CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opĂ©ras par Anna Netrebko, soprano (1 cd Deutsche Grammophon)

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dépêches

  • PASSIONS DU CHOEUR bernadette lespinard critique annonce livre par classiquenews editions FAYARD juin 2018 9782213634180-001-T

    LIVRE, annonce. Bernadette Lespinard : Les passions du choeur, 1800 – 1950. La musique chorale et ses pratiques en France (FAYARD, parution : fin mai 2018). En 2004, le film plĂ©bisictĂ©, Les Choristes a rĂ©vĂ©lĂ© une « passion » française pour le chant choral. Mais cet engouement cinĂ©matographique puise ses racines dans un passĂ© riche, une histoire que l’auteure de cet essai trĂšs documentĂ© fait remonter jusqu’au XIXĂš (voir le visuel style chromo en couverture : « kindergrĂ€bnis » d’Albert Anker). Car la pratique et les habitudes des amateurs, praticiens, choristes et chefs de chƓur doivent leur propre odyssĂ©e aux…

  • 287526

    ARTE, Dimanche 17 juin 2018, 20h55. AMADEUS, Milos Forman. Superbe soirĂ©e Mozart concoctĂ©e par Arte : Amadeus de Milos Forman (1984) demeure un chef d’oeuvre inĂ©galĂ© entre cinĂ©ma et musique; ficiton et opĂ©ra, au choc des idĂ©es (gĂ©nie miraculeux et naturel de Wolfgang versus labeur acharnĂ©, jaloux voire criminel de son rival Salieri), le rĂ©alisateur exprime aussi en une fresque sociale et historique trĂšs subtilement Ă©laborĂ©e, l’élan hors norme d’un artiste exceptionnel, foudroyĂ©, incompris dans un siĂšcle faussement des LumiĂšres; la narration se dĂ©roule du cĂŽtĂ© de Salieri qui aprĂšs la mort de Wolfy, se maudit lui-mĂȘme d’avoir espĂ©rĂ© (organisĂ©?)…

  • CLASSICA-schubert-rolling-stones-classica-2018-vignette

    SAINT-LAMBERT (MONTREAL, Canada) : Festival Classica : 25 mai-16 juin 2018. VoilĂ  8 annĂ©es dĂ©jĂ  que le Festival Classica investit la ville de Saint-Lambert (et diffuse aussi sur tout le territoire jusqu’à QuĂ©bec, Mont-Royal, MontrĂ©al, Saint-Jean sur Richelieu
), prĂ©sentant dans plusieurs lieux et dans la rue, prĂšs de 60 concerts, Ă©clectiques, accessibles pour rapprocher habitants et magie du concert classique. La proposition sait renouveler le genre, la forme du concert jusqu’aux programmes prĂ©sentĂ©s car le festival qui s’intitule cette annĂ©e « de Schubert aux Stones », explore plusieurs siĂšcles de crĂ©ation musicale, mĂ©tissant les registres, dĂ©cloisonnant les frontiĂšres traditionnelles, surprenant…

  • BORN orgue concert orgue marseille orgue en chansons par classiquenews_Jean-Christophe_Born_1

    Compte-rendu, critique. MARSEILLE, les 28, 29 avril 2018. MARSEILLE CONCERTS, Festival Orgue en Chansons. Marseille est une fĂȘte et on ne sait oĂč donner de la tĂȘte Ă  vouloir courir Ă  tant de manifestations. Sur la lancĂ©e, le terreau de MP2013, Marseille-Provence Capitale europĂ©enne de la Culture, on a vu bourgeonner des initiatives des collectivitĂ©s locales pour fomenter des Ă©vĂ©nements collectifs et l’on a vu fleurir Marseille 2017 capitale europĂ©enne du sport et 2018, avec un programme tous azimuts Quel amour !, sans que l’amour du sport soit reniĂ©, qui sait, l’amour comme sport, culte du corps et du cƓur,…

  • NABUCCO-OPERA-DE-LILLE-brizzoli-critiqueopera-par-classiquenews

    CULTUREBOX : Nabucco Ă  Lille, le 26 mai 2018, 18h. Giuseppe Verdi, Nabucco – OpĂ©ra de Lille, 2018 (durĂ©e : 2h30). L’opĂ©ra politique de Verdi prend une rĂ©sonance actuelle dans la mie en scĂšne et la conception de Marie-Eve Signeyrole : l’ivresse du pouvoir qui rend fou, la domination de Babylone sur le peuple hĂ©breu
 suscitent des mouvements de foule, rĂ©fugiĂ©s et apatrides en errance. VoilĂ  une passerelle dĂ©signĂ©e vers notre actualitĂ© oĂč se pose la question des migrants que l’on repoussent partout sans guĂšre rĂ©soudre les causes Ă  leurs sources. Ici deux choeurs relĂšvent le dĂ©fi de la masse…

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    radio

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  • FRANCE MUSIQUE, dim 10 juin 2018, 16h. FRANCK : Sonate violon / piano. La Tribune des critiques s’intĂ©resse au sommet de la musique de chambre en France en 1886. Depuis 16 ans, le compositeur est le pilier d’un renouveau de la musique française, membre fondateur de la SociĂ©tĂ© nationale de musique avec Saint-SaĂ«ns, sursaut artistique aprĂšs la dĂ©faite de 1870. Le chef d’oeuvre est crĂ©Ă© Ă  Bruxelles en dĂ©cembre 1886, puis 1887 Ă  la SociĂ©tĂ© nationale, dĂ©fendue par le violoniste EugĂšne Ysaye son dĂ©dicataire et crĂ©ateur. Proust aprĂšs une Ă©coute, en dĂ©duisit sa cĂ©lĂšbre petite phrase « s’élevant pendant quelques…

  • FRANCE MUSIQUE, Dim 3 juin 2018, 20h. WAGNER : PARSIFAL. C’est l’affaire lyrique qui a secouĂ© le landernau parisien depuis avril et produit un sĂ©rieux dĂ©rapage financier pour l’OpĂ©ra de Paris, empĂȘchĂ© d’assurer nombre de reprĂ©sentations pour cause technique. La sĂ©curitĂ© Ă©tant essentielle sur les planches, il aura fallu attendre plus de 10 jours pour retrouver des conditions de reprĂ©sentations normales et sĂ©curisĂ©es. ConsĂ©quence : la nouvelle production de PARSIFAL version Jordan s’est faite attendre, suscitant bien des conjectures
 satisfaites ? A vous de choisir. Dans tous les cas, il faudra renflouer les caisses d’une maison diminuĂ©e qui doit Ă …


    télé

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  • ARTE, Dimanche 17 juin 2018, 20h55. AMADEUS, Milos Forman. Superbe soirĂ©e Mozart concoctĂ©e par Arte : Amadeus de Milos Forman (1984) demeure un chef d’oeuvre inĂ©galĂ© entre cinĂ©ma et musique; ficiton et opĂ©ra, au choc des idĂ©es (gĂ©nie miraculeux et naturel de Wolfgang versus labeur acharnĂ©, jaloux voire criminel de son rival Salieri), le rĂ©alisateur exprime aussi en une fresque sociale et historique trĂšs subtilement Ă©laborĂ©e, l’élan hors norme d’un artiste exceptionnel, foudroyĂ©, incompris dans un siĂšcle faussement des LumiĂšres; la narration se dĂ©roule du cĂŽtĂ© de Salieri qui aprĂšs la mort de Wolfy, se maudit lui-mĂȘme d’avoir espĂ©rĂ© (organisĂ©?)…

  • ARTE, Simon Rattle Ă  Berlin, dim 10 juin, 23h50. Simon RATTLE devenu « Sir » (anobli en 1995), va quitter la direction de l’Orch Philharmonique de Berlin, aprĂšs 16 annĂ©es de service. Modernisation de l’orchestre, Ă©largissement de son rĂ©pertoire (vers les contemporains, moins les dĂ©fis de l’articulation baroque, classique et prĂ©romatique : le chantier technique, humain, artistique de demain sera lĂ , pour le successeur). DĂ©butĂ© dĂšs 2013, Ă  l’annonce de ce dĂ©part, le film documentaire (tristement intitulĂ© « Une Ăšre de musique ») retrace les enjeux et les rĂ©alisations du maestro venu d’Angleterre et passĂ© par Birmingham avant de succĂ©der…


    concerts et opéras

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  • ORLEANS, Orch Symphonique : les 16 et 17 juin 2018. O FORTUNA. Somptueux programme que celui dĂ©fendu par l’Orchestre symphonique d’OrlĂ©ans et son chef Marius Stieghorst. Le dernier rv symphonique Ă  OrlĂ©ans pour cette saison 2017 – 2018 met l’accent sur la combinaison choeur et orchestre, un fil rouge dĂ©veloppĂ© pendant toute la saison : un dĂ©fi aussi pour le chef qui doit piloter des effectifs ambitieux et construire une cathĂ©drale sonore, dans le souffle et la ciselure soliste. A travers les 3 piĂšces choisies, – autour des annĂ©es 1930-, ce sont surtout les mĂ©lodies populaires qui fondent un riche…

  • TOURS, OpĂ©ra. Les 9 et 10 juin : BEETHOVEN. Fantaisie pour piano, choeur et orchestre. Deux monstres du romantisme germanique se dĂ©voilent Ă  Tours sous la baguette de Benjamin Pionnier, avec la complicitĂ© du pianiste David Bismuth. Aux  cĂŽtĂ©s du cĂ©lĂ©brissime Concerto pour piano n°4 de Beethoven, place au dĂ©fi choral et orchestral du Requiem de Cherubini, directeur au Conservatoire de Paris et figure haĂŻe par Berlioz
 C’est un point d’accomplissement pour le choeur maison, sous la direction d’Alexandre Herviant.
    La perle du concert pour nous demeure la Fantaisie sublime qu’a conçu Beethoven pour piano, choeur et orchestre en 1808,…

  • LILLE, le 16 juin 18 : IMMERSION, HECTOR PARRA. A 18h30, L’ONL Orchestre national de Lille prĂ©sente la derniĂšre crĂ©ation de son compositeur en rĂ©sidence (avec Benjamin Atahir), le catalan Hector Parra : « INSCAPE ». Pour mieux comprendre enjeux et sens, comme dĂ©roulement (spatialisĂ©) et instrumentarium de la nouvelle piĂšce pour orchestre, le directeur musical de l’ONL, Alexandre Bloch prend le micro et en prĂ©ambule, prĂ©sente quelques extraits de la partition
 pour transmettre au public prĂ©sent Ă  la crĂ©ation de l’oeuvre, plusieurs clĂ©s d’écoute. PrĂ©cĂ©demment crĂ©Ă©e Ă  Barcelone le 19 mai dernier, Inscape est une Ɠuvre immersive, conçue pour…

  • ONL, HAYDN en tournĂ©e : 16 < 25 mai 2018. Phalange dĂ©mocratique, l’ONL Orchestre National de Lille se fait itinĂ©rant et part en tournĂ©e sur le territoire lillois et s’offre en 5 dates, un voyage rĂ©gional diffusant « la joie de vivre de Monsieur Haydn ». Le pĂšre de la symphonie, d’une Ă©lĂ©gance rare, et d’une orchestration des plus raffinĂ©es permet Ă  l’orchestre de retrouver son chef, Alexandre Bloch, et de renouveler l’expĂ©rience des « Belles Sorties de la MĂ©tropole EuropĂ©enne de Lille » soit 4 concerts en mĂ©tropole lilloise Ă  partir de ce mercredi 16 mai, et un concert…

  • AVIGNON, Mus Calvet : rĂ©cital LĂ©a Desandre, le 13 mai 2018, 18h30. JEUNE DIVA A SUIVRE… La saison Musique Baroque en Avignon poursuit son exploration des musiques anciennes et invite la jeune mezzo LĂ©a Desandre, jeune diva baroque particuliĂšrement convaincante, dĂ©jĂ  aurĂ©olĂ©e d’une Victoire de la Musique Classique (RĂ©vĂ©lation lyrique 2017) : chant ardent et incarnĂ©, agilitĂ© et souffle assurĂ©, la cantatrice a dĂ©butĂ© une carriĂšre internationale qui ambitionne demain les grands rĂŽles haendĂ©liens (Ariodante, sur les traces d’une Anne Sofie von Otter) ; mais LĂ©a Desandre a conquis le public en incarnant Messaggeria dans l’Orfeo de Monteverdi (rĂŽle qu’elle…

  • MONTREUIL. THE EMIDY PROJECT, Jegede, Baroni. La Marbrerie, le 6 juin 2018. ODYSSÉE D’UN ESCLAVE GUINÉEN DEVENU VIOLONISTE VIRTUOSE. Diana Baroni flĂ»tiste baroque et chanteuse, en complicitĂ© avec le compositeur et joueur de Kora, Tunde Jegede ont conçu un spectacle total, inĂ©dit qui dresse le portrait « sensible et universel de la vie extraordinaire de Joseph Emidy ». Les artistes cĂ©lĂšbrent ainsi la figure d’un personnage exemplaire, mĂ©connu de l’Histoire de l’émigration et de l’esclavage, et dont la carriĂšre inouĂŻe fut dĂ©jĂ  cĂ©lĂ©brĂ©e lors des commĂ©morations du bicentenaire de l’abolition de l’esclavage en Grande Bretagne en 2007. The Emidy Project…

  • ORLÉANS, Orchestre Symphonique. CHANTEZ, OISEAUX
 26, 27 mai 2018. Le nouveau programme symphonique proposĂ© fin mai par l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans (OSO), met en avant les capacitĂ©s solistiques voire ultrapoĂ©tiques des instruments de l’orchestre, pour une Ă©vocation exceptionnelle des Ă©lĂ©ments naturels et de nos chers volatiles tels qu’ils sont prĂ©sents dans l’imaginaire des compositeurs. Le naturalisme en musique a inspirĂ© plusieurs pages parmi les mieux Ă©crites (c’est Ă  dire les plus raffinĂ©es sur le plan de l’orchestration) et les plus impressionnantes de l’histoire de la musique.
    Le programme dĂ©fendu par Marius Stieghorst et les musiciens de l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans, dĂ©fie la…

  • TOURS, Gd ThĂ©Ăątre. L’ñme Russe, les 12,13 mai 2018. Foyer symphonique de premier plan, grĂące au cap fixĂ© par le directeur des lieux, Benjamin Pionnier, qui est aussi chef symphonique et lyrique (voir nos rĂ©cents reportages vidĂ©os consacrĂ©s aux opĂ©ras que le maestro a dirigĂ© Ă  Tours : le rare PhilĂ©mon et Baucis de Gounod (fĂ©vrier 2018), puis plus rĂ©cemment encore, l’excellent A Night’s Summer Dream de Britten, avril 2018), l’OpĂ©ra de Tours accueille en mai, un nouveau programme de musique russe, celle acerbe, affĂ»tĂ©e, vive, d’un grand lyrisme rentrĂ©, tels qu’ils rayonnent en soleils noirs, dans l’écriture de Dmitri…

  • SAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. CrĂ©ation : 2, 4, 6 mai18. FANDO ET LIS de BenoĂźt Menut. L’homme en sociĂ©tĂ© serait-il encore plus abject et finalement condamnĂ© que s’il Ă©tait seul, connectĂ© avec la nature ?En 3 dates Ă©vĂ©nements, BenoĂźt Menut dĂ©voile son nouvel opĂ©ra volontiers barbare, mais si juste quant au cynisme de notre sociĂ©tĂ© ordinaire / orduriĂšre contemporaine. L’humanitĂ© est en souffrance, dans ce conte lyrique post apocalyptique qui livre la derniĂšre femme, LIS, dans une errance incertaine, noire, sans retour. A l’approche du vide – pourtant annoncĂ©, l’homme dĂ©construit et s’aveugle par irresponsabilitĂ©, par faiblesse sur sa propre destinĂ©e, il…

  • LILLE PIANO(S) Festival : 8, 9, 10 juin 2018. RĂ©servez et organisez dĂšs aujourd’hui votre sĂ©jour Ă  Lille, pour la dĂ©jĂ  15Ăš Ă©dition du festival le plus important destinĂ© au piano, chaque printemps. A l’initiative de l’ONL, Orchestre National de Lille, et de son chef fondateur Jean-Claude Casadesus, Lille devient pendant 3 journĂ©es la capitale du clavier. « Classique, curieux, innovant », le festival sait varier les formes (de la « grande soirĂ©e symphonique concertante »  au rĂ©cital pour piano seul, jusqu’aux dispositifs mis en scĂšne
), combiner les sensibilitĂ© (prĂ©sence de l’Orchestre de Picardie, partenaire familier de l’ONL), croiser les…

  • PARIS, le 24 avril 2018 : Concert ” BESTIAIRE ” par Sabine Revault d’Allonnes et StĂ©phanie Humeau. Deux artistes françaises Sabine Revault d’Allonnes (soprano) et StĂ©phanie Humeau (piano) se frottent ici au dĂ©fi des textes et Ă©vocations poĂ©tiques inspirĂ©s par les animaux. Le concert du 24 avril prochain (Mairie du IIIÚ arrdt Ă  Paris, lire en fin d’article, la prĂ©sentation du concert) est aussi le sujet de leur nouveau album discographique. Parcours Ă©tonnant et convaincant, serti de mĂ©lodies mĂ©connues, de piĂšces pianistiques rĂ©enchantĂ©es, grĂące Ă  un trĂšs subtil travail sur le sens des textes et leur enchaĂźnement… En rĂ©alitĂ© c’est…

  • LUXEUIL (VOSGES). Le 29 avril 2018, 18h. Les Timbres jouent OrphĂ©e. En prĂ©ambule Ă  l’opĂ©ra de Monteverdi qui ouvre la 25 Ăš Ă©dition du festival Musique et mĂ©moire (13 juillet 2018), le collectif associĂ© au Festival des Vosges du sud, propose une immersion inĂ©dite dans l’histoire du poĂšte de Thrace, avec le concours des Ă©lĂšves des Ă©coles de musique. C’est un spectacle inĂ©dit qui allie partage et transmission, tout en permettant aux instrumentistes de travailler et rĂ©pĂ©ter pour le spectacle de cet Ă©té  Avec Marc Mauillon annoncĂ© dans le rĂŽle titre, cette nouvelle lecture pourrait rĂ©gĂ©nĂ©rer notre approche de l’oeuvre,…

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  • CULTUREBOX : Nabucco Ă  Lille, le 26 mai 2018, 18h. Giuseppe Verdi, Nabucco – OpĂ©ra de Lille, 2018 (durĂ©e : 2h30). L’opĂ©ra politique de Verdi prend une rĂ©sonance actuelle dans la mie en scĂšne et la conception de Marie-Eve Signeyrole : l’ivresse du pouvoir qui rend fou, la domination de Babylone sur le peuple hĂ©breu
 suscitent des mouvements de foule, rĂ©fugiĂ©s et apatrides en errance. VoilĂ  une passerelle dĂ©signĂ©e vers notre actualitĂ© oĂč se pose la question des migrants que l’on repoussent partout sans guĂšre rĂ©soudre les causes Ă  leurs sources. Ici deux choeurs relĂšvent le dĂ©fi de la masse…

  • INTERNET, live, ce soir. HAENDEL : Messie, G. Vashegyi, ce soir Ă  19h30. En quelques annĂ©es, grĂące Ă  ses concerts Ă©blouissants dĂ©diĂ©s au Baroque français (Mondonville, Rameau, dont le rĂ©cent NaĂŻs, enregistrĂ© et publiĂ© en mai 2018 est devenue une rĂ©fĂ©rence : lire notre critique de NaĂŻs par G. Vashegyi), le chef hongrois György Vashegyi ne cesse de convaincre pilotant de grands effectifs, choeur et solistes, avec son propre orchestre sur instruments anciens, Orfeo Orchestra. Le sens de l’architecture, le souci de la clartĂ© et de l’intelligibilitĂ©, ce feu ardent qui manque souvent aux chefs français pourtant ici et lĂ …

  • EN DIRECT sur le NET : GYÖRGY VASHEGYI dirige RAMEAU : Les Indes Galantes, dĂšs 19h, depuis le MÜPA, Budapest. Le chef hongrois ne cesse de se dĂ©dier Ă  l’interprĂ©tation du Baroque français du « grand » XVIIIĂš. AprĂšs avoir ressuscitĂ© IsbĂ© de Mondonville dans les mĂȘmes lieux (Concert Hall MÜPA de Budapest, mars 2016), voici ce soir Les Indes Galantes de Rameau : opĂ©ra ballet d’une fantaisie onirique et sentimentale Ă  couper le souffle, auquel le maestro saura apporter comme dans ses rĂ©centes rĂ©alisations, acuitĂ© expressive, finesse et vitalitĂ© rare, attention Ă  l’équilibre sonore comme Ă  l’architecture dramatique des…

  • En direct sur internet, ce soir, 20h : rĂ©cital du pianiste Seong-Jin Cho, nouveau signataire chez l’écurie Deutsche Grammphon, aprĂšs son triomphe rĂ©cent au dernier Concours Chopin de Varsovie. Concert en direct depuis Reims. Il a remportĂ© le premier Prix lors du dernier Concours Chopin de Varsovie en octobre 2015 (17Ăšme Concours).
     
    NĂ© Ă  SĂ©oul le 28 mai 1994, Seong-Jin Cho est un jeune talent prometteur qui a dĂ©jĂ  remportĂ© plusieurs distinction : Grand Prix du Concours international Chopin pour jeunes pianistes (2008), 3e prix du concours international TchaĂŻkovski (2011), 3e prix du Concours international Arthur Rubinstein
 Elu et…

  • En direct sur internet. Fairy Queen en direct sur internet, ce jour 19h30 sur le www.mupa.hu. C’est le chef dont on parle en Hongrie : Gyorgy Vashegyi, qui a dirigĂ© de mains de maĂźtre Les FĂȘtes de Polymnie de Rameau en 2015 (l’un des meilleurs apports de l’annĂ©e Rameau Ă  ce jour, avec le programme Rameau par le jeune ensemble ZaĂŻs de BenoĂźt Babel : 2 disques ” CLIC” de CLASSIQUENEWS en 2014 et 2015), rĂ©alise en direct sur internet ce soir, 19h30 sur le site du Palais des Arts De Budapest (www. mupa.hu), la fantaisie lyrique Fairy Queen d’Henry…


    cinéma

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  • CINEMA, le 12 avril 2018. BERLIOZ : Benvenuto Cellini par Terry Gilliam. CrĂ©Ă©e en 2014 en Grande Bretagne (pour l’English National Opera), la production de Benvenuto Cellini de Berlioz – grand opĂ©ra historique Renaissance du Romantique, admirateur de Gluck, a tournĂ© dans les grands thĂ©Ăątres lyriques d’Europe – Madrid, Barcelone et Rome, 
 dans la conception du rĂ©alisateur pĂ©taradant Terry Gilliam (ex Monty Python, concepteur du film lui aussi dĂ©lirant et trĂšs juste Brazil). Pas sĂ»r que l’imagination style « grand bazar » facile au grand Ă©cran, s’accore idĂ©alement au dispositif de la scĂšne lyrique
 Ă  la rĂ©alitĂ© de sa…

  • CINEMA. Le 25 avril 2017, 19h : SNEGOUROTCHKA de Rimsky-Korsakov. En direct de l’OpĂ©ra national de Paris, les salles de cinĂ©ma partenaires diffusent en direct l’opĂ©ra de Rimski-Korsakov trĂšs rarement jouĂ©e en France: SNEGOUROTCHKA ou LA FILLE DE NEIGE. Chef-d’Ɠuvre de la littĂ©rature populaire slave, LA FILLE DE NEIGE dĂ©veloppe un imaginaire fĂ©erique nourri des rigueurs du climat. C’est la nouvelle soprano Ă©gĂ©rie du label Decca, Aida Garifullina, qui prĂȘte sa voix Ă  Snegourotchka, la direction musicale et la mise en scĂšne rĂ©unissant deux autres artistes russes : le jeune chef d’orchestre Mikhail Tatarnikov et le metteur en scĂšne Dmitri…

  • CINEMA. Sonya Yoncheva chante Norma, lundi 26 septembre 2016, 19h30. En direct du Royal Opera House de Covent Garden, les salles de cinĂ©ma diffusent la prise de rĂŽle Ă©vĂ©nement de cette rentrĂ©e lyrique europĂ©enne : Norma par la soprano vedette Sonya Yoncheva.
     
     
    A l’affiche du Royal Opera House de Covent Garden Ă  Londres, le sommet belcantiste de Bellini, Norma de 1831, permet actuellement une prise de rĂŽle proche du sublime par la soprano Sonya Yoncheva, – pour classiquenews, l’une des divas assolutas de l’heure, avec sa consoeur Anna Netrebko (dont le rĂ©cent album discographique Verismo a obtenu le…

  • CinĂ©ma. Strauss : ELEKTRA, le 30 avril 2016, 18h45. En direct du Metropolitan opera New York, samedi 30 avril 2016,1845h. RĂŽle incandescent, voix hurlante embrasĂ©e proche de la rupture et du cri primal, animĂ©e par une fureur vengeresse … que seul son frĂšre Oreste saura apaiser (en prenant sa dĂ©fense et l’aidant Ă  rĂ©aliser son projet), Elektra est l’un des rĂŽles pour soprano les plus ambitieux, du fait de l’Ă©criture du chant, du fait a surtout de la prĂ©sence scĂ©nique du personnage quasiment toujours en scĂšne (comme Suzanna dans les Noces de Figaro de Mozart ou Ă  prĂ©sent depuis la…

  • CinĂ©ma. Roberto Devereux, le 16 avril 2016, 18h55. En direct du Metropolitan Opera de New York, Roberto Devereux poursuit sa carriĂšre sur les planches, affirmant en particulier le relief des caractĂšres vocaux qui y conduisent l’action historico-tragique. L’opĂ©ra de Donizetti sur la dynastie Tudor, est crĂ©Ă© en 1837 et son format ambitieux laissait espĂ©rer pour l’auteur, une carriĂšre enfin reconnue, cĂ©lĂ©brĂ©e Ă  … Paris, alors temple europĂ©en du lyrique. Sur le plan artistique, Donizetti signe un Ă©blouissant portrait amoureux, intime de la Reine Elizabeth IĂšre. Son rĂȘve de gloire parisienne se rĂ©alisera avec les partitions Ă  venir : les Martyrs…


    expos

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  • SAINT-DENIS, Exposition « MARIA CALLAS, inconnue » du 5 au 27 avril 2018. L’universitĂ© PARIS 8 Ă  Saint-Denis accueille un cycle d’évĂ©nements dĂ©diĂ©s Ă  Maria Callas, le 5 avril prochain, suivi d’une exposition MARIA CALLAS, inconnue, ouverte au public du 6 au 27 avril 2018. On pensait tout connaĂźtre de la diva lĂ©gendaire, icĂŽne lyrique mais aussi vedette mĂ©diatique, ambassadrice de la mode, de l’élĂ©gance parisienne propre aux annĂ©es 1950 et 1960. Le cycle d’évĂ©nements et l’exposition d’avril 2018 ont Ă©tĂ© conçus par Jean-Jacques Hanine-Roussel, historien de l’opĂ©ra, biographe et doctorant du LER (Laboratoire d’Etudes Romanes, Paris 8). Jean-Jacques Hanine-Roussel…

  • PARIS. EXPOSITION, CATALOGUE : PATRICE CHÉREAU, METTRE EN SCÈNE L’OPÉRA, dĂšs le 18 novembre 2017. Metteur en scĂšne, cinĂ©aste et comĂ©dien, Patrice ChĂ©reau (1944-2013) a marquĂ© la mise en scĂšne d’opĂ©ra. SimultanĂ©ment Ă  la reprise de De la maison des morts de LeoĆĄ Janáček Ă  l’OpĂ©ra Bastille, l’OpĂ©ra national de Paris et la BibliothĂšque nationale de France prĂ©sentent dans la galerie musĂ©e de l’OpĂ©ra Garnier Ă  Paris, la premiĂšre exposition exclusivement consacrĂ©e au parcours de l’homme de thĂ©Ăątre sur les scĂšnes lyriques. Á travers les onze productions qu’il a rĂ©alisĂ©es, Patrice ChĂ©reau a apportĂ© un nouveau souffle Ă  la mise…

  • EXPO, PARIS. Derniers jours pour l’exposition MARIA CALLAS Ă  l’Istituto Italiano di Cultura (7Ăš ardt). Jusqu’au 4 octobre 2017. C’est bien l’exposition la plus originale et la mieux conçue actuellement, cĂ©lĂ©brant les 40 ans de la mort de Maria Callas. La soprano dramatique et lyrique y est magnifiquement Ă©voquĂ©e Ă  travers les costumes des hĂ©roĂŻnes qu’elle a incarnĂ©e dans les annĂ©es 1950, sur la scĂšne de la Scala de Milan. C’est lĂ  que les spectateurs dĂ©jĂ  connaisseurs d’une voix sublime et d’un tempĂ©rament rĂ©aliste inouĂŻ, dĂ©couvre la nouvelle silhouette de la prima donna : celle d’une Ă©lĂ©gante sirĂšne ayant rĂ©ussi…

  • PARIS, EXPOSITION :Mozart, Une passion française,20 juin – 24 septembre 2017. BibliothĂšque-musĂ©e de l’OpĂ©ra. MOZART et les français
 La BibliothĂšque nationale de France et l’OpĂ©ra national de Paris prĂ©sentent une exposition Ă©vĂ©nement, consacrĂ©e Ă  Wolfgang Amadeus Mozart : l’enfant, adolescent et ses premiers voyages en France, jusqu’à la gloire du musicien accompli et mĂ»r, puis son apothĂ©ose posthume sur les diverses scĂšnes lyriques nationales. Quel est la nature de la relation de la France et de Mozart, du vivant du compositeur puis aprĂšs sa mort ? À travers une sĂ©lection de 140 piĂšces, dont certaines inĂ©dites, issues pour la plupart…

  • EXPOS, PARIS, Palais Garnier. « Mozart, Une passion française ». BibliothĂšque-musĂ©e de l’OpĂ©ra, 20 juin – 24 septembre 2017. La BibliothĂšque nationale de France et l’OpĂ©ra national de Paris prĂ©sentent une exposition consacrĂ©e Ă  Mozart, de ses premiers voyages en France jusqu’à sa gloire posthume sur les diverses scĂšnes lyriques nationales. En 140 piĂšces sĂ©lectionnĂ©es pour l’occasion, dont certaines inĂ©dites, issues pour la plupart des collections de la BibliothĂšque nationale de France, l’exposition parisienne retrace les grandes Ă©tapes de la reconnaissance du compositeur par le public français : fascination d’abord, pour la prĂ©cocitĂ© de l’enfant prodige, adaptation, ensuite, de ses…


CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opĂ©ras par Anna Netrebko, soprano (1 cd Deutsche Grammophon)

verismo-anna-netrebko-VIGNETTE-160-cd-presentation-review-cd-critique-cd-classiquenews-582-594-1CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opĂ©ras par Anna Netrebko, soprano (1 cd Deutsche Grammophon). De La Wally Ă  Gioconda, d’Adrienne Lecouvreur Ă  Marguerite, sans omettre les pucciniennes Butterfly, LiĂč et Turandot, aux cĂŽtĂ©s de Manon Lescaut, Anna Netrebko confirme son immense talent d’actrice. En plus de l’intensitĂ© d’une voix de plus en plus large et charnelle (medium et graves sont faciles, amples et colorĂ©s), la soprano Ă©merveille et enchante littĂ©ralement en alliant risque et subtilitĂ©. C’est Ă  nouveau une rĂ©ussite totale, et aprĂšs son dernier album Iolanthe / Iolanta de Tchaikovsky et celui intitulĂ© VERDI, la confirmation d’un tempĂ©rament irrĂ©sistible au service de l’élargissement de son rĂ©pertoire
 Au trĂšs large public, Anna Netrebko adresse son chant rayonnant et sĂ»r ; aux connaisseurs qui la suivent depuis ses dĂ©buts, la Divina sait encore les surprendre, sans rien sacrifier Ă  l’intelligence ni Ă  la subtilitĂ©. Ses nouveaux moyens vocaux mĂȘme la rendent davantage troublante. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

verismo-anna-netrebko-582-582-classiquenews-presentation-review-critique-cd-deutsche-grammophonDe Boito (nĂ© en 1842), le librettiste du dernier Verdi (Otello et Falstaff), Anna Netrebko chante Marguerite de Mefistofele (crĂ©Ă© Ă  La Scala en 1868), dont les Ă©clats crĂ©pusculaires prĂ©figurent les vĂ©ristes prĂšs de 15 annĂ©es avant l’essor de l’esthĂ©tique : au III, lugubre et tendre, elle reçoit la visite du diable et de Faust dans la prison oĂč elle a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©e aprĂšs avoir assassinĂ© son enfant. « L’altra notte in fondo al mare » exprime le dĂ©sespoir d’une mĂšre criminelle, amante maudite, Ăąme dĂ©chue, espĂ©rant une hypothĂ©tique rĂ©mission. MĂȘme Ă©criture visionnaire pour Ponchielli (nĂ© en 1834) qui compose La Gioconda / La Joyeuse sur un livret du mĂȘme Boito : Ă©galement crĂ©Ă© Ă  La Scala mais 8 ans plus tard, en 1876, l’ouvrage affirme une puissance dramatique premiĂšre en particulier dans l’air de Gioconda au dĂ©but du IV : embrasĂ©e et subtile, Netrebko revĂȘt l’ñme dĂ©sespĂ©rĂ©e (encore) de l’hĂ©roĂŻne qui dans sa grande scĂšne tragique (« Suicidio ! ») se voue Ă  la mort non sans avoir sauvĂ© celui qu’elle aime, Enzo Grimaldi
 l’espion de l’Inquisition Barnaba aura les faveurs de Gioconda s’il aide Enzo Ă  s’enfuir de prison. En se donnant, Gioconda se voue au suicide.

