Reportage vidéo : La 3Úme génération de musiciens au Festival de Saintes 2015

logoSaintes_A3_noirReportage vidĂ©o : La 3Ăšme gĂ©nĂ©ration de musiciens au Festival de Saintes 2015. En juillet 2015, le Festival de Saintes cultive aux cĂŽtĂ©s des tĂȘtes d’affiches et des vedettes cĂ©lĂ©brĂ©es, la diversitĂ© dĂ©fricheuse des jeunes tempĂ©raments. Cette annĂ©e, les 12 et 13 juillet 2015, CLASSIQUENEWS s’intĂ©resse Ă  trois interprĂštes qui portent l’Ă©lan enthousiaste de cette 3Ăšme gĂ©nĂ©ration de musiciens qui incarnent aussi la vitalitĂ© du festival estival. Entretien avec Stephan Maciejewski, Directeur artistique et Odile Pradem-Faure, Directrice gĂ©nĂ©rale mais aussi les musiciens concernĂ©s… tels Lionel Meunier (Vox Luminis), Adam Laloum (pianiste) et RaphaĂ«l SĂ©vĂšre (clarinette), HĂ©loĂŻse Gaillard (crĂ©atrice de l’ensemble Amarillis). © studio CLASSIQUENEWS.TV – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham

Compte rendu, concert. Tours, Opéra. Le 5 décembre 2015. Brahms : Concerto pour piano n°2. R. Strauss, Ravel. Adam Laloum, piano. Orch. Région Centre-Val de Loire Tours. Jean Yves Ossonce, direction.

PIANO ENCHANTEUR : Adam Laloum Ă  ToursLe clou de ce dernier programme symphonique Ă  l’OpĂ©ra de Tours est le 2Ăšme Concerto pour piano de Johannes Brahms. Soliste annoncĂ©, le laurĂ©at du Prix Clara Haskil 2009, Adam Laloum (nĂ© en 1987), Ă©lĂšve au CNSMD de Paris, de Michel BĂ©roff. Adam Laloum, le poĂšte des pianistes français et certainement le plus mĂ©ditatifs d’entre tous fait l’affiche de ce concert prometteur : on sait jusqu’à quels piani introspectifs le chef Jean-Yves Ossonce (dont le public de Tours vit le dernier cycle symphonique ici mĂȘme depuis l’annonce de dĂ©mission) aime conduire son orchestre tourangeau : telle capacitĂ© allusive, jouant sur le murmure timbrĂ©, mettant en avant la couleur de chaque instrument exposĂ©, s’est entendue prĂ©cĂ©demment dans des TchaĂŻkovski pour nous devenus mĂ©morables (LIRE notre compte rendu de la Symphonie n°6 de Tchaikovski en novembre 2014 par Jean-Yves Ossonce). La combinaison du pianiste dĂ©jĂ  invitĂ© Ă  Tours et du maestro sur la scĂšne de l’OpĂ©ra pouvait nous laissait espĂ©rer l’impossible.

Or l’alchimie a bien eu lieu 
 et le jeu miroitant, diaphane, ciselĂ©, d’une tendresse enfantine et amoureuse surtout dans l’Andante du jeune pianiste français s’est dĂ©ployĂ© sans masque si ce n’est celui assumĂ© de la pudeur. Tout le Concerto pour piano n°2 de Brahms d’une ampleur symphonique affirmĂ©e (avec ses 4 mouvements), laisse pourtant le chant du clavier s’épanouir, entre la tragĂ©die sombre Ă  peine voilĂ©e, la digression facĂ©tieuse (en particulier dans le dernier mouvement grazioso oĂč scintille les motifs populaires, rythmes hongrois rĂ©servĂ©s aux cordes), et au cƓur de la sensibilitĂ© brahmsienne, une hypersensibilitĂ© affective qui est la clĂ© de cette noblesse qui retourne toujours Ă  l’intime et Ă  la pudeur blessĂ©e. L’agilitĂ© faune, la versatilitĂ© dynamique, la caresse du piano d’Adam Laloum font le miel d’une soirĂ©e d’une trĂšs haute musicalitĂ© Ă  Tours oĂč chaque mouvement berce par une sincĂ©ritĂ© de ton qui d’un Ă©pisode Ă  l’autre, rĂ©tablit la grande cohĂ©rence du cycle orchestral dans son entier.

