CRITIQUE. LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 – les 11 et 12 juin 2022, prĂ©sentation, Ă©dito

lille-pianos-festival-2022-classiquenews-concerts-VIGNETTECRITIQUE. LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 – les 11 et 12 juin 2022. C’est une Ă©dition Ă  la fois diverse et flamboyante qui s’est dĂ©roulĂ©e le week end dernier (au soir du vendredi 10, puis les samedi 11 et dimanche 12 juin 2022). DĂ©sormais inscrit chaque annĂ©e, dans l’agenda lillois de juin, LILLE PIANO(S) FESTIVAL porte bien son nom : cĂ©lĂ©brer la magie du piano tout en Ă©largissant au maximum ses champs artistiques ; ce sont tous les claviers qui sont sollicitĂ©s et proposĂ©s au grand public (clavecin, orgue, accordĂ©on…) et dans tous les genres y compris l’électro, le rap, le jazz ; mĂŞme la danse Ă©tait conviĂ©e Ă  La Convention Publique, nouveau partenaire, Ă©toffant une palette de lieux ainsi investis, partout dans Lille : Conservatoire, CathĂ©drale Notre-Dame de la Treille, Gare saint-Sauveur, Temple, et Ă©videmment l’Auditorium du Nouveau Siècle, centre nĂ©vralgique de toutes les initiatives et rĂ©sidence de l’Orchestre National de Lille, concepteur de l’évĂ©nement : en son sein, se sont dĂ©ployĂ©s les tempĂ©raments les plus divers et affirmĂ© des sĂ©quences Ă  prĂ©sent mĂ©morables.
Le Festival lillois cultive ainsi l’ouverture, l’accessibilité, la curiosité ; c’est un laboratoire de la sensibilité où le festivalier peut être surpris, enrichit son rapport à la musique grâce à la diversité des formats et des dispositifs artistiques qui lui sont accessibles ; c’est une ruche foisonnante qui propose de multiples événements ; un régal pour les amateurs et les connaisseurs. Une plateforme ouverte, certainement visionnaire dans sa capacité à se renouveler et à surprendre. Chacun y explore ou retrouve des interprètes et des répertoires habilement croisées, dont la richesse étonne à chaque édition.

 

 

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Éclectisme et excellence

 

 

TEMPS FORTS 2022 : Benjamin Grosvenor, Bertrand Chamayou et Les Siècles. Parmi les temps forts de cette édition 2022, distinguons parmi une offre pléthorique de tempéraments et de caractères… le récital du britannique Benjamin Grosvenor (samedi 12 juin) : presque trentenaire, le formidable acrobate a confirmé sa géniale spécificité ; haute technicité, intelligence dramatique, hypersensibilité expressive. Un nouvelle étoile du clavier à n’en pas douter. Et dans un programme aussi remarquablement contrasté, redoutable qu’équilibré.
Belle prestation également du 1er Prix au Concours Reine Elisabeth 2021, Jonathan Fournel (Brahms : Sonate n°3) ; puis Marie-Ange Nguci et Judith Jauregui jouant avec les instrumentistes du National de Lille sous la direction de leur fondateur Jean-Claude Casadesus. Ajoutons, enfin deux autres programmes plus que convaincants (dim 12 juin): le récital d’Olivier Latry sur l’orgue de ND de la Treille, grand moment de lévitation mystique (JS Bach, Franck, Vierne, Messiaen,…) et apothéose annoncée ayant tenu ses promesses, le concert de clôture défendu par Bertrand Chamayou jouant un Pleyel historique début XXè et l’Orchestre Les Siècles, invité cette année dont les couleurs et les associations de timbres, ciselées, électrisées par leur chef, François-Xavier Roth, ont dépoussiéré et régénéré Franck puis Debussy (La Mer) : un miracle symphonique comme on en vit rarement au cours d’une saison musicale. Ce concert reste notre coup de coeur (avec le récital du désormais incontournable Benjamin Grosvenor).

 

 

 

 

NOS CRITIQUES. Retrouvez ci après, les compte rendus spécifiques à chaque programme auquel nous avons assisté. Critiques à venir ici … :

LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 :

 

 

CONCERTS du samedi 11 juin 2022
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Lille, Nouveau Siècle / Récital de Benjamin GROSVENOR : Franck, Albéniz, Ravel.

Lille, Nouveau Siècle / Concert symphonique : MOZART (Concerto n°21), De FALLA (Nuits dans les jardins d’Espagne) – Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus, Marie Ange NguciJudith Jáuregui.

Lille, Nouveau Siècle / Récital de Vanessa Wagner : Debussy, création des 7 Préludes / Preludios d’Alex Nante, compositeur en résidence à l’Orchestre National de Lille

 

 

CONCERTS du dimanche 12 juin 2022
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Lille, Nouveau Siècle / Spectacle Jeune Public, d’après L’Apprenti Sorcier de Paul Dukas / RĂ©cital de Marie-Ange Nguci : Chopin, Prokofiev, Saint-SaĂ«ns

Notre-Dame de la Treille : récital d’Olivier Latry, orgue. JS BACH, Franck, Vierne, Messiaen

Lille, Nouveau Siècle / concert de clĂ´ture : Franck (Les Djinns, Variations Symphoniques), Debussy (La Mer) – Bertrand Chamayou, Les Siècles, FX Roth.

 

 

 

 

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DIFFUSION

Ce 21 juin 2022 en soirée la chaîne de radio locale France Bleu Nord diffuse le concert d’ouverture du Lille Piano(s) Festival 2022 : Orchestre national de Lille et Alexandre Bloch avec Francesco Piemontesi (Concert pour piano de Robert Schumann).
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Rentrée 2022 :
L’audito 2.0, la chaîne youtube de l’ON LILLE, Orchestre national de Lille diffuse cet automne le concert du jazzman Isfar Arabski et Judith Jauregui avec le quatuor Gerhardt. Dates et annonces à venir sur classiquenews

Mezzo diffuse cet automne également les 2 concerts précédemment cités et aussi le concert d’ouverture du Lille Piano(s) Festival 2022 : Orchestre national de Lille et Alexandre Bloch avec Francesco Piemontesi (Concert pour piano de Robert Schumann, The messenger de Silvestrov).

 

 

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Crédits photos : ON LILLE Orchestre national de Lille / © Ugo Ponte

 

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ENTRETIEN avec ALEX NANTE, compositeur en résidence à l’Orchestre National de Lille (avril 2022)

NANTE-ALEX-portrait-creation-sinfonia-del-cuerpo-de-luz-classiquenews-reportage-photo-3ENTRETIEN avec ALEX NANTE, compositeur en rĂ©sidence Ă  l’Orchestre National de Lille. Alex Nante poursuit son Ĺ“uvre de crĂ©ation Ă  Lille, tirant profit de sa proximitĂ© avec les instrumentistes et leur chef Alexandre Bloch. Le compositeur a livrĂ© ainsi sa première Ĺ“uvre grandiose et ciselĂ©e SinfoniĂ  del Cuerpo de luz, crĂ©Ă©e par le National de Lille en septembre 2021 (VOIR notre reportage vidĂ©o crĂ©ation de Sinfonia del Cuerpo de luz d’Alex Nante par l’Orchestre National de Lille). Au moment de la crĂ©ation de son Concerto pour piano par l’Orchestre National de Lille (le 6 avril 2022), Alex Nante Ă©voque pour classiquenews son travail avec l’Orchestre lillois, la genèse de ses nouvelles partitions, les formes qui l’inspirent… Pour son Concerto pour piano, intitulĂ© « Luz de lejos » / Lumière de loin, le compositeur interroge la relation du piano avec les autres instruments, du soliste et de l’orchestre ; c’est aussi une rĂ©flexion sur le dĂ©veloppement et l’architecture d’un drame oĂą le piano-personnage Ă©claircit aussi la notion de mise Ă  distance et de sublimation. Alex Nante annonce dĂ©jĂ  l’Ă©criture de sa Symphonie n°2 “Mysterium”, nouveau jalon prometteur de sa trilogie lumineuse au sein de l’Orchestre National de Lille…

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Alex Nante (Ă  gauche), Alexandre Bloch (un pied sur l’estrade), directeur musical de l’ON LILLE – Orchestre National de Lille, musiciens de l’ON LILLE – Orchestre National de Lille (© Ugo Ponte / ON LILLE) 

  

  

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CLASSIQUENEWS : Comparé à « Sinfonia del Cuerpo de luz », quelle conception de la lumière se précise dans le Concerto pour piano ? Comment les deux partitions se répondent-elles ?