JUSTESSE STYLISTIQUE. Une telle dĂ©mesure Ă©motionnelle, d’essence sacrificielle, se
retrouve aussi chez Flora dans La Tosca de Puccini (nĂ© en 1858), quand la cantatrice Ă©change la vie de son aimĂ©e Mario contre sa pudeur : elle va se donner Ă  l’infĂąme prĂ©fet Scarpia. Anna Netrebko Ă©blouit par sa couleur doloriste et digne, dans sa priĂšre Ă  la Vierge qu’elle implore en fervente et fidĂšle adoratrice
 (« Vissi d’arte » au II).
Mais Puccini semble susciter toutes les faveurs d’une Netrebko, inspirĂ©e et maĂźtresse de ses moyens. Sa Manon Lescaut, dĂ©fendu aux cĂŽtĂ©s de son Ă©poux Ă  la ville, – le tĂ©nor azerbaĂŻdjanais Yusif Eyvazov-, se rĂ©vĂšle Ă©vidente, naturelle, ardente, incandescente, 
 d’une candeur bouleversante au moment de mourir. Le velours de la voix fait merveille. Le chant sĂ©duit et bouleverse.
MĂȘme finesse d’intonation pour sa Butterfly : « Un bel dĂŹ vedremo », autre expression d’une candeur intacte celle de la jeune geisha qui demeure inflexible, plus amoureuse que jamais du lieutenant amĂ©ricain Pinkerton, affirmant au II Ă  sa servante Suzuki, que son « époux » reviendra bientĂŽt


TURANDOT IRRADIANTE
 Plus attendus car autrement pĂ©rilleux, les deux rĂŽles de Turandot (l’ouvrage laissĂ© inachevĂ© de Puccini) : deux risques pourtant pleinement assumĂ©s lĂ  encore qui rĂ©vĂšlent (et confirment) l’intensitĂ© dramatique et la justesse expressive dont est capable la diva austro-russe. Pourtant rien de plus distincts que les deux profils fĂ©minins : d’un cĂŽtĂ©, la pure, angĂ©lique et bientĂŽt suicidaire LiĂč ; de l’autre, l’impĂ©riale et arrogante princesse chinoise (elle paraĂźt ainsi en tiare d’or en couverture du cd) : Turandot dont la diva, forte de ses nouveaux graves, d’un mĂ©dium large et tendu Ă  la fois, sait dĂ©voiler sous l’écrasante pompe liĂ©e Ă  sa naissance, le secret intime qui fonde sa fragilité  (premier air de Turandot: « In questa reggia »). Le souci du verbe, la tension de la ligne vocale, l’éclat du timbre, la couleur, surtout la finesse de l’implication imposent ce choix comme l’un des plus bouleversants, alors qu’il Ă©tait d’autant plus risquĂ©. « La Netrebko » sait ciseler l’hypersensibilitĂ© de la princesse, sa pudeur de vierge autoritaire sous le dĂ©corum (qu’elle sait plus Ă  dĂ©ployer dans le choix du visuel de couverture du programme ainsi que nous l’avons soulignĂ© prĂ©cĂ©demment). Est-ce Ă  dire que demain, Anna Netrebko chantera le rĂŽle dans son entier sur les planches ? La question reste posĂ©e : rares les cantatrices capables de porter un rĂŽle aussi Ă©crasant pendant tout l’opĂ©ra.


CLIC_macaron_2014SOIE CRISTALLINE POUR PURS VÉRISTES
. Aux cĂŽtĂ©s des prĂ©curseurs visionnaires, – ici Boito et Ponchielli, place aux vĂ©ristes purs et durs, crĂ©ateurs renommĂ©s, parfois hautains et exclusifs, au sein de la Jeune Ecole (la Giovane Scuola), ainsi qu’en avant-gardistes dĂ©clarĂ©s, il se nommaient ; paraissent ici Giordano (1867-1948), Leoncavallo (1857-1919), Cilea (1866-1950). Soit une dĂ©cennie miraculeuse au carrefour des deux siĂšcles (1892-1902) qui enchaĂźne les chefs d’oeuvres lyriques, vrais dĂ©fis pour les divas prĂȘtes Ă  relever les obstacles imposĂ©s par des personnages tragiques (souvent sacrificiels), « impossibles ».
Pour chacun d’eux, Anna Netrebko offre la soie ardente de son timbre hyperfĂ©minin, sachant sculpter la matiĂšre vocale sur l’écrin orchestral que canalise idĂ©alement Antonio Pappano. L’accord prĂ©vaut ici entre chant et instruments : tout concourt Ă  cette « ivresse » (souvent extatique) des sentiments qui trĂšs contrastĂ©s, exige une tenue rĂ©flĂ©chie de l’interprĂšte : Ă©conomie, intelligibilitĂ©, intelligence de la gestion dramatique autant qu’émotionnelle. La finesse de l’interprĂšte Ă©blouit pour chacune des sĂ©quences oĂč perce l’enivrement radical de l’hĂ©roĂŻne. Sa Nedda (Pagliacci de Leoncavallo, crĂ©Ă© en 1892), exprime en une sorte de berceuse nocturne, toute l’ardente espĂ©rance pourtant si fĂ©brile
de la jeune femme malheureuse avec son Ă©poux Canio, mais dĂ©munie, passionnĂ©e face Ă  l’amour de son amant le beau Silvio. Plus mĂ»re et marquĂ©e voire dĂ©passĂ©e par les Ă©vĂ©nements rĂ©volutionnaires, Madeleine de Coigny (AndrĂ© ChĂ©nier de Giordano, crĂ©Ă© en 1896) impose l’autoritĂ© d’une Ăąme amoureuse qui tout en dĂ©nonçant la barbarie environnante (incendie du chĂąteau familial oĂč meurt sa mĂšre, fuite, errance, dĂ©chĂ©ance, misĂšre
), s’ouvre Ă  l’amour du poĂšte ChĂ©nier, son unique salut.
Mais en plus de l’intensitĂ© dramatique – fureur et dĂ©passement, Anna Netrebko sait aussi filer des sons intĂ©rieurs qui ciselĂ©s – c’est Ă  dire d’une finesse bellinienne, donc trĂšs soucieux de l’articulation du texte, illuminent tout autant le relief des autres figures de la passion : La Wally (de Catalani, 1854-1893) et sa cantilĂšne Ă©thĂ©rĂ©e, comme l’admirable scĂšne quasi thĂ©Ăątrale d’Adrienne Lecouvreur (de Cilea,), regardent plutĂŽt du cĂŽtĂ© d’une candeur sentimentale, grĂące et tendresse oĂč lĂ  encore l’instinct, le style, l’intonation confirment l’immense actrice, l’interprĂšte douĂ©e pour la sensibilitĂ© Ă©conome, l’intensitĂ© faite mesure et nuances, soit la rĂ©surgence d’un certain bel canto qui par sons sens des phrasĂ©s et d’une incarnation essentiellement subtile approche l’idĂ©al bellinien. La diversitĂ© des portraits fĂ©minins ici abordĂ©s, incarnĂ©s, ciselĂ©s s’offre Ă  la maĂźtrise d’une immense interprĂšte. Chapeau bas. « La Netrebko » n’a jamais Ă©tĂ© aussi sĂ»re, fine, rayonnante. Divina.

CD, compte rendu critique. « VERISMO » : Boito, Ponchielli, Catalani, Cilea, Leoncavallo, Mascagni, Puccini, airs d’opĂ©ras par Anna Netrebko, soprano. Orchestre de l’Accademia Santa Cecilia. Antonio Pappano, direction. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Rome, Auditorium Parco della Musica, Santa Cecilia Hall, 7 & 10/2015; 6/2016 — 1 cd Deutsche Grammophon 00289 479 5015. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016. Parution annoncĂ©e : le 2 septembre 2016.

 

 

 

Impériale diva

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Discographie précédente

 

 

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche GrammophonCD. Anna Netrebko : Verdi  (2013)  
     Anna Netrebko signe un rĂ©cital Verdi pour Deutsche Grammophon d’une haute tenue expressive. Soufflant le feu sur la glace, la soprano saisit par ses risques, son implication qui dans une telle sĂ©lection, s’il n’était sa musicalitĂ©, aurait Ă©tĂ© correct sans plus 
 voire tristement pĂ©rilleuse. Le nouveau rĂ©cital de la diva russo autrichienne marquera les esprits. Son engagement, sa musicalitĂ© gomment quelques imperfections tant la tragĂ©dienne hallucinĂ©e exprime une urgence expressive qui met dans l’ombre la mise en pĂ©ril parfois de la technicienne : sa Lady Macbeth comme son Elisabeth (Don Carlo) et sa Leonora manifestent un tempĂ©rament vocal aujourd’hui hors du commun. Passer du studio comme ici Ă  la scĂšne, c’est tout ce que nous lui souhaitons, en particulier considĂ©rant l’impact Ă©motionnel de sa Leonora 
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iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutesche grammophon clic de classiquenews janvier 2015CD. SimultanĂ©ment Ă  ses reprĂ©sentations new yorkaises (janvier et fĂ©vrier 2015), Deutsche Grammophon publie l’opĂ©ra oĂč rayonne le timbre embrasĂ©, charnel et angĂ©lique d’Anna Netrebko, assurĂ©ment avantagĂ©e par une langue qu’elle parle depuis l’enfance. Nuances, richesse dynamique, finesse de l’articulation, intonation juste et intĂ©rieure, celle d’une jeune Ăąme ardente et implorante, pourtant pleine de dĂ©termination et passionnĂ©e, la diva austro-russe marque Ă©videment l’interprĂ©tation du rĂŽle de Iolanta : elle exprime chaque facette psychologique d’un personnage d’une constante sensibilitĂ©. De quoi favoriser la nouvelle estimation d’un opĂ©ra, le dernier de TchaĂŻkovski, trop rarement jouĂ©.  En jouant sur l’imbrication trĂšs raffinĂ©e de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), TchaĂŻkovski excelle dans l’expression profondes  des aspirations secrĂštes d’une Ăąme sensible, fragile, dĂ©terminĂ©e : un profil d’hĂ©roĂŻne idĂ©al, qui rĂ©pond totalement au caractĂšre radical du compositeur. Toute la musique de TchaĂŻkovski (52 ans) exprime la volontĂ© de se dĂ©faire d’un secret, de rompre une malĂ©diction
 La voix corsĂ©e, intensĂ©ment colorĂ©e de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rĂŽle-titre, ses aspirations dĂ©sirantes : un personnage conçu pour elle. VoilĂ  qui renoue avec la rĂ©ussite pleine et entiĂšre de ses rĂ©centes prises de rĂŽles verdiennes (Leonora du trouvĂšre, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss). LIRE notre dossier complet ” IOLANTA par Anna Netrebko “

 

CD. Anna Netrebko : Souvenirs (2008) 
   Anna Netrebko n’est pas la plus belle diva actuelle, c’est aussi une interprĂšte Ă  l’exquise et suave musicalitĂ©. Ce quatriĂšme opus solo est un magnifique album. L’un de ses plus bouleversants. Ne vous fiez pas au style sucrĂ© du visuel de couverture et des illustrations contenues dans le coffret (lequel comprend aussi un dvd bonus et des cartes postales!), un style maniĂ©riste Ă  la Bouguereau, digne du style pompier pure origine
 C’est que sur le plan musical, la diva, jeune maman en 2008, nous a concoctĂ© un voyage serti de plusieurs joyaux qui font d’elle, une ambassadrice de charme
 et de chocs dont la tendresse lyrique et le choix rĂ©flĂ©chi des mĂ©lodies ici regroupĂ©es affirment une maturitĂ© rayonnante, un style et un caractĂšre,  indiscutables. EN LIRE +

 

 

 

 

Prochains rîles d’Anna Netrebko :

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofLady Macbeth dans Macbeth de Verdi : 18,21, 27 dĂ©cembre 2016 Ă  l’OpĂ©ra de Munich
Leonora dans Il Trovatore de Verdi : 5-18 fĂ©vrier 2017 Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
Violetta Valéry dans La Traviata de Verdi : 9-14 mars 2017, Scala de Milan
Tatiana dans EugÚne Onéguine de Tchaikovski : 30 mars-22 avril 2017, Metropolitan Opera New York
puis Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, du 16 au 31 mai 2017, rĂŽle assurĂ© en alternance avec Sonya Yoncheva (juin 2016)

 

 

CD événement, annonce : VERISMO par ANNA NETREBKO (1 cd Deutsche Grammophon).

VERISMO, le nouvel album d'Anna NetrebkoCD Ă©vĂ©nement, annonce : VERISMO par ANNA NETREBKO (1 cd Deutsche Grammophon). DIVA VERISTE ET RAYONNANTE. C’est l’évĂ©nement lyrique que toute la planĂšte lyrique attend : l’album Verismo par la soprano Ă  la double nationalitĂ© (autrichienne et russe), Anna Netrebko. VoilĂ  pourquoi elle assure nombre d’engagements rĂ©guliers Ă  Salzbourg, Ă  Moscou et Saint-Petersbourg. RĂ©vĂ©lĂ©e alors dĂ©butante par le chef Valery Gergiev, la diva quadra ne cesse depuis 5 ans d’oser de nouveaux rĂŽles, suivant l’évolution de sa voix
 de plus en plus charnelle et large, dramatique et lyrique, ciselant aujourd’hui, ce timbre unique, Ă©clatant et suave,- hyperfĂ©minin-, qui lui ont permis rĂ©cemment de passer de Verdi (Traviata), et Mozart (Donna Anna) aux rĂŽles verdiens plus amples et puissants (Leonora du TrouvĂšre, ou Lady Macbeth en sa dĂ©mesure tragique et hallucinĂ©e), sans omettre Iolanthe de Tchaikovsky et rĂ©cemment Manon Lescaut de Puccini.

 

 

 

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Dans VERISMO, la diva Ă©tend encore son rĂ©pertoire vers les prĂ©curseurs Boito (Marguerite de Mefistofele) et Ponchielli (La Gioconda) : portraits de femmes maudites, dĂ©sespĂ©rĂ©es qui n’ont que la mort comme issue et salut… mais avant d’expirer, quelle ivresse des sens, quelle langueur du sentiment n’ont-elles pas atteint. La cantatrice poursuit en Ă©clairant la veine tragique mais digne et si Ă©mouvante des hĂ©roĂŻnes des vĂ©ristes, jeunes auteurs de La Jeune Ecole : Cilea, Giordano, Leoncavallo, sans omettre Catalani et sa prodigieuse priĂšre berceuse enchantĂ©e de La Wally
 Plus audacieuse que jamais, Anna Netrebko ose chanter les deux rĂŽles du dernier Puccini : Turandot. A la fois, la tendre et angĂ©lique LiĂč, et aussi, l’impressionnante princesse impĂ©riale, dĂ©clamative mais d’une fragilitĂ© intime, ici rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e. L’instinct musical, l’intelligence dramatique, le raffinement des couleurs comme l’intonation confirment Anna Netrebko dans chacun de ses choix courageux, impertinents, imprĂ©visibles. L’album VERISMO sort ce 2 septembre 2016. Compte rendu critique complet sur CLASSIQUENEWS.COM dĂšs le 1er septembre 2016. L’album VERISMO a Ă©tĂ© Ă©lu CLIC de CLASSIQUENEWS 2016.

 

 

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LIRE aussi nos dĂ©pĂȘches annonces prĂ©cĂ©dentes, dĂ©diĂ©s Ă  l’album VERISMO par Anna Netrebko

 

 

 

BOLCHOI : Anna Netrebko et Yusif Eyvazof chantent Manon Lescaut

AnnaNetrebko_und_Yusif_Eyvazov_Copyright_by_Vladimir_ShirkovMoscou, BolshoĂŻ. Anna Netrebko chante Manon Lescaut, 16-22 octobre 2016. Devenue spĂ©cialiste du rĂŽle tragique Puccinien, la superdiva austro-russe Anna Netrebko incarne Manon, personnage dissolu, amoureux et finalement condamnĂ© sur la scĂšne du BolchoĂŻ de Moscou, pour 5 dates d’octobre 2016, les 18, 19, 20, 22 octobre. Sous la direction du chef Jader Bignamini, la soprano au timbre incandescent chante aux cĂŽtĂ©s du tĂ©nor Yusif Eyvazof (DesGrieux), son Ă©poux Ă  la ville. AprĂšs Le Villi (1884), puis Edgar (1889), le jeune Puccini suscite un premier immense triomphe avec Manon Lescaut au Teatro Regio de Turin en 1893 : il a 35 ans. D’aprĂšs le roman moral de l’AbbĂ© PrĂ©vost (1731), et aprĂšs l’opĂ©ra de Massenet (1884), Puccini s’empare de la figure fragile et dissolue de la jeune Manon, qui d’OrlĂ©ans oĂč elle devait rejoindre le couvent, s’émancipe Ă  Paris comme cocotte des perruques grises mais fortunĂ©es. DesGrieux tente de la sauver, mais elle est arrĂȘtĂ©e puis exilĂ©e du Havre vers l’AmĂ©rique du nord pour y mourir d’épuisement
 C’est une partition qui offre deux rĂŽles superbes Ă  la soprano et au tĂ©nor : dĂ©fis que relĂšvent aujourd’hui, Anna Netrebko et son Ă©poux.

VERISMO, le nouvel album d'Anna NetrebkoLa diva publie en septembre son nouvel album VERISMO, anthologie d’airs d’opĂ©ras de Cilea, Leoncavallo, Puccini (dont plusieurs extraits avec son Ă©poux de Manon Lescaut justement) et aussi, audace dont elle a le secret, TURANDOT dont elle chante airs de LiĂč et de la princesse chinoise : le rĂ©sultat est stupĂ©fiant ; il a dĂ©jĂ  suscitĂ© l’enthousiasme de la rĂ©daction cd de classiquenews.

 

INFOS et RESERVATIONS sur le site du BolchoĂŻ / Manon Lescaut par Anna Netrebko

 

CD événement, annonce : Anna Netrebko ose Turandot dans son nouvel album VERISMO (1 cd Deutsche Grammophon).

verismo-anna-netrebko-582-582-classiquenews-presentation-review-critique-cd-deutsche-grammophonCD Ă©vĂ©nement, annonce : Anna Netrebko ose Turandot dans son nouvel album VERISMO (1 cd Deutsche Grammophon). Que vaut la Turandot osĂ©e par Anna Netrebko dans son album Verismo ? On se souvient que dans son prĂ©cĂ©dent rĂ©cital monographique intitulĂ© simplement « VERDI », la diva osait y chanter Lady Macbeth (qu’elle jouera ensuite sur scĂšne Ă  New York au Metropolitan en une saisissante incarnation car les personnages hallucinĂ©s lui vont Ă  ravir) : vĂ©ritable dĂ©claration d’intention, Ă  cĂŽtĂ© de sa Leonor du TrouvĂšre, lĂ  encore une prise de rĂŽle qui de Berlin, Salzbourg Ă  Paris, allait affirmer (contre tous), sa fibre verdienne. DĂ©passĂ©e ? Sans moyens ? Que nenni : le soprano onctueux, sensuel d’une intensitĂ© frappante a convaincu.‹S’agirait-il du mĂȘme principe ici, dans son album Ă  paraĂźtre dĂ©but septembre 2016 : « Verismo », l’audacieuse et surprenante diva s’expose en princesse orientale, clin d’Ɠil manifeste et direct Ă  sa Turandot osĂ©e (plage 11 du rĂ©cital) : « In questa reggia » 

 

 

 

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DĂ©chirante Turandot d’Anna Netrebko

 

 

En avant-premiĂšre, classiquenews vous livre les rĂ©sultats de notre Ă©coute du cd VĂ©risme : aux cĂŽtĂ©s du superbe scintillement tragique de sa LiĂč, courte et fulgurante immersion dans cette fĂ©minitĂ© fragile et loyale, Anna Netrebko aborde le personnage en titre : Turandot dont la soprano « ose » incarner avec de vrais moyens cependant, le grand air de la princesse chinoise cette fois, expression de sa dignitĂ© impĂ©riale de grande vierge intouchable qui sous le masque d’une cruautĂ© dĂ©clarĂ©e, assumĂ©e, cultive en vĂ©ritĂ© une fragilitĂ© outragĂ©e qui entend venger la mort de son aĂŻeule Lo-u-ling : son grand air de l’acte II, – celui qui prĂ©cĂšde l’épreuve des 3 Ă©nigmes : « In questa reggia » saisit par sa justesse expressive, la vĂ©ritĂ© qui se dĂ©gage d’un chant embrasĂ©, qui est celui d’une Ăąme prisonniĂšre de sa propre position. Anna Netrebko exprime la sensibilitĂ© d’une Ăąme dĂ©chirĂ©e que le sort de son aĂŻeule touche infiniment et qui l’enchaĂźne aussi en une virginitĂ© donc une solitude, qui la dĂ©passent. DĂ©claration et priĂšre : la princesse est une femme qui assĂšne et qui souffre : chair tiraillĂ©e que le timbre incandescent aux aigus assumĂ©s de la cantatrice sublime. La couleur de sa voix convient idĂ©alement au profil fĂ©minin imaginĂ© par Puccini. La dĂ©couverte est prodigieuse et l’on aimerait tant l’entendre tout au long de la partition comme Butterfly
.

 

 

 

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Suite de la critique complĂšte de l’album VERISMO d’Anna Netrebko, Ă  venir le jour de sa parution, le 2 septembre 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2016.

 

 

CD Ă©vĂ©nement : premiĂšres impressions. VERISMO, le nouveau cd d’Anna Netrebko

netrebko-2016-tiare-diva-planetaire-netrebko-Anna-Netrebko-VerismoCD Ă©vĂ©nement, premiĂšres impressions : ” VERISMO “, le nouvel album d’Anna Netrebko (1 cd Deutsche Grammophon) – DIVINE NETREBKO. AnnoncĂ© le 2 septembre 2016, le nouvel album de la soprano Anna Netrebko (« Verismo ») souligne la maturitĂ© exceptionnellement riche et maĂźtrisĂ©e de la diva quadragĂ©naire dont le timbre opulent, suave et clair Ă  la fois devrait totalement rĂ©ussir dans ce nouveau programme d’airs d’opĂ©ras italiens qui met Ă  l’honneur les qualitĂ©s de la tragĂ©dienne vĂ©riste. On ne s’étonnera pas en consĂ©quence d’y Ă©couter les hĂ©roĂŻnes sacrifiĂ©es, blessĂ©es mais toujours dignes de Cilea (Adrianna Lecouvreur), Giordano (Maddalena d’Andrea ChĂ©nier: « Mamma morta »), Catalani (La Wally), et surtout de Puccini. Si Anna Netrebko aborde ici Manon (Manon Lescaut) qu’elle a dĂ©jĂ  chantĂ© avec une finesse voluptueuse sidĂ©rante, le rĂ©cital de la rentrĂ©e 2016, lui offre les deux rĂŽles de Turandot (carrĂ©ment) : la fragile et tendre LiĂč (« Signore, ascolta ») et celui de la princesse Ă©ponyme dont l’envoĂ»tant « In questa reggia », dĂ©claration d’une vierge vengeresse certes, mais au fond prisonniĂšre et dĂ©sespĂ©rĂ©e-, affirme l’intuition trĂšs juste de la cantatrice. En Netrebko se combine le mĂ©tal incandescent d’une Freni et la sensualitĂ© envoĂ»tante d’une Gheorghiu
 c’est dire les sommets atteints dans ce rĂ©cital dirigĂ© avec finesse par Antonio Pappano, dont la baguette se met au diapason de la vĂ©ritĂ© et de la subtilitĂ© de l’éloquente et palpitante diva.
De sorte que ce nouvel album renouvelle la totale rĂ©ussite de son prĂ©cĂ©dent, intitulĂ© Verdi, couronnĂ© lui aussi par un CLIC de CLASSIQUENEWS. Aucun doute, jamais Anna Netrebko n’a aussi bien chantĂ© que dans ce nouveau titre Ă©vĂ©nement oĂč se dĂ©ploie sans fard ni astuces d’aucune sorte, l’intelligence dramatique, la subtilitĂ© du style, un instinct naturel et d’une sincĂ©ritĂ© souvent dĂ©chirante. Anna Netrebko est bien la plus grande diva actuelle. Seule rĂ©serve : dommage que son partenaire (et Ă©poux), le tĂ©nor Yusif Eyvazov, malgrĂ© sa bonne volontĂ© Ă©vidente, ne partage pas la mĂȘme finesse ni la sobriĂ©tĂ© naturelle de la cantatrice. Au contact d’un diamant, les perles manquent d’éclat. Les duos de Manon en pĂątissent
 Quoiqu’il en soit, l’impĂ©ratrice en tiare byzantine qui s’expose en couverture (voir illustration ci dessous), ne manque ni d’autoritĂ©, ni de style, ni de suprĂȘme subtilitĂ© : la diva sait Ă  nouveau nous surprendre par sa sensibilitĂ© et son imaginaire sans limites ; comme un ange noir ailĂ©, sa posture aujourd’hui nous convainc totalement par sa lumineuse intelligence artistique : et si Anna Netrebko avait choisi sciemment ou pas, sa mise quasi divine comme si elle Ă©tait tout simplement l’allĂ©gorie actuelle de l’opĂ©ra ? Avec autant d’arguments et de qualitĂ©s, on suivrait jusqu’au bout de l’histoire, cette prophĂ©tesse enchantĂ©e… du studio au concert et sur le planches lyriques (chantera-t-elle un jour Turandot, princesse chinoise aussi cruelle que fragile ?)… la question demeure. Magistral.


CLIC D'OR macaron 200Critique complĂšte du cd «  Verismo  », d’Anna Netrebko, Ă  venir sur CLASSIQUENEWS.COM le jour de la parution de l’album, le 2 septembre 2016. Coup de coeur de la rĂ©daction de classiquenews, CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016

 

 

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Discographie précédente

 

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche GrammophonCD. Anna Netrebko : Verdi  (2013)  
     Anna Netrebko signe un rĂ©cital Verdi pour Deutsche Grammophon d’une haute tenue expressive. Soufflant le feu sur la glace, la soprano saisit par ses risques, son implication qui dans une telle sĂ©lection, s’il n’était sa musicalitĂ©, aurait Ă©tĂ© correct sans plus 
 voire tristement pĂ©rilleuse. Le nouveau rĂ©cital de la diva russo autrichienne marquera les esprits. Son engagement, sa musicalitĂ© gomment quelques imperfections tant la tragĂ©dienne hallucinĂ©e exprime une urgence expressive qui met dans l’ombre la mise en pĂ©ril parfois de la technicienne : sa Lady Macbeth comme son Elisabeth (Don Carlo) et sa Leonora manifestent un tempĂ©rament vocal aujourd’hui hors du commun. Passer du studio comme ici Ă  la scĂšne, c’est tout ce que nous lui souhaitons, en particulier considĂ©rant l’impact Ă©motionnel de sa Leonora 
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CD. Anna Netrebko : Souvenirs (2008) 
   Anna Netrebko n’est pas la plus belle diva actuelle, c’est aussi une interprĂšte Ă  l’exquise et suave musicalitĂ©. Ce quatriĂšme opus solo est un magnifique album. L’un de ses plus bouleversants. Ne vous fiez pas au style sucrĂ© du visuel de couverture et des illustrations contenues dans le coffret (lequel comprend aussi un dvd bonus et des cartes postales!), un style maniĂ©riste Ă  la Bouguereau, digne du style pompier pure origine
 C’est que sur le plan musical, la diva, jeune maman en 2008, nous a concoctĂ© un voyage serti de plusieurs joyaux qui font d’elle, une ambassadrice de charme
 et de chocs dont la tendresse lyrique et le choix rĂ©flĂ©chi des mĂ©lodies ici regroupĂ©es affirment une maturitĂ© rayonnante, un style et un caractĂšre,  indiscutables. EN LIRE +

 

 

 

OPERA. ActualitĂ©s de la soprano Anna Netrebko : de Mozart, Verdi Ă  Puccini…

salzburg salzbourg logo 2016 0104_festspiele_023OPERA. ActualitĂ©s de la soprano Anna Netrebko : de Mozart, Verdi Ă  Puccini… Anna Netrebko, Ă©gĂ©rie de Salzbourg. Lors d’un talk publique organisĂ© avec la star du lyrique (dont DG sortira le prochain album “Verismo”, trĂšs attendu, en septembre prochain), la direction du Festival de Salzbourg (par la voix de sa prĂ©sidente actuel: Helga Rabl-Stadler) a soulignĂ© l’attachement qui unit la soprano austrorusse et l’institution musicale estivale : « Anna a contribuĂ© Ă  l’histoire du Festival et je souhaite qu’elle continue Ă  la faire », a dĂ©clarĂ© en substance madame R-Stadler.