On sait grĂ© au chef de nous servir avec une finesse d’élocution tĂ©nue, l’admirable combinaison de certains timbres appareillĂ©s (cor Ă©videmment, hautbois, sans omettre le violoncelle au dĂ©but et Ă  la fin de l’Andante qui respire alors au diapason du clavier complice : mĂȘmes vibrations accordĂ©es entre les deux instruments. Un trĂšs grand moment de plĂ©nitude … purement musicale (pour plaire au critique Eduard Hanslick, dĂ©fenseur acharnĂ© et souvent partisan de Brahms).  Le piano enivrĂ©, extatique, parfois rugissant d’Adam Laloum s’accorde Ă  l’engagement du chef. Ce Brahms ambivalent, Ă  la fois solaire et crĂ©pusculaire, combinant la tĂ©nĂšbre et la grĂące lumineuse ressuscite ainsi en un acte d’une complicitĂ© accomplie.

 

 

tours-adam-laloum-jean-yves-ossonce-concert-Brahms-du-5-décembre-2015-review-critrique-concert-comte-rendu-classiquenews

 

 

 

Compte rendu, concert. Tours, Opéra. Le 5 décembre 2015. Brahms : Concerto pour piano n°2. R. Strauss, Ravel. Adam Laloum, piano. Orch. Région Centre-Val de Loire Tours. Jean Yves Ossonce, direction.

La Belle HĂ©lĂšne d'Offenbach Ă  ToursProchain Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours : La Belle HĂ©lĂšne d’Offenbach, les 26,27,30 et 31 dĂ©cembre 2015. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte : … ElĂ©gance, souplesse, ivresse mĂ©lodique 
 pour Pisani, La Belle HĂ©lĂšne rassemble toute les qualitĂ©s d’une grande Ɠuvre : une opĂ©rette dont la subtilitĂ© se rapproche de l’opĂ©ra;  politiques vĂ©reux mais trĂšs arrogants, dĂ©esses dĂ©vergondĂ©es et bergers complices portĂ©s sur la cabriole
 Divertissement certes, mais Offenbach comme Rameau dans sa formidable PlatĂ©e (prĂ©figuration de la future comĂ©die musicale Ă  venir, dĂ©jĂ  en 1745
.) nous tend le miroir : la sociĂ©tĂ© portraiturĂ©e dans La Belle HĂ©lĂšne sous couvert de gags Ă  gogo et de tableaux dĂ©lirants …

 

 

 