ALEX NANTE : La lumière est le fil conducteur de ma rĂ©sidence Ă  l’ONL (Orchestre National de Lille). Elle inspire les Ĺ“uvres SinfonĂ­a del Cuerpo de Luz, “Luz” Preludios (crĂ©ation le 11 juin par Vanessa Wagner au Lille Piano Festival), le concerto pour piano et la Symphonie n° 2 “Mysterium”. Luz de lejos signifie «Lumière de loin». Contrairement Ă  SinfonĂ­a, Luz de lejos accentue une dimension «psychologique», dans le sens oĂą le piano semble incarner un personnage, un caractère humain qui passe par des Ă©tapes de rapprochement et d’Ă©loignement avec l’orchestre et la lumière Ă©voquĂ©e.
La difficultĂ© d’unifier les timbres contrastĂ©s de l’orchestre et du piano a inspirĂ© cette idĂ©e. La tentative d’union entre les deux a parfois une facette romantique qui est plus marquante dans le quatrième mouvement, lequel consiste en un duo amoroso intime entre le piano et la harpe. Je considère ce mouvement comme une rencontre avec l’Anima. Après un premier long dialogue, piano et harpe sont remplacĂ©s et en quelque sorte « transcendĂ©s » dans la tessiture aiguĂ« par le cĂ©lesta et le glockenspiel, qui personnifient « l’essence lumineuse » de ces deux « personnages ».

 

 

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Alex NANTE lors d’un “bord de scène” Ă  l’issue de la crĂ©ation de Sinfonia del cuerpo de luz, sept 2021 – LILLE, Nouveau Siècle – commande de l’ON LILLE – Orchestre National de Lille / crĂ©Ă© par l’ON LILLE (© Ugo Ponte)

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez-vous élaboré l’écriture et la place du piano vis à vis des autres instruments solo (basson, harpe, cor, …) et vis à vis de la masse orchestrale ?

ALEX NANTE : L’Ă©criture du concerto pour piano m’a fait rĂ©flĂ©chir sur les diffĂ©rents enjeux au moment de combiner le piano avec d’autres instruments. D’autre part, j’ai rĂ©flĂ©chi au rĂ´le du piano dans la forme concertante et aux diffĂ©rentes manières d’interaction entre soliste et orchestre depuis le classicisme. L’un de mes objectifs Ă©tait d’Ă©viter le rĂ´le «hĂ©roĂŻque» que le piano acquiert souvent dans le romantisme (mĂŞme si d’autres aspects du romantisme sont très importants dans mon langage). Ce rĂ´le est en quelque sorte liĂ© Ă  la «bataille» qui est parfois prĂ©sente entre soliste et orchestre dans les concertos romantiques. NĂ©anmoins, le « conflit » ou la « bataille » n’est pas totalement absent de cette Ĺ“uvre, comme on peut le constater dans certains passages du cinquième mouvement.
Les modes d’interaction entre piano et orchestre que j’explore, ont des connotations rituelles et s’inspirent, en partie, de modèles prĂ©existants de la littĂ©rature des concertos pour piano. Ces modes sont:

Microcosme / Macrocosme
Cette analogie suppose une similitude, voire une identitĂ© partagĂ©e, entre l’individu et le cosmos. En raison de la nature polyphonique du piano, considĂ©rer cet instrument comme un « micro-orchestre » semble une analogie appropriĂ©e. Dans les segments Microcosme / Macrocosme de l’Ĺ“uvre, l’orchestre opère comme une Ă©laboration ou une «amplification» des mĂ©lodies ou des phrases du piano. NĂ©anmoins, cet essai “d’identitĂ©” n’est jamais accompli dans le concerto, en raison de l’impossibilitĂ© d’unifier les timbres du piano et de l’orchestre.

Jeu – «Juego» («jeu» en espagnol) est le titre de la deuxième partie du troisième mouvement, qui a une signification essentielle dans la structure gĂ©nĂ©rale. D’abord parce que le centre de ce segment correspond Ă  l’axe de symĂ©trie de l’Ĺ“uvre. Deuxièmement, parce que son caractère est si diffĂ©rent des autres mouvements du concerto qu’il produit un contraste dans la forme gĂ©nĂ©rale. Le piano et l’orchestre s’enchevĂŞtrent ici dans un dialogue ludique, qui contrastent avec le sĂ©rieux et la gravitĂ© des autres parties du concerto.

Responsorial – Le sixième mouvement, intitulĂ©e Luz de lejos, prĂ©sente une succession d’un choral de cordes, un choral des bois et d’un monologue au piano, de manière responsoriale. Le charactère archaĂŻque du responsorial est accentuĂ©e ici par un choral en faux-bourdon aux bois, Ă©lĂ©ment qui apparaĂ®t en arrière-plan dans d’autres parties de l’Ĺ“uvre.
Luz de lejos ne prĂ©sente pas une graduelle “luminositĂ©” comme dans certaines parties du SinfonĂ­a, ou une graduelle “ritualisation”, comme dans certains de mes pièces de musique de chambre. NĂ©anmoins, le dernier mouvement suggère une arrivĂ©e Ă  une atmosphère rituelle oĂą le symbole de la lumière est plus prĂ©sent que dans d’autres mouvements. Le langage harmonique ici est très transparent, extrĂŞmement diatonique et par moments modal. La tessiture aiguĂ« est explorĂ©e dans tout l’orchestre.

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Alex NANTE (au centre) lors de la crĂ©ation de son Concerto pour piano et orchestre : « Luz de lejos » / Lumière de loin – avril 2022 – LILLE, Nouveau Siècle – commande de l’ON LILLE – Orchestre National de Lille / crĂ©Ă© par Alexandre Tharaud, l’ON LILLE sous la direction de Emilia Hoving (© Ugo Ponte)

 

 

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : La fin du Concerto s’achève comme une question ouverte … Quel est le sens de cette fin?

ALEX NANTE : L’Ĺ“uvre semble finir dans une atmosphère rituelle, calme et mĂ©ditative, mais cette atmosphère est interrompue par un Ă©lan Ă©nergique, mercurial, ou les Ă©lĂ©ments plus significatifs de l’Ĺ“uvre sont rapidement superposĂ©s. Une sorte de synthèse de tout le concerto.
Le dernier accord de l’Ĺ“uvre est jouĂ© au piano, harpe, glockenspiel et cĂ©lesta dans la tessiture extrĂŞme, en fff, un son extrĂŞmement «lumineux». Ce dernier Ă©lĂ©ment agit en quelque sorte comme une rĂ©ponse Ă  l’ouverture de l’Ĺ“uvre, oĂą le piano joue un bicorde MI – SI dans le grave. MĂŞme si, comme indiquĂ© prĂ©cĂ©demment, il n’y a pas une “luminositĂ© progressive” tout au long de l’Ĺ“uvre, ces deux accords ont une signification symbolique liĂ©e au passage de l’obscuritĂ© Ă  la lumière.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Au moment de la création mondiale, au cours des 2 soirées des 6 et 7 avril 2022, comment avez vous ressenti et vécu la partition ? Y a-t-il des éléments nouveaux qui ont surgi ?