Anna Netrebko a rĂ©alisĂ© ses dĂ©buts Ă  Salzbourg en chantant Donna Anna – un rĂŽle qui lui Ă©tait dĂ©signĂ©-, Ă  l’étĂ© 2002, sous la direction du chef Nikolaus Harnoncourt, dĂ©cĂ©dĂ© rĂ©cemment (mars 2016). Leur coopĂ©ration s’est poursuivit ensuite avec Susanna dans Les Noces de Figaro mises en scĂšne de Claus Guth : une production Ă  nouveau mozartienne (dĂ©pressive et dĂ©senchantĂ©e mais si juste et profonde) dont elle garde un souvenir intact et qu’elle vĂ©nĂšre au dessus de tout, y compris avant la fameuse Traviata avec Villazon, rĂ©alisĂ©e en 2005.

 

 

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DES ROLES DE PLUS EN PLUS DRAMATIQUES… Devenue mĂšre en 2009, Anna Netrebko a fait Ă©voluer ses choix musicaux vers des rĂŽles plus dramatiques, moins brillants et clairs (que Susanna par exemple). Ainsi ses prises de rĂŽles chez Verdi : Leonora du TrouvĂšre, surtout Lady Macbeth rĂ©cemment
 autant d’incarnations fortes et puissantes qui aux cĂŽtĂ©s de sa Iolanta (Tchaikovski) ont Ă©tĂ© d’éblouissantes rĂ©ussites. L’opĂ©ra Manon Lescaut de Puccin lui a permis de chanter aux cĂŽtĂ©s de son Ă©poux (depuis 2014), le baryton Yusif Eyvazov (Renato Des Grieux), — Anna Netrebko reprendra le rĂŽle de Manon au Metropolitan Opera de New York du 14 novembre au 3 dĂ©cembre 2016 (voir ici l’agenda d’Anna Netrebko)
Aujourd’hui, Anna Netrebko avoue ne chanter que des rĂŽles qu’elle aime viscĂ©ralement. VoilĂ  pourquoi elle ne chantera jamais Norma par exemple
 mais aussi voilĂ  pourquoi elle se permet d’aborder deux airs (irrĂ©sistibles) de Turandot de Puccini, au studio
 Ă  dĂ©couvrir dans son prochain album : « Verismo » (parution dĂ©but septembre 2016) : le visuel du nouveau cd l’indique clairement : Anna Netrebko ne fait pas qu’ĂȘtre l’une des plus belles sopranos au monde, l’interprĂšte affirme aussi une audace artistique intacte qui la conduit Ă  aborder aujourd’hui des personnages. inimaginables Ă  ses dĂ©buts salzbourgeois
 La mozartienne belcantiste, rĂ©cemment verdienne de choc, serait-elle en dĂ©finitive vĂ©riste et puccinienne ? RĂ©ponse chez DG dĂ©but septembre 2016. Annonce, prĂ©sentation, compte rendu critique complet Ă  venir sur classiquenews.com

Illustration : en tiare d’impĂ©ratrice (rĂ©fĂ©rence Ă  la princesse orientale Turandot?), Anna Netrebko paraĂźt Ă©nigmatique, sĂ©duisante, irrĂ©sistible en couverture de son prochain album “Verismo”…

Prochains rĂŽles d’Anna Netrebko :

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofLady Macbeth dans Macbeth de Verdi : 18,21, 27 dĂ©cembre 2016 Ă  l’OpĂ©ra de Munich
Leonora dans Il Trovatore de Verdi : 5-18 fĂ©vrier 2017 Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
Violetta Valéry dans La Traviata de Verdi : 9-14 mars 2017, Scala de Milan
Tatiana dans EugÚne Onéguine de Tchaikovski : 30 mars-22 avril 2017, Metropolitan Opera New York
puis Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, du 16 au 31 mai 2017

CD, annonce. VERISMO : le nouvel album d’Anna Netrebko

netrebko-verismo-cd-classiquenews-Netrebko-anna-verismo-antonio-pappano-cd-review-announce-compte-rendu-cd-classiquenews-SEPTEMBRECD, annonce. Verismo : le prochain album d’Anna Netrebko (1 cd Deutsche Grammophon). Tiare orientaliste et byzantine Ă  la Turandot, la diva austro-russe, dĂ©couverte par Gergiev Ă  Saint-Petersbourg, annonce son nouvel album dĂ©diĂ© aux compositeurs fin de siĂšcle et dĂ©but XXĂš, dans l’ombre de Puccini : VERISMO. AnnoncĂ© le 2 septembre 2016, le programme Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon confirme les derniĂšres Ă©volutions de sa voix : moins bel cantiste (elle vient de renoncer Ă  chanter Norma Ă  Covent Garden en septeĂčbre 2016), plus expressive et dramatique (lirico spinto?). Sa voix brillante gagnerait-elle en largeur et medium, en expressivitĂ© large et ronde ? A ses cĂŽtĂ©s, le chef Antonio Pappano et son mari, le tĂ©nor Yusif Eyvazov pour un cycle de sĂ©quences thĂ©Ăątrales et lyriques, extraites des opĂ©ras de Leoncavallo, Ponchielli, Boito, Giordano, Catalani
 soit une sĂ©lection d’hĂ©roĂŻnes passionnĂ©es, amoureuses tiraillĂ©es, Ăąmes sacrificielles, pour lesquelles la diva la plus mĂ©diatisĂ©e de la planĂšte, offre son timbre charnel Ă©blouissant, aux couleurs irrĂ©sistibles
 Anna Netrebko Ă©largit son rĂ©pertoire : aprĂšs avoir chantĂ© les hĂ©roĂŻnes verdiennes : Lady Macbeth, Leonora (dans Le TrouvĂšre, OpĂ©ra Bastille janvier et fĂ©vrier 2016)


, voici les femmes dĂ©terminĂ©es, nouvelles lionnes rugissantes mais sĂ©ductrices propre au vĂ©risme italien, lui-mĂȘme mĂȘme inspirĂ© du naturalisme français de Zola. INFOS Ă  suivre sur classiquenews

Netrebko anna verismo antonio pappano cd review announce compte rendu cd classiquenews SEPTEMBRE


RETROVISION

 


Les derniers cd d’Anna Netrebko prĂ©sentĂ©s, critiquĂ©s sur CLASSIQUENEWS :

  • Iolanta : le nouveau dĂ©fi lyrique d'Anna Netrebko !

    La Iolanta d’Anna Netrebko (scĂšne, cd, cinĂ©ma)

    Netrebko, Anna., Tchaikovski, Piotr Illiytch., DEUTSCHE GRAMMOPHON

    légendaires, musique romantique, opéra

    New York, MET. Tchaikovski : Anna Netrebko chante Iolanta. Qu’on le veuille ou non, le marketing des stars d’aujourd’hui est remarquablement planifiĂ© : au moment oĂč DG publie en cd sa Iolanta captĂ©e sur le vif en 2014, Anna Netrebko reprend le rĂŽle sur les planches new yorkaises en janvier et fĂ©vrier (avec une retransmisision dans les salles de cinĂ©ma annoncĂ©e le 14 fĂ©vrier 2015)
 Remarquable incarnation pour la diva qui ne cesse de remporter ses nouveaux paris sur la scĂšne lyrique
   Pour la saison 1891-1892, les ThĂ©Ăątres ImpĂ©riaux commandent 2 nouvelles Ɠuvres Ă  TchaĂŻkovski : un opĂ©ra, qui


 

  • verdi cd Anna Netrebko Placido Domingo deutsche grammophon Giovanna d'Arco DG CD

    CD. Verdi : Giovanna D’Arco (Netrebko, Domingo. Salzbourg 2013)

    Netrebko, Anna., Verdi, Giuseppe, Deutsche Grammophon

    musique romantique, opéra

    CD, critique. Verdi : Giovanna D’Arco (Netrebko, Domingo. Salzbourg 2013). Giovanna d’Arco est redevable Ă  la premiĂšre maniĂšre de Verdi, un compositeur alors en plein succĂšs celui de Nabucco, Ă  la maniĂšre guerriĂšre, vive, fiĂ©vreuse qui cependant ici Ă©tonne par la ciselure dĂ©licate rĂ©servĂ©e Ă  l’hĂ©roĂŻne : Giovanna. Sur les traces de Schiller, une source chĂ©rie Ă  laquelle il puisera encore la trame de Luisa Miller entre autres
, Verdi s’intĂ©resse au profil de la jeune vierge, paysanne de DomrĂ©my devenue chevalier, infĂ©odĂ©e au service puis  ici, Ă  l’amour du roi Charles VII (Carlo). L’histoire est totalement rĂ©Ă©crite Ă  la faveur

  • anna Netrebko, cd souvenris 2008

    CD. Anna Netrebko: Souvenirs (2008)

    Netrebko, Anna, Hahn, Deutsche Grammophon

    légendaires, musique classique, musique contemporaine, opéra

    CD. Anna Netrebko : Souvenirs (2008) 
   Anna Netrebko n’est pas la plus belle diva actuelle, c’est aussi une interprĂšte Ă  l’exquise et suave musicalitĂ©. Ce quatriĂšme opus solo est un magnifique album. L’un de ses plus bouleversants. Ne vous fiez pas au style sucrĂ© du visuel de couverture et des illustrations contenues dans le coffret (lequel comprend aussi un dvd bonus et des cartes postales!), un style maniĂ©riste Ă  la Bouguereau, digne du style pompier pure origine
 C’est que sur le plan musical, la diva, jeune maman en 2008, nous a concoctĂ© un voyage serti de plusieurs joyaux qui

  • FIhIhBas2k_2013710BZZWI77UB5-1

    CD. Anna Netrebko : Verdi

    Netrebko, Anna, Verdi, Giuseppe, Deutsche Grammophon

    musique romantique, opéra

    CD. Anna Netrebko : Verdi   
     Anna Netrebko signe un rĂ©cital Verdi pour Deutsche Grammophon d’une haute tenue expressive. Soufflant le feu sur la glace, la soprano saisit par ses risques, son implication qui dans une telle sĂ©lection, s’il n’était sa musicalitĂ©, aurait Ă©tĂ© correct sans plus 
 voire tristement pĂ©rilleuse. Le nouveau rĂ©cital de la diva russo autrichienne marquera les esprits. Son engagement, sa musicalitĂ© gomment quelques imperfections tant la tragĂ©dienne hallucinĂ©e exprime une urgence expressive qui met dans l’ombre la mise en pĂ©ril parfois de la technicienne : sa Lady Macbeth comme son Elisabeth (Don Carlo) et sa


Iolanta au Palais Garnier

France Musique, le 26 mars 2016, 19h30. Iolanta de Tchaikovski. Production Ă  l’affiche du Palais Garnier Ă  Paris, jusqu’au 1er avril et en couplage avec dans la mĂȘme soirĂ©e : Casse-Noisette. Le dernier opĂ©ra de Tchaikovski occupe l’affiche de l’OpĂ©ra de Paris, entrĂ©e au rĂ©pertoire qui permet aux parisiens de mesurer le gĂ©nie et la modernitĂ© du dernier Tchaikovski. Le ThĂ©Ăątre parisien restitue l’ouvrage tel qu’il fut crĂ©Ă© au Mariisnky, couplĂ© avec le ballet Casse-Noisette.

tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855Pour la saison 1891-1892, les ThĂ©Ăątres ImpĂ©riaux commandent 2 nouvelles Ɠuvres Ă  TchaĂŻkovski : un opĂ©ra, qui est son 10Ăšme et dernier ouvrage lyrique, Iolanta et le lĂ©gendaire ballet, Casse-Noisette. Les deux partitions portant la marque du dernier TchaĂŻkovski : un sentiment irrĂ©pressiblement tragique s’accompagne d’une orchestration particuliĂšrement raffinĂ©e. Iolanta mĂȘle histoire et fĂ©erie : le compositeur aborde comme un conte de fĂ©e l’histoire mĂ©diĂ©vale française (Ă  la Cour du Roi RenĂ© de Provence) oĂč Iolanta est une princesse aveugle qui apprend l’amour. L’HĂ©roĂŻne rĂ©alise sa propre Ă©mancipation en osant se dĂ©tacher symboliquement du pĂšre (qui la tient enfermĂ©e et entretient sa cĂ©citĂ©). L’action suit la lente renaissance d’une Ăąme qui dĂ©couvre enfin la vraie vie ; c’est Ă  dire comment elle rĂ©ussit son passage de l’enfance Ă  la maturitĂ© d’une adulte. De fille sĂ©questrĂ©e, infantilisĂ©e, elle devient femme dĂ©sirable et conquise
 A la suite de Tatiana d’EugĂšne OnĂ©guine, Iolanta doit d’abord prendre conscience de sa cĂ©citĂ© avant de trouver son identitĂ©, diriger son destin, devenir elle-mĂȘme. Des tĂ©nĂšbres de l’aveuglement Ă  la lumiĂšre … de la connaissance et de l’amour.

Tuer le pĂšre, suivre la lumiĂšre. La qualitĂ© et la richesse des mĂ©lodies qui se succĂšdent intensifient le drame, conçu en un seul acte sur le livret du frĂšre de Piotr Illiych, Modeste. L’ouverture et la mise en avant des instruments Ă  vents (chant plaintif et vĂ©nĂ©neux, presque Ă©nigmatique du hautbois et du cor anglais, accompagnĂ© par les bassons et les cors
), cette aspiration Ă©chevelĂ©e aux couleurs et rĂ©sonances de l’étrange rĂ©alisant une immersion dans un monde fĂ©erique et fantastique mais intensĂ©ment psychologique  (l’ouverture a Ă©tĂ© trĂšs critiquĂ©e par Rimsky), la figure du docteur maure Ebn Hakia (baryton), rare incursion d’un orientalisme concĂ©dĂ© (beaucoup plus flamboyant chez les autres compositeurs russes comme Rimsky), la concentration de la musique sur la vie intĂ©rieure des protagonistes, l’absence des chƓurs, tout l’itinĂ©raire de la jeune fille aux rĂ©sonances psychanalytiques, des tĂ©nĂšbres Ă  l’éblouissement positif final-, fondent l’originalitĂ© du dernier opĂ©ra de TchaĂŻkovski : comme l’expĂ©rience d’un passage, de l’enfance aveugle Ă  l’ñge adulte (pleinement conscient), Iolanta est un huis-clos oĂč s’exprime le mouvement de la psychĂ© d’une jeune femme Ă  l’esprit ardent, tenue (par son pĂšre le roi RenĂ©) Ă  l’écart du monde.
AprĂšs la mort de TchaĂŻkovski (1893), Mahler assure la crĂ©ation allemande de Iolanta (Hambourg). L’oeuvre plus applaudie que Casse-Noisette Ă  sa crĂ©ation russe (Saint-PĂ©tersbourg en 1892), traverse l’oublie jusqu’en 1940 quand la cantatrice russe Galina VichnievskaĂŻa, affirme et la figure captivante du personnage d’Iolanta, et la magie symphonique d’un opĂ©ra Ă  redĂ©couvrir. Car tout TchaĂŻkovski et le meilleur de son inspiration se concentrent dans Iolanta, vĂ©ritable miniature psychologique. Et fait rare chez le compositeur de la Symphonie « tragique », le drame se finit bien. RĂ©cemment c’est l’ardente et suave Anna Netrebko qui incarnait une Iolanta touchĂ©e par la grĂące de la rĂ©demption (Metropolitan de New York en janvier 2015, puis cd Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon dans la foulĂ©e)

L’INTRIGUE de Iolanta. L’OpĂ©ra Iolanta est en un acte et 9 tableaux. Alors que le Roi RenĂ© tient Ă  l’écart du monde, sa propre fille Iolanta, aveugle, absente Ă  sa propre infirmitĂ©, le mĂ©decin maure Ebn Hakia (baryton) annonce que la jeune princesse doit prendre conscience de son handicap pour s’en dĂ©tacher et peut-ĂȘtre en guĂ©rir
le Roi trop possessif demeure indĂ©cis mais le comte VaudĂ©mont (tĂ©nor), tombĂ© amoureux de Iolanta, lui apprend la lumiĂšre et l’amour : Iolanta, consciente dĂ©sormais de ce qu’elle est, peut dĂ©couvrir le monde et vivre sa vie. La jeune femme tenue cloĂźtrĂ©e, fait l’expĂ©rience de la maturitĂ© : en se dĂ©tachant du joug paternel, elle s’émancipe enfin.

VISITER la page de Iolanta sur le site de l’OpĂ©ra national de Paris

LIRE aussi la critique complĂšte du spectacle Iolanta au Palais Garnier Ă  paris, avec Sonia Yoncheva dans la mise en scĂšne de Dmitri Tcherniakov

Compte-rendu, opĂ©ra. Paris, OpĂ©ra Bastille, le 31 janvier 2016. Verdi: Il trovatore. Anna Netrebko, Ludovic TĂ©zier…

netrebko-anna-leonora-verdi-trovatore-review-presentation-dossier-classiquenewsIl est de rares occasions oĂč l’univers lyrique scintille d’Ă©motions… La premiĂšre de la nouvelle production d’Il Trovatore de Verdi Ă  l’OpĂ©ra Bastille est une de ces occasions. Il s’agĂźt d’une coproduction avec l’OpĂ©ra National Ă  Amsterdam, dont la mise en scĂšne est signĂ©e Alex OllĂ©, du fameux cĂ©lĂšbre collectif catalan La Fura dels Baus. Les vĂ©ritables pĂ©pites d’or rĂ©sident dans la distribution des chanteurs, avec nulle autre que la soprano Anna Netrebko, Prima Donna Assoluta, avec un Marcelo Alvarez, une Ekaterina Semenchuk et surtout un Ludovic TĂ©zier dans la meilleure de leurs formes ! L’Orchestre maison est dirigĂ© par le chef milanais Daniele Callegari.

Verdi de qualité

Enrico Caruso a dit une fois (selon l’anecdote) que tout ce qu’il fallait pour une performance rĂ©ussie d’Il Trovatore de Verdi n’Ă©tait pas moins que les quatre meilleurs chanteurs du monde. Avec l’excellente distribution d’ouverture (sachant qu’il y en une deuxiĂšme), la nouvelle administration de la maison parisienne montre sa volontĂ© d’ouverture, de progrĂšs, d’excellence. Si nous ne comprenons toujours pas l’absence (ou presque) de grandes vedettes lyriques lors du dernier mandat, nous nous rĂ©jouissons d’ĂȘtre tĂ©moins d’une premiĂšre Ă  l’OpĂ©ra Bastille avec un si haut niveau vocal. Il Trovatore de Verdi est au centre de ce qu’on nomme la trilogie de la premiĂšre maturitĂ© de Verdi, avec Rigoletto et La Traviata. De facture musicale peut-ĂȘtre moins moderne que Rigoletto, une Ɠuvre moins formelle, Il Trovatore reste depuis sa premiĂšre, l’un des plus cĂ©lĂšbres opĂ©ra, jouĂ© partout dans le monde, uniquement surpassĂ© par… La Traviata.

L’histoire moyenĂągeuse inspirĂ©e d’une piĂšce de thĂ©Ăątre espagnole du XIXe siĂšcle d’Antonio Garcia GutiĂ©rrez, est le prĂ©texte idĂ©al pour le dĂ©ploiement de la force et l’inventivitĂ© mĂ©lodique propres Ă  Verdi. Dans l’Espagne du XVe siĂšcle ravagĂ©e par des guerres civiles, deux ennemis politiques se battent Ă©galement pour le cƓur de Leonora, dame de la cour. L’un est un faux trouvĂšre Ă©levĂ© par une gitane, l’autre est un Duc fidĂšle au Roi d’Espagne. Ils sont frĂšres sans le savoir. On traverse une marĂ©e de sentiments et d’Ă©motions musicales, et thĂ©Ăątralement trĂšs invraisemblables, avant d’arriver Ă  la conclusion tragique si aimĂ©e des romantiques.

trovatore_1La Leonora d’Anna Netrebko Ă©tonne dĂšs son premier air « Tacea la notte placida… Di tale amor » pyrotechnique Ă  souhait et fortement ovationnĂ©. Depuis ces premiers instants, elle ne fait que couper le souffle de l’auditoire avec l’heureux dĂ©ploiement de ses talents virtuoses. Non seulement elle rĂ©ussit Ă  remplir l’immensitĂ© de la salle, mais elle le fait avec une facilitĂ© vocale confondante, complĂštement habitĂ©e par la force musicale (plus que thĂ©Ăątrale) du personnage. Nous avons droit avec elle Ă  une technique impeccable, un enchaĂźnement de sublimes mĂ©lodies, un timbre tout aussi somptueux baignant la salle en permanence… Dans ce sens, elle rayonne autant (et parfois mĂȘme Ă©clipse ses partenaires) dans les nombreux duos. Si son bien-aimĂ© Manrico est solidement jouĂ© par le tĂ©nor Marcelo Alvarez, d’une grande humanitĂ©, avec une diction claire du texte et du sentiment dans l’interprĂ©tation, nous sommes davantage impressionnĂ©s par la performance de Ludovic TĂ©zier en Conte di Luna. Son air « Il balen del suo sorriso » au IIe acte, oĂč il exprime son amour passionnĂ© pour Leonora est un moment d’une beautĂ© terrible. Le Luna de TĂ©zier brille de prestance, de caractĂšre, de sincĂ©ritĂ©. Une prise de rĂŽle inoubliable pour le baryton Français. Son duo avec la Netrebko au IVe acte est aussi de grand impact et toujours trĂšs fortement ovationnĂ© par le public. L’Azucena d’Ekaterina Semenchuk, faisant ses dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra de Paris, offre une prestation Ă©galement de qualitĂ©, avec un timbre qui correspond au rĂŽle Ă  la fois sombre et dĂ©licieux (ma non tanto!), et une prĂ©sence scĂ©nique aussi pertinente.

trovatore3Les choeurs de l’OpĂ©ra de Paris dirigĂ©s par JosĂ© Luis Basso est l’autre protagoniste de l’oeuvre. Que ce soit le choeur des nonnes, des militaires ou des gitans, leur dynamisme est spectaculaire et leur impact non-nĂ©gligeable, notamment lors de l’archicĂ©lĂšbre choeur des gitans au deuxiĂšme acte « Vedi ! Le fosche notturne spoglie » ,  bijou d’intelligence musicale, coloris et efficacitĂ©, particuliĂšrement remarquable. Ce choeur qui enchaĂźne sur une chansonnette d’Azucena est aussi une opportunitĂ© pour le chef Daniele Callegari de montrer les capacitĂ©s de la grosse machine qu’est l’Orchestre de l’OpĂ©ra. Sous sa direction les moments explosifs le sont tout autant sans devenir bruyants, et les rares moments Ă©lĂ©giaques le sont tout autant et sans prĂ©tention. Si l’Ă©quilibre est parfois dĂ©licat, voire compromis, l’ensemble imprĂšgne la salle sans dĂ©faut et pour le plus grand bonheur des auditeurs.

L’audience paraĂźt moins rĂ©ceptive de la proposition scĂ©nique d’Alex OllĂ©, quelque peu huĂ©e Ă  la fin de la reprĂ©sentation. L’un des « problĂšmes » dans certains opĂ©ras est toujours le livret, en tout cas pour les metteurs en scĂšne. Dans Il Trovatore, la structure en 4 actes est telle qu’un dĂ©roulement formel et logique opĂšre quoi qu’il en soit, mais ce uniquement grĂące Ă  la force dramatique inhĂ©rente Ă  la plume de Verdi. Le collectif catalan propose une mise en scĂšne mi-abstraite, mi-surrĂ©aliste, mĂȘme dans les dĂ©cors et costumes, elle est mi-stylisĂ©e, mi-historique. Si les impressionnants dĂ©cors font penser Ă  un labyrinthe anonyme, avec des blocs trĂšs utilitaires -parfois murs, parfois tombes, etc.-,  les dĂ©placements de ces blocs demeurent trĂšs habiles ; il nous semble qu’au-dessous de tout ceci (et ce n’est pas beaucoup), il y a quelques chanteurs-acteurs de qualitĂ© parfois livrĂ©s Ă  eux-mĂȘmes. Quelques tableaux se distinguent pourtant, comme l’entrĂ©e des gitans au deuxiĂšme acte notamment, et la proposition, quoi qu’ajoutant peu Ă  l’Ɠuvre, ne lui enlĂšve rien, et l’on peut dire qu’on est plutĂŽt invitĂ© Ă  se concentrer sur la musique. D’autant que musicalement cette production est une Ă©clatante rĂ©ussite ! A voire encore les 3, 8, 11, 15, 20, 24, 27 et 29 fĂ©vrier ainsi que les 3, 6, 10 et 15 mars 2016, avec deux distributions diffĂ©rentes (NDLR : pour y Ă©couter le chant incandescent d’Anna Netrebko, vĂ©rifier bien la date choisie encore disponible)

 

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Compte rendu, opĂ©ra. Paris. OpĂ©ra National de Paris, OpĂ©ra Bastille. le 31 janvier 2016. G. Verdi : Il Trovatore. Anna Netrebko, Marcelo Alvarez, Ludovic Tezier… Choeur et Orchestre de l’OpĂ©ra National de Paris. JosĂ© Luis Basso, chef des choeurs. Daniele Callegari, direction musicale. Allex OllĂ© (La Fura dels Baus), mise en scĂšne. Illustrations : Anna Netrebko, Ludovic TĂ©zier (DR)

 

Paris. Anna Netrebko chante Leonora

Divina Netrebko !Paris, Bastille. Anna Netrebko chante Leonora, du 31 janvier au 15 fĂ©vrier 2016. C’est l’incarnation que tous les amateurs parisiens attendent avec impatience… (Re)dĂ©couvrir la grande soprano Anna Netrebko au timbre de braise et Ă  la sensualitĂ© angĂ©lique dans un rĂŽle dĂ©sormais fĂ©tiche et Ă  Paris, pour 5 dates. Ardente torche sacrificielle, amoureuse Ă©perdue confinant Ă  l’abstraction, d’une ivresse vertigineuse capable de l’anĂ©antir (de fait elle en mourra comme le TrouvĂšre), la Leonora du TrouvĂšre de Verdi est Ă©crite pour une soprano agile et puissante, mais pas dramatique. Callas a marquĂ© le rĂŽle par son intensitĂ© angĂ©lique. La partition n’a pas les invraisemblances ici et lĂ  soulignĂ©es et son fantastique spectaculaire, associant terreur et transe amoureuse inspire Ă  verdi l’une de ses plus Ă©blouissantes actions. Anna Netrebko annoncĂ©e dans le rĂŽle qui a fait dĂ©jĂ  ses triomphes prĂ©cĂ©dents Ă  Berlin et Ă  Salzbourg, retrouve la candeur embrasĂ©e du personnage sur les planches parisiennes du 31 janvier au 15 fĂ©vrier 2016 : inutile de dire que l’OpĂ©ra Bastille fonctionnera alors Ă  guichets fermĂ©s. Souhaitons que pour les nombreux spectateurs n’ayant pas pu applaudir leur soprano adulĂ©e, une chaĂźne de radio retransmette l’une des soirĂ©es (en fait Radio Classique, lire ci aprĂšs). La diva austro russe est si rare en France. D’autant que sa Leonora parisienne 2016 pourrait encore approfondir ses Leonora prĂ©cĂ©dentes dĂ©jĂ  stupĂ©fiantes et bouleversantes captĂ©es Ă  Berlin en 2013, puis Salzbourg en 2014. Un itinĂ©raire jalonnĂ©e d’accomplissements (sa Leonora est peut-ĂȘtre avec Iolanta de Tchaikovski, l’une de ses incarnations les plus rĂ©ussies).

La production tient l’affiche jusqu’au 15 mars avec des chanteurs diffĂ©rents (bien vĂ©rifier la distribution pour les dates de votre venue). Aux cĂŽtĂ©s d’Anna Netrebko, pas moins que Marcello Alvarez (Manrico le TrouvĂšre, lui aussi ardent, hallucinĂ©), Ludovic TĂ©zier (Luna inflexible). VoilĂ  une production verdienne Ă  Paris qui promet des Ă©tincelles.

boutonreservationParis, Opéra Bastille
Verdi : Le TrouvĂšre
Du 31 janvier au 15 mars 2016
Daniele Callegari, direction
Nouvelle production
Alex Ollé, La Fura dels Baus, mise en scÚne
Avec Anna Netrebko, Marcello Alvarez, Ludovic tĂ©zier (attention aux dates: les 3 solistes n’assurent pas toutes les reprĂ©sentations)

Diffusion en direct et sur Radio classique le 11 février 2016.

LIRE aussi Anna Netrebko chante Leonora en direct du Metropolitan opera de New York, le 3 octobre 2015

LIRE aussi Anna Netrebko chante Leonora à Salzbourg, août 2014

LIRE aussi Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg et su Arte, le 15 août 2014

LIRE notre critique complĂšte du DVD TrouvĂšre de Verdi avec Anna Netrebko et Placido Domingo (dvd Deutsche Grammophon) Berlin 2013

LIRE notre critique complÚte du cd Iolanta par Anna Netrebko (Metropolitan opera New York, février 2015)

Compte rendu, opĂ©ra. Poitiers. CGR Castille en direct de Milan. Verdi : Giovanna d’Arco, opĂ©ra en un prologue et trois actes sur un livret de Temistocle Solera d’aprĂšs le livre de Friedrich von Schiller «La pucelle d’OrlĂ©ans». Anna Netrebko, Anna, Francesco Meli, Carlo VII, Devid Cecconi, Giacomo 
 Orchestra e coro alla Scala. Riccardo Chailly, direction. Mosche Leiser et Patrice Caurier, mise en scĂšne; Agostino Cavalca, costumes; Christophe Forey, lumiĂšres; Christian Fenouillat, dĂ©cors; Leah Hausman, chorĂ©graphies; Etienne Guiol, vidĂ©os.

Avec l’abandon de sa collaboration avec le Royal Opera House de Londres, les cinĂ©mas CGR de la rĂ©gion-Poitou Charentes en gĂ©nĂ©ral et de Poitiers en particulier n’ont plus de partenariat squ’avec les grandes scĂšnes lyriques italiennes. C’est ainsi que nous avons pu voir hier en direct, l’ouverture de la saison lyrique de la plus prestigieuse d’entre elles : la Scala de Milan. Pour cette saison 2015 / 2016, La Scala prĂ©sente un opĂ©ra trĂšs mĂ©connu de Giuseppe Verdi (1813-1901) : Giovanna d’Arco. Pour cette Ɠuvre, Verdi et son librettiste, Temistocle Solera, se sont inspirĂ©s du livre de Friedrich von Schiller «La pucelle d’OrlĂ©ans». Absente de la scĂšne milanaise depuis cent cinquante ans, Giovanna d’Arco y revient estampillĂ©e du label «nouvelle production». Dans le rĂŽle-titre, la diva verdienne Anna Netrebko en trĂšs grande forme. Quant Ă  la mise en scĂšne, elle a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  un duo français : Mosche Leiser et Patrice Caurier.

