LIVRE jeunesse : GISELLE : P Coran, O Desvaux, N Dessay (Didier Jeunesse)

didier jeunesse giselle danse livre cd dessay coran desvaux critique livre classiquenews 9782278098088-001-TLIVRE jeunesse : GISELLE : P Coran, O Desvaux, N Dessay (Didier Jeunesse) – Le cĂ©lèbre ballet d’Adolphe Adam, crĂ©Ă© en 1841 Ă  l’OpĂ©ra de Paris, est adaptĂ© en livre-disque. Le plus cĂ©lèbre des ballets romantiques français est ici rĂ©Ă©crit par Pierre Coran (texte) et mis en couleurs de façon très poĂ©tique par Olivier Desvaux. Et c’est une ex diva de l’opĂ©ra, ex soprano coloratoure stratosphĂ©rique, Natalie Dessay qui raconte l’histoire avec la complicitĂ© d’un orchestre dirigĂ© par Anatole Fistoulari. Evidemment l’amour contrariĂ© structure le drame mais exprime les passions les plus enivrantes. Giselle est une fiancĂ©e malheureuse, trahie par son ancien fiancĂ© et qui ressuscite pour mieux se venger et perdre tout jeune homme que son fantĂ´me croise dans les bois profonds… Ainsi les jeunes femmes mortes ressuscitĂ©es ou « Willis » hantent les forĂŞts… afin d’envoĂ»ter jusqu’à la mort, les garçons trop naĂŻfs.
Comme tous les ballets romantiques, l’action comprend évidemment un acte blanc, c’est à dire un acte qui représente les spectres des jeunes fiancées mortes… Batilde, le garde chasse Hilarion, la reine des Willis Myrtha, la clairière au clair de lune, … Chaque tableau est magnifiquement évoqué, le dessin, la musique, la voix de la récitante et l’orchestre recréent de concert la magie de l’histoire de Giselle, jeune paysanne qui fidèle dans la mort, protège le duc Albert, celui qui l’a pourtant abandonnée…

LIVRE jeunesse : GISELLE : P Coran, O Desvaux, N Dessay (Didier Jeunesse) – Parution : oct 2019, 48 pages / format 28 cm x 28 cm / EAN :
9782278098088

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CoppĂ©lia Ă  l’OpĂ©ra de Nice

coppeliaNice, Opéra. Ballet : Coppélia du 18 au 31 décembre 2015. On sait avec quel éclat en 1973 sur la scène du Palais Garnier, Pierre Lacotte si scrupuleux et si respectueux de la chorégraphie comme du plan originels avait reconstitué le ballet Coppélia, sublime ballet d’action, conçu par Saint-Léon et Delibes en 1870. La musique de Delibes (qui intègre une csardas sur la scène parisienne, volonté folkloriste oblige dans le I) apporte un supplément d’âme à l’action dansée, que Tchaikovski saura assimilé pour ses chefs d’oeuvres postérieurs (Le Lac des cygnes ou Casse noisette).  A travers le thème et la figure de la poupée mécanique, c’est le fantasme d’un corps fantasmé, idéal qui s’impose sur la scène : l’art chorégraphique est-il humain ? La danse, défi contre la pesanteur en forçant le corps naturel, n’a-t-elle pas une origine

Le grand ballet à l’époque industrielle

Delibes : Lakmé sur instruments d'époqueA l’origine, c’est Charles Nuitter, légendaire archiviste de l’Opéra, devenu librettiste et dramaturge pour les spectacles parisiens qui adapte une nouvelle de ETA Hofmann : « la fille aux yeux d’émail : Coppélia ».  Avec Saint-Léon (qui vivait alors entre Paris et Saint-Pétersbourg et était sous l’emprise de samuse, la danseuse étoile Adèle Grantzow), il se concentre surtout sur les épisodes originels qui favorisent l’attraction qu’exerce sur Nathanaël devenu dan sel ballet, Frantz, le poupée Coppélia, ainsi que la relation du docteur Coppélus avec Olimpia (Swanilda). Le fantastique surnaturel est quelque peu atténué, vers une comédie plus légère proche de la farce de la Fille mal gardée. Ici, c’est Swanilda qui sauve Frantz, son fiancé de l’enchantement dont il est victime, en prenant l’aspect de la poupée maléfique / fascinante, sirène mécanique : Coppélia.  Pour réussir le ballet nouveau, on emploie une virtuose âgée de 16 ans : Giuseppina Bozzacchi, qui assurant l’éclat spécifique du rôle de Swanilda, pilier du ballet, contribue au succès de la création (25 mai 1870).  A la fin du XIXè, surtout dans les années 1870, le romantisme a cédé la place à un rationalisme issu de la Révolution industrielle qui se manifeste sur la scène du ballet, dans une réflexion formelle interrogeant la forme du grand spectacle musical et chorégraphique, alternance de solos et duos et d’ensembles impressionnants, destinés à faire danser tout le corps de ballet. Illustration : portrait de Delibes.

 

 

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Degas : la classe de danse de l’OpĂ©ra de Paris, vers 1873 (DR)

 

De la Sylphide (1832) et  de Giselle (1841), ballet romantique par excellence, Coppélia emprunte sa construction claire, numéros courts et leitmotiv associé à chacun des personnages importants (Frantz, Coppélius, Swanilda…). Sylvia, le ballet qui suit Coppélia, créé en 1876, est le premier ballet autonome, non relié à un opéra ou intégré. Les concepteurs ont soigné le contraste et l’enchaînement spectaculaire des tableaux : paysage d’Europe central pour l’acte I ; maison de Coppélius dont son sublime cabinet des automates au II ; Fête seigneuriale au III (qui revisite en fait le principe du divertissement hérité des opéras de Lully, Campra, Rameau).