ALEX NANTE : J’ai vĂ©cu ce moment avec beaucoup d’Ă©motion; très touchĂ© par le magnifique travail d’Alexandre Tharaud, Emilia Hoving et l’Orchestre National de Lille. Dans les rĂ©pĂ©titions d’une nouvelle Ĺ“uvre, je fais toujours de petits changements. Par exemple, une mĂ©lodie qui Ă©tait censĂ©e ĂŞtre au premier plan peut passer un peu plus au premier plan. Je change aussi quelques tempos, j’ajoute quelques points d’orgues… J’ai la sensation de ne jamais finir de corriger mes oeuvres. J’adore cette phrase de Paul Valery : “Un artiste ne finit jamais vraiment son travail, il l’abandonne tout simplement ».

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelle est la suite et les prochains jalons au sein de votre rĂ©sidence Ă  l’ON LILLE ? De quelle façon exploitez-vous les ressources propres de l’orchestre ? Notez-vous des caractères marquants qui singularisent l’Orchestre National de Lille ?

ALEX NANTE : Les musiciens de l’Orchestre National de Lille sont magnifiques. C’est une chance pour moi de travailler avec eux. Humainement c’est aussi une expĂ©rience très agrĂ©able. A chaque session, je peux Ă©changer et me nourrir des commentaires et des retours des musiciens sur mon oeuvre.
La dernière pièce que j’Ă©crirai pour la rĂ©sidence est Symphonie n°2 “Mysterium”. Cette Ĺ“uvre pour soprano, tĂ©nor, chĹ“ur et grand orchestre sera inspirĂ©e des textes de la tradition gnostique. Elle complète la trilogie des pièces Ă©crites pour l’Orchestre National de Lille autour de la lumière. Le gnosticisme, tradition alternative au christianisme des Ă©glises, considère que le salut s’obtient grâce Ă  la gnose, la connaissance ultime de la rĂ©alitĂ©. Des fragments des hymnes inclus dans certains traitĂ©s gnostiques comme par exemple « Pistis Sophia » seront chantĂ©s par la soprano et le tĂ©nor, accompagnĂ©s par le chĹ“ur dans la langue originale copte. Cette Ĺ“uvre sera une tentative de s’immerger dans les mystères gnostiques de la lumière, riches en puissantes images et symboles d’une sagesse impĂ©rissable.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez-vous vécu et « absorbé » la période où la pandémie a sévi et entravé le travail habituel ?

ALEX NANTE : C’Ă©tait une pĂ©riode très intense et crĂ©ative ; j’ai composĂ© Ă©normĂ©ment de pièces. En mĂŞme temps, c’Ă©tait un moment assez difficile, traversĂ© par de grandes incertitudes. J’ai vĂ©cu la pandĂ©mie Ă  Buenos Aires, oĂą le confinement a Ă©tĂ© l’un des plus longs et stricts du monde. Cette tension a influencĂ© mon Ĺ“uvre.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Y a-t-il, outre la réflexion sur la forme et l’écriture, une part autobiographique dans vos oeuvres ? Si oui, de quelle manière cela se manifeste-t-il concrètement (motif, orchestration, harmonie, figuralismes…) ?

ALEX NANTE : Il y a toujours une part autobiographique dans mes Ĺ“uvres, dans le sens oĂą j’essaie d’Ă©crire Ă  partir de l’expĂ©rience, du vĂ©cu intĂ©rieur. Ce vĂ©cu intĂ©rieur rĂ©sonne Ă©videmment avec le vĂ©cu extĂ©rieur. Parfois cette dimension autobiographique a un caractère anecdotique ; dans mes “Diarios” pour piano, je “musicalise” des rencontres avec des amis, des dialogues avec mon Ă©pouse, des voyages… etc. Cet exemple est un cas extrĂŞme, mais certaines rĂ©fĂ©rences de ce type habitent aussi dans d’autres de mes oeuvres.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Y a t il d’autres formes non encore réalisées que vous souhaiteriez créer où le travail avec le plein orchestre aurait toute sa place ? Lesquelles et pourquoi ?

ALEX NANTE : Les trois pièces pour l’ONL me permettent d’explorer diffĂ©rentes facettes de l’Ă©criture orchestrale: l’orchestre seul, le concerto et la symphonie chorale. Ă€ l’avenir j’aimerais explorer l’opĂ©ra, mais je vais attendre un peu avant de me plonger dans ce monde.

 

 

Propos recueillis en avril 2022

Plus d’infos : visitez le site du compositeur argentin Alex Nante
www.alexnante.com
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VOIR aussi la chaĂ®ne YOUTUBE de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille / L’AUDITO 2.0 / L’offre digitale de l’ON LILLE.

 

 

NANTE-ALEX-portrait-creation-sinfonia-del-cuerpo-de-luz-classiquenews-reportage-photo-3VOIR notre reportage vidéo : ON LILLE / ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE saison 2021 – 2022 : Concert d’ouverture (23 et 24 sept 2021). Reportage autour de la création mondiale de Sinfonía del Cuerpo de luz d’Alex NANTE, compositeur en résidence au sein de l’ON LILLE – Elément marquant de la nouvelle saison du National de Lille : le retour de l’Orchestre à son complet sur la scène du Nouveau Siècle à Lille sous la direction d’Alexandre BLOCH, directeur musical / Pourquoi la nouvelle pièce pour grand orchestre d’Alex NANTE est-elle particulièrement inspirée par le feu ? © reportage studio CLASSIQUENEWS – septembre 2021
http://www.classiquenews.com/reportage-video-orchestre-national-de-lille-saison-2021-2022-concert-douverture-creation-mondiale-dalex-nante/

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LIRE aussi nos critiques des concerts ALEX NANTE par l’Orchestre National de Lille

Création du Concerto pour piano Luz de Lejos, le 6 avril 2022 :
alex-nante-concerto-pour-piano-luz-de-lejos-piano-lille-orchestre-national-de-lille-3-cheffe-compositeur-et-thauraud-piano-critique-concert-classiquenewsCRITIQUE, concert. LILLE, le 6 avril 2022. Alex NANTE : création mondiale de « Luz de lejos » – Concerto pour piano et orchestre (Alexandre Tharaud, piano) / SIBELIUS : Symphonie n°6 – Orchestre national de Lille – Emilia Hoving – Incroyable inspiration d’Alex Nante… Rien de commun ici avec sa précédente création par et pour l’Orchestre National de Lille (in loco, le 23 sept 2021) ; après le flamboyant poème symphonique “Sinfonia del Cuerpo de Luz”, manifeste incandescent en forme de métamorphose progressive, voici en création mondiale son concerto pour piano, “Luz de lejos” , autre jalon d’une interrogation formelle sur la lumière. Mais ici sur un mode distancié, plus narratif quand Sinfonia del Cuerpo de Luz immergeait l’auditeur dans le creuset en fusion.
http://www.classiquenews.com/critique-concert-lille-le-6-avril-2022-alex-nante-creation-mondiale-de-luz-de-lejos-concerto-pour-piano-et-orchestre-a-tharaud-piano-sibelius-symph-n6-orchestre-na/

 

 