Tours, Opéra. Adam Laloum joue Brahms

Adam-Laloum-2-–-Photo-Carole-Bellaiche-©-Mirare-250x250Tours, OpĂ©ra. Adam Laloum joue Brahms, les 5 et 6 dĂ©cembre 2015. C’est l’un des plus captivants concerts symphoniques offerts par Jean-Yves Ossonce pour sa derniĂšre saison musicale Ă  Tours : Brahms, Strauss, Ravel; un dĂ©fi Ă  multiples facettes pour l’orchestre, le chef et ici, le soliste, l’excellent pianiste, prince des poĂštes du clavier, d’une intĂ©rioritĂ© magicienne, Adam Laloum, nĂ© en 1987 (ainsi de retour au Grand-ThĂ©Ăątre de Tours). Quel sommet musical que ce 2Ăšme Concerto pour piano de Johannes Brahms (1881) qui atteste des ressources artistiques prodigieuses d’un Brahms Ă  la fois classique et moderne (directeur de la SociĂ©tĂ© de musique de Vienne de 1872 Ă  1875), alors – au dĂ©but des annĂ©es 1880, personnalitĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e Ă  juste titre Ă  Vienne : sa 2Ăšme Symphonie puis son Concerto pour violon de 1877 l’ont hissĂ© Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© europĂ©enne. Le Concerto pour piano n°2 rĂ©active le grand sujet brahmsien, la construction et l’architecture contenant des forces antagonistes, les rĂ©vĂ©lant et les rĂ©solvant Ă  la fois, dans l’esprit universel, trĂšs structurĂ© et toujours Ă©loquent de Beethoven. La passion de nature schumanienne souvent lyrique et Ă©chevelĂ©e, mais d’une finesse inouĂŻe grĂące Ă  sa maĂźtrise de l’orchestration (bois et cuivres ciselĂ©s), la prĂ©sence toujours importante des thĂšmes du folklore populaire (Ă  l’instar d’un Schubert), le sens de l’Ă©quilibre et de l’architecte fondent la trĂšs haute valeur du romantisme brahmsien. La partition est crĂ©Ă©e en Hongrie Ă  Budapest par l’auteur avec succĂšs, le duo piano violoncelle qui crĂ©e le scintillement miraculeux, nostalgique et tendre d’une ineffable douceur dans l’Andante (3Ăšme mouvement), le rondo sonate qui compose l’ultime Ă©pisode (Allegretto Scherzo) marquĂ© par le swing du motif tzigane trĂšs emblĂ©matique sont des trouvailles gĂ©niales auxquelles il reste bien difficile de demeurer insensible. D’autant plus si les interprĂštes soliste, chef et instrumentistes de l’orchestre jouent la carte du chambrisme transparent plutĂŽt que de la puissance.

ossonce-jean-yves-sara-nemtanu-concerto-violon-orchestre-tchaikovski-concert-opera-de-tours-7-novembre-2015-review-crtique-compte-rendu-classiquenewsAprĂšs Brahms, le programme affiche l’opus 24 de Richard Strauss, Mort et transfiguration, vision sur la mort et expĂ©rience spirituelle d’une ineffable profondeur. La Valse de Ravel (1919) conclut le concert : un hymne Ă  la vie tourbillonnante et aussi un dĂ©lire terrifiant sur la folie jamais Ă©loignĂ©e des pulsions de vie. Ravel semble y dĂ©cortiquer la subtile mĂ©canique chorĂ©graphique capable d’imploser, de se recomposer en une extase vĂ©nĂ©neuse, d’aune sauvagerie barbare dont l’esprit chaotique est Ă  rapprocher du premier conflit mondial juste achevĂ©. EngagĂ©, lucide sur notre derniĂšre actualitĂ©, la prĂ©sentation de l’OpĂ©ra de Tours des deux concerts des 5 et 6 dĂ©cembre 2015 est on ne peut plus claire : “De Vienne en 1881 Ă  l’Europe en lambeaux de 1920, quarante annĂ©es de mutation, ou comment la barbarie peut dĂ©truire le monde“.

Johannes Brahms
Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur, op. 83

Richard Strauss
Mort et transfiguration, op. 24

Maurice Ravel
La Valse

Adam Laloum, piano
Jean-Yves Ossonce, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Samedi 5 dĂ©cembre 2015 – 20h
Dimanche 6 dĂ©cembre 2015 – 17h

RĂ©servez votre place sur la page billetterie du site de l’OpĂ©ra de Tours

 

Illustrations : Adam Laloum, Jean-Yves Ossonce (DR)