 

Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco

La Scala ressuscite Giovanna d’Arco des cartons aprĂšs 
 150 ans d’absence Ă  Milan

 

La mise en scĂšne, justement, est quelque peu Ă©trange. Se basant sur la faiblesse, rĂ©elle cependant, du livret les deux metteurs en scĂšne ont placĂ© l’action au XIXe siĂšcle dans ce qui ressemble Ă©trangement Ă  un hĂŽpital psychiatrique version bourgeoise. Dans cette optique nous ne quittons jamais vraiment la chambre de la jeune fille qui se prend pour Jeanne d’Arc. De temps en temps, le mur de fond bouge pour permettre au choeur ou aux solistes d’aller et venir sauf dans le premier acte oĂč il est totalement ouvert juste aprĂšs la victoire de Jeanne et de Charles. Ce qui sauve l’ensemble, ce sont les lumiĂšres superbes de Christophe Foret et les chorĂ©graphies de Leah Hausman : la danse des dĂ©mons lors du duo Carlo/Giovanna est une rĂ©ussite malgrĂ© la cruditĂ© de la scĂšne. Les derniers Ă©pisodes de l’opĂ©ra sont hors sujet. Quelle drĂŽle d’idĂ©e de laisser Giovanna sur la scĂšne pendant que son pĂšre commente l’ultime bataille dans laquelle elle trouve la mort en sauvant le roi de France. Quant Ă  la mort de Giovanna, elle est un peu bizarre, voire totalement hors sujet. Comme on ne sait plus vraiment si on est sur le champs de bataille du XVe siĂšcle ou dans un hĂŽpital psychiatrique du XIXe siĂšcle, les metteurs en scĂšne font mourir Giovanna, en une scĂšne de la folie de la jeune fille qui se prenait pour la pucelle. Quant aux costumes Ă  part ceux de Giacomo, qui reste rĂ©solument au XIXe siĂšcle et de Carlo qui est un peu trop dorĂ© dĂ©tonnant ainsi sur la scĂšne de la Scala, ils vont plutĂŽt bien aux personnages. Dans un tel mĂ©lange d’Ă©poques et de styles, seul le choeur est bien servi avec des costumes XVe superbes.

 

 

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Vocalement en revanche, nous n’avons que des satisfactions. Anna Netrebko qui campe Giovanna est Ă©clatante de santĂ©. La voix est somptueuse et la soprano russe utilise son instrument avec une maĂźtrise quasi parfaite donnant Ă  la jeune hĂ©roĂŻne une puissance bienvenue. Si Netrebko a fait de grand progrĂšs comme actrice, elle rĂ©vĂšle cependant de sĂ©rieux soucis concernant la diction pas toujours trĂšs nette. Face Ă  elle, Francesco Meli incarne un Carlo VII flamboyant. Si nous regrettons qu’il soit affublĂ© d’un costume et d’un maquillage excessivement dorĂ©s, – trop de dorure tue la dorure-, la voix est chaleureuse, ronde, puissante ; la tessiture correspond parfaitement au rĂŽle. SurvoltĂ© le jeune tĂ©nor donne Ă  Carlo un charisme trĂšs fort qui manquait cruellement au vĂ©ritable Charles VII dans les premiĂšres annĂ©es de son rĂšgne. Le cas de Devid Cecconi (Giacomo) est un peu particulier. AppelĂ© par la Scala pour la prĂ©-gĂ©nĂ©rale, la gĂ©nĂ©rale et l’ante-prima (rĂ©servĂ©e au jeune public) pour remplacer Carlos Alvarez souffrant qui se contentait de jouer, il a Ă©tĂ© rappelĂ© en catastrophe pour remplacer son collĂšgue atteint par une bronchite carabinĂ©e et interdit de scĂšne juste avant la premiĂšre par le mĂ©decin qui l’a auscultĂ©. Dans ces circonstances, si particuliĂšres nous passerons rapidement sur une performance scĂ©nique trĂšs en-deça de celle de ses deux collĂšgues survoltĂ©s par un public tout acquis Ă  leur cause. Il faut quand mĂȘme bien reconnaĂźtre que ce pauvre Giacomo n’est servi ni par la mise en scĂšne ni par son costume XIXe. Vocalement en revanche, Cecconi n’a rien Ă  envier Ă  Alvarez, qu’il remplace trĂšs avantageusement, ni Ă  ses partenaires. Et d’ailleurs le public a si bien compris la situation qu’il a acclamĂ© le jeune baryton autant que les deux autres chanteurs. Saluons rapidement le Talbot trĂšs honorable de Dmitry Beloselskiy et la trop brĂšve apparition de Michele Mauro (Delil). Dernier personnage de cette Giovanna d’Arco : le choeur de la Scala. Il a Ă©tĂ© parfaitement prĂ©parĂ© par son chef que ce soit pour ses interventions hors scĂšne, les plus difficiles, ou sur scĂšne.

Dans la fosse c’est Riccardo Chailly qui prend en main l’orchestre de la Scala. Excellent musicien et fin connaisseur des opĂ©ras de Verdi, le chef, dont nous avions d’ailleurs saluĂ© le superbe concert d’ouverture du festival Verdi de Parme en 2013, prend ses musiciens en main avec une belle autoritĂ©. La direction de Chailly, qui inaugure ainsi ses prises de fonction comme nouveau directeur musicale de La Scala, est dynamique, juste, sans dĂ©faillance. TrĂšs attentif Ă  ce qui se passe sur la scĂšne, il veille Ă  ne jamais couvrir ses chanteurs et les accompagne avec un soin tout particulier, ciselant chaque note, chaque phrase tel un magicien soignant ses tours.

Ainsi, nonobstant une mise en scĂšne qui se trouve un peu entre la poire et le dessert, la nouvelle Giovanna d’Arco est musicalement superbe avec un trio complĂštement survoltĂ©. Le pari est d’autant plus grand que cet opĂ©ra de Verdi ne renait de ses cendres que depuis peu d’annĂ©es. Notons aussi qu’il s’agit d’un retour important et trĂšs attendu Ă©tant donnĂ© que Giovanna d’Arco n’avait pas Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  la Scala de Milan depuis 
 1865. Dans de telles conditions, nous aurions apprĂ©ciĂ© de voir une mise en scĂšne plus sobre. Il y a nĂ©anmoins un vrai travail de rĂ©flexion, et nous aurions prĂ©fĂ©rĂ© qu’elle soit effectivement situĂ©e Ă  l’Ă©poque Ă  laquelle se dĂ©roule l’histoire et non dans un obscur hĂŽpital psychiatrique du XIXe siĂšcle avec des allers-retours au XVe siĂšcle qui ajoute de la confusion.

Compte rendu, l’opĂ©ra au cinĂ©ma. Poitiers, CGR Castille en direct de Milan. Giuseppe Verdi (1813-1901): Giovanna d’Arco, opĂ©ra en un prologue et trois actes sur un livret de Temistocle Solera d’aprĂšs le livre de Friedrich von Schiller «La pucelle d’OrlĂ©ans». Anna Netrebko, Anna; Francesco Meli, Carlo VII; Devid Cecconi, Giacomo; Dmitry Beloselskiy, Talbo;, Michele Mauro, Delil. Orchestra e coro alla Scala. Riccardo Chailly, direction. Mosche Leiser et Patrice Caurier, mise en scĂšne; Agostino Cavalca, costume; Christophe Forey, lumiĂšres; Christian Fenouillat, dĂ©cors; Leah Hausman, chorĂ©graphies; Etienne Guiol, vidĂ©os.

Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi Ă  la Scala

RAYONNANTE NETREBKOarte_logo_2013TĂ©lĂ©, Arte. Lundi 7 dĂ©cembre 2015 : Giovanna d’Arco de Verdi. EvĂ©nement lyrique de dĂ©cembre et nouvelle prise de rĂŽle (scĂ©nique) pour la star Anna Netrebko : sa Giovanna d’Arco tient l’affiche ce jour Ă  la Scala de Milan, lundi 7 dĂ©cembre 2015 (18h). Nouvelle production rĂ©alisĂ©e par le duo de metteur en scĂšne Moshe Leiser et Patrice Caurier. Le 7 dĂ©cembre marque aussi l’entrĂ©e en fonction du nouveau directeur musical de la Scala, Riccardo Chailly. CrĂ©Ă© Ă  la Scala en 1845, l’opĂ©ra Giovanna d’Arco de Verdi vit un grand retour dans la salle qui l’a vu naĂźtre. LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte de Giovanna d’Arco. A l’affiche de La Scala de Milan les 7, 10, 13, 15, 18, 21, 23 dĂ©cembre 2015 puis 2 janvier 2016

 

 

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VOIR sur le site de La Scala, la page dĂ©diĂ©e Ă  Giovanna d’Arco de Verdi avec Anna Netrebko, sous la direction de Riccardo Chailly

 

Le 7 dĂ©cembre 2015, Ricardo Chailly va vivre sa premiĂšre “Inaugurazione” en ouvrant la nouvelle saison de la Scala de Milan en tant que nouveau directeur musical. Anna Netrebko revient ainsi sur la scĂšne scaligĂšne depuis ses dĂ©buts ici mĂȘme en 2011. Par ailleurs, Chailly a choisi une Ɠuvre qui n’avait plus Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e Ă  la Scala  depuis 150 ans : la premiĂšre de la Giovanna d’Arco de Verdi y avait eu lieu le 15 fĂ©vrier 1845, avant que cet opĂ©ra ne disparaisse quelques annĂ©es plus tard de son rĂ©pertoire ainsi que de celui d’autres maisons d’opĂ©ra. L’histoire de la Pucelle d’OrlĂ©ans qui sauva la France durant la Guerre de Cent ans fait en effet partie des Ɠuvres les plus rarement jouĂ©es de Verdi. Un retour attendu pour une partition quasiment oubliĂ©e sur les planches oĂč elle fut crĂ©Ă©e du vivant de Verdi.

Dans le rĂŽle titre, Anna Netrebko donnera toute la mesure de son talent de Primadonna assoluta ; d’autant plus que la cantatrice austrorusse Ă©gĂ©rie du label Deutsche Gramophone a rĂ©cemment enchaĂźnĂ© les prises de rĂŽles verdiennes : sa Giovanna de dĂ©cembre 2015 fait suite ainsi Ă  sa LĂ©onora du TrouvĂšre, angĂ©lique Ă©perdue ardente et si juste, comme Ă  son Ă©tonnante Lady Macbeth d’une justesse Ă©gale. …
La diva est aussi depuis des annĂ©es une habituĂ©e du Festival de Salzbourg : elle y donnait en 2013, mais dans une version de concert sa Giovanna… dĂ©jĂ  particuliĂšrement accomplie et intense.
C’est donc en rĂ©alitĂ© une reprise ou plus exactement un prolongement qui vaut grĂące au dĂ©roulement dramatique ici avec mise en scĂšne,… accomplissement.
Sensuel, encore claire et diamantine dans les aigus, la diva la plus glamour de l’heure – avec Elena Garanća devrait offrir une nouvelle incarnation trĂšs convaincante dans un opĂ©ra qui aborde l’histoire de la Pucelle de France avec une libertĂ© romanesque propre Ă  l’opĂ©ra. Contre la vĂ©ritĂ© historique Giovanna tombe amoureuse du roi Charles (le tĂ©nor Francesco Meli). … leur relation est d’ailleurs au centre de l’action de l’opĂ©ra de Verdi.

 

ARTE, Lundi 7 dĂ©cembre 2015 : Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi Ă  la Scala de Milan (22h30)

arte_logo_2013ARTE, Lundi 7 dĂ©cembre 2015 : Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi Ă  la Scala de Milan (22h30). Le 7 dĂ©cembre 2015, Ricardo Chailly va vivre sa premiĂšre “Inaugurazione” en dirigeant la premiĂšre production de la saison lyrique 2015-2016 de la Scala de Milan en tant que nouveau directeur musical. Mais le nouveau chef de la Scala peut aussi compter sur la plus captivante verdienne (et la plus audacieuse par ses choix de rĂ©pertoire) de l’heure. Belle, incandescente, hyperfĂ©minine et dĂ©chirante, Anna Netrebko, en verdienne plus que convaincantes, cumule les prises de rĂŽles verdiens : aprĂšs Leonora, Lady Macbeth, voici sa Giovanna d’Arco Ă  la Scala (aprĂšs Salzbourg)…

 

netrebko-anna-582-390Anna Netrebko revient Ă  la Scala depuis ses dĂ©buts en 2011. Grand verdien, Riccardo Chailly a choisi Giovanni d’Arco, une Ɠuvre qui n’avait plus Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e Ă  la Scala depuis 150 ans, depuis sa crĂ©ation le 15 fĂ©vrier 1845. L’histoire de la Pucelle d’OrlĂ©ans qui sauva la France durant la Guerre de Cent ans fait partie des Ɠuvres les plus rarement jouĂ©es de Verdi. Elle offre pourtant un rĂŽle exceptionnellement engagĂ© et exigeant Ă  la soprano dĂ©signĂ©e pour en relever les dĂ©fis. L’ayant dĂ©jĂ  chantĂ© au Festival de Salzbourg 2013 (LIRE notre compte rendu du cd Giovanna d’Arco de VERDI par Anna Netrebko), Anna Netrebko sera Giovanna, Jeanne d’Arc, dĂ©voilant ce timbre charnel et Ă©clatant qui a dĂ©jĂ  rĂ©ussi dans ses prĂ©cĂ©dentes incarnations des hĂ©roĂŻnes verdiennes – sa passion actuelle : Leonora du TrouvĂšre, et rĂ©cemment Lady Macbeth (ses deux prises de rĂŽles indiscutablement rĂ©ussi Ă  Salzbourg et au Metreopolitan Opera de New York). La production scalĂšne dirigĂ©e par Riccardo Chailly compte aux cĂŽtĂ©s de la soprano austrorusse, de solides chanteurs tels Francesco Meli (le roi de France Carlo / Charles) lequel tombe amoureux de Jeanne d’Arc.

verdi cd Anna Netrebko Placido Domingo deutsche grammophon Giovanna d'Arco DG CDDans la mise en scĂšne du duo de metteurs en scĂšne, Moshe Leiser et Patrice Caurier, l’opĂ©ra de Verdi devrait prouver ses attraits mĂ©connus : nouvelle proposition de l’opĂ©ra historique d’aprĂšs le format du grand opĂ©ra français avec grands airs et choeurs. DĂ©jĂ  se profile avant Rigoletto et Le TrouvĂšre, cette ardeur expressive, ce rĂ©alisme nouveau proche du thĂ©Ăątre hugolien qui renforce malgrĂ© le prĂ©texte historique et dramatique, le relief individuel de chaque protagoniste.

 

La diffusion de Giovanna d’Arco de Verdi avec Anna Netrebko est rĂ©alisĂ©e sur Arte Ă  partir de 22h30.

 
 

RAYONNANTE NETREBKO

 
 

ARTE, lundi 7 dĂ©cembre 2015, 22h30 : Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi Ă  la Scala de Milan (22h30).

 
 
 

brahms complete orchestral music coffret box Decca review compte rendu critique cd classiquenews Freire kavakos repin mork disques cd review compte rendu critique de disque, coffret Chailly classiquenews CD. Riccardo Chailly. DECCA vient d’Ă©diter l’intĂ©grale Brahms par Riccardo Chailly pilote du Gewandhaus de Leipzig en novembre 2015. LIRE notre compte rendu critique de l’intĂ©grale Brahms par Riccardo Chailly… Directeur musical du Gewandhaus de Leipzig depuis 2005, Riccardo Chailly signe donc une intĂ©grale qui malgrĂ© certains passages Ă  vide, comporte des instants de grĂące, comme suspendus, portĂ©s par cet idĂ©al personnel de la lisibilitĂ© et de la clartĂ© qui n’empĂȘche ce que nous aimons tant chez Brahms, l’ivresse et l’extase tendre, jaillissement Ă©perdu d’une innocence prĂ©servĂ©e, intacte malgrĂ© les blessures tues, les traumatismes (Ă©couter ce mĂȘme Andante et la place accordĂ©e au chant du violoncelle : un instant de grĂące).

Anna Netrebko chante la nouvelle Giovanna d’Arco de la Scala

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitMilan, Scala. Verdi : Giovanna d’Arco. Anna Netrebko, 7-23 dĂ©cembre 2015. Pour lancer sa nouvelle saison lyrique 2015-2016, La Scala produit un opĂ©ra crĂ©Ă© sur ses planches en 1845, Giovanna d’Arco, ardente fresque historique Ă  laquelle Verdi offre un Ă©clairage psychologique particulier en soulignant le lien entre le pĂšre de Giovanna (au dĂ©but opposĂ© Ă  sa fille qu’il dĂ©nonce comme sorciĂšre) puis proche et loyal Ă  ses cĂŽtĂ© jusqu’Ă  sa mort. On sait quelle importance revĂȘt ensuite, opĂ©ra par opĂ©ra, le rapport pĂšre  / fille dans les opĂ©ras verdiens. Giovanna d’Arco est le dernier des ouvrages de jeunesse de verdi, ses fameuses annĂ©es de galĂšre oĂč il Ă©crivait plus de un ouvrage par an, s’affirmant par un sens de l’occupation et du nombre mais surtout par une sensibilitĂ© dramatique alors inouĂŻe faisant imploser les conventions de l’opĂ©ra italien.

 

Netrebko performs as Leonora during a dress rehearsal of Giuseppe Verdi's "Il trovatore" in SalzburgSur un sujet qui se passe en France en 1429 quand Charles VII abdique sous la pression des anglais, mĂȘme introspectif, Verdi Ă©blouit par son sens et de l’architecture (enchaĂźnement d’Ă©pisodes contrastĂ©s) et dans ses scĂšnes collectives (finale vers la CathĂ©drale du I, et aussi dĂ©nonciation par le pĂšre devant la foule prĂȘte au lynchage Ă  la fin du II). Le profil de Giovanna qui s’Ă©lĂšve vers son sacrifice final est particuliĂšrement bien traitĂ© : dans ce rĂŽle qui annonce les grandes hĂ©roĂŻnes angĂ©liques et fortes (Leonora, Traviata, Gilda…), Tebaldi ou Anderson se sont particliĂšrement illustrĂ©es. Aujourd’hui une diva charnelle, intense et voluptueuse relĂšve le dĂ©fi, avec d’autant plus de maĂźtrise annoncĂ©e qu’elle a fait de Verdi, son compositeur presque exclusif : dĂ©voilant sa fĂ©minitĂ© expressive dans le rĂŽle de Leonora (Le TrouvĂšre / Il Trovatore), surtout plus rĂ©cemment Lady Macbeth (Macbeth : prise de rĂŽle que beaucoup jugeait suicidaire). En dĂ©cembre 2015, voici donc sa Giovanna : Ă  la puretĂ© de la ligne, Netrebko saura-t-elle ajouter l’Ă©lĂ©gance vocale, entre expressivitĂ© et finesse ? RĂ©ponse Ă  partir du 7 dĂ©cembre 2015 Ă  Milan. Deutsche Grammophon a Ă©ditĂ© l’enregistrement de l’opĂ©ra  Giovanna d’Arco avec la diva austrorusse Anna Netrebko (avec Placido Domingo dans le rĂŽle du pĂšre Giacomo, et Francesco Meli en Carlo, 2013).

 

 

Prochains rĂŽles pour Anna Netrebko :

PARIS, Opéra bastille : du 28 janvier au 15 février 2016. VERDI : Il Trovatore (Leonora)
DRESDE, Semperoper : Du 19 au 29 mai 2016. WAGNER : Lohengrin (Elsa)
VIENNE, Staatsoper : Du 20 au 30 juin 2016. PUCCINI : Manon Lescaut (Manon)
BERLIN, Schiller Théùtre : Les 8,11 et 14 juillet 2016. VERDI : Il Trovatore (Leonora)

 

 

 

 

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Giovanna d’Arco de Verdi Ă  la Scala de Milan

inauguration de la nouvelle saison lyrique scaligĂšne 2015 – 2016
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Nouvelle production

 

Anna Netrebko, Giovanna D’Arco
Francesco Meli, Carlo VII
Carlos Alvarez, Giacomo
Riccardo Chailly, direction
M Leiser et P Caurier, mise en scĂšne

Durée : 2h20mn avec entractes

arte_logo_2013TĂ©lĂ©. DiffusĂ© sur l’antenne d’ARTE en diffĂ©rĂ© le 7 dĂ©cembre 2015, 22h20

DVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth. Anna Netrebko (DG, 2014)

verdi macbeth anna netrebko rene pape fabio luisi metropolitan opera deutsche grammophon review critique dvd CLASSIQUENEWS presentation and account of review dvd classiquenewsDVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth. Anna Netrebko (DG, 2014). Anna Netrebko incarne une Lady Macbeth trĂšs convaincante. Dans son album Deutsche Grammophon Ă©ditĂ© en 2013 (Verdi album), Anna Netrebko chantait les tiraillements amoureux (Leonora) et les ambitions meurtriĂšres (Lady Mabeth) des hĂ©roĂŻnes qu’elle allait ensuite incarner sur scĂšne. Programme prĂ©monitoire en rĂ©alitĂ©, le cd Ă©vĂ©nement faisait donc office de feuille de route pour la cantatrice actrice.  De fait elle a chantĂ© dans la foulĂ©e de cet album important Leonora du TrouvĂšre (Ă  Berlin et Salzbourg), puis Lady Macbeth … Voici la fameuse production shakespearienne captĂ©e en 2014 au Metropolitan Opera de New York. Les grands Ă©vĂ©nements lyriques de la planĂšte savent faire un tapage mĂ©diatique d’autant plus lĂ©gitime quand il s’agit de prises de rĂŽle attendues et rĂ©ussies. Dans le cas de la soprano incandescente Anna Netrebko, contre l’avis de certains qui annonçaient une dĂ©bĂącle car elle n’avait pas la voix suffisante, le pari est relevĂ© ; les attentes, couronnĂ©es de dĂ©lices.

SignĂ©e par le britannique Adrian Noble, grand connaisseur du thĂ©Ăątre Ă©lisabethain,  la mise en scĂšne permet surtout de dĂ©couvrir Anna Netrebko en icĂŽne blonde dĂ©corĂ©e par l’ambition fut-elle  sanguinaire rappellant
 en plus calculatrice et plus prĂ©datrice, Marylin Monroe. Verdi souhaitait une cantatrice expressive capable avec le baryton chantant son Ă©poux, de rĂ©ussir et l’amplitude vocale et le sentiment de la ligne sans oublier l’esprit londonien qui inscrit le drame dans un fantastique mĂ©diĂ©val, psychologique et hallucinĂ©, des plus noirs. Le vrai sujet de Macbeth reste la descente aux enfers d’un couple d’ambitieux, prĂȘts Ă  tout y compris au crime en sĂ©rie pour assoir son pouvoir. On retrouve aux cĂŽtĂ©s de la soprano vedette, le tĂ©nor maltais Joseph Calleja (Macduff), la basse RenĂ© Pape (Banco), et le baryton Zeljko Lucie, qui fait un Macbeth transformĂ© peu Ă  peu en criminel fou, sous l’emprise du pouvoir. L’ambition irrationnelle rend fou et criminel.

netrebko anna macbeth classiquenews review account ofDĂšs les premiĂšres reprĂ©sentations (mi ocotobre 2014) et malgrĂ© les mises engarde de ses proches, Anna Netrebko s’empare du rĂŽle dont elle exprime toutes les facettes avec cette intelligence Ă©motionnelle qui a fait la rĂ©ussite de ses rĂŽles antĂ©rieurs : Leonora chez Verdi  (princesse amoureuse enivrĂ©e Ă©perdue et finalement sacrifiĂ©e) ou tout autant aboutie avec le diamant complĂ©mentaire de sa langue natale (Iolantha de Tchaikovski : ardente Ă©nergie tournĂ©e vers le miracle d’une rĂ©surrection individuelle ; inspirĂ© par le Moyen Ăąge français, le dernier ouvrage du Russe, trouve en Anna Netrebko une icĂŽne troublante qui rend palpitant les modalitĂ©s de l’Ă©mancipation d’une jeune fille hors du joug paternel): aucun doute outre la beautĂ© d’une voix corsĂ©e et suprĂȘmement sensuelle, la chanteuse sait aussi construire un personnage sur la durĂ©e, rĂ©vĂ©lant dans leur finesse singuliĂšre, chaque portrait de femme, dĂ©voilant une intelligence psychologique qui se rĂ©vĂšle passionnante au disque comme sur scĂšne. Avec des moyens vocaux moins impressionnants que certaines autres cantatrice familiĂšres du personnage verdien, Netrebko Ă©claire  la noirceur de Lady Macbeth avec une Ă©paisseur rare, finement caractĂ©risĂ©e. Sa plasticitĂ© naturelle tend Ă  basculer la rĂ©alisation new yorkaise vers le cinĂ©ma ; mais un format que la rĂ©alisation en dvd ne renforce pas hĂ©las. Pourtant sous l’oeil des camĂ©ras, la formidable photogĂ©nie de l’actrice chanteuse perce l’Ă©cran.

En fosse, Fabio Luisi dĂ©fend avec clartĂ© l’avancĂ©e du drame : un drame qui s’affirme Ă  grands coups de tableaux visuellement mĂ©morables mais qui sacrifient parfois la prĂ©cision et le dĂ©tail des profils et des mouvements (McVicar en cela est plus perfectionniste).

Tout autant convaincants sont ses partenaires hommes, surtour RenĂ© Pape en Banquo et Joseph Calleja en Macduff. Le Macbeth de Zeljko Lucic aux moyens certes Ă©vidents, mais il n’a pas le charme de sa consƓur ni son intelligence ni sa fragilitĂ© Ă©motionnelles dans la caractĂ©risation progressive du caractĂšre ; comme Netrebko, on aurait souhaitĂ© plus d’ambivalence,  plus de trouble plutĂŽt que ce chant uniteinte et monocorde, dĂ©pourvu de toutes les nuances requises. Verdi en shakespearien inspirĂ© a pourtant Ă©crit deux portraits de criminels particuliĂšrement profonds et captivants, les rendant mĂȘme d’une certaine façon sympathiques et touchants par leurs tiraillements incessants, leur sincĂ©ritĂ© noire, leur faiblesse barbare. La production compte dans la carriĂšre de la diva planĂ©taire : la voix fĂ©minine de l’heure comme est incontournable aujourd’hui, le tĂ©nor irrĂ©sistible Jonas Kaufmann (hĂ©las passĂ© de Decca chez Sony).

Prochains grands rĂŽles pour Anna Netrebko : Manon Lescaut de Puccini (Munich, novembre 2015) puis  surtout Elsa, dans Lohengrin de Wagner Ă  Bayreuth (juillet 2016 : mais alors qui sera son chevalier : Klaus Florian Voigt ou justement Jonas Kaufmann, les deux champions actuels de ce rĂŽle idĂ©al ?…

DVD, compte rendu critique. Verdi : Macbeth.  Anna Netrebko · Zeljko Lucic. René Pape · Joseph Calleja. The Metropolitan Opera Orchestra, Chorus and Ballet. Fabio Luisi, direction. Adrian Noble, mise en scÚne.

VOIR. Bande annonce video Lady Macbeth par Anna Netrebko

 

 

En direct, Anna Netrebko chante Leonora au Met

Anna Netrebko : Leonora de braiseCinĂ©ma. Verdi. Le TrouvĂšre, Anna Netrebko, le 3 octobre 2015, 18h55. Dans les salles de cinĂ©ma, en direct du Metropolitan Opera de New York, l’hyperfĂ©minine et ardente Anna Netrebko reprend aprĂšs Berlin (2011) et Salzbourg, le rĂŽle de Leonora, Ăąme passionnĂ©e et dĂ©terminĂ©e jusqu’au sacrifice, inaugurant la nouvelle saison lyrique du thĂ©Ăątre New yorkais. Elle y avait crĂ©er Lady Macbeth du mĂȘme Verdi : plus verdienne que jamais, la superdiva chante les vertiges de l’amour (son fameux air suspendu irradiant exigeant un vrai soprano lyrico spinto, agile et dramatique, subtil et puissant : “Di tale amor che dirsi “, d’un rythme haletant, Ă©perdu…), comme inspirĂ©e et portĂ©e par le charme du TrouvĂšre, jusqu’Ă  l’extase sacrificielle. D’autant que dans ce drame noir et resserrĂ©, une BohĂ©mienne (rĂŽle Ă©crasant mais spectaculaire pour mezzo, cf son air “Stride la vampa”) se perd mais triomphe en conjectures hallucinatoires et brĂ»lantes, deux frĂšres s’entretuent sans savoir qu’ils sont du mĂȘme sang. Le trouvĂšre serait-il l’opĂ©ra sentimental et fantastique, le plus rĂ©ussi avec Macbeth ?
Direct incontournable dans toutes les salles de cinĂ©ma partenaires de l’opĂ©ra les opĂ©ras du Metropolitan en live et au grand Ă©cran.

Anna Netrebko Verdi album leonoraSirĂšne lyrique. A 44 ans, Anna Netrebko (nĂ© en 1971) est la tĂȘte d’affiche de cette production produite Ă  Salzbourg en aoĂ»t 2014 ; la diva russe a donnĂ© quelques indices (dĂ©jĂ  trĂšs convaincants) de sa prise de rĂŽle de Leonora, dans un disque Verdi, saluĂ© par la RĂ©daction cd de classiquenews (cd Verdi par Anna Netrebko, 1 cd Deutsche Grammophon). Voici les termes de la critique de notre rĂ©dacteur au moment de la sortie du cd Verdi par Anna Netrebko en octobre 2013 :


dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chire littĂ©ralement en une incarnation oĂč son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂŽle dont le caractĂšre convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’était ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas trĂšs prĂ©cises)
 mais la ligne, l’élĂ©gance, la subtilitĂ© de l’émission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” 
  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont trĂšs convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’écarte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, 
 le tĂ©nor fait du Villazon 
 avec des nuances et des moyens trĂšs en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scĂšne un rĂŽle Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’écouter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂȘtre subjugante ? Bravissima diva.

Verdi. Le TrouvÚre, Anna Netrebko, le 3 octobre 2015, 18h55. Durée : 3h. Avec Anna Netrebko, Dolora Zajick, Yonghoon Lee, Dmitri Hvorostovsky. David McVicar, mise en scÚne. Marco Armiliato, direction musicale.