Création de Sinfonià del Cuerpo de luz, le 23 sept 2021 :
alexandre-bloch-orchestre-national-de-lille-critique-concert-lille-classiquenews-23-sept2021-nante-sinfonia-del-cuerpo-de-luzCRITIQUE, concert. LILLE, le 23 septembre 2021 : Concert inaugural de la saison 2021 – 2022 : Alex NANTE (SinfonĂ­a del Cuerpo de luz, crĂ©ation) – SAINT-SAĂ‹NS : Concerto pour violoncelle n°1 (Victor Julien-Laferrière, violoncelle) – Richard STRAUSS : Mort et transfiguration. Orchestre National de Lille. Alexandre BLOCH, direction. – Alex Nante (nĂ© en 1992) s’affirme comme l’un des compositeurs contemporains les plus pertinents, rĂ©vĂ©lant ce soir une Ă©criture qui pense l’orchestre autant dans son ampleur sonore que dans ses scintillements instrumentaux les plus chambristes. L’auteur reconnaĂ®t sans rĂ©serve son admiration pour les postromantiques du XXe, Mahler et Strauss prĂ©cisĂ©ment. …Encore du travail et un Ă©largissement de ses champs sensibles… vers les français, souhaitons-le, Debussy et surtout Ravel, et peut ĂŞtre que demain assisterons-nous Ă  l’émergence d’un tempĂ©rament idĂ©alement captivant. Sa rĂ©sidence au sein de l’Orchestre National de Lille, en se dĂ©diant Ă  la lumière et Ă  la spiritualitĂ©, devrait s’avĂ©rer passionnante Ă  suivre.
http://www.classiquenews.com/critique-concert-lille-le-23-septembre-2021-concert-inaugural-de-la-saison-2021-2022-alex-nante-sinfonia-del-cuerpo-de-luz-creation-saint-saens-concerto-pour-violoncelle-n1-vict/

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CRITIQUE, concert. LILLE, le 6 avril 2022. Alex NANTE : crĂ©ation mondiale de « Luz de lejos » – Concerto pour piano et orchestre (A Tharaud, piano) / SIBELIUS : Symph n°6 – Orchestre national de Lille – E Hoving.

CRITIQUE, concert. LILLE, le 6 avril 2022. Alex NANTE : crĂ©ation mondiale de « Luz de lejos » – Concerto pour piano et orchestre (Alexandre Tharaud, piano) / SIBELIUS : Symphonie n°6 – Orchestre national de Lille – Emilia Hoving – Incroyable inspiration d’Alex Nante… Rien de commun ici avec sa prĂ©cĂ©dente crĂ©ation par et pour l’Orchestre National de Lille (in loco, le 23 sept 2021) ; après le flamboyant poème symphonique “Sinfonia del cuerpo de Luz”, manifeste incandescent en forme de mĂ©tamorphose progressive, voici en crĂ©ation mondiale son concerto pour piano, “Luz de lejos” , autre jalon d’une interrogation formelle sur la lumière. Mais ici sur un mode distanciĂ©, plus narratif quand Sinfonia del cuerpo de Luz immergeait l’auditeur dans le creuset en fusion.

 

 

Création mondiale du Concerto pour piano d’Alex Nante

LUZ DE LEJOS / Lumière de loin

 

 

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L’écriture est davantage resserrĂ©e [moins de 25mn] pour une partition dense et volubile, sans cesse changeante, aux miroitements instrumentaux toujours très fouillĂ©s, – ce raffinement entre le tellurique et l’arachnĂ©en est la marque dĂ©sormais du compositeur en rĂ©sidence au sein du National de Lille. Le piano, mĂŞme mis en avant, s’immerge dans la masse orchestrale jouant souvent plus sur la rĂ©sonance fondue que le dessin percussif, ce qui n’Ă©carte pas des passages et dialogues chambristes avec bois et vents, sans omettre le cor ou la harpe, d’un relief rayonnant : l’architecture de la partition alterne les tableaux contrastĂ©s qui se rĂ©pondent aussi, en symĂ©trie : le 1 (PrĂ©lude) et le 6 (« Lumière de loin » : le titre mĂŞme de l’œuvre) sont mĂ©ditatifs ; les 2 et 5, plus expansifs (Toccatas I et II) avec au centre, comme une clĂ© en deux faces : Jeu (Scherzo axial) puis Chanson d’amour, dialogue amoureux oĂą le couple piano et harpe fait paraĂ®tre l’anima « figure de la femme idĂ©ale « lumineuse », selon les propres mots d’Alex Nante. La fin tendue dans l’aigu souligne cette ligne toujours intranquille, hypersensible qui affirme la direction, le sens de l’Ĺ“uvre : une sĂ©rie d’Ă©pisodes qui se succèdent comme un questionnement en 6 stations qui alternent suractivitĂ© et introspection avec une fluiditĂ© parfois inquiète, opulente et rĂ©jouissante, toujours active et dĂ©terminĂ©e.

Le piano d’Alexandre Tharaud qui ouvre la pièce, suivi presque immĂ©diatement par le basson en un Ă©veil feutrĂ© [prĂ©lude] , est comme Ă  son habitude prĂ©cis, nuancĂ© ; mais son geste orfĂ©vrĂ© est souvent couvert par l’Orchestre, bien qu’idĂ©alement fiĂ©vreux et habitĂ© ; le dĂ©dicataire de la pièce est visiblement honorĂ© et engagĂ© par la crĂ©ation mondiale de cet ouvrage très Ă©laborĂ© qui veut rendre hommage Ă  la « clarté », « la poĂ©sie intime » de son jeu (dixit Nante).

 

 

 

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Beau prolongement dans la suite du programme avec la 6ème de Sibelius, œuvre clé, elle aussi formidable forge orchestrale. Sibelius ne développe pas ; il expérimente sans cesse en construisant une symphonie qui frappe par son énergie, le renouvellement incessant de son flux mélodique et thématique, aussi par la concision de son esprit de synthèse. Le National de Lille se jette dans cette arène qui se joue aussi des timbres grâce à des alliages surprenants et des dialogues entre pupitres, tout aussi originaux et imprévus.
Il faut beaucoup d’expĂ©rience et de discernement pour saisir en les ciselant, toutes les sections qui dialoguent entre elles, pour organiser ce flux d’Ă©nergie continu vers une pensĂ©e organiquement organisĂ©e, dramatiquement cohĂ©rente. Sans omettre sous l’apparente sĂ©rĂ©nitĂ©, les courants agitĂ©s d’une onde faussement canalisĂ©e.
Liquide et Ă©thĂ©rĂ©e, la symphonie qui fut crĂ©Ă©e après 4 annĂ©es de rĂ©flexion, semble cristalliser une sĂ©rie de tableaux oniriques oĂą la sensation du plein air et du motif s’affirme sans entrave : « l’eau pure » dont a parlĂ© Sibelius Ă  propos de sa 6ème, s’Ă©coule de fait en ruisseaux et torrents sans omettre l’impĂ©rieuse cascade du 2e mouvement dont l’Ă©nergie jaillissante innerve encore tout le Scherzo qui suit.
Sous la baguette de la jeune cheffe finlandaise, Emilia Hoving, – nĂ©e en 1994, les cordes s’assouplissent et exhortent en un tapis ondoyant et chantant ; la vitalitĂ© des bois, vents et cuivres, rappelle l’acuitĂ© inventive du Sibelius, gĂ©nie orchestrateur : c’est abrupt, violent, furtif, bouillonnant d’idĂ©es et de sensations rapides ; on aurait souhaitĂ© davantage d’articulation et de dĂ©tail dans ce jeu permanent de scintillements, d’ondulations, de glissements sonores qui recherchent davantage l’Ă©blouissement intĂ©rieure voire intime, que le grand fracas des Ă©vocations spectaculaires. Pour autant, inscrire Sibelius au rĂ©pertoire de l’Orchestre National de Lille est une promesse qui souhaitons-le, appelle d’autres rĂ©alisations sibĂ©liennes. Du feu filigranĂ© de Nante Ă  l’onde sibĂ©lienne, mystĂ©rieuse et agissante, le programme de ce soir avait tout pour satisfaire le public : enjeu pleinement rĂ©ussi.