Brahms sublimĂ©. Adam Laloum Ă  L’OpĂ©ra de Tours

Adam-Laloum-2-–-Photo-Carole-Bellaiche-©-Mirare-250x250Tours, OpĂ©ra. Adam Laloum joue Brahms, les 5 et 6 dĂ©cembre 2015. C’est l’un des plus captivants concerts symphoniques offerts par Jean-Yves Ossonce pour sa derniĂšre saison musicale Ă  Tours : Brahms, Strauss, Ravel; un dĂ©fi Ă  multiples facettes pour l’orchestre, le chef et ici, le soliste, l’excellent pianiste, prince des poĂštes du clavier, d’une intĂ©rioritĂ© magicienne, Adam Laloum, nĂ© en 1987 (ainsi de retour au Grand-ThĂ©Ăątre de Tours). Quel sommet musical que ce 2Ăšme Concerto pour piano de Johannes Brahms (1881) qui atteste des ressources artistiques prodigieuses d’un Brahms Ă  la fois classique et moderne (directeur de la SociĂ©tĂ© de musique de Vienne de 1872 Ă  1875), alors – au dĂ©but des annĂ©es 1880, personnalitĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e Ă  juste titre Ă  Vienne : sa 2Ăšme Symphonie puis son Concerto pour violon de 1877 l’ont hissĂ© Ă  la cĂ©lĂ©britĂ© europĂ©enne. Le Concerto pour piano n°2 rĂ©active le grand sujet brahmsien, la construction et l’architecture contenant des forces antagonistes, les rĂ©vĂ©lant et les rĂ©solvant Ă  la fois, dans l’esprit universel, trĂšs structurĂ© et toujours Ă©loquent de Beethoven. La passion de nature schumanienne souvent lyrique et Ă©chevelĂ©e, mais d’une finesse inouĂŻe grĂące Ă  sa maĂźtrise de l’orchestration (bois et cuivres ciselĂ©s), la prĂ©sence toujours importante des thĂšmes du folklore populaire (Ă  l’instar d’un Schubert), le sens de l’Ă©quilibre et de l’architecte fondent la trĂšs haute valeur du romantisme brahmsien. La partition est crĂ©Ă©e en Hongrie Ă  Budapest par l’auteur avec succĂšs, le duo piano violoncelle qui crĂ©e le scintillement miraculeux, nostalgique et tendre d’une ineffable douceur dans l’Andante (3Ăšme mouvement), le rondo sonate qui compose l’ultime Ă©pisode (Allegretto Scherzo) marquĂ© par le swing du motif tzigane trĂšs emblĂ©matique sont des trouvailles gĂ©niales auxquelles il reste bien difficile de demeurer insensible. D’autant plus si les interprĂštes soliste, chef et instrumentistes de l’orchestre jouent la carte du chambrisme transparent plutĂŽt que de la puissance.

ossonce-jean-yves-sara-nemtanu-concerto-violon-orchestre-tchaikovski-concert-opera-de-tours-7-novembre-2015-review-crtique-compte-rendu-classiquenewsAprĂšs Brahms, le programme affiche l’opus 24 de Richard Strauss, Mort et transfiguration, vision sur la mort et expĂ©rience spirituelle d’une ineffable profondeur. La Valse de Ravel (1919) conclut le concert : un hymne Ă  la vie tourbillonnante et aussi un dĂ©lire terrifiant sur la folie jamais Ă©loignĂ©e des pulsions de vie. Ravel semble y dĂ©cortiquer la subtile mĂ©canique chorĂ©graphique capable d’imploser, de se recomposer en une extase vĂ©nĂ©neuse, d’aune sauvagerie barbare dont l’esprit chaotique est Ă  rapprocher du premier conflit mondial juste achevĂ©. EngagĂ©, lucide sur notre derniĂšre actualitĂ©, la prĂ©sentation de l’OpĂ©ra de Tours des deux concerts des 5 et 6 dĂ©cembre 2015 est on ne peut plus claire : “De Vienne en 1881 Ă  l’Europe en lambeaux de 1920, quarante annĂ©es de mutation, ou comment la barbarie peut dĂ©truire le monde“.

Johannes Brahms
Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur, op. 83

Richard Strauss
Mort et transfiguration, op. 24

Maurice Ravel
La Valse

Adam Laloum, piano
Jean-Yves Ossonce, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Samedi 5 dĂ©cembre 2015 – 20h
Dimanche 6 dĂ©cembre 2015 – 17h

RĂ©servez votre place sur la page billetterie du site de l’OpĂ©ra de Tours

 

Illustrations : Adam Laloum, Jean-Yves Ossonce (DR)

Compte rendu, concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 14 mars 2015 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano et orchestre n°1 en ré mineur, op.15 ; Richard Strauss (1864-1949) : Don Juan op.20 ; Grande suite du Chevalier à la Rose (1946) ; Adam Laloum, piano ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Hazuki Yamada, direction.