LIRE aussi Anna Netrebko chante Leonora du TrouvÚre de Verdi, France Musique le 31 août 2014

La Mimi d’Anna Netrebko

Anna Netrebko chante MimiCinĂ©ma. OpĂ©ra. La BohĂšme de Puccini avec Anna Netrebko. En direct de Londres, le 10 juin 2015, 20h15. A la faveur de la nuit, parce qu’une bougie dans la mansarde s’éteint, deux jeunes cƓurs amoureux s’enlacent : ainsi Mimi couturiĂšre misĂ©reuse et Rodolfo le poĂšte Ă©tudiant s’aiment dans le Paris 1830. Outre la vie parisienne (BarriĂšre d’Enfer, CafĂ© Momus), l’opĂ©ra de Puccini exprime avec un raffinement orchestral ciselĂ© et une ivresse mĂ©lodique irrĂ©sistible la fragilitĂ© et la sincĂ©ritĂ© des sentiments. L’amour des deux jeunes amants rĂ©sistera-t-il aux alĂ©as du temps ? La production plutĂŽt classique mais lisible du Royal Opera House ressuscite le Paris bohĂšme du XIXĂš, du Quartier Latin aux portes de Paris. Anna Netrebko et Joseph Calleja interprĂštent Mimi et Rodolfo, les coeurs maudits, lui rattrapĂ©s par la jalousie et l’ennui, elle frappĂ©e par la maladie. Par contraste, Puccini souligne le profil des amants opposĂ©s : extravertis et affrontĂ©s mais toujours passionnĂ©ment amoureux, Musetta (qui paraĂźt au II dans la scĂšne du CafĂ© Momus) et Marcello. La jeunesse, la fatalitĂ© et la misĂšre hantent l’opĂ©ra de Puccini qui Ă©vite subtilement l’artifice et la maniĂ©risme grĂące Ă  la justesse et la profondeur de son Ă©criture. MĂȘme au coeur de la douleur, la musique souveraine selon Puccini, se doit d’ĂȘtre caressante, d’une ineffable gravitĂ© poĂ©tique.

En direct au Cinéma le mercredi 10 juin à 20h15
LA BOHEME (1896) de Giacomo Puccini ‹Avec Anna Netrebko, Lucas Maechem, Joseph Calleja – direction : Dan Ettinger. OpĂ©ra en Italien sous-titrĂ© en français – 2h50 avec deux entractes. A l’affiche du Royal Opera House de Londres jusqu’au 16 juillet 2015. Aucun doute, l’argument principal de cette reprise londonienne reste la Mimi de la soprano austro russe Anna Netrebko qui en juillet est donc puccinienne, avant de reprendre en aoĂ»t suivant (8-17 aoĂ»t 2015) Ă  Salzbourg le rĂŽle qui lui a valu une nouvelle gloire planĂ©taire, Leonora du TrouvĂšre de Verdi. Depuis sa Donna Anna en 2002 Ă  Sazlbourg qui l’avait rĂ©vĂ©lĂ©e, Anna Netrebko cumule les paris risquĂ©s mais assumĂ©s : rĂ©cemment, aprĂšs sa Leonora, Lady Macbeth et Iolanta de Tchaikovski.

A l’origine, La BohĂšme Ă©voque les amours tragiques et tendres de la couturiĂšre Mimi et du poĂšte Rodolphe dans le Paris des annĂ©es 1830. Au CafĂ© Momus, Ă  la barriĂšre d’enfer sous la neige, l’action de La BohĂšme est une page spectaculaire, sentimentale et atmosphĂ©rique du Paris romantique rĂȘvĂ©, celui dĂ©crit par le roman de Burger (ScĂšnes de la vie de BohĂšme). Mimi et Rodolfo comme Musetta et Marcello, leurs comparses, vivent l’expĂ©rience amoureuse, sa fragilitĂ© (ils se sĂ©parent mais ne peuvent cesser de s’aimer), son Ă©ternitĂ© (leurs duos d’amour sont les plus beaux de tout le rĂ©pertoire romantique italien)


Synopsis

ACTE I : Le soir de NoĂ«l, Ă  Paris, au Quartier Latin. Sous leur mansarde gelĂ©e, quatre amis Rodolfo le poĂšte, Marcello le peintre, Schaunard le musicien et Colline le philosophe tentent de se rĂ©chauffer. Ils expĂ©dient leur bailleur venu rĂ©colter son loyer et sortent rĂ©veillonner sauf Rodolfo tout Ă  ses Ă©critures. Frappe Ă  sa porte la pauvre voisine, Mimi qui n’a plus d’allumettes pour sa bougie.Mais elle a perdu sa clĂ© et lorsque leurs deux bougies s’éteignent, dans le noir leurs mains se croisent et fous d’amour, ils s’embrassent.

ACTE II  : Au CafĂ© Momus, Mimi et Rodolfo retrouvent Marcello. Musetta paraĂźt : c’est l’ancienne copine de Marcello, Ă  prĂ©sent flanquĂ© d’un nouveau protecteur, le riche et vieux Alcindoro. Chacun Ă  des tables sĂ©parĂ©es dĂźne. Musetta entend rendre jaloux Marcello qu’elle veut reconquĂ©rir : le stratagĂšme fonctionne et tous soupent Ă  la barbe du vieillard qui doit payer la note.

ACTE III : Petit matin, prĂšs de la BarriĂšre d’Enfer, aux portes de Paris enneigĂ©. Mimi raconte Ă  Marcello que Rodolfo l’a quittĂ©e. Mais en rĂ©alitĂ© ce dernier misĂ©reux, en peut payer les soins de la maladie de Mimi : il prĂ©fĂšre se mettre Ă  l’écart et prendre Ă  riche protecteur
 Mais les deux amants se retrouvent, reportent leur sĂ©paration au printemps alors que Marcello et Musetta se disputent.

ACTE IV : Retour Ă  la mansarde du premier acte. A l’arrivĂ©e du printemps, Marcello et Rodolfo songent Ă  leurs amours perdues. Colline et Schaunard apportent un dĂ©jeuner frugal que les quatre amis masquent en festin. Musetta leur annonce que Mimi a quittĂ© son riche protecteur. Elle est trĂšs gravement malade. Rodolfo s’approche de la condamnĂ©e : les amants Ă©voquent les mois de bonheur passĂ©s : Mimi meurt dans les bras de Rodolfo qui dit son nom deux fois. Rideau.

Paris, TCE. Anna Netrebko chante Strauss

netrebko annaParis, TCE. RĂ©cital Anna Netrebko, dimanche 10 mai 2015, 20h. Strauss : les quatre derniers lieder. Certes, Daniele Gatti dirige l’ouverture de BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte de Berlioz et la Suite pour orchestre de RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, mais gageons les spectateurs venus dans la salle parisienne, auront Ă  cƓur d’Ă©couter le timbre Ă  la fois cristallin, blessĂ© et si sensuel de la pulpeuse diva austro russe Anna Netrebko, ailleurs, icĂŽne de Salzbourg (avec la non moins glamour Elina Garança). A Paris, Anna Netrebko ose tout et poursuit un choix qui l’a rĂ©cemment exposĂ©e, rĂ©vĂ©lant certes des faiblesses indiscutables, mais passion vocale parfois dĂ©raisonnable, soulignant aussi un sincĂ©ritĂ© Ă©blouissante ; Ă  dĂ©faut de possĂ©der les moyens pour chanter les quatre derniers lieder de Strauss, Anna Netrebko apporte un miel tragique, un Ă©clairage intĂ©rieur que celles qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© n’avaient pas.

Netrebko anna recital strauss concert paris 2015 classiquenewsLeonora du TrouvĂšre, furieuse et battante Lady Macbeth du mĂȘme Verdi au Met en octobre 2014, Anna Netrebko poursuit son amour du risque avec une Norma de Bellini annoncĂ©e pour l’ouverture de la saison 2017-2018 du Metropolitan Opera
 Pas vraiment belcantiste comme ont pu l’ĂȘtre Callas, puis Sutherland ou CaballĂ©, Anna Netrebko n’en partage pas moins le goĂ»t des dĂ©fis de ses ainĂ©es. Elle a su affirmer ainsi une Ă©blouissante Elvira dans I Puritani, il y a dĂ©jĂ  sept ans (dĂ©jĂ  au Met en 2007). Son Bellini comme souvent chez elle, touche par son timbre corsĂ©, ses aigus diamantins et mĂ©tallisĂ©s, surtout en dĂ©pit d’une coloratoure parfois fastidieuse cĂŽtĂ© agilitĂ© et une justesse pas sĂ»re, une sincĂ©ritĂ© de ton qui saisit par son angĂ©lisme hyper fĂ©minin, plutĂŽt trĂšs incarnĂ© (une couleur charnelle qui fait la valeur de sa Manon puccinienne)


boutonreservationParis, TCE. RĂ©cital Anna Netrebko
Dimanche 10 mai 2015, 20h.
Strauss : les Quatre derniers lieder

Voici en dĂ©tail, notre compte rendu critique de l’enregistrement des Quatre derniers lieder (1948) par Anna Netrebko paru chez Deutsche Grammophon en novembre 2014 :

 

 

 

Erreur de parcours ou risque sauvé par sa sincérité ?

 

netrebko anna-anna_netrebko_dario_acostaLes moins indulgents ayant en mĂ©moire Te Kanawa avec Solti, Jessye Norman avec Haitink, Tomowa-Sintow avec le dernier Karajan (orchestralement ciselĂ©), sans omettre la Schwarzkopf diront de cette embardĂ©e discutable. .. mais que fait Anna Netrebko dans cette galĂšre ? Car vocalement celle qui depuis fin 2013 et tout au long de 2014 jusque lĂ  avait rĂ©ussi toutes ses prises de rĂŽles surtout verdiennes (Leonora du Trouvere Ă  Berlin et Salzbourg, puis Lady Macbeth au MĂ©tropolitain opĂ©ra de New York), prend des risques non prĂ©parĂ©s dont elle paie ici coĂ»tant le manque de rĂ©flexion. .. De toute Ă©vidence, Strauss ne convient pas Ă  sa voix: aigus tendus, legato en dĂ©faut, phrasĂ© improbable…. c’est constamment sur un fil mal assurĂ© que la diva exprime les climats poĂ©tiques de chaque lied avec logiquement des incongruitĂ©s bien peu acceptables, surtout dans le premier lied.

 

 

1 – Le premier des lieder pour voix et orchestre de Strauss, FrĂŒhling (seul “allegretto” quand les trois suivants sont des andante), met en difficultĂ© la ligne des aigus pas toujours trĂšs stable, auxquels s’ajoute une justesse alĂ©atoire. Mais sa fragilitĂ© et ce timbre incandescent, corsĂ©, mĂ©talisant et en mĂȘme temps si charnel, rend son incarnation rĂ©ellement Ă©mouvante, attachante mĂȘme d’une sincĂ©ritĂ© qui ne peut ĂȘtre mise en doute. Les puristes dĂ©nonceront une erreur de la part de la diva : n’est pas Schwarzkopf ou surtout Norman qui veut. Car ici la soprano est certainement et spĂ©cifiquement dans le premier des quatre lieder, la plus exposĂ©e et vraiment en difficultĂ©.

 

2 – Les choses s’arrangent nettement dans le lied suivant September oĂč la voix mieux prĂ©servĂ©e s’affirme naturellement, plus proche du texte ; grĂące Ă  une intĂ©rioritĂ© de ton parfaite d’une humanitĂ© raffinĂ©e et une fragilitĂ© bouleversante. Barenboim feutrĂ© millimĂ©trĂ© s’accorde idĂ©alement au volume sonore de la soliste en un flamboiement nocturne irrĂ©sistible. L’art du chef se rĂ©vĂšle ici dans toute sa riche palette hagogique.

 

3 – Dans “Beim Schlafengehen” (l’heure du sommeil), relevons surtout, -confirmation de cette bonification progressive en cours de programme et donc au moment de l’Ă©coute-, la fragile et dĂ©licate sensibilitĂ© luminescente de la soprano dans le rĂ©citatif d’ouverture auquel succĂšde le violon solo qui mĂšne vers la cristallisation enivrĂ©e… Ă  la ligne vocale contrĂŽlĂ©e de la voix rĂ©pond le souffle d’un Barenboim trĂšs murmurĂ©. LĂ  encore comme une signature, la beautĂ© des aigus corsĂ©s, fins, mieux tenus quand ils sont justes et intenses comme ici, convainquent absolument. Cependant parfois le manque d’ampleur et de souffle, comme l’engagement un peu sage comparĂ© Ă  Jessye Norman ou pas assez fouillĂ© sur le plan des dynamiques et des nuances linguistiques comparĂ© Ă  Fleming ou Schwarzkopf, moderent globalement notre enthousiasme.

 

netrebko anna strauss barenboim staatskapelle berlin deutsche grammophon cd anna netrebko4 – Dans l’ultime lied : Im Abdendrot (Au crĂ©puscule : tout un symbole pour l’auteur arrivĂ© Ă  la fin de sa vie, laissant ici, aprĂšs le choc de la guerre, son testament musical en 1948), l’Ă©trange dĂ©flagration initiale qui ressemble Ă  un pĂ©tard incontrĂŽlĂ© trop lourd au dĂ©but surprend de la part de l’orchestre jusque lĂ  ciselĂ©… ensuite sur le plan vocal, il faut du souffle et une brillance intĂ©rieure Ă  toute Ă©preuve pour rĂ©aliser ce crĂ©pitement crĂ©pusculaire surtout chambriste qui se fait adieu au monde et renoncement gĂ©nĂ©ral ultime dans l’esprit des Metamorphosen. Fort heureusement la diva sait dĂ©ployer une maestria superlative car le tapis instrumental que l’orchestre sait ciseler Ă  ses pieds, offre un soutien et un cadre idĂ©al. La soprano qui trouve ici des couleurs et des intonations calibrĂ©s au diapason du chambrisme visionnaire de l’orchestre rĂ©ellement en Ă©tat de grĂące, est mieux nuancĂ©e et de plus en plus introspective. Voix et instruments s’accordent idĂ©alement dans une fin Ă©nigmatique finalement vraiment sidĂ©rante. Le parcours que la diva rĂ©alise ici malgrĂ© ses imperfections de dĂ©part laisse admiratifs par la sincĂ©ritĂ© du ton et des aigus d’une rĂ©elle beautĂ©. C’est un disque d’abord dĂ©cevant (d’une Ă©coute trop rapide et superficielle) mais en cours d’audition, Netrebko en complicitĂ© avec Barenboim (les deux ont rĂ©alisĂ© sa prise de rĂŽle Ă  Berlin pour sa Leonora du TrouvĂšre) s’impose par sa fragilitĂ© ; c’est d’autant plus mĂ©ritant que la discographie comprends des productions nombreuses et tout aussi lĂ©gendaires.

 

Richard Strauss : Quatre derniers lieder. Une vie de héros. Anna Netrebko, soprano. Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction. 1 cd Deutsche Grammophon

 

 

Anna Netrebko chante Ă  Paris les Quatre derniers lieder de Strauss

netrebko annaParis, TCE. RĂ©cital Anna Netrebko, dimanche 10 mai 2015, 20h. Strauss : les quatre derniers lieder. Certes, Daniele Gatti dirige l’ouverture de BĂ©atrice et BĂ©nĂ©dicte de Berlioz et la Suite pour orchestre de RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, mais gageons les spectateurs venus dans la salle parisienne, auront Ă  cƓur d’Ă©couter le timbre Ă  la fois cristallin, blessĂ© et si sensuel de la pulpeuse diva austro russe Anna Netrebko, ailleurs, icĂŽne de Salzbourg (avec la non moins glamour Elina Garança). A Paris, Anna Netrebko ose tout et poursuit un choix qui l’a rĂ©cemment exposĂ©e, rĂ©vĂ©lant certes des faiblesses indiscutables, mais passion vocale parfois dĂ©raisonnable, soulignant aussi un sincĂ©ritĂ© Ă©blouissante ; Ă  dĂ©faut de possĂ©der les moyens pour chanter les quatre derniers lieder de Strauss, Anna Netrebko apporte un miel tragique, un Ă©clairage intĂ©rieur que celles qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© n’avaient pas.

Leonora du TrouvĂšre, furieuse et battante Lady Macbeth du mĂȘme Verdi au Met en octobre 2014, Anna Netrebko poursuit son amour du risque avec une Norma de Bellini annoncĂ©e pour l’ouverture de la saison 2017-2018 du Metropolitan Opera
 Pas vraiment belcantiste comme ont pu l’ĂȘtre Callas, puis Sutherland ou CaballĂ©, Anna Netrebko n’en partage pas moins le goĂ»t des dĂ©fis de ses ainĂ©es. Elle a su affirmer ainsi une Ă©blouissante Elvira dans I Puritani, il y a dĂ©jĂ  sept ans (dĂ©jĂ  au Met en 2007). Son Bellini comme souvent chez elle, touche par son timbre corsĂ©, ses aigus diamantins et mĂ©tallisĂ©s, surtout en dĂ©pit d’une coloratoure parfois fastidieuse cĂŽtĂ© agilitĂ© et une justesse pas sĂ»re, une sincĂ©ritĂ© de ton qui saisit par son angĂ©lisme hyper fĂ©minin, plutĂŽt trĂšs incarnĂ© (une couleur charnelle qui fait la valeur de sa Manon puccinienne)


boutonreservationParis, TCE. RĂ©cital Anna Netrebko
Dimanche 10 mai 2015, 20h.
Strauss : les quatre derniers lieder

Voici en dĂ©tail, notre compte rendu critique de l’enregistrement des Quatre derniers lieder (1948) par Anna Netrebko paru chez Deutsche Grammophon en novembre 2014 :

 

 

 

Erreur de parcours ou risque sauvé par sa sincérité ?

 

netrebko anna-anna_netrebko_dario_acostaLes moins indulgents ayant en mĂ©moire Te Kanawa avec Solti,  Jessye Norman avec Haitink,  Tomowa-Sintow avec le dernier Karajan (orchestralement ciselĂ©), sans omettre la Schwarzkopf diront de cette embardĂ©e discutable. .. mais que fait Anna Netrebko dans cette galĂšre ? Car vocalement celle qui depuis fin 2013 et tout au long de 2014 jusque lĂ  avait rĂ©ussi toutes ses prises de rĂŽles surtout verdiennes (Leonora du Trouvere Ă  Berlin et Salzbourg,  puis Lady Macbeth au MĂ©tropolitain opĂ©ra de New York), prend des risques non prĂ©parĂ©s dont elle paie ici coĂ»tant le manque de rĂ©flexion. .. De toute Ă©vidence, Strauss ne convient  pas Ă  sa voix: aigus tendus,  legato en dĂ©faut,  phrasĂ© improbable…. c’est constamment sur un fil mal assurĂ© que la diva exprime les climats poĂ©tiques de chaque lied avec logiquement des incongruitĂ©s bien peu acceptables,  surtout dans le premier lied.

 

 

1 – Le premier des lieder pour voix et orchestre de Strauss, FrĂŒhling (seul “allegretto” quand les trois suivants sont des andante), met en difficultĂ© la ligne des aigus pas toujours trĂšs stable, auxquels s’ajoute une justesse alĂ©atoire. Mais sa fragilitĂ© et ce timbre incandescent, corsĂ©, mĂ©talisant et en mĂȘme temps si charnel,  rend son incarnation rĂ©ellement Ă©mouvante,  attachante mĂȘme d’une sincĂ©ritĂ© qui ne peut ĂȘtre mise en doute. Les puristes dĂ©nonceront une erreur de la part de la diva : n’est pas Schwarzkopf ou surtout Norman qui veut. Car ici la soprano est certainement et spĂ©cifiquement dans le premier des quatre lieder, la plus exposĂ©e et vraiment en difficultĂ©.

 

2 – Les choses s’arrangent nettement dans le lied suivant September oĂč la voix mieux prĂ©servĂ©e s’affirme naturellement,  plus proche du texte ; grĂące à  une intĂ©rioritĂ© de ton parfaite d’une humanitĂ© raffinĂ©e et une fragilitĂ© bouleversante.  Barenboim feutrĂ© millimĂ©trĂ© s’accorde idĂ©alement au volume sonore de la soliste en un flamboiement nocturne irrĂ©sistible.  L’art du chef se rĂ©vĂšle ici dans toute sa riche palette hagogique.

 

3 – Dans “Beim Schlafengehen” (l’heure du sommeil),  relevons surtout,  -confirmation de cette bonification progressive en cours de programme et donc au moment de l’Ă©coute-, la fragile et dĂ©licate sensibilitĂ© luminescente de la soprano dans le rĂ©citatif d’ouverture auquel succĂšde le violon solo qui mĂšne vers la cristallisation enivrĂ©e… Ă  la ligne vocale contrĂŽlĂ©e de la voix rĂ©pond le souffle d’un Barenboim trĂšs murmurĂ©. LĂ  encore comme une signature,  la beautĂ© des aigus corsĂ©s, fins, mieux tenus quand ils sont justes et intenses comme ici, convainquent absolument. Cependant parfois le manque d’ampleur et de souffle, comme l’engagement un peu sage comparĂ© Ă  Jessye Norman ou pas assez fouillĂ© sur le plan des dynamiques et des nuances linguistiques comparĂ© Ă  Fleming ou Schwarzkopf, moderent globalement notre enthousiasme.

 

netrebko anna strauss barenboim staatskapelle berlin deutsche grammophon cd anna netrebko4 – Dans l’ultime lied : Im Abdendrot (Au crĂ©puscule : tout un symbole pour l’auteur arrivĂ© Ă  la fin de sa vie, laissant ici, aprĂšs le choc de la guerre, son testament musical en 1948), l’Ă©trange dĂ©flagration initiale qui ressemble Ă  un pĂ©tard incontrĂŽlĂ© trop lourd au dĂ©but surprend de la part de l’orchestre jusque lĂ  ciselĂ©… ensuite sur le plan vocal,  il faut du souffle et une brillance intĂ©rieure Ă  toute Ă©preuve pour rĂ©aliser ce crĂ©pitement crĂ©pusculaire surtout chambriste qui se fait adieu au monde et renoncement gĂ©nĂ©ral ultime dans l’esprit des Metamorphosen. Fort heureusement la diva sait dĂ©ployer une maestria superlative car le tapis instrumental que l’orchestre sait ciseler Ă  ses pieds, offre un soutien et un cadre idĂ©al. La soprano qui trouve ici des couleurs et des intonations calibrĂ©s au diapason du chambrisme visionnaire de l’orchestre rĂ©ellement en Ă©tat de grĂące, est mieux nuancĂ©e et de plus en plus introspective. Voix et instruments s’accordent idĂ©alement dans une fin Ă©nigmatique finalement vraiment sidĂ©rante. Le parcours que la diva rĂ©alise ici malgrĂ© ses imperfections de dĂ©part laisse admiratifs par la sincĂ©ritĂ© du ton et des aigus d’une rĂ©elle beautĂ©. C’est un disque d’abord dĂ©cevant (d’une Ă©coute trop rapide et superficielle) mais en cours d’audition, Netrebko en complicitĂ© avec Barenboim (les deux ont rĂ©alisĂ© sa prise de rĂŽle Ă  Berlin pour sa Leonora du TrouvĂšre) s’impose par sa fragilitĂ© ; c’est d’autant plus mĂ©ritant que la discographie comprends des productions nombreuses et tout aussi lĂ©gendaires.

 

Richard Strauss : Quatre derniers lieder. Une vie de héros. Anna Netrebko, soprano. Staatskapelle Berlin. Daniel Barenboim, direction. 1 cd Deutsche Grammophon

 

 

DVD. Mozart : Don Giovanni. Schrott, Netrebko, Castronovo
 (Engelbrock, Baden Baden mai 2013, 2 dvd Sony classical)

Mozart Don Giovanni Baden Baden Netrebko Schrott 88843040109DVD compte rendu critique.  Mozart : Don Giovanni. Schrott, Netrebko, Castronovo
 (Engelbrock, Baden Baden mai 2013, 2 dvd Sony classical). Dans la mise en scĂšne intelligente et moderniste de Philipp Himmelmann, ce Don Giovanni captĂ© live en mai 2013 auFestival de Baden Baden dĂ©voile plusieurs attraits non nĂ©gligeables ; l’orchestre sur instruments d’époque d’abord de Thomas Engelbrock sevrant avec une fine caractĂ©risation chaque climat de la partition de Mozart dont on rĂ©Ă©coute avec beaucoup d’intĂ©rĂȘt chaque trouvaille et trait gĂ©nial. La sonoritĂ© sĂ©duisante (cordes Ă  l’unisson), l’équilibre caractĂ©risĂ© des pupitres s’entend dĂšs l’ouverture Ă  la belle Ă©nergie, nerveuse et d’une gravitas prenante.  Ensuite le cast fournit un autre argument : ex Ă©poux Ă  la ville, Anna Netrebko – star Ă  Baden Baden et depuis longtemps comme Ă  Salzbourg, tĂȘte d’affiche rĂ©guliĂšre, qui retrouve ainsi le baryton uruguayen Erwin Schrott. Les deux convainquent absolument chacun dans leur emploi : en nuisette rose, Anna, ardente, habitĂ©e, vraie nature tragique, cisĂšle chaque couleur de chaque situation comme si elle jouait sa vie, avec petites limites cependant, une attention pas toujours aussi raffinĂ©e Ă  l’articulation du verbe, et parfois comme on l’a vu rĂ©cemment dans un Strauss risquĂ©, une ligne en perte de justesse. Mais par ailleurs quelle intensitĂ© sensible ! Sorte de maffieux Ă  la lame facile, Erwin Schrott animal cynique et sĂ©ducteur faussement amusĂ©, semble agir comme un fĂ©lin calculateur, tirant profit de tout : l’aisance du jeu scĂ©nique et vocal sĂ©duisent. A leurs cĂŽtĂ©s, le Leporello de Pisaroni s’emballe et trĂ©pigne comme une vraie nature dramatique, sans forcer : idem pour l’Ottavio de Castronovo, toujours Ă©gal et naturellement ardent : il incarne cet embrasement progressif que le fiancĂ© de Anna Ă©prouve avec son aimĂ©e aux cĂŽtĂ©s du provocateur infĂąme… Moins convaincante Ă  force d’hystĂ©rie dans le jeu, l’Elvire de Ernman (le maillon faible de la distribution avec la Zerlina sans charme
).

Baden Baden a le chic de réunir un plateau digne de Salzbourg. Ne réfrénons donc pas notre plaisir face à cette production trÚs séduisante.

 

 

 

erwin schrott don giovanni mozart baden baden 2013 1

 

 

Mozart : Don Giovanni. Erwin Schrott, Anna Netrebko, Charles Castronovo, Malena Ernman, Luca Pisaroni, Balthasar-Neumann-Chor & Ensemble. Thomas Hengelbrock, direction. 2 dvd Sony classical 88843040109. Festival de Baden Baden, live de mai 2013. Illustration : Erwin Schrott (DR)

 

 

 

La Iolanta d’Anna Netrebko (scĂšne, cd, cinĂ©ma)

netrebkoNew York, MET. Tchaikovski : Anna Netrebko chante Iolanta. Qu’on le veuille ou non, le marketing des stars d’aujourd’hui est remarquablement planifiĂ© : au moment oĂč DG publie en cd sa Iolanta captĂ©e sur le vif en 2014, Anna Netrebko reprend le rĂŽle sur les planches new yorkaises en janvier et fĂ©vrier (avec une retransmisision dans les salles de cinĂ©ma annoncĂ©e le 14 fĂ©vrier 2015)… Remarquable incarnation pour la diva qui ne cesse de remporter ses nouveaux paris sur la scĂšne lyrique…   Pour la saison 1891-1892, les ThĂ©Ăątres ImpĂ©riaux commandent 2 nouvelles Ɠuvres Ă  TchaĂŻkovski : un opĂ©ra, qui est son 10Ăšme et dernier ouvrage lyrique, Iolanta et le lĂ©gendaire ballet, Casse-Noisette. Les deux partitions portant la marque du dernier TchaĂŻkovski : un sentiment irrĂ©pressiblement tragique s’accompagne d’une orchestration particuliĂšrement raffinĂ©e. Iolanta mĂȘle histoire et fĂ©erie : le compositeur aborde comme un conte de fĂ©e l’histoire mĂ©diĂ©vale française (Ă  la Cour du Roi RenĂ© de Provence) oĂč Iolanta est une princesse aveugle qui apprend l’amour.

 

 

 

De l’enfance à l’ñge adulte : une renaissance

 

tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855L’hĂ©roĂŻne rĂ©alise sa propre Ă©mancipation en osant se dĂ©tacher symboliquement du pĂšre (qui la tient enfermĂ©e et entretient sa cĂ©citĂ©). L’action suit la lente renaissance d’une Ăąme qui dĂ©couvre enfin la vraie vie ; c’est Ă  dire comment elle rĂ©ussit son passage de l’enfance Ă  la maturitĂ© d’une adulte. De fille sĂ©questrĂ©e, infantilisĂ©e, elle devient femme dĂ©sirable et conquise
 A la suite de Tatiana d’EugĂšne OnĂ©guine, Iolanta doit d’abord prendre conscience de sa cĂ©citĂ© avant de trouver son identitĂ©, diriger son destin, devenir elle-mĂȘme. La qualitĂ© et la richesse des mĂ©lodies qui se succĂšdent intensifient le drame, conçu en un seul acte sur le livret du frĂšre de Piotr Illiych, Modeste. L’ouverture et la mise en avant des instruments Ă  vents (chant plaintif et vĂ©nĂ©neux, presque Ă©nigmatique du hautbois et du cor anglais, accompagnĂ© par les bassons et les cors
), cette aspiration Ă©chevelĂ©e aux couleurs et rĂ©sonances de l’étrange rĂ©alisant une immersion dans un monde fĂ©erique et fantastique mais intensĂ©ment psychologique  (l’ouverture a Ă©tĂ© trĂšs critiquĂ©e par Rimsky), la figure du docteur maure Ebn Hakia (baryton), rare incursion d’un orientalisme concĂ©dĂ© (beaucoup plus flamboyant chez les autres compositeurs russes comme Rimsky), la concentration de la musique sur la vie intĂ©rieure des protagonistes, l’absence des chƓurs, tout l’itinĂ©raire de la jeune fille aux rĂ©sonances psychanalytiques, des tĂ©nĂšbres Ă  l’éblouissement positif final-, fondent l’originalitĂ© du dernier opĂ©ra de TchaĂŻkovski : comme l’expĂ©rience d’un passage, de l’enfance aveugle Ă  l’ñge adulte (pleinement conscient), Iolanta est un huis clos oĂč s’exprime le mouvement de la psychĂ© d’une jeune femme Ă  l’esprit ardent, tenue (par son pĂšre le roi RenĂ©) Ă  l’écart du monde.

AprĂšs la mort de TchaĂŻkovski (1893), Mahler assure la crĂ©ation allemande de Iolanta (Hambourg). L’oeuvre plus applaudie que Casse Noisette Ă  sa crĂ©ation russe (Saint-PĂ©tersbourg en 1892), traverse l’oublie jusqu’en 1940 quand la cantatrice russe Galina VichnievskaĂŻa, affirme et la figure captivante du personnage d’Iolanta, et la magie symphonique d’un opĂ©ra Ă  redĂ©couvrir. Car tout TchaĂŻkovski et le meilleur de son inspiration se concentrent dans Iolanta, vĂ©ritable miniature psychologique. Et fait rare chez le compositeur de la Symphonie « tragique », le drame se finit bien.