 

 

 

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CRITIQUE, concert. LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle, le 6 avril 2022. Alex NANTE : crĂ©ation mondiale de « Luz de lejos » – Concerto pour piano et orchestre (Alexandre Tharaud, piano) / SIBELIUS : Symphonie n°6 – ON LILLE Orchestre national de LilleEmilia Hoving, direction. Photos © Ugo Ponte ON LILLE 2022

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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NANTE-ALEX-portrait-creation-sinfonia-del-cuerpo-de-luz-classiquenews-reportage-photo-3REPORTAGE. ON LILLE / ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE saison 2021 – 2022 : Concert d’ouverture (23 et 24 sept 2021). Reportage autour de la création mondiale de Sinfonía del cuerpo de luz d’Alex NANTE, compositeur en résidence au sein de l’ON LILLE – Elément marquant de la nouvelle saison du National de Lille : le retour de l’Orchestre à son complet sur la scène du Nouveau Siècle à Lille sous la direction d’Alexandre BLOCH, directeur musical / Pourquoi la nouvelle pièce pour grand orchestre d’Alex NANTE est-elle particulièrement inspirée par le feu ? © reportage studio CLASSIQUENEWS – septembre 2021

http://www.classiquenews.com/reportage-video-orchestre-national-de-lille-saison-2021-2022-concert-douverture-creation-mondiale-dalex-nante/

 

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : concert événement NANTE, SIBELIUS

NANTE-ALEX-portrait-creation-sinfonia-del-cuerpo-de-luz-classiquenews-reportage-photo-3LILLE, ONL. Les 6 et 7 avril. ALEX NANTE, SIBELIUS. Superbe concert et prometteur, affichant la crĂ©ation du Concerto pour piano d’Alex Nante (compositeur en rĂ©sidence au sein de l’ON LILLE, Orchestre National de Lille – photo ci contre / avec comme soliste, Alexandre Tharaud), et la sublime 6è symphonie de Sibelius, sommet de la recherche symphonique du Finlandais. IrrĂ©elle, poĂ©tique, coulant comme un jaillissement de l’esprit inspirĂ© par la Nature, la Symphonie n°6 est selon les mots de Sibelius lui-mĂŞme, une « pure eau de source ». L’œuvre composĂ©e en 1919, achevĂ©e en 1923, dĂ©coule d’un long travail d’approfondissement, de cohĂ©sion, de synthèse formelle. Sibelius, symphoniste majeur dans la première moitiĂ© du XXème, au mĂŞme titre que Ravel, Richard Strauss, Mahler, conçoit sa 6è telle une formidable rĂ©flexion sur la texture orchestrale, la direction et le sens d’un dĂ©veloppement ; l’œuvre mĂŞle transparence, lumière, nostalgie en un flux ininterrompu qui suit un plan architectonique particulièrement resserrĂ©.

 

 

 

 

« AURORES BORÉALES »
Concert événement de l’Orchestre National de Lille

Mercredi 6 avril 2022 — 20h
Jeudi 7 avril 2022 — 20h
LILLE – Auditorium du Nouveau Siècle
± 1h sans entracte
RÉSERVEZ VOS PLACESboutonreservation
directement sur le site de l’ON LILLE
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
https://www.onlille.com/saison_21-22/concert/aurores-boreales/

 

NANTE
Concerto pour piano et orchestre
[Commande de l’ONL – Création mondiale]
Alexandre Tharaud, piano

SIBELIUS
Symphonie n°6

Orchestre National de Lille
Emilia Hoving, direction

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Sibelius 20156ème de SIBELIUS. Apparemment moins immédiatement accessible que sa 5è, clairement lyrique et héroïque, la 6è pose les jalons d’un questionnement qui tente de résoudre l’équation : plénitude et durée : d’une durée inférieure à 30 mn, l’opus déploie cependant des trésors de combinaisons de timbres, une multitude de séquences, diversifiant rythmes et caractères. Sibelius y recycle le matériel de la partition initialement écrite d’après la lune (d’où son titre : « Kuutar »). Autant d’invention comme de raffinement qui préfigure l’apothéose que constitue sa dernière et 7è symphonie. Sous la direction de la cheffe finlandaise Emilia Hoving, la partition devrait se développer et scintiller telle « une aurore boréale » / d’où le titre du concert.

QUATRE MOUVEMENTS :
Allegro molto moderato
Allegretto moderato
Poco vivace
Finale. Allegro molto

Symphonie n°6 en rĂ© mineur opus 104 (1923) – PrĂ©sentation express :  AmorcĂ©e dès 1919, au moment oĂą Sibelius met au propre la dernière
version (tripartite) de sa Cinquième Symphonie, la Sixième est produite
sur quatre années, et créée le 19 février 1923 à Helsinki. Retour à
l’épure et à la concision d’une “eau pure”, parfaitement modale, dans
le souvenir vénéré de Palestrina. Mais sous l’apparente douceur, règne
l’imminence des orages sourds. En quatre mouvements, la Sixième est
l’une des plus courtes symphonies écrites par Sibelius (moins de 30
minutes).

PLAN : après l’Allegro molto moderato (développé sur un seul thème:
pas de second sujet comme d’ordinaire dans le plan sonate), Sibelius
imagine son deuxième mouvement “allegro moderato”, comme un épisode
lunaire, intime, totalement introspectif. Enfin après “Poco vivace”
(plutôt bref, moins de trois minutes, d’une nervosité syncopée et
tendre), le Finale construit en rondo sur quatre Ă©pisodes, est le
mouvement le plus libre, avec l’expression d’une hypersensibilité qui
semble trouver difficilement le fil de son Ă©quilibre. La fin entre
transparence et fragilité, exprime une inquiétude ; le sentiment profond
d’une certaine impuissance ? Les ruptures de climats, les
fragmentations des rythmes, la science de l’orchestration atteignent un
nouveau sommet. La 7è achèvera ce long travail orchestral porté par le raffinement, l’épure, l’écoulement continu mais conduit par la nécessité d’une métamorphose.

 

 

 

APPROFONDIR

LIRE aussi notre dossier les Symphonies de Sibelius (1899-1924)

http://www.classiquenews.com/jean-sibelius-1865-1957-les-symphonies-n1-a-7-1899-1924/

 

 

 

 

 

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En première partie, l’Orchestre National de Lille accueille Alexandre Tharaud. Défenseur inspiré de la musique d’aujourd’hui, le pianiste français joue le Concerto pour piano du compositeur en résidence à l’ON LILLE, Alex Nante. L’Orchestre lillois a précédemment réalisé la création française de son poème symphonique, «  Sinfonia del cuerpo de luz », sujet d’un reportage vidéo par classiquenews. La partition pour grand orchestre ainsi créée à Lille le 23 septembre 2021, soulignait le retour de l’orchestre à son complet sur la scène du Nouveau Siècle, après la crise sanitaire ; elle indique aussi une inspiration spécifique et singulière qui comme Sibelius, exprime la continuité organique et la métamorphose…