Après la création triomphale de mai 1870, Napoléon III fait appelé dans sa loge les protagonistes du succès : la danseuse Bozzacchi et sa partenaire, Eugnéie Fiocre, qui travesti, incarnait Frantz, car alors, les rôles masculins sont assurés par les femmes : les danseurs hommes ayant déserté depuis longtemps la classe de danse de l’Académie royale et impériale.

 

boutonreservationNice, Opéra. Ballet : Coppélia du 18 au 31 décembre 2015.
Chorégraphie : Eric Vu-An,
d’après Saint-Léon et Aveline
Musique : LĂ©o Delibes
Orchestre Philharmonique de Nice
David Garforth, direction
Durée : 2 h

Synopsis
Une place de village, des jeunes gens en proie au désir amoureux dansent dans l’insouciance la plus charmante. Coppélia, une poupée qu’un vieux savant a rendue suffisamment réaliste provoque la jalousie d’une demoiselle un brin  capricieuse et sur le point de se marier.

L’oeuvre possède tous les ingrédients du succès, avec un équilibre parfait entre la pantomime, la danse et la musique de Léo Delibes. Elle valorise l’ensemble des danseurs qui font preuve sur scène d’une grande complicité et  d’un enthousiasme communicatif, notamment à travers les danses colorées empruntées au folklore d’Europe Centrale. Seul personnage demeuré en retrait de cette joie contagieuse, Coppélius, est obsédé par l’idée de transmettre la vie
à un automate plutôt que de considérer celle qui fleurit sous sa fenêtre. Malgré tout, ce vieux personnage resté dans l’enfance émeut par sa naïveté et montre qu’il n’est pas un misanthrope endurci. Mais un savant qui a du cœur… Coppélia, la fille aux yeux d’émail est un ballet mythique à (re)voir pour en mesurer l’appel au rêve, au surnaturel, à la force enivrante d’une imagination flamboyante et tendre : les relations de Frantz et Coppelia, du savant Coppélius et de Swanilda affirment des individualités non des types. Chef d’œuvre éternel.

Giselle Ă  Poitiers par le Perm Opera Ballet

Giselle_ballet-de-permPoitiers, TAP. Giselle. Perm Opera Ballet. 22>24 décembre 2014. Poitiers propose pour les fêtes de Noël, un spectacle élégantissime qui plonge dans l’imaginaire romantique et fantastique, avec d’autant plus d’onirisme que la production invitée, le Ballet de l’Opéra de Perm (Russie) défend depuis 1926, une œuvre devenue emblématique du répertoire de la danse classique : Giselle (1841). L’Opéra de Perm concentre de nombreux talents : on ne présente plus son directeur artistique, le chef sur instruments d’époque, Teodor Currentzis, bouillonnante personnalité qui dépoussière tout ce qu’il touche, récemment pour Sony classical, la trilogie des opéras de Mozart écrits avec Da Ponte et aussi une anthologie des opéras de Rameau, enregistrée en 2012 et que l’éditeur discographique publie pour les fêtes de Noël 2014.

Le TAP accueille pour la seconde fois le ballet de l’OpĂ©ra National TchaĂŻkovski de Perm ; c’est l’une des trois plus grandes compagnies de danse, issues de l’École russe, avec le BolchoĂŻ de Moscou et le Marinski de Saint-PĂ©tersbourg. Giselle, Ĺ“uvre populaire et prestigieuse du rĂ©pertoire, symbole du ballet romantique par excellence aux cĂ´tĂ©s de Raimonda,  Coppelia,  Les Sylphides. .., a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e au Théâtre de l’AcadĂ©mie Royale de Musique en 1841. Le ballet rĂ©pond au goĂ»t pour le fantastique, l’étrangetĂ©, les scènes saisissantes voire terrifiantes liĂ©es Ă  l’émergence du surnaturel, propre au ballet post-rĂ©volutionnaire (apparition de Myrthe puis de Giselle Ă  l’acte II, acte des fantĂ´mes et des spectres faisant du ballet romantique, un tableau fanstastique).  Morte par amour pour le prince Albrecht, Giselle rĂ©apparaĂ®t en effet au deuxième acte en Willis, ces dangereux spectres de jeunes fiancĂ©es dĂ©funtes (figure fixĂ©e par Heinrich Heine), mi-nymphes mi-vampires. Par la justesse du travail chorĂ©graphique, le souci esthĂ©tique dĂ©fendu dans l’interprĂ©tation, la troupe de cinquante-six danseurs offre un spectacle prenant d’un rare souci esthĂ©tique. Spectacle Ă©vĂ©nement pour NoĂ«l 2014 Ă  Poitiers.

Contrairement aux idĂ©es reçues, la partition d’Adam est d’une subtilitĂ© onirique que des chefs comme Karajan – rien de moins – ont enregistrĂ© (Decca, avec le Philharmonique de Vienne en septembre 1961), rĂ©vĂ©lant Ă  travers une orchestration aussi raffinĂ©e que les ballets de Tchaikovski, une finesse de style qui porte Ă©videmment les mouvements des danseurs sur la scène.

 

 

 

 

Giselle par le Ballet de l’OpĂ©ra National TchaĂŻkovski de Perm

ballet en 2 actes

chorégraphie : Jean Coralli, Jules Perrot, Marius Petipa

musique : Adolphe Adam

livret : Théophile Gautier, Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges

scénographie : Ernst Heidebrecht

avec 9 danseurs Ă©toiles, 16 danseurs solistes et un corps de ballet de 31 danseurs

Poitiers, TAP
Du 22 au 24 janvier 2015, 4 représentations au TAP de Potiers