L’INTRIGUE de Iolanta. L’OpĂ©ra Iolanta est en un acte et 9 tableaux. Alors que le Roi RenĂ© tient Ă  l’écart du monde, sa propre fille Iolanta, aveugle, absente Ă  sa propre infirmitĂ©, le mĂ©decin maure Ebn Hakia (baryton) annonce que la jeune princesse doit prendre conscience de son handicap pour s’en dĂ©tacher et peut-ĂȘtre en guĂ©rir
le Roi trop possessif demeure indĂ©cis mais le comte VaudĂ©mont (tĂ©nor), tombĂ© amoureux de Iolanta, lui apprend la lumiĂšre et l’amour : Iolanta, consciente dĂ©sormais de ce qu’elle est, peut dĂ©couvrir le monde et vivre sa vie. La jeune femme tenue cloĂźtrĂ©e, fait l’expĂ©rience de la maturitĂ© : en se dĂ©tachant du joug paternel, elle s’émancipe enfin.

 

 

synopsis de l’acte acte unique

1. Dans le verger du Palais oĂč elle est tenue Ă  l’écart du monde et des hommes, la fille du Roi RenĂ©,Iolanta, se dĂ©sespĂšre s’interroge : sa nourrice Martha dissimule une terrible vĂ©ritĂ© : elle est aveugle mais ne doit pas comprendre la nature de son handicap. Pourtant Iolanta a le sentiment que pour vivre il faut souffrir. Ses compagnes lui chantent une berceuse pour la rassurer.

2. Survient le Roi RenĂ© et le mĂ©decin maure Ebn Hakia : son diagnostic est clair : pour que Iolanta dĂ©passe sa cĂ©citĂ©, il faut qu’elle en prenne conscience afin de vouloir en guĂ©rir. Le Roi, coupable, hĂ©site.

3. Le duc Robert de Bourgogne et le chevalier VaudĂ©mont arrivent dans le parc du Palais. VaudĂ©mont tombe immĂ©diatement amoureux de la princesse Iolanta quand il la voit. Il lui demande par deux fois une rose rouge mais elle lui tend une rose blanche
il comprend qu’elle est aveugle. VaudĂ©mont parle alors Ă  Iolanta de lumiĂšre et l’invite Ă  dĂ©couvrir le monde Ă  ses cĂŽtĂ©s


4. Pour stimuler sa fille sur la voie de la guĂ©rison, le Roi RenĂ© annonce qu’il exĂ©cutera VaudĂ©mont si le traitement du mĂ©decin Ebn Hakia Ă©choue. Iolanta, pour sauver son fiancĂ©, se dĂ©clare prĂȘte Ă  tout : elle suit le docteur maure.

5. Quand Ebn Hakia ĂŽte la bandeau qui protĂ©geait les yeux de Iolanta, la princesse peut dĂ©sormais voir toutes les merveilles du monde et vivre son amour. Le Roi bĂ©nit l’union de Iolanta et de VaudĂ©mont : tous chantent la gloire divine qui a permis un tel prodige.

 

 

 

La Iolanta d’Anna Netrebko

scÚne, cinéma, cd

 

Netrebko iolanta, tchaikovski metropolitanopera new york opera monte carlo metoperaiolanta1900x506Anna Netrebko chante en janvier 2015, Iolanta de Tchaikovski sur les planches du Metropolitan Opera de New York : 26, 29 janvier puis 3,7,10,14,18, 21 février 2015, 20h. Sous la direction de avec Piotr Beczala (Vaudémont)
 Oeuvre couplée avec Le Chateau de Barbe Bleue de Bartok (avec Nadja Michael). Les deux opéras sont mis en scÚne par Mariusz Trelinski, sous la direction musicale de Valery Gergiev.

 

 

CINEMA. Iolanta et Le Chùteau de Barbe-Bleue. Retransmission dans les salles de cinéma, le 14 février 2015, en direct du Metropolitan Opera de New York

 

 

Anna Netrebko reprend le rĂŽle d’Iolanta Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, en version de concert, dimanche 21 juin 2015, 11h, Ă©galement sous la direction d’Emmanuel Villaume. LIRE la critique complĂšte de l’opĂ©ra Iolanta par Anna Netrebko ci dessous.

 

 

 

 

iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutesche grammophon clic de classiquenews janvier 2015CD. SimultanĂ©ment Ă  ses reprĂ©sentations new yorkaises (janvier et fĂ©vrier 2015), Deutsche Grammophon publie l’opĂ©ra oĂč rayonne le timbre embrasĂ©, charnel et angĂ©lique d’Anna Netrebko, assurĂ©ment avantagĂ©e par une langue qu’elle parle depuis l’enfance. Nuances, richesse dynamique, finesse de l’articulation, intonation juste et intĂ©rieure, celle d’une jeune Ăąme ardente et implorante, pourtant pleine de dĂ©termination et passionnĂ©e, la diva austro-russe marque Ă©videment l’interprĂ©tation du rĂŽle de Iolanta : elle exprime chaque facette psychologique d’un personnage d’une constante sensibilitĂ©. De quoi favoriser la nouvelle estimation d’un opĂ©ra, le dernier de TchaĂŻkovski, trop rarement jouĂ©.  En jouant sur l’imbrication trĂšs raffinĂ©e de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), TchaĂŻkovski excelle dans l’expression profondes  des aspirations secrĂštes d’une Ăąme sensible, fragile, dĂ©terminĂ©e : un profil d’hĂ©roĂŻne idĂ©al, qui rĂ©pond totalement au caractĂšre radical du compositeur. Toute la musique de TchaĂŻkovski (52 ans) exprime la volontĂ© de se dĂ©faire d’un secret, de rompre une malĂ©diction
 La voix corsĂ©e, intensĂ©ment colorĂ©e de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rĂŽle-titre, ses aspirations dĂ©sirantes : un personnage conçu pour elle. VoilĂ  qui renoue avec la rĂ©ussite pleine et entiĂšre de ses rĂ©centes prises de rĂŽles verdiennes (Leonora du trouvĂšre, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss).

netrebko anna iolantaSaluons dans cette lecture captĂ©e en direct en version de concert, l’aimantation progressive des deux Ăąmes qui se rencontrent (Iolanta  / VaudĂ©mont), se reconnaissent, se parlent sans mensonge : romance d’Iolanta (cd1 plage 15) Ă  laquelle succĂšde en un entrelac flamboyant, la rĂ©ponse amoureuse, comme envoĂ»tĂ© de VaudĂ©mont prĂȘt Ă  la sauver d’elle mĂȘme (surtout du joug paternel qui l’enferme). Cordes et harpes affirment le vƓu et le serment qui les unissent dĂ©sormais. En un duo qui s’avĂ©rait impossible dans le dĂ©roulement d’EugĂšne OnĂ©guine, malgrĂ© la confession courageuse (dans sa lettre enflammĂ©e) de Tatiana, ici triomphent Ă  l’inverse, deux amours retrouvĂ©s, deux Ă©nergies qui s’exaltent l’une l’autre en un chant double triomphant d’une ivresse Ă©perdue. Quand on sait le poison et le poids du secret comme de la malĂ©diction si tenace dans les autres ouvrages de Piotr Illiytch, le dĂ©roulement dramatique de Iolanta fait exception : la jeune femme rĂ©ussit sa traversĂ©e, son rite, son passage symbolique, des tĂ©nĂšbres infantiles Ă  la maturitĂ© lumineuse.

CLIC D'OR macaron 200CĂŽtĂ© orchestre, rien Ă  dire au travail d’Emmanuel Villaume : le superbe prĂ©lude oĂč rayonne le lugubre Ă©chevelĂ© des bois protagonistes Ă©tonnament cuivrĂ©s : cor anglais, hautbois, bassons en une ronde mordante et inquiĂ©tantes, propre au TchaIkovski le mieux efficace dramatiquement, s’impose. Puis c’est l’Ă©blouissement, la mĂ©tamorphose comme dans ThaĂŻs de Massenet, Ă  l’identique du sens de la fameuse MĂ©ditation pour le violon solo, ici la harpe et les cordes disent soudainement l’enchantement aprĂšs la vision recouvrĂ©e de l’hĂ©roĂŻne.  L’enfant aveugle et cloĂźtrĂ© est devenu femme amoureuse, dĂ©sirante et curieuse. C’est dĂ©pouillĂ© et intense Ă  la fois, soulignant comme une scĂšne thĂ©Ăątrale le relief incandescent du verbe : la jeune femme aveugle, ardente et curieuse exprime un dĂ©sir et une langueur indĂ©finissable. Le velours du timbre d’Anna Netrebko Ă©blouit dĂšs le dĂ©but : ce rĂŽle lui va comme un gant. Le chant n’est pas que sensuel et hallucinĂ© : il exprime une personnalitĂ© que Tchaikovski a ciselĂ© comme sa Tatiana d’EugĂšne OnĂ©guine. Mais Ă  la diffĂ©rence de Tatiana qui demeure toujours dans la frustration et le contrĂŽle absolu, Iolanta offre une course diffĂ©rente, la figure d’un dĂ©voilement progressif, un accomplissement de nature miraculeuse. Netrebko incarne chaque facette de la personnalitĂ© de Iolanta avec une sensibilitĂ© irrĂ©sistible.

Iolanta : le nouveau dĂ©fi lyrique d'Anna Netrebko !L’interprĂ©tation de la diva convainc de bout en bout… D’abord  dans le tableau fĂ©minin, d’ouverture, celui de Iolanta et de sa suite : la langueur dĂ©munie, rĂȘveuse mais insatisfaite d’Ăąmes cloĂźtrĂ©es se prĂ©cise. Puis, introduit par une fanfare de cor noble vagement cynĂ©gĂ©tique, paraissent les hommes ; ainsi s’accomplit la rencontre de Iolanta avec celui qui va la sauver VaudĂ©mont (Sergey Skorokhodov), grĂące auquel la princesse aveugle osant affronter le risque et l’inconnu, se dĂ©fait seule de l’aveuglement qui la contraint depuis sa naissance… Le rĂŽle du mĂ©decin est lui aussi parfaitement tenu. Aucune faute de distribution en gĂ©nĂ©ral sauf pour la basse Vitalij Kowaljow qui fait un Roi RenĂ© un rien droit, placide et Ă©pais sans guĂšre de trouble… quand le reste de la distribution exprime l’exaltation de chaque tempĂ©rament brossĂ© par Tchaikovski. Le nerf de l’orchestre, une Netrebko plus ardente et fĂ©minine que jamais font la rĂ©ussite de cette superbe lecture du dernier opus lyrique de Tchaikovsky.

CD, compte rendu critique. Tchaikovsky : Iolanta.  Anna Netrebko, Sergey Skorokhodov, Alexey Markov, Vitalij Kowaljow. Slovenian Chamber Choir, Slovenian Philharmonic Orchestra. Emmanuel Villaume, direction.  2 cd DG Deutsche Grammophon
0289 479 3969 6. Enregistrement. Le disque est publié le 27 janvier 2015.

 

 

Vienne : Anna Netrebko reprend Anna Bolena

Vienne, OpĂ©ra (Staatsoper) : Anna Netrebko chante Anna Bolena, les 10,13,17, 20 avril 2015. Depuis 2011 sur la scĂšne du Metropolitan Opera de New York et aussi Ă  l’OpĂ©ra de Vienne la mĂȘme annĂ©e, Anna Netrebko a fait sien le personnage digne et sacrifiĂ© d’Anna Bolena (Anne Boleyn), l’épouse autant adulĂ©e que finalement humiliĂ©e par Henry VIII. Bel cantiste et actrice nĂ©e, voire tragĂ©dienne d’une expressivitĂ© mordante, Maria Callas assure en 1957, la rĂ©surrection d’Anna Bolena (Ă  La Scala de Milan et dans la mise en scĂšne de son mentor Visconti), un ouvrage qui Ă©tait tombĂ© dans l’oubli aussitĂŽt aprĂšs sa crĂ©ation en 1830. A sa suite, en 2011, sur les planches new yorkaises, Anna Netrebko rĂ©active la magie Bolena et affirme une prestance aussi convaincante que celle de son aĂźnĂ©e lĂ©gendaire. Quatre annĂ©es aprĂšs sa prise de rĂŽle, la reine Anna rĂ©pĂštera-t-elle en avril 2015, son succĂšs premier ?

donizetti anna bolena anna netrebko elina garancaSur le livret de Felice Romani, l’opĂ©ra Anna Bolena est crĂ©Ă© au Teatro Carcano Ă  Milan, en dĂ©cembre 1830. L’oeuvre, en deux actes et six tableaux, remporte un succĂšs honorable. A Londres en 1536, l’épouse d’Henry VIII, Anna Bolena Ă©choue Ă  donner un hĂ©ritier mĂąle au souverain caractĂ©riel. Certaine de sa mort inĂ©luctable, Anna se laisse prendre dans le filet tendu par son Ă©poux, d’une perversitĂ© rare, prĂȘt Ă  tout pour dĂ©sormais favoriser sa nouvelle compagne, Giovanna (Jane Seymour) : il accuse la Reine Anne d’adultĂšre, profitant de la prĂ©sence de son ancien fiancĂ© Lord Richard Percy Ă  la Cour de Londres. La machine d’Ă©tat entraĂźne avec elle Anna sans autre alternative que la mort par dĂ©capitation, pour la Reine et son “amant”…

 

 

Vienne, mars 2015 : Anna Netrebko reprend le rĂŽle d'Anna Bolena

 

 

Cette production (avec une distribution diffĂ©rente) est retransmise au cinĂ©ma les 21 et 28 mai 2015 dans le cadre du programme de Viva l’OpĂ©ra

 

LIRE la critique complĂšte du DVD Anna Bolena de Donizetti avec Anna Netrebko (Anna Bolena) et Elina Garanca (Giovanna Seymour) (Vienne, 2011)

 

 

Anna Netrebko chante Iolanta

netrebko anna-anna_netrebko_dario_acostaOpĂ©ra. Janvier, juin 2015. Tchaikovski : Anna Netrebko chante Iolanta. Pour la saison 1891-1892, les ThĂ©Ăątres ImpĂ©rieux commandent 2 nouvelles Ɠuvres Ă  TchaĂŻkovski : un opĂ©ra son 10Ăšme et dernier, Iolanta et le lĂ©gendaire ballet, Casse-Noisette. Les deux partitions portant la marque du dernier TchaĂŻkovski : un sentiment irrĂ©pressiblement tragique s’accompagne d’une orchestration particuliĂšrement raffinĂ©e. Iolanta mĂȘle histoire et fĂ©erie : le compositeur aborde comme un conte de fĂ©e l’histoire mĂ©diĂ©vale française (Ă  la Cour du Roi RenĂ© de Provence) oĂč Iolanta est une princesse aveugle qui apprend l’amour. A la suite de Tatiana d’EugĂšne OnĂ©guine, Iolanta doit d’abord prendre conscience de sa cĂ©citĂ© avant de trouver son identitĂ©, diriger son destin, devenir elle-mĂȘme. La qualitĂ© et la richesse des mĂ©lodies qui se succĂšdent intensifient le drame, conçu en un seul acte sur le livret du frĂšre de Piotr Illiych, Modeste. L’ouverture et la mise en avant des instruments Ă  vents (chant plaintif et vĂ©nĂ©neux, presque Ă©nigmatique du hautbois, accompagnĂ© par les bassons et les cors
), cette aspiration Ă©chevelĂ©e aux couleurs et rĂ©sonances de l’étrange rĂ©alisant une immersion dans un monde fĂ©erique et fantastique (l’ouverture a Ă©tĂ© trĂšs critiquĂ©e par Rimsky), la figure du docteur maure Ebn Hakia (baryton), rare incursion d’un orientalisme concĂ©dĂ© (beaucoup plus flamboyant chez les autres compositeurs russes comme Rimsky), la concentration de la musique sur la vie intĂ©rieure des protagonistes, l’absence des chƓurs, tout l’itinĂ©raire aux rĂ©sonances psychanalytiques de la jeune fille, des tĂ©nĂšbres Ă  l’éblouissement positif final-, fondent l’originalitĂ© du dernier opĂ©ra de TchaĂŻkovski : huit clos oĂč s’exprime le mouvement de la psychĂ© d’une jeune femme Ă  l’esprit ardent, tenue (par son pĂšre le roi RenĂ©) Ă  l’écart du monde. AprĂšs la mort de TchaĂŻkovski (1893), Mahler assure la crĂ©ation allemande de Iolanta (Hambourg). L’oeuvre plus applaudie que Casse Noisette Ă  sa crĂ©ation russe (Saint-PĂ©tersbourg en 1892), traverse l’oublie jusqu’en 1940 quand la cantatrice russe Galina VichnievskaĂŻa, affirme et la figure captivante du personnage d’Iolanta, et la magie symphonique d’un opĂ©ra Ă  redĂ©couvrir. Car tout TchaĂŻkovski et le meilleur de son inspiration se concentrent dans Iolanta.

Résumé

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1L’OpĂ©ra Iolantha est en un acte et 9 tableaux. Alors que le Roi RenĂ© tient Ă  l’écart du monde, sa propre fille Iolanta, aveugle, absente Ă  sa propre infirmitĂ©, le mĂ©decin maure Ebn Hakia (baryton) annonce que la jeune princesse doit prendre conscience de son handicap pour s’en dĂ©tacher et peut-ĂȘtre en guĂ©rir
le Roi trop possessif demeure indĂ©cis mais le comte VaudĂ©mont (tĂ©nor), tombĂ© amoureux de Iolanta, lui apprend la lumiĂšre et l’amour : Iolanta, consciente dĂ©sormais ce qu’elle est, peut dĂ©couvrir le monde et vivre sa vie. La jeune femme tenue cloĂźtrĂ©e, fait l’expĂ©rience de la maturitĂ© : en se dĂ©tachant du joug paternel, elle s’émancipe enfin.

synopsis de l’acte acte unique

1. Dans le verger du Palais oĂč elle est tenue Ă  l’écart du monde et des hommes, la fille du Roi RenĂ©,Iolanta, se dĂ©sespĂšre s’interroge : sa nourrice Martha dissimule une terrible vĂ©ritĂ© : elle est aveugle mais ne doit pas comprendre la nature de son handicap. Pourtant Iolanta a le sentiment que pour vivre il faut souffrir. Ses compagnes lui chantent une berceuse pour la rassurer.

2. Survient le Roi RenĂ© et le mĂ©decin maure Ebn Hakia : son diagnostic est clair : pour que Iolanta dĂ©passe sa cĂ©citĂ©, il faut qu’elle en prenne conscience afin de vouloir en guĂ©rir. Le Roi, coupable, hĂ©site.

3. Le duc Robert de Bourgogne et le chevalier VaudĂ©mont arrivent dans le parc du Palais. VaudĂ©mont tombe immĂ©diatement amoureux de la princesse Iolanta quand il la voit. Il lui demande par deux fois une rose rouge mais elle lui tend une rose blanche
il comprend qu’elle est aveugle. VaudĂ©mont parle alors Ă  Iolanta de lumiĂšre et l’invite Ă  dĂ©couvrir le monde Ă  ses cĂŽtĂ©s


4. Pour stimuler sa fille sur la voie de la guĂ©rison, le Roi RenĂ© annonce qu’il exĂ©cutera VaudĂ©mont si le traitement du mĂ©decin Ebn Hakia Ă©choue. Iolanta, pour sauver son fiancĂ©, se dĂ©clare prĂȘte Ă  tout : elle suit le docteur maure.

5. Quand Ebn Hakia ĂŽte la bandeau qui protĂ©geait les yeux de Iolanta, la princesse peut dĂ©sormais voir toutes les merveilles du monde et vivre son amour. Le Roi bĂ©nit l’union de Iolanta et de VaudĂ©mont : tous chantent la gloire divine qui a permis un tel prodige.

netrebko anna-anna_netrebko_dario_acostaCD, OpĂ©ra
 En 2015, Anna Netrebko chante Iolanta de TchaĂŻkovski. La soprano austro russe rĂ©vĂ©lĂ©e par Gergiev, Ă©gĂ©rie des festivals de Baden Baden et de Salzbourg (entre autres), continue ses prises de rĂŽles ; aprĂšs Leonora du TrouvĂšre, Lady Macbeth chez Verdi en 2013 et 2014, la soprano vedette enregistre et chante Iolanta, 10Ăšme et ultime opĂ©ra de Tchaikovski (1892). Intimiste, aux rĂ©sonances psychanalytiques, l’ouvrage est d’une beautĂ© austĂšre, un drame resserrĂ© comme une piĂšce de thĂ©Ăątre ou un mĂ©lodrame (un acte seul) qui simultanĂ©ment au ballet Casse-Noisette (crĂ©Ă© la mĂȘme annĂ©e et au cours de la mĂȘme soirĂ©e), affirme le gĂ©nie d’orchestrateur de Piotr Illiytch. Le disque est publiĂ© le 5 janvier 2015 par Deutsche Grammophon (sous la direction d’Emmanuel Villaume). CĂŽtĂ© scĂšne, Anna Netrebko chante Iolanta sur les planches du Metropolitan Opera de New York du 26 janvier au 21 fĂ©vrier 2015 sous la direction de ValĂ©ry Gergiev. L’opĂ©ra en un acte raconte l’émancipation d’une jeune princesse française tenue Ă  l’égard du monde et des hommes par son pĂšre le Roi RĂ©ne de Provence : l’action du maure (Ibn-Hakia) lui dĂ©voile le vrai monde, celui qu’elle peut d’abord imaginer, puis voir et vivre pleinement, aprĂšs avoir pris conscience de sa cĂ©citĂ©, et exprimĂ© le dĂ©sir d’en guĂ©rir. Iolanta, surprotĂ©gĂ©e par son pĂšre, parviendra-t-elle Ă  s’émanciper et vivre sa propre vie ?

Anna Netrebko reprend le rĂŽle d’Iolanta Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, en version de concert, dimanche 21 juin 2015, 11h, Ă©galement sous la direction d’Emmanuel Villaume. Prochaine critique complĂšte de l’opĂ©ra Iolanta par Anna Netrebko dans le mag cd dvd livres de classiquenews, le 5 janvier 2015.

Netrebko iolanta, tchaikovski metropolitanopera new york opera monte carlo metoperaiolanta1900x506Anna Netrebko au Metropolitan Opera de New York. Anna Netrebko chante en janvier 2015, Iolanta de Tchaikovski sur les planches du Metropolitan Opera de New York : 26, 29 janvier puis 3,7,10,14,18, 21 fĂ©vrier 2015, 20h. Sous la direction de avec Piotr Beczala (VaudĂ©mont)
 Oeuvre couplĂ©e avec Le Chateau de Barbe Bleue de Bartok (avec Nadja Michael). Les deux opĂ©ras sont mis en scĂšne par Mariusz Trelinski, sous la direction musicale de Valery Gergiev.

iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutsche grammophonSimultanĂ©ment Ă  ses reprĂ©sentations new yorkaises, Deutsche Grammophon publie l’opĂ©ra oĂč rayonne le timbre embrasĂ©, charnel et angĂ©lique d’Anna Netrebko, assurĂ©ment avantagĂ©e par une langue qu’elle parle depuis l’enfance. Nuances, richesse dynamique, finesse de l’articulation, intonation juste et intĂ©rieure, celle d’une jeune Ăąme ardente et implorante, pourtant pleine de dĂ©termination et passionnĂ©e, la diva austro-russe marque Ă©videment l’interprĂ©tation du rĂŽle. De quoi favoriser la nouvelle estimation d’un opĂ©ra, le dernier de TchaĂŻkovski, trop rarement jouĂ©.  En jouant sur l’imbrication trĂšs raffinĂ©e de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), TchaĂŻkovski s’entend Ă  merveille Ă  exprimer les aspirations profondes d’une Ăąme sensible, fragile, dĂ©terminĂ©e : un profil d’hĂ©roĂŻne idĂ©al, qui rĂ©pond totalement au caractĂšre radical du compositeur. Toute la musique de TchaĂŻkovski (52 ans) exprime la volontĂ© de se dĂ©faire d’un secret, de rompre une malĂ©diction
 La voix corsĂ©, intensĂ©ment colorĂ©e de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rĂŽle-titre, ses aspirations dĂ©sirantes : un personnage conçu pour elle. VoilĂ  qui renoue avec la rĂ©ussite pleine et entiĂšre de ses rĂ©centes prises de rĂŽles verdiennes (Leonora du trouvĂšre, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss).

 Iolanta au cinéma

Iolanta et Le Chùteau de Barbe-Bleue. Retransmission dans les salles de cinéma, le 14 février 2015

CD, opéra. En 2015, Anna Netrebko chante Iolanta de Tchaïkovski

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iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutsche grammophonCD, OpĂ©ra
 En 2015, Anna Netrebko chante Iolanta de TchaĂŻkovski. La soprano austro russe rĂ©vĂ©lĂ©e par Gergiev, Ă©gĂ©rie des festivals de Baden Baden et de Salzbourg (entre autres), continue ses prises de rĂŽles ; aprĂšs Leonora du TrouvĂšre, Lady Macbeth chez Verdi en 2013 et 2014, la soprano vedette enregistre et chante Iolanta, 10Ăšme et ultime opĂ©ra de Tchaikovski (1892). Intimiste, aux rĂ©sonances psychanalytiques, l’ouvrage est d’une beautĂ© austĂšre, un drame resserrĂ© comme une piĂšce de thĂ©Ăątre ou un mĂ©lodrame (un acte seul) qui simultanĂ©ment au ballet Casse-Noisette (crĂ©Ă© la mĂȘme annĂ©e et au cours de la mĂȘme soirĂ©e), affirme le gĂ©nie d’orchestrateur de Piotr Illiytch. Le disque est publiĂ© le 5 janvier 2015 par Deutsche Grammophon (sous la direction d’Emmanuel Villaume). CĂŽtĂ© scĂšne, Anna Netrebko chante Iolanta sur les planches du Metropolitan Opera de New York du 26 janvier au 21 fĂ©vrier 2015 sous la direction de ValĂ©ry Gergiev. L’opĂ©ra en un acte raconte l’émancipation d’une jeune princesse française tenue Ă  l’égard du monde et des hommes par son pĂšre le Roi RĂ©ne de Provence : l’action du maure (Ibn-Hakia) lui dĂ©voile le vrai monde, celui qu’elle peut d’abord imaginer, puis voir et vivre pleinement, aprĂšs avoir pris conscience de sa cĂ©citĂ©, et exprimĂ© le dĂ©sir d’en guĂ©rir. Iolanta, surprotĂ©gĂ©e par son pĂšre, parviendra-t-elle Ă  s’émanciper et vivre sa propre vie ?

Anna Netrebko reprend le rĂŽle d’Iolanta Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, en version de concert, dimanche 21 juin 2015, 11h, Ă©galement sous la direction d’Emmanuel Villaume.

 

 

Prochaine critique complĂšte de l’opĂ©ra Iolanta par Anna Netrebko dans le mag cd dvd livres de classiquenews, le 5 janvier 2015.

 

 

CD, annonce. Anna Netrebko chante les Quatre derniers lieder de Strauss

netrebko anna strauss barenboim staatskapelle berlin deutsche grammophon cd anna netrebkoCD Ă  venir. Le Strauss d’Anna Netrebko
 Leonora du TrouvĂšre (Salzbourg l’étĂ© dernier, aprĂšs l’avoir crĂ©Ă© Ă  Berlin en dĂ©cembre 2013), aujourd’hui furieuse et battante Lady Macbeth du mĂȘme Verdi actuellement au Met, Anna Netrebko poursuit son amour du risque avec une Norma de Bellini annoncĂ©e pour l’ouverture de la saison 2017-2018 du Metropolitan Opera
 Pas vraiment belcantiste comme ont pu l’ĂȘtre Callas, puis Sutherland ou CaballĂ©, Anna Netrebko n’en partage pas moins le goĂ»t des dĂ©fis de ses ainĂ©es. Elle a su affirmer ainsi une Ă©blouissante Elvira dans I Puritani, il y a dĂ©jĂ  sept ans (dĂ©jĂ  au Met en 2007). Son Bellini comme souvent chez elle, touche par son timbre corsĂ©, ses aigus diamantins et mĂ©tallisĂ©s, surtout en dĂ©pit d’une coloratoure parfois fastidieuse cĂŽtĂ© agilitĂ© et une justesse pas sĂ»re, une sincĂ©ritĂ© de ton qui saisit par son angĂ©lisme hyper fĂ©minin, plutĂŽt trĂšs incarnĂ© (une couleur charnelle qui fait la valeur de sa Manon puccinienne)
 De quoi nous rendre dĂ©jĂ  impatients car Norma est le rĂŽle fĂ©minin par excellence : digne et tragique.
Et pour patienter, la diva superstar nous gratifie, en novembre 2014, d’un album Richard Strauss dont les Quatre derniers lieder sont annoncĂ©s chez Deutsche Grammophon sous la direction de son complice Daniel Barenboim. Le chef y dirige la Staatskapelle de Berlin avec en couplage, Une vie de hĂ©ros du mĂȘme Richard Strauss
 critique complĂšte du cd Richard Strauss : les quatre derniers lieder par Anna Netrebko dans le mag cd de classiquenews.

Le timbre diamantin et charnel Ă  la fois de la divina Anna Netrebko saura-t-il s’Ă©panouir chez Richard Strauss en particulier dans ses Quatre derniers lieder ? RĂ©ponse en novembre 2014 chez Deutsche Grammophon… 

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Cinéma. Verdi : Anna Netrebko chante Lady Macbeth en direct du Met

Macbeth anna netrebkoCinĂ©ma. Verdi : Anna Netrebko chante Lady Macbeth, le 11 octobre 2014, en direct du Metropolitan de New York, 19h. Les performances mondialement retransmises via les rĂ©seaux de salles de cinĂ©ma partenaires, du Metropolitan Opera de New York sont dĂ©sormais cĂ©lĂšbres et particuliĂšrement suivies. En direct de New York ce jour, samedi 11 octobre 2014, la diva Anna Netrebko, aprĂšs avoir chantĂ© Leonora du TrouvĂšre Ă  Berlin et cet Ă©tĂ© Ă  Salzbourg, chante Lady Macbeth : voix expressive et sombre pour un rĂŽle hallucinĂ©… le succĂšs sera-t-il au rendez vous pour la soprano nouvellement verdienne ? RĂ©ponse dans les salles de cinĂ©ma Ă  partir de 19h. En lire + 

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Cinéma. Verdi : Anna Netrebko chante Lady Macbeth en direct du Met

macbeth lady anna netrebko verdiCinĂ©ma. Verdi : Anna Netrebko chante Lady Macbeth, le 11 octobre 2014, en direct du Metropolitan de New York, 19h. Les performances mondialement retransmises via les rĂ©seaux de salles de cinĂ©ma partenaires, du Metropolitan Opera de New York sont dĂ©sormais cĂ©lĂšbres et particuliĂšrement suivies. C’est assurĂ©ment un nouveau dĂ©bouchĂ© pour l’opĂ©ra en plus des reprĂ©sentations dans l’enceinte des thĂ©Ăątres d’opĂ©ra et un moyen nouveau d’apprĂ©cier la performance lyrique. l’expression plutĂŽt que le beau chant : « ùpre, Ă©touffĂ©, sombre », Verdi souhaitait une voix rugueuse,  sombre, pour le personnage de Lady Macbeth. C’est elle le cerveau des machinations criminelles, portĂ©e par un dĂ©sir irrĂ©pressible de pouvoir. Macbeth suit ce monstre en robe et couronne ensanglantĂ©e. Davantage que Schiller dont il transposa sur la scĂšne lyrique Luisa Miller, Don Carlos
, Verdi porte au pinacle poĂ©tique et dramatique, son modĂšle Shakespeare : toute sa vie, il ambitionnera de mettre en musique le Roi Lear (en vain). Le premier opĂ©ra shakespearien de Verdi, Macbeth donc (premiĂšre version florentine de 1847), prĂ©lude aux deux miracles de la fin de la carriĂšre, Otello dans le genre tragique, puis Falstaff dans la veine comique.