NANTE-ALEX-portrait-creation-sinfonia-del-cuerpo-de-luz-classiquenews-reportage-photo-3REPORTAGE. ON LILLE / ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE saison 2021 – 2022 : Concert d’ouverture (23 et 24 sept 2021). Reportage autour de la création mondiale de Sinfonía del cuerpo de luz d’Alex NANTE, compositeur en résidence au sein de l’ON LILLE – Elément marquant de la nouvelle saison du National de Lille : le retour de l’Orchestre à son complet sur la scène du Nouveau Siècle à Lille sous la direction d’Alexandre BLOCH, directeur musical / Pourquoi la nouvelle pièce pour grand orchestre d’Alex NANTE est-elle particulièrement inspirée par le feu ? © reportage studio CLASSIQUENEWS – septembre 2021

http://www.classiquenews.com/reportage-video-orchestre-national-de-lille-saison-2021-2022-concert-douverture-creation-mondiale-dalex-nante/

 

 

 

 

REPORTAGE vidĂ©o. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE saison 2021 – 2022 : concert d’ouverture (crĂ©ation mondiale d’Alex NANTE)

NANTE-ALEX-portrait-creation-sinfonia-del-cuerpo-de-luz-classiquenews-reportage-photo-3REPORTAGE. ON LILLE / ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE saison 2021 – 2022 : Concert d’ouverture (23 et 24 sept 2021). Reportage autour de la crĂ©ation mondiale de SinfonĂ­a del cuerpo de luz d’Alex NANTE, compositeur en rĂ©sidence au sein de l’ON LILLE – ElĂ©ment marquant de la nouvelle saison du National de Lille : le retour de l’Orchestre Ă  son complet sur la scène du Nouveau Siècle Ă  Lille sous la direction d’Alexandre BLOCH, directeur musical / Pourquoi la nouvelle pièce pour grand orchestre d’Alex NANTE est-elle particulièrement inspirĂ©e par le feu ? © reportage studio CLASSIQUENEWS – septembre 2021

 

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alexandre-bloch-orchestre-national-de-lille-critique-concert-lille-classiquenews-23-sept2021-nante-sinfonia-del-cuerpo-de-luzLIRE aussi notre critique complète du CONCERT D’OUVERTURE de la nouvelle saison de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE / crĂ©ation mondiale de Sinfonia del cuerpo de luz d’ALEX NANTE, nouveau compositeur en rĂ©sidence (23 sept 2021) : “tantrisme symphonique, le feu scintillant d’Alex Nante rĂ©vĂ©lĂ© par l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch”… http://www.classiquenews.com/critique-concert-lille-le-23-septembre-2021-concert-inaugural-de-la-saison-2021-2022-alex-nante-sinfonia-del-cuerpo-de-luz-creation-saint-saens-concerto-pour-violoncelle-n1-vict/

 
 
 
 
 
 

VOIR aussi notre REPORTAGE ON LILLE / Nouvelle saison 2021 – 2022 – PARTIE 2 / 2 :

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ON-LILLE-orchestre-national-de-lille-saison-2021-2022-concerts-critique-opera-tournee-classiquenewsVOIR aussi notre REPORTAGE vidĂ©o ON LILLE / Orchestre National de LILLE, nouvelle saison 2021 – 2022, PARTIE 2 : La nouvelle saison 21 / 22 de l’ON LILLE / Orchestre National de LILLE est Ă©clectique, flamboyante, diverse. Les fils rouges sont multiples : Mozart, Bernstein, Beethoven… Les formats et les publics de plus en plus variĂ©s… Cette saison s’est ouverte sur la crĂ©ation d’une Ĺ“uvre grandiose du compositeur en rĂ©sidence ALEX NANTE, les 23 et 24 sept 2021. C’est aussi la 6è saison du directeur musical ALEXANDRE BLOCH qui dresse un bilan de son travail avec les musiciens et prĂ©cise les points qu’il renforcera dans les annĂ©es Ă  venir… Jamais l’ON LILLE n’a semblĂ© plus engagĂ© et enthousiaste ; en rĂ©alitĂ© le travail n’a jamais cessĂ© en dĂ©pit de la crise sanitaire, le niveau artistique en tĂ©moigne aujourd’hui comme la rĂ©alisation de programmes en concert et au disque : dernier CD paru : le Carnaval des Animaux de Camille SAINT-SAĂ‹NS, dans une nouvelle version qui mĂŞle autodĂ©rision, finesse, verve orchestrale… REPORTAGE 2 / 2 © studio CLASSIQUENEWS.COM 2021

 
 
 
 
 
 

REPLAY. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : revivez le concert d’ouverture : NANTE, STRAUSS, SAINT-SAËNS (23, 24 sept 2021)

alexandre-bloch-orchestre-national-de-lille-critique-concert-lille-classiquenews-23-sept2021-nante-sinfonia-del-cuerpo-de-luzORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : revivez le concert d’ouverture : Alex NANTE, Richard Strauss, Camille Saint-SAËNS, sur la chaîne youtube de l’Orchestre : le programme dirigé par Alexandre Bloch, directeur musical, trace un parcours irrésistible, de l’ombre à la lumière… série de saluts au soleil selon la sensibilité exaltée, spirituel du compositeur en résidence Alex NANTE (qui signe une œuvre enivrante pour l’orchestre à son complet, création mondiale de sa « Sinfonia del cuerpo de luz »), virtuosité schumanienne et unité cyclique lumineuse du Concerto pour violoncelle n°1 de Saint-Saëns (avec le soliste Victor JULIEN-LAFERRIERE), enfin sublimation et délivrance grâce au poème symphonique « Mort et Transfiguration » de Richard Strauss pour lequel l’expérience ultime est un voyage miraculeux conçu comme une expérience salvatrice…. Cela faisiat 18 mois que l’Orchestre National de Lille n’avait pas joué au complet sur la scène du Nouveau Siècle à Lille (concerts des 23 et 24 sept dernier)

 

 

VOIR LE REPLAY
VISIONNER le concert événement ici :

https://www.youtube.com/watch?v=wqP4SdKLE-E

 

 

orchestre-national-de-lille-alex-nante-cuerpo-de-luz-creation-concert-critique-classiquenews

 

 

 

00:01 NANTE
SinfonĂ­a del cuerpo de luz
[Commande de l’ONL – Création mondiale]

26:00 SAINT-SAĂ‹NS
Concerto pour violoncelle et orchestre n°1 / Cello Concerto No.1 in A minor

48:00 R. STRAUSS
Mort et Transfiguration / Death and Transfiguration

 

 

 

Replay ALEX NANTE, crĂ©ation de la sinfonia del cuerpo de luz… accessible pendant 3 mois, jusqu’au 30 dĂ©mcembre 2021.

 

 

 

 

 

 

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. Le concert d’ouverture de la saison 21 22 en REPLAY / REQUIEM de MOZART… les 6 et 7 oct 2021