Depuis un certain concert rĂ©unissant Bernstein et Gould dans ce mĂȘme concerto, la question de Bernstein « who is the boss ? » est pour certains close, le chef c’est le pianiste. Je n’en suis pas certain et ce soir je reste sur un doute. Peut ĂȘtre les tempi Ă©tirĂ©s viendraient de la demande du pianiste. En tous cas Adam Laloum, si c’est le cas, mĂ©ritait un meilleur orchestre et un meilleur chef. Que s’est t il passĂ© pour que les cordes paraissent si fatiguĂ©es, pas propres dans certaines fins de traits ?

Adam Laloum méritait mieux

Adam-Laloum-3-–-Photo-Carole-Bellaiche-MirareLe manque d‘ampleur des violons semblait indigne des progrĂšs rĂ©alisĂ©s depuis ces derniĂšres annĂ©es. Alti discrets et violoncelles timides
 Ce n’est pas cela l’orchestre du Capitole ! Seule la timbale trĂšs prĂ©sente, les cors (en de magnifiques soli) et les bois faisaient honneur Ă  la vaste partition de Brahms. Le chef a su mĂ©nager de beaux moments tout particuliĂšrement dans l’Adagio. Mais peu de construction d‘ensemble ou des phrasĂ©s brutaux gĂąchaient des qualitĂ©s indĂ©niables de prĂ©cision rythmique et de couleurs. Le piano d’Adam Laloum est tout de dĂ©licatesse et de poĂ©sie sans pourtant ĂȘtre insuffisant dans les moments puissants ou techniquement redoutables. Les moyens sont lĂ  mais c’est la dĂ©licatesse du toucher, le sens des phrasĂ©s et les nuances subtiles qui font de cet artiste un poĂšte du piano. Oubliant que Brahms Ă©tait relativement jeune lorsqu’il composa son premier concerto, il lui donne toute la profondeur que le compositeur atteindra plus tard et qui n’est ici qu’habituellement suggĂ©rĂ©e. Le bis offert, un Intermezzo de l‘op.117, a eu les qualitĂ©s lunaires et mĂ©lancoliques de la poĂ©sie du « vieux Brahms » avec un sens du legato
 crĂ©meux.

Pour la deuxiĂšme partie l’orchestre, s’étoffe et le son a complĂštement changĂ©. Les violons ont retrouvĂ© leur superbe brillance, les violoncelles leur velours et les contrebasses leur forte prĂ©sence. L’orchestre a brillĂ© de mille feux, les couleurs ont explosĂ© et la lumiĂšre a Ă©tĂ© aveuglante. Kazuki Yamada a offert une lecture stimulante du premier poĂšme symphonique Don Juan de Richard Strauss, Ă©crit Ă  24 ans. Mais la thĂ©ĂątralitĂ© du rĂ©cit a manquĂ©. En final la grande suite du Chevalier Ă  la rose qui Ă  notre goĂ»t, donne trop de place aux valses d‘Ochs et pas assez au sublime du trio final, a Ă©tĂ© un moment de jubilation orchestrale kalĂ©idoscopique sans lien entre les moments. Certes ce n‘est pas dans cette suite que les qualitĂ©s de construction du discours musical sont attendues mais le chef japonais semble avoir choisi l’hĂ©donisme du beau son au dĂ©triment de la construction et de la fluiditĂ© du discours. Les musiciens d’orchestre libres de s‘exprimer n’ont pas cachĂ© leur plaisir et le public a rĂ©pondu avec joie Ă  ce choix interprĂ©tatif facile. Il n’est pas certains que d’autres rĂ©pertoires plus exigeants s’en trouveront bien. Le premier concerto de piano de Brahms a souffert de ce manque de capacitĂ© Ă  remplir le vaste tempo que le pianiste avait  su, lui, habiter de sa sensibilitĂ©. Nous restons charmĂ©s par les qualitĂ©s musicales d’Adam Laloum qui a Ă©tĂ© un peu trop seul dans le concerto.