Le livret de Piave en quatre actes souligne les forces surnaturelles qui apportent leur fausse aide au destin de Macbeth : il sera d’aprĂšs les 3 sorciĂšres croisĂ©es dans la forĂȘt du I, « seigneur de Cawdor puis roi d’Écosse ». De son cĂŽtĂ© son acolyte et compagnon d’armes Banco, engendrera des rois. Au palais de Macbeth, Lady lit les lettres porteuses de ses excellentes nouvelles : dĂ©vorĂ©e par le pouvoir, Lady Macbeth pousse son Ă©poux Ă  assassiner le roi Duncan qui vient dormir chez eux
 Le remord commence son Ɠuvre cependant que Banco et sont ils Macduff dĂ©couvre l’horreur du crime de lĂšse majestĂ©, sans pour autant identifier les crimes.

Au II, Macbeth de venu roi paraĂźt lors d’un banquet : Lady Macbeth pousse davantage son Ă©poux : il fait tuer Banco (pour qu’il n’engendre pas de rois), mais le fils Macduff lui Ă©chappe. TorturĂ© par de nouveaux dĂ©mons intĂ©rieurs, Macbeth croit voir le fantĂŽme de son ancien ami Banco.

Du crime à la folie
 Lady Anna

Soupçonneux contre les Macbeth, Macduff s’exile. Au III, retour dans la forĂȘt des sorciĂšres prophĂ©tesses : Macbeth Ă©chafaude de nouveaux plans de meurtre contre Macduff. Survient Malcom, fils de banco qui vient se venger avec son armĂ©e en faisant le siĂšge du chĂąteau de Macbeth. Le culpabilitĂ© a fait son Ɠuvre dans l’esprit de Lady Macbeth qui paraĂźt en une scĂšne de somnambulisme inouĂŻ hagard, hallucinĂ©e, dĂ©truite. Maria Callas plus expressive que bien chantante a rĂ©volutionnĂ© la comprĂ©hension du rĂŽle de Lady Macbeth, offrant ce style mordant, Ăąpre, crĂ©pusculaire dont a rĂȘvĂ© Verdi. Au bord de la folie, Macbeth apprend la mort de sa femme et est finalement tuĂ© par Macduff, vengeur de son pĂšre honteusement assassinĂ©.

Macbeth anna netrebkoAucun rĂ©pit pour le couple de meurtriers et d’assassins : la folie, la lente et irrĂ©sistible destruction psychique les guettent et les emportent ; Ăąmes vouĂ©es aux tĂ©nĂšbres, les deux Macbeth sont les proies dĂ©signĂ©es des sorciĂšres dĂ©moniaques qui paraissent deux fois dans l’opĂ©ra. Le rĂŽle de Macduff, fils vengeur de banco a rĂ©vĂ©lĂ© les grands tĂ©nors du XXĂšme siĂšcle, de Pavarotti Ă  Domingo ; et quel contraste entre la Lady Macbeth triomphante et ivre de victoire politique dans son air de la lettre au I, et son air de folie funambulesque au III. FidĂšle Ă  ses propres conceptions dramatiques, Verdi dĂ©veloppe une maniĂšre elle aussi mordante, expressionniste et fantastique (les sorciĂšres dans les deux scĂšnes de prĂ©diction sont rĂ©ellement impressionnantes), chaque accent de l’orchestre marque un temps fort du drame : jamais musique et thĂ©Ăątre n’ont Ă©tĂ© aussi bien fusionnĂ©s. AprĂšs la crĂ©ation au Teatro della Pergola de Florence en mars 1847, Verdi rĂ©alise une seconde version pour la scĂšne du ThĂ©Ăątre Lyrique de Paris, en français, en avril 1865.

Anna Netrebko Verdi album leonoraParu en octobre 2010, le cd Verdi d’Anna Netrebko Ă©tait en rĂ©alitĂ© un programme annonciateur de ses prises de rĂŽles Ă  venir : en dĂ©cembre 2013 (Berlin) puis Ă  l’étĂ© 2014 Ă  Salzbourg, la soprano a crĂ©Ă© l’évĂ©nement et convaincu dans le rĂŽle de Leonora du trouvĂšre (angĂ©lisme incandescent et ivre, tenue vocale lumineuse). Sa Lady Macbeth est l’argument principal de la nouvelle production de Macbeth prĂ©sentĂ©e au Metropolitan de New York en octobre 2014. Un avant goĂ»t en a Ă©tĂ© donnĂ© en juin dernier au dernier festival de Munich. Rugissante, perverse, puis dĂ©truite hallucinĂ©e : que sera concrĂštement la Lady Macbeth d’Anna Netrebko ? RĂ©ponse ce 11 octobre 2014, sur la scĂšne new-yorkaise et dans toutes les salles de cinĂ©ma qui diffuse le direct Ă  partir de 19h.

OPERA. LADY ANNA. Anna Netrebko : nouvelle Lady Macbeth Ă  Munich puis Ă  New York

Macbeth anna netrebkoOPERA. LADY ANNA. Anna Netrebko : nouvelle Lady Macbeth Ă  New York. Hier, elle frappait par l’angĂ©lisme de sa voix charnue et tendre, nouvelle icĂŽne planĂ©taire des hĂ©roĂŻnes blessĂ©es mais pures (Elvira des Puritains de Bellini en 2007, ou Anna Bolena de Donizetti en 2011 : les deux rĂŽles sont diffusĂ©s sur Mezzo Live HD en octobre 2014). Star des stars actuelles de l’opĂ©ra, la divine soprano austro russe, Anna Netrebko convainc  particuliĂšrement dans le rĂŽle de Lady Macbeth de Verdi, Ă  l’OpĂ©ra d’état de BaviĂšre Ă  Munich (en juin dernier aux cĂŽtĂ©s de Simon Keenlyside en Macbeth et Joseph Calleja en Macduff – ce dernier rĂŽle rĂ©vĂ©lateur des grands tĂ©nors de Pavarotti Ă  Domingo.)
 Septembre et octobre 2014 confirment ainsi la maturitĂ© rayonnante d’un sacrĂ© talent verdien, douĂ© de tempĂ©rament vocal comme de prĂ©sence scĂ©nique. Anna Netrebko que l’on suit depuis sa Traviata Ă  Salzbourg, puis sa Leonora angĂ©lique, Netrebko Anna Netrebkoincandescente Ă  Berlin (dĂ©cembre 2013) reprise cet Ă©tĂ© Ă  Salzbourg (aoĂ»t 2014), relĂšve les dĂ©fis d’une nouvelle prise de rĂŽle (donc amorcĂ©e Ă  Munich, au festival lyrique de juin dernier) et depuis le 24 septembre Ă  New York, empruntant les mĂȘmes voies de La Callas dans un personnage qui doit moins chanter qu’exprimer et jouer (selon Verdi lui-mĂȘme). La quĂȘte du pouvoir  mĂšne au crime qui mĂšne Ă  la folie : l’itinĂ©raire de Lady Macbeth est saisissant, l’un des rĂŽles les plus spectaculaires imaginĂ©s par Verdi (d’aprĂšs Shakespeare), avec point d’orgue de l’ouvrage, la scĂšne cauchemardesque, fantastique oĂč la Reine dĂ©truite paraĂźt folle et somnambule, figure errante et dĂ©munie. Faire du bourreau une victime, voilĂ  toute la force dramatique de l’opĂ©ra de Verdi. Anna Netrebko nouveau visage de la diva Ă©ruptive, expressive, captivante ? Certes oui. Plastique de rĂȘve (une Marylin brune), intensitĂ© vocale d’un timbre tendre et  clair, Anna Netrebko n’est pas seulement la plus belle diva du monde, c’est aussi une interprĂšte sensible et subtile… Ne serait-elle pas en passe de venir une nouveau mythe de l’opĂ©ra, aprĂšs Maria Callas pour le XXĂšme siĂšcle ? DĂ©couvrez la Lady Macbeth d’Anna Netrebko en direct du Met de New York, ce 11 octobre 2014 dans toutes les salles de cinĂ©ma.

 

 

 

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VOIR une scĂšne de Lady Macbeth par Anna Netrebko (Vieni, t’affretta »)

 

agenda d’Anna Netrebko : Lady Macbeth, Macbeth de Verdi, au Metropolitan Opera de New York, les 24 et 27 septembre puis 3, 8, 11, 15, 18 octobre 2014. Mise en scĂšne : Adrian Noble. Fabio Luisi, direction. Avec Anna Netrebko (Lady Macbeth), Zelijko Lucic (Macbeth), Joseph Calleja (Macduff), RenĂ© Pape (Banquo)…

 

 

CD

Anna Netrebko Verdi album leonoraAnna Netrebko : Airs d’opĂ©ras de Verdi, 1 cd paru chez Deutsche Grammophon. Anna Netrebko enregistre ici deux rĂŽles verdiers qu’elle a ensuite chanter sur scĂšne : Leonora du TrouvĂšre et donc Lady Macbeth de Verdi
 Extrait de notre critique du cd Anna Netrebko : Verdi : 3″… dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chirelittĂ©ralement en une incarnation oĂč son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂŽle dont le caractĂšre convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’était ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas trĂšs prĂ©cises)
 mais la ligne, l’élĂ©gance, la subtilitĂ© de l’émission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” 
  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont trĂšs convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’écarte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, 
 le tĂ©nor fait du Villazon 
 avec des nuances et des moyens trĂšs en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scĂšne un rĂŽle Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’écouter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂȘtre subjugante ? Bravissima diva…”

 

 

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netrebkoIllustrations : Diva glamour Ă  la plastique hollywoodienne, diva actrice rĂ©vĂ©lĂ©e par ses prises de rĂŽles successives, Anna Netrebko deviendrait-elle peu Ă  peu le nouveau mythe  fĂ©minin de l’OpĂ©ra ? AngĂ©lisme, ardeur, passion et fragilitĂ© ; Ă  prĂ©sent : barbarie ambitieuse mais implosion et folie,… D’Elvira, Anna, Leonora Ă  Lady M… les facettes expressives que dĂ©fend La Netrebko sur scĂšne, relĂšvent bien aujourd’hui d’un vĂ©ritable phĂ©nomĂšne, vocal, scĂ©nique, thĂ©Ăątral.

Anna Netrebko chante Anna Bolena sur Mezzo (2011)

BOLENA Netrebko 2landscapemezzo_logoMezzo : Donizetti : Anna Netrebko chante Anna Bolena, 1830, 4 > 21 octobre 2014. AprĂšs avoir chantĂ© Elvira des Puritains de Bellini en 2007, dans les mĂȘme conditions, -direct retransmis dans les salles des cinĂ©mas du monde entier, revoici la divine Netrebko en 2011, dans un rĂŽle taillĂ© pour elle, pour son timbre angĂ©lique et blessĂ©e d’hĂ©roĂŻne tragique sacrifiĂ©e : Anna Bolena. Un personnage finement portraiturĂ© qui balance entre trouble amoureux (pour Percy son ancien amant
), inquiĂ©tude angoissĂ©, langueur douloureuse et finalement folie
 au point de tomber morte
 dans la Tour de Londres, avant que l’on vienne la chercher pour ĂȘtre exĂ©cutĂ©e avec ses soit disants amants : Percy, et le musicien Mark Smeaton
 Premier des volets du feuilleton lyrique dĂ©diĂ© par Donizetti Ă  la chronique des Tudor, Anna Bolena offre Ă  la cantatrice dans le rĂŽle titre, un personnage Ă  la blessure tragique, racinienne, et aussi dans l’étoffe des deux tessitures prĂ©cisĂ©es par le compositeur, une trĂšs belle confrontation de femmes, entre Anna (soprano) et sa rivale, la nouvelle favorite en titre qu’Henri VIII veut Ă©pouser, Giovanna (Jeanne Seymour, mezzo) : mais ici, subtilitĂ© de la conception donizettienne, l’affrontement n’a pas lieu car Giovanna est Ă©blouie et touchĂ©e par le sort de la Reine Anna dont elle ne veut pas que la condamnation lui soit imputĂ©e. Deux portraits de femmes aimantes donc, qui des deux cĂŽtĂ©s confirment le gĂ©nie psychologique, plutĂŽt fin et nuancĂ© d’un Donizetti que l’on ne connaĂźt toujours pas Ă  sa juste valeur dramatique.

AnnaBolena1112.32Les chemins et la mĂ©canique de l’amour sont traĂźtres et retors. Pour Ă©pouser Giovanna, Henri VIII doit prendre au piĂšge la Reine Anna, souveraine en titre, en rĂ©vĂ©lant ses amours adultĂ©rines : de fait, il favorise le rapprochement de Percy (un ancien soupirant d’Anna avant qu’elle ne soit couronnĂ©e) et le jeune musicien manipulable Mark Smeaton
 les 3 seront surpris en Ă©panchement et effusion partagĂ©e, dont Smeaton qui ayant volĂ© le portrait de la Reine par passion secrĂšte, se retrouve dĂ©noncĂ© par son propre acte
 Si Anna rĂ©siste, – Donizetti lui rĂ©serve de superbes scĂšnes dont la plus touchante dans la prison qui prĂ©cĂšde l’annonce de son exĂ©cution, Giovanna tente toujours d’inflĂ©chir la cruautĂ© barbare du Roi, lequel frappe par sa brutalitĂ© virile de lion inflexible. Dans la rĂ©alitĂ©, Anne Boleyn sera dĂ©capitĂ©e dans la Tour de Londres pour adultĂšre en 1536, premiĂšre dĂ©capitation publique de l’histoire britannique.

img_vignette_ficheprogramme_OPE_13044Notre avis. Evidemment, la production diffusĂ©e par Mezzo en octobre 2014 ne bĂ©nĂ©ficie pas du casting royal de l’OpĂ©ra de Vienne avec l’incomparable et trĂšs attractive ElÄ«na Garanča dans le rĂŽle de Giovanna la nouvelle favorite (dvd Deutsche Grammophon, un titre mĂ©morable de ce fait oĂč La Garanča est affrontĂ©e Ă  la mĂȘme Anna Netrebko) : deux tempĂ©raments fĂ©minins s’imposent ici, tissĂ©s dans le plus noble bel canto, tout au moins sur le plan de l’expressivitĂ© car souvent avouons que comme pour son Elvira, Anna Netrebko manque parfois d’une prĂ©cision claire dans l’architecture des vocalises. Sa coloratoura manque de dĂ©tail et de stabilitĂ©, mais l’expressivitĂ© et la couleur du timbre convient idĂ©alement au portrait de la Reine suspectĂ©e, bafouĂ©e, piĂ©gĂ©e, et finalement dĂ©truite par la perversitĂ© de son Ă©poux Enrico, l’infĂąme Henry VIII. Peu Ă  peu, Anna sombre dans le dĂ©sordre mental : c’est une martyr amoureuse sacrifiĂ©e, un rĂŽle parfait que le romantisme aime dĂ©voiler, exalter, sublimer d’acte en acte jusqu’à la folie finale. De toute Ă©vidence, la prĂ©sence vocale et la plastique cinĂ©matographique de la diva font des atouts toujours aussi irrĂ©sistibles : offrant d’Anna Bolena, un portrait trĂšs attachant. A ses cĂŽtĂ©s tous les rĂŽles sont dĂ©fendus avec style et panache dans les costumes somptueux de McVicar : Henry VIII est brutal et despotique ; Giovanna, presque aussi dĂ©chirĂ©e qu’Anna et Riccardo Percy l’aimĂ© d’Anna est particuliĂšrement ardent, enflammĂ© (on comprend qu’Anna se laisse peu Ă  peu succomber au charme de leur amour passé ). Donizetti a vĂ©cu une rĂ©surrection tardive : ce n’est qu’en 1957 sur la scĂšne de le Scala de Milan que la distribution rĂ©unissant Maria Callas et Giulietta Simionato dans les rĂŽles de Anna et de Giovanna (mise en scĂšne de Visconti) contribua Ă  rĂ©vĂ©ler les beautĂ©s de l’ouvrage tragique.

 

 

 

Donizetti : Anna Bolena, 1830 sur Mezzo.

Anna Netrebko (Anna Bolena)
Ekaterina Gubanova (Giovanna Seymour)
Ildar Abdrazakov (Enrico VIII)
Stephen Costello (Riccardo Percy)
Tamara Mumford (Mark Smeaton)
Keith Miller (Lord Rochefort)
Eduardo Valdes (Sir Hervey)

The Metropolitan Opera House Orchestra, Marco Armiliato (direction)

David McVicar (mise en scĂšne)
Robert Jones (décors)
Jenny Tiramani (costumes)
Paule Constable (lumiĂšres)
Andrew George (chorégraphie)

Enregistré au Metropolitan Opera House, New York, en 2011
Réalisé par Gary Halvorson

 

 

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Grille des diffusions sur Mezzo Live HD :

 
04 / 10 – 09h00
05 / 10 – 20h30
06 / 10 – 17h00
07 / 10 – 00h00
07 / 10 – 13h45
18 / 10 – 09h00
19 / 10 – 20h30
20 / 10 – 17h00
21 / 10 – 00h00
21 / 10 – 13h0

Anna Netrebko chante Elvira des Puritains au Met (2007)

netrebko anna elvira Met 2007 I puritani BelliniMezzo Live HD : 6 > 24 octobre 2014. Anna Netrebko chante Elvira des Puritains de Bellini (Metropolitan Opera de New York 2007). PassionnĂ©ment romantique, l’Europe et les grands Ă©crivains se mettent au diapason italien
 la Mignon de Goethe chante sa fascination pour le spectacle d’un oranger florissant ; Stendhal surtout et sa Chartreuse de 
 Parme, et mĂȘme Heine choisissent entre autres Florence et Rome comme dĂ©cors de leurs intrigues romanesques. Et le russe, Glinka se ressource dans l’opĂ©ra italien pour forger l’élan vital de ses propres ouvrages lyriques. En 1835, Bellini avant d’expirer Ă  Puteaux livre son manuscrit d’un nouvel opĂ©ra destinĂ© au ThĂ©Ăątre Italien: I Puritani, sommet du gĂ©nie de Catane, crĂ©Ă© la mĂȘme annĂ©e Ă  Paris, par quatre des plus grands chanteurs de l’heure, la Grisi, Rubini, Tamburini et Lablache 
 quatuor vocal lĂ©gendaire qui demeure depuis emblĂ©matique du Paris romantique. Puritains contre royalistes. L’intrigue est trĂšs librement et dĂ©corativement inspirĂ© du conflit entre Puritains et Royalistes dans l’Angleterre du XVIIe siĂšcle. Elvira, fille d’un gouverneur puritain Ă  Ă©tĂ© promise en mariage Ă  Riccardo, mais elle est finalement donnĂ©e Ă  Arturo, secret partisan des Stuart dont elle est Ă©prise. Cela grĂące Ă  l’intervention de son oncle Giorgio auprĂšs du pĂšre. Peu avant leur cĂ©rĂ©monie de mariage, Arturo retrouve la veuve du roi Enrichetta, reine d’Angleterre : il dĂ©cide de fuir avec elle. Elvira sombre dans la folie, atteinte et dĂ©truite pendant deux actes, jusqu’au retour d’Arturo et sa mort imminente. Les sympathisants des Stuart sont au final pardonnĂ©s et le couple retrouve le bonheur. TrĂšs peu de drame alors, mais presque 3 heures de belle musique.

 

mezzo logo 2014une-anna-netrebko-une-tele-320-470Notre avis. Dans la production du Metropolitan, c’est moins la contribution des hommes que la jeune et jolie Anna Netrebko, vive, ardente, certes pas d’un bel canto prĂ©cis et idĂ©alement nuancĂ©, surtout dans les cabalettes emportĂ©es voire Ă©chevelĂ©es oĂč la diva patine avec des aigus et des intervalles pas toujours trĂšs stables, qui pourtant Ă©blouit. Sa candeur, son angĂ©lisme blessĂ© touchent particuliĂšrement. Quand il s’agit d’incarner un cƓur amoureux dĂ©truit, abandonnĂ©, la soprano donne tout ce qu’elle a (scĂšne de folie, dĂ©but du II, soit une demi heure d’extase vocale suspendue oĂč l’hĂ©roĂŻne trahie par Arturo – c’est du moins ce qu’elle croit, pense monter Ă  l’autel pour son mariage qui aurait du avoir lieu au I… si Arturo ne l’avait pas abandonnĂ© subitement…). Avec le recul sa Leonora verdienne (Ă©vĂ©nement de Berlin en dĂ©cembre 2013 puis Salzbourg Ă  l’étĂ© 2014) a frappĂ© par sa profondeur et sa justesse expressive (le dvd vient de sortir, dans la version berlinoise sous la direction de Barenboim chez DG); en 2007, soit 7 ans avant, la Netrebko est dĂ©jĂ  une cantatrice assurĂ©e, un sacrĂ© tempĂ©rament
 Etoile du Met, d’une vĂ©ritĂ© souvent dĂ©chirante. La rĂ©alisation est d’un classicisme… qui a les avantages de ses inconvĂ©nients : pas de mise en scĂšne trĂšs pertinente mais sa neutralitĂ© sans surprise laisse parfaitement lisible le dĂ©roulement de l’action. BONUS : au moment de l’entracte entre les deux actes, RenĂ© Fleming joue les intervieweuse et pose des questions sensĂ©es Ă  la jeune diva austro-russe dans sa loge : ” mĂȘme si je chante pendant 70% de mon texte, Reviens reviens Arturo, je fais attention Ă  mon jeu sur scĂšne” (d’autant que les camĂ©ras guettent la moindre maladresse), prĂ©cise l’envoĂ»tante Anna… On lui sied grĂ© de chanter et de jouer : sa performance n’en a que plus de charme.

 

 

 

Paris, 1835 : le dernier opéra de Bellini. Un hymne pacifiste

L’intrigue se dĂ©roule dans l’ Angleterre baroque du XVII eme. Au deuxiĂšme acte, parce qu’elle se croit abandonnĂ©e et trahie par celui qu’elle aime-, Elvira paraĂźt folle, exhalant une mĂ©lodie d’une dĂ©chirante puretĂ© qui inspirera un nocturne Ă  FrĂ©dĂ©ric Chopin. La vogue des Puritains emporta tout avec elle et mĂȘme Bellini qui fatalement s’éteignit quelques mois aprĂšs la crĂ©ation en France non loin de Paris, curieusement abandonnĂ© de tous. Le gĂ©nie lyrique ne laissait pas alors son ultime ouvrage : il s’agissait aussi d’ un nouveau sommet de l’opĂ©ra romantique italien marquant dĂ©finitivement l’histoire de l ‘opĂ©ra Ă  Paris. Quelques mois plus tard, les parisiens recoivent un second choc bellinien avec la crĂ©ation parisienne de Norma : Bellini Ă©tait mort mais il n’avait jamais Ă©tĂ© plus cĂ©lĂ©brĂ© dans la Capitale française.

Bellini_vincenzo_belliniLe dernier opĂ©ra de Vincenzo Bellini (portrait ci-contre) indique clairement de nouvelles Ă©volutions pour l’opĂ©ra italien romantique des annĂ©es 1830: rĂŽles plus aigus, foisonnement dramatique de l’orchestre et vocalitĂ  aĂ©rienne et suspendue voire crĂ©pusculaire d’une puretĂ© absolue, celle lĂ  mĂȘme qui captiva Chopin. Le vrai dĂ©fi des Puritains comme pour Norma, reste les chanteurs
 vrais dĂ©tenteurs de ce bel canto si difficile Ă  rĂ©aliser. Comment retrouver cette couleur et ce style qui n’a rien de commun avec Rossini, qui ne peut se satisfaire de l’abattage verdien ou du vĂ©risme pathĂ©tique puccinien? Il s’agit bien de retrouver cet art fragile (morbidezza) entre vocalitĂ  et agilitĂ  qui s’éloigne de l’idĂ©al rossinien, sans possĂ©der encore le dramatisme verdien.

L’art bellinien Ă©tant par excellence celui de la mesure, de la finesse: on est en droit d’attendre de vrais interprĂštes acteurs et chanteurs, pour qui chanter signifie articuler, phraser, colorer, dire, articuler, respirer le texte. Qu’en sera-t-il par exemple du rĂŽle d’ Arturo Talbot, qui exige un tĂ©nor d’agilitĂ  et dramatique, alliant vaillance et angĂ©lisme, naturel et articulation ? De mĂȘme pour Elvira, Ăąme loyale et pure, incarnation fragile des hĂ©roĂŻnes fĂ©minines en proie au dĂ©sĂ©quilibre mental ? Le personnage de cette jeune Ăąme romantique qui est abandonnĂ©e par son fiancĂ©, le jour de ses noces, offre une composition des plus captivantes: OphĂ©lie dĂ©chirante, anĂ©antie
 son dernier air au I oĂč l’abandonnĂ©e, trahie, sombre dans la folie reste un trĂšs grand moment psychologique.
Et qu’espĂ©rer tout autant du rĂŽle de Giorgio Valton (l’oncle d’Elvira); Ă  la fois protecteur et pĂšre de substitution pour une Elivra dont le baryton basse capte les pulsions de folie grandissante


Il y eut I Capuletti e i Montecchi ; ici, les clans opposĂ©s, Puritains rĂ©formistes menĂ©s par Cromwell, Cavaliers royalistes partisans des Stuart (Valton), dĂ©fenseurs comme Arturo de la Reine veuve, se dĂ©chirent. A ce titre, bien que fiancĂ© Ă  la premiĂšre fille des Puritains, Arturo le monarchiste sait jurer sa foi et sa fidĂ©litĂ© Ă  la Reine qu’on emmĂšne Ă  l’échafaud
 Bellini resserre l’effet des contrastes en faisant paraĂźtre la jeune fiancĂ©e, Ă©tendard Ă©motionnel des Puritains en prĂ©sence du duo des royalistes (la Reine et son champion Arturo): exposition simultanĂ©e des tempĂ©raments, totalement gĂ©nial.

Netrebko Anna NetrebkoEcouter les Puritains permet de mesurer le gĂ©nie lyrique et dramatique du dernier Bellini: il ambitionnait de crĂ©er Ă  Paris, l’équivalent de Guillaume Tell, un opĂ©ra romantique français digne de ce nom (l’orchestre est plus colorĂ© et dĂ©licatement caractĂ©risĂ©, Ă©coutez la place des cors nobles et Ă©lĂ©gants dĂšs l’ouverture…). Les Puritains marquent Ă©videmment un cap dans son Ă©criture: l’exposition des caractĂšres n’y est jamais artificielle, comme le seront parfois les premiers opĂ©ras de Verdi. En choisissant d’intituler son opĂ©ra Les Puritains, Bellini se place du cĂŽtĂ© des “mĂ©chants”, ces antiroyalistes (les Valton) dont la mĂ©tamorphose est le sujet central de l’opĂ©ra : pour sauver la santĂ© mentale d’Elvira et son amour, ils savent pardonner Ă  leur pire ennemi Talbot. Un aspect psychologique que l’on oublie souvent (oĂč s’inscrit triomphant telle un nouvel humanisme bellinien dĂ©sormais assumĂ© : le sentiment de fraternitĂ© et de compassion) et qui fait cependant toute la modernitĂ© de cette action inspirĂ©e du roman gothique romantique


Le pardon n’est pas donnĂ© Ă  tout le monde mais il est comme ici d’un effet salvateur pour la rĂ©solution des affrontements et des haines destructrices. Un modĂšle de message Ă©clairĂ©, philosophiquement Ă©voluĂ© qui appliquĂ© Ă  certains conflits (en particulier ceux modernes du Proche Orient) : les frĂšres ennemis peuvent ils se rĂ©concilier ? C’est au prix pourtant d’un pardon croisĂ© que les rivaux peuvent aspirer Ă  la paix : aucun des partis ne peut s’en sortir sans une pacification unilatĂ©rale. Cela ne vous rappelle t il pas quelque chose ? Les Puritains est un opĂ©ra moderne.

 

 

I Puritani avec Anna Netrebko au Met 2007 sur Mezzo Live HD : 6 > 24 octobre 2014. 

mezzo logo 2014

Diffusion :
06 / 10 – 09h00
08 / 10 – 20h30
09 / 10 – 17h00
10 / 10 – 00h00
10 / 10 – 13h00
20 / 10 – 09h00
22 / 10 – 20h30
23 / 10 – 15h25
24 / 10 – 00h00
24 / 10 – 12h30

 

Anna Netrebko chante Leonora du TrouvĂšre sur France Musique

il_trovatore_netrebko_c_sf_forsterFrance Musique, ce soir. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Salzbourg, aoĂ»t 2014 : France Musique diffuse l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien : Le TrouvĂšre de Verdi. L’ouvrage saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. Au sommet d’une distribution idĂ©ale, le timbre charnu et digne de la soprano Anna Netrebko, diva glamour et depuis une dĂ©cennie, idole de Salzbourg. Sa Leonora est subtilement blessĂ©e, amoureuse ardente, d’un romantisme fiĂ©vreux… d’autant que ses partenaires, Franceso Meli (Manrico le trouvĂšre, celui qu’elle aime), et surtout l’infatigable et stylĂ© Placido Domingo, devenu baryton Ă  prĂ©sent (Luna pĂšre) dĂ©fendent avec la mĂȘme incandescence chacun de leur personnage. Les auditeurs de France Musique ne verront pas la mise en scĂšne musĂ©ale, offrant une somptueuse galerie de peinture des chefs d’oeuvres picturaux de la Renaissance europĂ©enne surtout italienne (de Bronzino au Titien, sans omettre le froid et lĂ©chĂ© Fouquet…). Leonora y est une gardienne, rĂȘvant d’ĂȘtre une princesse en robe de velours rouge passion. L’Orchestre philharmonique de Vienne achĂšve le tableau, rutilant, parsemĂ© d’Ă©clairs dramatiques (sous la baguette un rien Ă©paisse de Gatti…). Mais qu’importe, l’ivresse et l’extase lyriques sont au rendez vous de cette passionnante diffusion en diffĂ©rĂ©…  Ce soir, dimanche 31 aoĂ»t 2014, 20h.  Lire aussi notre compte rendu critique du TrouvĂšre de Verdi avec Anna Netrebko et Placido Domingo Ă  Salzbourg 2014.

logo_francemusiquesalzbourg logoFrance Musique. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique. En lire + 

Compte rendu, opĂ©ra. Salzbourg, Grosses festspielhaus, le 15 aoĂ»t 2014. Verdi : Le TrouvĂšre, il Trovatore. Anna Netrebko, Francesco Meli, Placido Domingo, Marie-Nicola Lemieux
 Orchestre Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. Alvis Hermanis, mise en scĂšne.    