de-vriend-jan-willem-maestro-chef-classiquenews-orch-national-de-lille-marcel-Boek-classiquenews-concerts-orchestre-national-lille-streamingORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. Revivez le concert d’ouverture de la saison 21 22, ne manquez pas le REQUIEM de MOZART… les 6 et 7 oct 2021. C’est l’un des fils rouges de sa nouvelle saison 21 / 22 : Mozart (comme Bernstein). 1er chef invité de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille, le néerlandais Jan Willem De Vriend retrouve les instrumentistes de l’Orchestre lillois dans un programme 100% Mozart (un parcours thématique illustré jusqu’en mars 2022) : le concert des 6 et 7 octobre éclaire la haute inspiration de Wolfgang sur le thème de la mort : expérience profonde et nimbée de lumière fraternelle, tels qu’en témoignent sa Musique funèbre maçonnique comme son célèbre Requiem. Au total 6 programmes Mozart s’affichent à l’Auditorium du Nouveau Siècle à Lille, comprenant concerts symphoniques, concert Flash (à 12h30), opéra, ciné-concerts ! Mozart qui intégra une loge maçonnique à Vienne dès 1784, composa nombre de musique pour les rituels fraternels : l’orchestration de ses partitions favorise en particulier aux côté des cordes la superbe phalange des bois dont le timbre puissant et caverneux (bassons, clarinettes) favorise la gravité tendre, entre méditation et somptueuse noblesse.
mozart-vignette-carre-depeche-mozart-2016Bien que laissé inachevé à la mort de Mozart (1791), le Requiem demeure avec Don Giovanni (« l’opéra des opéras »), l’un des mythes absolus de l’histoire de la musique. A la demande de l’épouse de Wolgang, Constanze, l’élève Franz Xaver Süssmayr (qui avait fourni à son maître les recitatifs de La Clémence de Titus), puis Joseph Eybler tentent de terminer la partition à partir des esquisses, des indications de la bouche même du compositeur agonisant, en veillant à son chevet. Ainsi, ils échafaudent la conclusion du cycle après le Lacrymosa, ultime section livrée par la main de Mozart (les 8 premières mesures sont autographes). De sorte que l’œuvre bien que commandée par un aristocrate (probablement le comte de Walsegg), est aussi le testament de l’auteur… Chez Mozart, saisit la fulgurance de vagues chorales, le quatuor dramatique, opératique des chanteurs solistes et surtout avant l’ère romantique, le voile terrifiant, miraculeux de la mort. Il y faut une clarté absolue et aussi la gravité du lugubre qui saisit. Cet alliage a fait la réussite des meilleures lectures.

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Mercredi 6 octobre 2021 — 20h
Jeudi 7 octobre 2021 — 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siècle
± 1h sans entracte

RÉSERVEZ ICI vos places
https://www.onlille.com/saison_21-22/concert/requiem-de-mozart/

MOZART
Musique funèbre maçonnique
Requiem : 
Sarah Wegener, Soprano / 
Ingeborg Bröcheler, Alto
 / Marcel Beekman, Ténor
 / Geert Smits, Baryton
Chœur de Chambre de Namur (
Thibaut Lenaerts, chef de chœur
)
Orchestre National de Lille / Willem de Vriend, direction

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EN REPLAY
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alexandre-bloch-orchestre-national-de-lille-critique-concert-lille-classiquenews-23-sept2021-nante-sinfonia-del-cuerpo-de-luzCONCERT D’OUVERTURE de la saison 2021 2022 : création d’Alex NANTE, compositeur en résidence (sinfonia del cuerpo de fuego), Moart et résurrection de R Strauss, Concert n°1 pour violoncelle de Saint-Saëns (Victor Julien-Laferrière, violoncelle), enregistré filmé les 23 et 24 septembre 2021.
REVIVEZ cet événement symphonique de la rentrée 2021 2022 sur la chaîne youtube de l’ON LILLE Orchestre National de Lille:
https://www.onlille.com/saison_21-22/audito-2-0/

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alex-nante-sinfonia-del-cuerpo-de-luz-orchestre-national-de-lille-creation-23-sept2021-critique-concert-classiquenews-bord-de-sceneLIRE ici notre critique complète du concert d’ouverture de l’ON LILLE, NANTE, STRAUSS, SAINT-SAËNS par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille, les 23 et 24 sept 2021 : « tantrisme symphonique : le feu scintillant du compositeur Alex NANTE révélé par le national de Lille »
http://www.classiquenews.com/critique-concert-lille-le-23-septembre-2021-concert-inaugural-de-la-saison-2021-2022-alex-nante-sinfonia-del-cuerpo-de-luz-creation-saint-saens-concerto-pour-violoncelle-n1-vict/

CRITIQUE, concert. LILLE, le 23 septembre 2021 : Concert inaugural de la saison 2021 – 2022 : Alex NANTE (SinfonĂ­a del cuerpo de luz, crĂ©ation) – SAINT-SAĂ‹NS : Concerto pour violoncelle n°1 (Victor Julien-Laferrière, violoncelle) – Richard STRAUSS : Mort et transfiguration. Orchestre National de Lille. Alexandre BLOCH, direction.

CRITIQUE, concert. LILLE, le 23 septembre 2021 : Concert inaugural de la saison 2021 – 2022 : Alex NANTE (SinfonĂ­a del cuerpo de luz, crĂ©ation) – SAINT-SAĂ‹NS : Concerto pour violoncelle n°1 (Victor Julien-Laferrière, violoncelle) – Richard STRAUSS : Mort et transfiguration. Orchestre National de Lille. Alexandre BLOCH, direction.   -  Alex Nante (nĂ© en 1992) s’affirme comme l’un des compositeurs contemporains les plus pertinents, rĂ©vĂ©lant ce soir une Ă©criture qui pense l’orchestre autant dans son ampleur sonore que dans ses scintillements instrumentaux les plus chambristes. L’auteur reconnaĂ®t sans rĂ©serve son admiration pour les postromantiques du XXe, Mahler et Strauss prĂ©cisĂ©ment. …Encore du travail et un Ă©largissement de ses champs sensibles… vers les français, souhaitons-le, Debussy et surtout Ravel, et peut ĂŞtre que demain assisterons-nous Ă  l’Ă©mergence d’un tempĂ©rament idĂ©alement captivant. Sa rĂ©sidence au sein de l’Orchestre National de Lille, en se dĂ©diant Ă  la lumière et Ă  la spiritualitĂ©, devrait s’avĂ©rer passionnante Ă  suivre.
DĂ©jĂ , ce soir dans la crĂ©ation de sa “SinfonĂ­a del cuerpo de luz” / Symphonie du corps de lumière, la dĂ©monstration est faite de sa très haute technicitĂ©, exigeante pour tous les pupitres qui sont en nombre (bois par 3,…). L’argentin Ă©lève de Grisey et Benjamin, sert aussi un sens indĂ©niable de la dramaturgie que porte un souci spirituel ardent. Toute la pièce, aussi somptueuse que flamboyante, exprime un cheminement progressif Ă  travers les 7 chakras du corps. C’est un rituel sonore dont le langage orchestral traduit chaque avancĂ©e vers le final, explosif, Ă©ruptif, Ă©blouissant dans son mystère exclamatif et libĂ©rateur qui rĂ©vèle alors le feu du « corps subtil ». Fils d’un philosophe des religions, lui mĂŞme intĂ©ressĂ© par la psychanalyse de Jung, Alex Nante cultive une musique Ă  la fois abstraite et organique, dont la première valeur est cette fusion entre le miroitement concertĂ© des effets instrumentaux et le sens et l’architecture globale de la partition : temps musical et dramaturgie spirituelle fusionnent alors admirablement en une course Ă©chevelĂ©e d’environ 20 mn, qui scintille constamment. Le prochain temps fort de la rĂ©sidence d’Alex NANTE Ă  Lille aura lieu les 6 et 7 avril 2022, pour la crĂ©ation de son concerto pour piano, autre crĂ©ation mondiale rĂ©alisĂ©e avec la complicitĂ© du pianiste Alexandre Tharaud.

