĂ©e d’après. L’enjeu est dĂ©cisif pour ceux qui vont avoir 18 ans. Cette annĂ©e, l’OpĂ©ra de Paris ne recrute que 4 danseurs!
En plus des prĂ©parations au concours et au baccalaurĂ©at, les grands doivent aussi, comme chaque annĂ©e, encadrer les jeunes pour organiser la fĂŞte de l’Ă©cole!
C’est de l’extĂ©rieur, sur les feuilles de rĂ©sultats affichĂ©es sur la porte de l’Ă©cole ou sur une vitre de l’entrĂ©e des artistes de l’OpĂ©ra Garnier, que les jeunes danseurs apprennent s’ils seront admis pour l’annĂ©e prochaine, ou recalĂ©s voire Ă©cartĂ©s…  Les plus grands dĂ©couvrent le tournant que va prendre leur vie.