300xCompte rendu, opĂ©ra. Salzbourg 2014. Verdi : Le TrouvĂšre avec Anna Netrebko (Leonora)… C’est assurĂ©ment la production Ă©vĂ©nement du festival de Salzbourg 2014. Non pas que le chef, Daniele Gatti soit des plus fins et nuancĂ©s ; au contraire sa battue Ă©paisse et sans vraie subtilitĂ© fait regretter le nerf carnassier et la brĂ»lure que savait y instiller un Karajan. On regrette tout autant la finesse chambriste d’un Philippe Jordan capable de ciseler des climats jamais Ă©coutĂ© avant lui dans Don Carlo par exemple, comme rĂ©cemment sur l’ample plateau de Bastille. La valeur de la production salzbourgeoise vient de la distribution vocale – irrĂ©prochable- et de la mise en scĂšne, d’une justesse surprenante qui dĂ©voile en cours d’action, sa pertinence, ses multiples finesses, sachant trouver d’évidentes lectures poĂ©tiques entre le dispositif visuel (que des toiles et bois peints de maĂźtres puisque nous sommes dans la pinacothĂšque d’un grand musĂ©e europĂ©en) et les situations ainsi traitĂ©es. Sur les murs, un festival de chef d’oeuvres de la peinture italienne et flamande des XVĂš et XVIĂš, de Carpaccio, Raphael et Leonard Ă  Bellini, Lotto et 
 Titien pour le plus rĂ©cent, -sans omettre l’Ă©blouissant portrait d’AgnĂšs Sorel par Jean Fouquet en Vierge impĂ©riale : cf. derniĂšre photo ci-dessous. Les chevaliers en armure y disputent la place avec de nombreux portraits (sublimes Bronzino), et de nombreuses nuditĂ©s allĂ©goriques ou mythologiques et plusieurs Madones Ă  l’enfant. D’ailleurs, on aura notĂ© qu’au moment du duo le plus poignant entre Azucena et son fils adoptif, Manrico, une sĂ©rie de Vierges Ă  l’enfant dĂ©filent astucieusement en second plan (histoire de souligner ce qui pose justement problĂšme entre les deux protagonistes alors sur scĂšne, la nature rĂ©elle de leur lien, c’est Ă  dire : Manrico est-il vraiment le fils de la BohĂ©mienne ? La question de l’origine et de l’identitĂ© rĂ©elle du TrouvĂšre est au cƓur de l’action.

luth joueur de luth busiPlus tard quand l’action entraĂźne un peu plus les protagonistes jusqu’à leurs derniers avatars, -au bord de la mort-, : plus de peintures, mais des cimaises nues dont le pourpre mural porte la marque sans poussiĂšre Ă  l’emplacement de la toile disparue
 Car et c’est bien l’idĂ©e phare de la mise en scĂšne, l’histoire (fantastique et tragique) du TrouvĂšre est en rĂ©alitĂ© le rĂȘve Ă©perdu romantique de Leonora qui ici, n’est pas Ă  Saragosse, la dame de compagnie de la princesse de Navarre, mais une 
 gardienne de musĂ©e que la proximitĂ© avec les sommets de la peinture europĂ©enne a probablement marquĂ© jusqu’à Ă©chafauder des visions romantiques dĂ©lirantes. VoilĂ  qui explique avec beaucoup de justesse, le caractĂšre extatique, enivrĂ© de Leonora. Le personnage n’Ă©volue guĂšre pendant l’opĂ©ra : il est dĂ©jĂ  dĂšs le dĂ©but, emportĂ©, embrasĂ© par ses visions d’amour, que suscite le tĂ©nor transi comme elle ; chacune des apparitions de Leonora, vĂȘtue d’une somptueuse robe de velours rouge exprime un dĂ©sir incommensurable, celui d’une Ăąme qui brĂ»le : en somme, une parente d’Yseult ou d’Elsa chez Wagner.

Soit elle s’enivre de son propre amour, soit elle s’évanouit (Ă  deux reprises!), soit elle meurt (par le poison dans la derniĂšre partie) : Leonora est une figure amoureuse blessĂ©e mais digne, radicale dans son aspiration Ă  vivre le grand amour (avec Manrico, le trouvĂšre).

 

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Phénoménale Netrebko

Le rĂȘve de la gardienne de musĂ©e


Netrebko performs as Leonora during a dress rehearsal of Giuseppe Verdi's "Il trovatore" in SalzburgIci s’inscrit dans sa carriĂšre (11 ans qu’elle chante Ă  prĂ©sent), l’un des jalons lyriques et scĂ©niques de la soprano austro-russe, Anna Netrebko. Le veloutĂ© royal du timbre, en dĂ©pit de quelques hĂ©sitations dans l’agilitĂ© s’impose Ă  nous, d’autant plus que la cantatrice trouve constamment le ton juste assurant Ă  son chant, une musicalitĂ© de rĂȘve qui force l’admiration. Nous n’irons pas comme certains Ă  dire qu’elle chante mieux que Callas tant sa Leonora a la classe et la sincĂ©ritĂ© des trĂšs grandes interprĂštes, mais sa sublime plastique, son aura musicale, sa finesse vocale s’imposent. Anna a tout pour elle et sa Leonora salzbourgeoise marque assurĂ©ment un nouvel accomplissement dans son parcours (Ă  Salzbourg aprĂšs sa mĂ©morable Traviata).

 

 

busi joueur de luth

 

 

A ses cĂŽtĂ©s, les deux garçons sont 
 excellents : dans le rĂŽle titre, le tĂ©nor gĂ©nois Francesco Meli relĂšve tous les dĂ©fis d’un rĂŽle trĂšs Ă©prouvant : ardeur, constance, clartĂ© et aigus insolents, son Manrico-trouvĂšre est lui aussi de premiĂšre classe : que le chanteur assure avec endurance et abattage l’un des rĂŽles les plus exigeants du rĂ©pertoire verdien. Placido Domingo qui fĂȘtera en 2015 ses 40 ans de carriĂšre Ă  Salbzourg a chantĂ© plusieurs fois Manrico
 en tĂ©nor. Aujourd’hui baryton, son Luna dĂ©borde d’énergie et de passion ; il dĂ©vore Leonora des yeux, prĂȘt Ă  Ă©treindre la jeune femme qui grĂące Ă  Netrebko a assurĂ©ment l’apparence d’une irrĂ©sistible sirĂšne. Sens du texte, musicalitĂ© juste, intonation saisissante, prĂ©sence scĂ©nique, le lion Domingo offre au Comte, une dimension viscĂ©rale et passionnelle, une urgence thĂ©Ăątrale qui manque Ă  beaucoup de ses cadets. Surprenante tout autant, l’Azucena de Marie-Nicole Lemieux surprend elle aussi, en cours de soirĂ©e; elle se bonifie, depuis son premier air entonnĂ© gaiement comme une parodie fantastique (elle aussi travaille au musĂ©e mais comme guide confĂ©renciĂšre) jusqu’à son ultime duo avec Manrico et le trio avec ce dernier et Leonora – un Ă©pisode final d’une force vocale inouĂŻe : un tempĂ©rament dramatique dont le seul dĂ©faut demeure l’articulation du texte. C’est la seule dont on ne comprend pas le moindre mot italien s’il n’était les sous-titres.

L’esthĂ©tisme de la mise en scĂšne, sa justesse poĂ©tique ; la cohĂ©rence du plateau vocal, confirmant l’exceptionnelle musicalitĂ© de la soprano Anna Netrebko, Ă  dĂ©faut d’un chef lyrique vĂ©ritablement subtil, font de ce trouvĂšre 2014, l’évĂ©nement lyrique que l’on espĂ©rait. Le dvd du TrouvĂšre avec Anna Netrebko (captĂ© Ă  Berlin), est annoncĂ© cet automne chez Deutsche Grammophon. Aucun doute, a contrario de Bayreuth qui s’enlise et peine Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer son offre et son image, Salbzourg retrouve la magie de sa lĂ©gende. Ce TrouvĂšre est l’une des meilleures productions rĂ©centes que nous ayons vues lors du festival d’étĂ©.

 

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Compte rendu, opéra. Salzbourg, Grosses festspielehaus, le 15 août 2014. Verdi : Le TrouvÚre, il Trovatore. Anna Netrebko, Francesco Meli, Placido Domingo, Marie-Nicola Lemieux
 Orchestre Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. Alvis Hermanis, mise en scÚne.

 
Illustrations : Le TrouvĂšre Ă  Salzbourg (DR), Giovanni Busi : le joueur de luth (DR), la toile du vĂ©nitien provoque chez Leonora ses visions amoureuses extatiques… Dans la mise en scĂšne d’Alvis Hermanis, le TrouvĂšre appartient au monde fantasmatique de Leonora : il n’apparaĂźt qu’en costume gothique et chacune de ses apparitions est Ă©voquĂ©e par le portrait du joueur de luth du peintre vĂ©nitien Busi…
 

En direct de Salzbourg, Anna Netrebko chante Leonora du TrouvĂšre

netrebko trouvere salzbourgARTE. Ce soir, vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camp gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune fils, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la trovatore verdi netrebko domingo DVDmort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur
 aveuglĂ© par sa haine : la production de Salzbourg promet d’ĂȘtre mĂ©morable, grĂące en partie Ă  la distribution rĂ©unie pour l’occasion : la divine Anna Netrebko au timbre sensuel (Leonora : la cantatrice a inaugurĂ© le rĂŽle au Berliner Staatsoper Ă  l’hiver 2013), Placido Domingo (Luna), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux (Azucena)… Qu’en sera-t-il de la mise en scĂšne signĂ©e Alvis Hermanis et de la direction musicale assurĂ©e par Daniele Gatti ? RĂ©ponses ce 15 aoĂ»t sur Arte… EN LIRE +



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Netrebko Anna NetrebkoARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le TrouvĂšre. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

netrebko anna netrebko_Il_Trovatore_Netrebko_Domingo_c_SF_Forster-1-373x500ARTE. Vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. La nouvelle production verdienne fait dĂ©jĂ  figure d’Ă©vĂ©nement lyrique aux cĂŽtĂ©s de l’excellent Chevalier Ă  la rose dirigĂ© par Welser-Most, et du plus terne opĂ©ra en crĂ©ation : Charlotte Salomon du Français Marc-AndrĂ© Dalbavie… CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camp gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frĂšre, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la trovatore verdi netrebko domingo DVDmort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur
 aveuglĂ© par sa haine : la production de Salzbourg promet d’ĂȘtre mĂ©morable, grĂące en partie Ă  la distribution rĂ©unie pour l’occasion : la divine Anna Netrebko au timbre sensuel (Leonora : la cantatrice a inaugurĂ© le rĂŽle au Berliner Staatsoper Ă  l’hiver 2013), Placido Domingo (Luna), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux (Azucena)… Qu’en sera-t-il de la mise en scĂšne signĂ©e Alvis Hermanis et de la direction musicale assurĂ©e par Daniele Gatti ? RĂ©ponses ce 15 aoĂ»t sur Arte… EN LIRE +


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arte_logo_2013ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le TrouvĂšre. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis ensuite sur France Musique. Verdi : Le TrouvÚre. Anna Netrebko. Le 31 août 2014, 20h.

Le DVD Blu ray du TrouvĂšre (Trovatore) de Verdi avec Anna Netrebko (production berlinoise de l’hiver 2013) est dĂ©jĂ  annoncĂ© en septembre 2014 chez Deutsche Grammophon.

 

Divina Netrebko : sa Leonora incandescente Ă  Salzbourg

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bARTE. Vendredi 15 aoĂ»t 2014, 20h50. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko.  Salzbourg, aoĂ»t 2014 : voici assurĂ©ment l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frĂšre, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur
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arte_logo_2013ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.
 Giuseppe Verdi : Le TrouvĂšre. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’écoute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’évolution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis ensuite sur France Musique. Verdi : Le TrouvÚre. Anna Netrebko. Le 31 août 2014, 20h.

Anna Netrebko chante Leonora en direct de Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bFrance Musique. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Salzbourg, aoĂ»t 2014 : France Musique diffuse l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frĂšre, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine. EN LIRE +

logo_francemusiquesalzbourg logoFrance Musique. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’Ă©coute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’Ă©volution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

Programme retransmis sur ARTE, vendredi 15 août 2014, 20h50.

Anna Netrebko chante Leonora du TrouvĂšre Ă  Salzbourg

NETREBKO-anna--Anna_Netrebko_-_Romy_2013_bFrance Musique. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Salzbourg, aoĂ»t 2014 : France Musique diffuse l’un des Ă©vĂ©nements lyriques du festival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par le trio lĂ©gendaire Strauss / Hoffmannsthal / Reinhardt. C’est qu’aux cĂŽtĂ©s des Mozart, Beethoven, Strauss, les grands Verdi n’y sont pas si frĂ©quents. CrĂ©Ă© Ă  Rome en 1853, d’aprĂšs El Trovador de GutiĂ©rrez, 1836), Le TrouvĂšre de Verdi saisit par sa fiĂšvre dramatique, une cohĂ©rence et une caractĂ©risation musicale indiscutable malgrĂ© la complexité  romanesque de l’intrigue. L’action se dĂ©roule en Espagne, dans la Saragosse du XVĂšme, oĂč le conte de Luna est Ă©conduit par la dame d’honneur de la princesse de Navarre, Leonora dont il est Ă©perdument amoureux : la jeune femme lui prĂ©fĂšre le troubadour Manrico.  Dans le camps gitan, Azucena, la mĂšre de Manrico, est obsĂ©dĂ©e par l’image de sa mĂšre jetĂ©e dans les flammes d’un bĂ»cher, et de son jeune frĂšre, Ă©galement consommĂ© par le feu. Manrico dĂ©cide de fuir avec Leonora. Mais il revient dĂ©fier Luna car sa mĂšre est condamnĂ©e Ă  pĂ©rir sur le bĂ»cher elle aussi.  EmprisonnĂ© par Luna avec sa mĂšre, Manrico maudit Leonora qui semble s’ĂȘtre finalement donnĂ©e au Conte : elle a feint et s’est versĂ©e le poison pour faire libĂ©rer son aimĂ©. En vain, Luna comprenant qu’il n’aura jamais celle qu’il aime (Ă  prĂ©sent morte), ordonne l’exĂ©cution par les flammes de Manrico. Au comble de l’horreur, Azucena lui avoue qu’il vient de tuer son propre frĂšre : leur mĂšre avait Ă©changer les enfants sur le bĂ»cher. De sorte que l’opĂ©ra s’achĂšve sur la vengeance d’Azucena (elle a enfin vengĂ© la mort de sa mĂšre par Luna) et le sacrifice des deux amants (Leonora et Manrico). La mezzo apparemment dĂ©munie a manipulĂ©e le baryton jaloux, vengeur… aveuglĂ© par sa haine.

Drame gothique tragique

verdi_582_face_portrait_boldiniDans la production parisienne de l’ouvrage, Verdi ajoute un ballet selon le goĂ»t français du grand opĂ©ra (3Ăšme partie : la BohĂ©mienne). La violence de l’Ă©criture, l’omniprĂ©sence des flammes dans la rĂ©solution du jeu dramatique, l’exacerbation des passions qui s’opposent (Luna contre Leonora et Manrico, l’apparente impuissance de la sorciĂšre bohĂ©mienne Azucena…)…tout Ɠuvre ici pour l’essor d’une tragĂ©die gothique prenante, Ă  l’expressivitĂ© progressive. D’aprĂšs le roman gothique romantique de GutiĂ©rrez, Verdi offre une remarquable caractĂ©risation des rĂŽles solistes : Manrico (tĂ©nor), Leonora (soprano), Luna (baryton), surtout Azucena (mezzo soprano) dont il fait une sorte d’autoritĂ© fĂ©minine sombre et lugubre (cf. le Miserere, chƓur funĂšbre de la 4Ăšme partie : intitulĂ©e ” Le Supplice”). Contemporain de La Traviata, Le TrouvĂšre est une partition flamboyante, sur un prĂ©texte empruntĂ© au roman historique dont la vocalitĂ© trĂšs investie des 4 solistes frappe immĂ©diatement : Verdi rĂ©ussit un tour de force. Chaque air rĂ©pond Ă  la nĂ©cessitĂ© de l’action.

A 43 ans, Anna Netrebko (nĂ© en 1971) est la tĂȘte d’affiche de cette production produite Ă  Salzbourg en aoĂ»t 2014 ; la diva russe a donnĂ© quelques indices (dĂ©jĂ  trĂšs convaincants) de sa prise de rĂŽle de Leonora, dans un disque Verdi, saluĂ© par la RĂ©daction cd de classiquenews (cd Verdi par Anna Netrebko, 1 cd Deutsche Grammophon).

Voici les termes de la critique de notre rédacteur au moment de la sortie du cd Verdi par Anna Netrebko en octobre 2013 :

Anna Netrebko chante Verdi chez Deutsche Grammophon…dans Il Trovatore : sa Leonora palpite et se dĂ©chire littĂ©ralement en une incarnation oĂč son angĂ©lisme blessĂ©, tragique, fait merveille : la diva trouve ici un rĂŽle dont le caractĂšre convient idĂ©alement Ă  ses moyens actuels (s’il n’était ici et lĂ  ses notes vibrĂ©es, pas trĂšs prĂ©cises)
 mais la ligne, l’élĂ©gance, la subtilitĂ© de l’émission et les aigus superbement colorĂ©s dans ” D’amore sull’ali rosee ” 
  (dialoguĂ©s lĂ  encore avec la flĂ»te) sont trĂšs convaincants. Elle retrouve l’ivresse vocale qu’elle a su hier affirmer pour Violetta dans La Traviata. Que l’on aime la soprano quand elle s’écarte totalement de tout Ă©panchement vĂ©riste : son legato sans effet manifeste une musicienne nĂ©e. Sa Leonora, hallucinĂ©e, d’une transe fantastique, dans le sillon de Lady Macbeth, torche embrasĂ©e, force l’admiration : toute la personnalitĂ© de Netrebko rejaillit ici en fin de programme, dans le volet le plus saisissant de ce rĂ©cital verdien, hautement recommandable. Concernant Villazon, 
 le tĂ©nor fait du Villazon 
 avec des nuances et des moyens trĂšs en retrait sur ce qu’il fut, en comparaison moins aboutis que sa divine partenaire. Anna Netrebko pourrait trouver sur la scĂšne un rĂŽle Ă  sa (dĂ©)mesure : quand pourrons nous l’écouter et la voir dans une Leonora rĂ©vĂ©latrice et peut-ĂȘtre subjugante ? Bravissima diva.

Lire la critique du cd complĂšte.

logo_francemusiquesalzbourg logoFrance Musique. Verdi : Le TrouvĂšre. Anna Netrebko. Le 31 aoĂ»t 2014, 20h. Avec Anna Netrebko (Leonora), Francesco Meli (Manrico), Marie-Nicole Lemieux, Placido Domingo. Philharmonique de Vienne. Daniele Gatti, direction. L’Ă©coute de cette diffusion France Musique est d’autant plus incontournable que l’opĂ©ra en juin, proposant 6 dates du 9 au 24 aoĂ»t 2014, Ă©tait dĂ©jĂ  sold out (complet) : affichant le Philharmonique de Vienne, Anna Netrebko, Lemieux (Azucena), Domingo (Luna), la production salzbourgeoise permet de mesurer l’Ă©volution de la voix et du chant de la soprano vedette Anna Netrebko dans un rĂŽle qui semble taillĂ© pour elle. RĂ©ponse le 31 aoĂ»t sur les ondes de France Musique.

CD. Verdi : Giovanna D’Arco (Netrebko, Domingo. Salzbourg 2013)

verdi cd Anna Netrebko Placido Domingo deutsche grammophon Giovanna d'Arco DG CDCD, critique. Verdi : Giovanna D’Arco (Netrebko, Domingo. Salzbourg 2013). Giovanna d’Arco est redevable Ă  la premiĂšre maniĂšre de Verdi, un compositeur alors en plein succĂšs celui de Nabucco, Ă  la maniĂšre guerriĂšre, vive, fiĂ©vreuse qui cependant ici Ă©tonne par la ciselure dĂ©licate rĂ©servĂ©e Ă  l’hĂ©roĂŻne : Giovanna. Sur les traces de Schiller, une source chĂ©rie Ă  laquelle il puisera encore la trame de Luisa Miller entre autres
, Verdi s’intĂ©resse au profil de la jeune vierge, paysanne de DomrĂ©my devenue chevalier, infĂ©odĂ©e au service puis  ici, Ă  l’amour du roi Charles VII (Carlo). L’histoire est totalement rĂ©Ă©crite Ă  la faveur d’une  intrigue amoureuse assez peu vraisemblable mais dont la mise en forme privilĂ©gie une succession de tableaux avec choeur, d’une dignitĂ© expressive noble et tragique (car la fin produit la mort de Giovanna expirante et sacrifiĂ©e), dans le sillon des grands oratorios de Rossini. Surprenante la relation du pĂšre (Giacomo) Ă  la fille : c’est Ă  cause de lui que Giovanna est dĂ©noncĂ©e de sorcellerie et livrĂ©e Ă  la haine populaire. Un comble – conçue dans la jeunesse quand on sait l’importance de la filiation dans les autres opĂ©ras, et la tendresse indĂ©fectible des pĂšres pour leur progĂ©niture. A contrario de l’action de Giovanna d’Arco, Verdi soigne ensuite la tendresse du pĂšre pour sa fille et vice versa (Rigoletto, Boccanegra et dĂ©jĂ  Stiffelio
). Ici, le cadre romanesque impose des rĂšgles et un cadre que Verdi prendra soin d’éclater pour mieux affiner le profil psychologique des caractĂšres et colorer avec subtilitĂ©, les relations tĂ©nues qui les relient.

Une Giovanna trop charnelle, un Domingo saisissant

netrebko annaObjet de 3 soirĂ©es prestigieuses au festival de Salzbourg 2013, cette production en version de concert avait attirĂ© les huiles autrichiennes et les visiteurs de marques par son affiche : Anna Netrebko et Placido Domingo sĂ©duisent toujours autant. Et reconnaissons que le tĂ©nor devenu baryton (hier Carlo, ce soir Giacomo) offre Ă  tous une leçon de style et de justesse Ă©motionnelle. Moins d’enthousiasme en revanche pour celle qui chantera bientĂŽt les grands rĂŽles verdiens : Leonora du TrouvĂšre et surtout Lady Macbeth. Anna Netrebko fascine toujours autant par son timbre charnu et opulent. Mais le problĂšme se prĂ©cise dĂšs ses premiers airs : le calibre vocal ne cadre pas avec cette ligne bellinienne, lĂ©gĂšre et agile, qui fit jadis les dĂ©lices d’une CaballĂ©. Trop puissante et large, la Giovanna de Netrebko ne convainc pas. Le personnage ne correspond en rien Ă  l’étoffe et Ă  l’esprit de la chanteuse
 que l’on attend d’autant mieux dans les tourments crĂ©pusculaires et obsessionnels de Lady Macbeth, et que sa Leonora, rĂ©vĂ©lĂ©e rĂ©cemment au disque, chez Deutsche Grammophon Ă©galement, affirmait de bien meilleure maniĂšre.

MĂȘme Francesco Meli malgrĂ© la beautĂ© du timbre lui aussi offre un portrait systĂ©matique, trop mĂ©canique et dĂ©monstratif du roi Carlo, amoureux de sa guerriĂšre Giovanna. DĂ©cidĂ©ment l’aĂźnĂ© des solistes Domingo s’impose par sa distinction d’intonation, la subtilitĂ© de sa diction
 qui a contrario de la noirceur premiĂšre de Giacomo, dĂ©voile l’humanitĂ© du pĂšre qui enfin mais trop tard, reconnaĂźt la beautĂ© morale de sa fille. Le chef malgrĂ© le choeur Ă©pais, parvient Ă  insuffler un nerf continu au drame qui souffre cependant d’un raffinement trop souvent concentrĂ© lorsque le roi Domingo paraĂźt. Un tĂ©moignage en demi teintes donc.

Giuseppe Verdi : Giovanna d’Arco. Anna Netrebko · PlĂĄcido Domingo Francesco Meli · Johannes Dunz – Roberto Tagliavini. Philharmonia Chor Wien, MĂŒnchner Rundfunkorchester. Paolo Carignani, direction. Enregistrement live rĂ©alisĂ© lors du festival de Salzbourg 2013. 2 cd Deutsche Grammophon 0289 479 2712 9 2 CDs DDD GH2.

DVD. Tchaikovski : EugĂšne Oneguine (Netrebko, Gergiev, 2013)

oneguine onegin netrebko dvd deutsche grammophon dg0735115-1La production qu’affichait le Met de New York en septembre 2013 restait prometteuse avec dans le rĂŽle de Tatiana, -la jeune femme Ă©cartĂ©e par l’ours cynique et dĂ©sabusĂ© OnĂ©guine, l’incandescente diva austrorusse Anna Netrebko. Velours ample et voluptueux, sur les traces de Mirella Freni, la soprano a tout pour emporter le caractĂšre conçu par TchaĂŻkovski entre amertume, solitude, dignitĂ©. De la jeune femme ivre et tendre, amoureuse : celle de la lettre, Ă  l’Ă©pouse mariĂ©e par devoir et dignitĂ©, la cantatrice incarne toutes les nuances d’une fĂ©minitĂ© complĂšte, ardente et palpitante. On se souvient que les premiĂšres reprĂ©sentations pour l’ouverture de la saison 13-14 avaient Ă©tĂ© marquĂ©es par les manifestations antiPoutine du groupe Queer Nation, pour fustiger les mesures antigay du prĂ©sident russe dont sont proches Gergiev et la soprano vedette.

Le spectacle a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en 2011 en Grande-Bretagne et met en avant une lecture trĂšs classique de l’opĂ©ra dans ses costumes et dĂ©cors XIXĂšme qu’aucun regard dĂ©calĂ© ne vient perturber. Pour autant, malgrĂ© son classicisme de mise, parfois banal, le dispositif permet de se concentrer sur les chanteurs, tous parfaitement investis pour faire monter le baromĂštre. la cohĂ©rence du plateau, sur le plan vocal assure la rĂ©ussite globale du spectacle : Netrebko affiche une sensualitĂ© radieuse, celle d’une amoureuse sincĂšre, loyale, encore pleine de fraĂźcheur Ă  l’acte I. Puis, la femme mariĂ©e dĂ©ploie un large ambitus avec toujours les couleurs et le velours d’un timbre somptueux. Mais plus que l’Ă©rotisme du timbre fĂ©minin, c’est la justesse de l’intonation entre sincĂ©ritĂ© et passion qui trouble le plus.

D’autant que l’OnĂ©guine du baryton Mariusz Kwiecien, soigne lui aussi l’Ă©lĂ©gance chambriste  du chant, Ă©clairant les blessures secrĂštes qui fondent son personnage solitaire, secret, d’une pudeur philantropique maladive. Parfois Ă©trangement glacial, parfois d’une tendresse farouche. Eclatant, parfois trop claironnant, c’est Ă  dire pas assez nuancĂ©, Piotr Beczala attire nĂ©anmoins et lĂ©gitimement, tous les regards sur son Lenski, intense, stylĂ©, dĂ©chirant. Pour autant, nous avons encore en tĂȘte l’envoĂ»tante fusion du couple Fleming/Hvorostovsky dans la mise en scĂšne de Carsen, production prĂ©cĂ©dente, sommet thĂ©Ăątral depuis 1997. Pas sĂ»r que celle-ci ne la fasse oublier : la vision scĂ©nique et drammaturgique n’est pas aussi raffinĂ©e et mordante que celle de Carsen. DiffĂ©remment Ă  la production scĂ©nique originelle, le film vidĂ©o en plans rapprochĂ©s soignĂ©s sait compenser le manque de sentiments parfois exposĂ©s par une mise en scĂšne trop classique. Autant dire que ce dvd mĂ©rite le meilleur accueil, en dĂ©pit de nos infimes rĂ©serves : la passion destructrice s’accomplit ici, dans le pur respect de la lyre tchaĂŻkovskienne.

Tchaikovsky: Eugene Oneguine. Mariusz Kwiecien (Onegin), Anna Netrebko (Tatyana), Piotr Beczala (Lensky), Oksana Volkova (Olga), Alexei Tanovitski (Gremin). Metropolitan Opera Orchestra, Chorus and Ballet, Valery Gergiev, direction. Deborah Warner, mise en scÚne.  2 dvd 073 5114 Deutsche Grammophon.

Puccini : La BohĂšme par Anna Netrebko Ă  Chicago

puccini-boheme_puccini_netrebko_callejaFrance Musique, ce soir 19h. Puccini : La BohĂšme avec Anna Netrebko. Depuis l’OpĂ©ra de Chicago, la soprano russo autrichienne Anna Netrebko incarne Mimi, cousette Ă©mancipĂ©e du Paris bohĂ©mien et hautement artistique ; au cafĂ© Momus, puis Ă  la barriĂšre d’enfer enneigĂ©e, les amours de Mimi et de Rodolphe Ă©prouvent le choc de la vie rĂ©elle, souvent difficile et tragique… Phtisique, Mimi se sent condamnĂ©e et Rodolphe ne parvient pas vraiment, malgrĂ© ce qu’il dit, Ă  quitter sa jeune maĂźtresse. Plus qu’un opĂ©ra Ă  airs, mettant surtout en avant les chanteurs, Puccini exprime la couleur particuliĂšre du Paris romantique (inspirĂ© du roman de Henry Murger, ScĂšnes de la vie de BohĂšme paru en 1845) oĂč malgrĂ© la misĂšre des artistes, l’amour et le pur lyrisme en leur fragilitĂ© idĂ©alement brossĂ©e, Ă©treignent les coeurs prĂȘts Ă  s’enivrer. La flamboyante partition orchestrale de Puccini est le vrai protagoniste d’un opĂ©ra qui outre son sujet parfois lĂ©ger, dĂ©concerte par ses audaces harmoniques. Du pain bĂ©ni pour les chefs soucieux de nuances et d’Ă©vocations poignantes.
La production de Chicago bĂ©nĂ©ficie surtout de son plateau vocal : Anna Netrebko est une Mimi palpitante et hypersensible, ange trop fragile mais incandescent (comme le fut avant elle l’inĂ©galable Mirella Freni : son modĂšle ?) et comme partenaire l’excellent tĂ©nor Joseph Calleja, certes piĂštre acteur mais voix stylĂ©e taillĂ©e pour les jeunes poĂštes amoureux du Paris romantique

logo_francemusiqueOpĂ©ra enregistrĂ© le 15 juin 2013 Ă  l’OpĂ©ra Lyrique de Chicago.
OpĂ©ra en quatre tableaux crĂ©Ă© le 1er fĂ©vrier 1896 au Teatro Regio de Turin, Italie.‹Musique de Giacomo Puccini (1858-1924).‹Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d’aprĂšs le roman de Henri MĂŒrger ScĂšnes de la vie de BohĂšme.

Anna Netrebko, MimĂŹ
Joseph Calleja, Rodolfo
Elizabeth Futral, Musetta
Lucas Meachem, Marcello
Andrea Silvestrelli, Colline
Joseph Lim, Schaunard
Dale Travis, Benoit/Alcindoro

Choeur et orchestre de l’OpĂ©ra Lyrique de Chicago
Emmanuel Villaume, direction

Consultez la page dédiée à La BohÚme de Puccini sur le site de France Musique