 

 

 

Tantrisme symphonique :
le feu scintillant du compositeur ALEX NANTE
révélé par l’Orchestre National de Lille

 

 

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Face au dĂ©fi de cette crĂ©ation, commande du National de Lille, les musiciens sont survoltĂ©s et aussi attentifs aux multiples alliages tĂ©nus de l’Ă©criture qui comprend de superbes solos pour hautbois, clarinette, violoncelle, violon, eux mĂŞmes parfois associĂ©s en une rĂ©elle sensibilitĂ© et maĂ®trise instrumentale. Ce avec d’autant plus d’acuitĂ© et de relief que les jeunes instrumentistes, nouvellement recrutĂ©s, s’impliquent, articulent, se dĂ©passent ; preuve de l’énergie Ă©clatante d’un orchestre qui est aussi en plein renouvellement de ses effectifs.
Au final mĂŞme si le compositeur dĂ©clare avoir cultivĂ© une transparence progressive vers une Ă©pure croissante de la texture, force est de constater que la matière musicale en fin d’activitĂ© est encore furieusement dense ; dans cette expĂ©rience mystique qui confronte sacrĂ© / profane, esprit / matière, spirituel / matĂ©riel, la puissance de feu de Nante est celle d’un hĂ©doniste flamboyant dont la couleur et le timbre, la riche parure orchestrale attestent d’une suractivitĂ© dĂ©bordante : implosion plutĂ´t qu’épure ; incandescence plutĂ´t qu’effacement ; par son terreau fertile aux transfigurations voire illuminations {sujet du dernier concert de clĂ´ture de cette saison 21 / 22, dĂ©cidĂ©ment hors normes de l’Orchestre lillois), le compositeur argentin fait feu de tout bois, impose une sĂ©rie de dĂ©flagrations irrĂ©sistibles (style « fireworks », dixit Alexandre Bloch dans sa prĂ©sentation). La conscience est totale, le geste large, la pensĂ©e de plus en plus libre, extatique, dansante.

La partition en crĂ©ation Ă©tait un mets de choix pour le grand retour de l’Orchestre national de Lille sur scène en grand effectif, un dispositif plus vu ni ressenti avec une telle intensité… depuis 18 mois. PrĂ©sentant avec finesse et humour la pièce en crĂ©ation au dĂ©but du concert, Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre, ne cache pas son plaisir de diriger ainsi ses plus de 90 musiciens devant une salle pleine… Nous n’avions pas ressenti la vibration symphonique totale depuis l’odyssĂ©e des symphonies de Mahler, un accomplissement pour l’Orchestre pilotĂ© par un chef bien inspirĂ©. De fait l’exploration du langage mahlĂ©rien Ă  certainement profitĂ© Ă  la crĂ©ation de Nante, ce dernier partageant avec Mahler, une pensĂ©e cosmique de l’orchestre, un souci du sens et de l’architecture, – la prĂ©sence des voix et des vertiges autobiographiques …en moins.

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saint-saens-julien-victor-laferriere-alexandre-bloch-orchestre-national-de-lille-critique-concert-classiquenews-23-sept-2021

 

victor-julien-laferriere-alexandre-bloch-concerto-violoncelle-saint-saens-concert-critique-classiquenews-orchestre-national-de-lille

 
 

Le violoncelle de Victor Julien-Laferrière succède ensuite Ă  Nante. La complicitĂ© et l’entente entre chef et soliste sont celles de deux artistes frères ; leur combinaison dĂ©voile un naturel et une facilitĂ©, manifestes. PortĂ© par une tel duo (et un orchestre complice lui aussi), le Concerto pour violoncelle n°1 de Saint-Saens (1873) fait bien la synthèse des romantiques germaniques, fusionnant l’Ă©lan schumannien, la mĂ©lancolie brahmsienne en une sensualitĂ© amoureuse d’une remarquable Ă©lĂ©gance… toute française. Artisan du renouveau musical patriotique, Saint-SaĂ«ns Ă©crit lĂ  une oeuvre qui touche par sa justesse et son raffinement. Bel hommage au gĂ©nie français fĂŞtĂ© en 2021 pour son centenaire : le brio, l’Ă©loquence et parfois une attĂ©nuation expressive finement nuancĂ©e de la part du soliste (Allegreto con moto, central) Ă©claire chez l’auteur des opĂ©ras Samson ou Ascanio, sa sincĂ©ritĂ©, son Ă©lĂ©gance pudique, la suavitĂ© directe de ses dons mĂ©lodiques. L’accord violoncelle  / orchestre est idĂ©al, Ă©quilibrĂ©, transparent dans un esprit… mozartien.

En choisissant Mort et transfiguration de Richard Strauss, Alexandre Bloch nous offre de vivre un second parcours spirituel, celle du hĂ©ros straussien qui en 1890 rĂ©ussit le passage vers l’au-delĂ ; c’est comme si Strauss plantait le dĂ©cor, ses mouvements principaux, sa direction comme une Ă©lĂ©vation, puis comme si Nante prĂ©cisait encore la nature de l’opĂ©ration, ses enjeux et le contenu de la mĂ©tamorphose qui est Ă  l’Ĺ“uvre (et son caractère incendiaire). Mais si Strauss Ă©difie une architecture vers la lumière et l’abstraction, Nante accomplit une sublimation volcanique par une transcendance sous le sceau du feu le plus Ă©blouissant. Chef et instrumentistes expriment le raffinement de l’écriture straussienne, sa couleur Ă©lĂ©gante elle aussi, sa puissance dramatique, sa verve orchestrale. La science instrumentale du Bavarois dialogue ainsi avec l’énergie de l’Argentin, accrĂ©ditant davantage la grande cohĂ©rence de ce programme d’ouverture de saison. Une totale rĂ©ussite et un lancement particulièrement Ă©blouissant.

 

alexandre-bloch-orchestre-national-de-lille-critique-concert-lille-classiquenews-23-sept2021-nante-sinfonia-del-cuerpo-de-luz

 
Orchestrte-national-de-Lille-alexandre-Bloch-concert-nante-strauss-23-sept-2021-ouverture-de-saison

 
 

CRITIQUE, concert. LILLE, le 23 septembre 2021 : Concert inaugural de la saison 2021 – 2022 : Alex NANTE (SinfonĂ­a del cuerpo de luz, crĂ©ation) – SAINT-SAĂ‹NS : Concerto pour violoncelle n°1 (Victor Julien-Laferrière, violoncelle) – Richard STRAUSS : Mort et transfiguration. Orchestre National de Lille. Alexandre BLOCH, direction.

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Retrouvez ici : toute la saison de l’ON LILLE Orchestre National de Lille.

 

 

LIRE aussi ici : notre prĂ©sentation de la saison 2021 2022 de l’ON LILLE Orchestre National de Lille, temps forts, fils rouges, chefs invitĂ©s, programmes et thĂ©matiques, nouvelles formes de concert (concerts flash, cinĂ©-concerts, musique de chambre…)

 

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation du concert NANTE, STRAUSS, SAINT-SAĂ‹NS par l’ON LILLE les 23 et 24 sept 2021
PHOTOS : Alex NANTE (Ă  gauche / bord de scène après le concert du 23 sept 2021) – Alexandre Bloch, Victor Julien-Laferrière, violoncelle © Ugo Ponte / Orchestre National de Lille 2021

 

 
 

 
 

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PROCHAINS CONCERTS DE L’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE :

  

 

6, 7 OCT : MOZART. Musique funèbre maçonnique et REQUIEM
Direction : Jan Willem de Vriend
13, 14 OCT : Brahms, concert pour violon (Sergey Khachatryan, violon)
Beethoven : Symphonie n°6 « Pastorale »
Direction : Kristina Poska
21 OCT : « Pour CLARA »
Robert Schumann : Concerto pour violoncelle (Steven Isserlis, violoncelle)
Symphonie n°4
Direction : James Feddeck
25 OCT : JUST PLAY
Expérience immersive dans le travail de l’Orchestre
Direction : Alexandre Bloch
29, 30 OCT : création «  MÊME PAS PEUR »
Conte dont le public est l’auteur, de Julien Joubert, Eric Herbette
Direction : Alexandre Bloch

 

 

INFOS et RÉSERVATIONS sur le site de l’ON LILLE
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE