SIBELIUS, Symphonie n°4 (1911)

Sibelius 2015RADIO CLASSIQUE, sam 7 sept 2019, 20h. SIBELIUS, Symphonie n°4. Programme orchestral de première valeur, (en direct de la Philharmonie de Paris) avec la Symphonie n°4 du compositeur finlandais Jean Sibelius, le plus important crĂ©ateur pour l’orchestre au dĂ©but du XXè avec Strauss, Mahler, Ravel et Stravinksy… La partition affirme davantage la volontĂ© de rupture amorcĂ©e avec la Troisième Symphonie, et mĂŞme, elle exprime une crise personnelle et artistique chez Sibelius qui a subi une opĂ©ration Ă©prouvante, après diagnostic d’un cancer de la gorge (1908). Plus critique que jamais sur son oeuvre et sur le milieu musical contemporain, le compositeur s’inscrit contre la pseudo « modernitĂ© contemporaine », souvent bavarde (Strauss). Contre une conception mahlĂ©rienne, universelle voire cosmique, la symphonie sibĂ©lienne se concentre sur l’équilibre et la puretĂ© essentielle de la forme et du schĂ©ma structurel. Les quatre mouvements confinent Ă  l’épure, et Ă  la synthèse…, contradictoirement au plan classique et Ă  l’hĂ©ritage des anciens, Ă  l’implicite, voire Ă  l’indicible. De sorte que le process et l’expĂ©rience musical du flux symphonique rĂ©alise un passage vers l’invisible et l’inaudible : toute les oeuvres de Sibelius pourrait alors s’achever vers le silence. Elle y tendent toutes.
D’ailleurs, trop repliée sur elle même, sans développement prévisible et facilement identifiable, la partition de la Quatrième, trop énigmatique, lors de sa création en 1911 à Helsinki (3 avril) suscite déception, froideur déconcertée. Mais Toscanini convaincu par sa vérité et son éloquente profondeur, en sera un apôtre zélé aux Etats-Unis.

Plan : Tempo molto moderato, quasi adagio: introduction sombre et grave qui convoque les mystères et l’étrange et davantage, la vibration d’un autre monde. L’impression de solitude et d’approfondissement introspectif est porté par le violoncelle solo. Dans le troisième mouvement, Il tempo largo, qui suit l’allegro molto vivace, Sibelius pousse plus loin la peinture en un paysage dévasté, archaïque et même primitif où prime le caractère de l’étrange et du nouveau, non sans
tensions et questions irrésolues. Ce que confirme l’ultime mouvement qui installe le climat de la dissonance, de la gravité voire de l’amertume.

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RADIO CLASSIQUE, Samedi 7 septembre 2019, 20h, en direct de la Philharmonie de Paris / Orchestre de Paris – Daniel Harding, direction

Programme :
Brahms, Concerto pour violon / Janine Jansen (violon)
SIBELIUS : Symphonie n°4 en la mineur opus 63 (1911).

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LIRE notre dossier spĂ©cial les 7 Symphonies de SIBELIUS (1899 – 1924), Ă  l’occasion du 150è anniversaire de la mort en 2015 :
http://www.classiquenews.com/sibelius-2015-150eme-anniversaire-de-la-naissance/

LILLE. MAHLER, Adagio de la 10è symphonie

ONL lille le 5 sept 19 concert Mahler Strauss concert annonce classiquenews Lise-de-la-Salle_slide_328px_19-20LILLE, ONL, le 5 sept 2019 : MAHLER, Adagio de la 10è symphonie. Dès début septembre 2019, pour amorcer sa nouvelle saison 2019 2020, l’Orchestre National de Lille dédie sa programmation à Gustav Mahler… Le 5 septembre, place à l’Adagio de la 10è symphonie par une phalange invitée : l’Orchestre Français des Jeunes sous la direction de Fabien Gabel.
Ensuite, sous la direction de son directeur musical, Alexandre BLOCH, l’ l’Orchestre National de Lille / ONL poursuit son cycle des Symphonies de Mahler, dès les 1er et 2 octobre : Symphonie n°6.

L’ADAGIO DE LA SYMPHONIE N°10… Gustav Mahler décédé à Vienne en mai 1911 laisse inachevée son ultime symphonie, la 10è : le premier mouvement, adagio (en fa dièse majeur) est retrouvé, publié par sa veuve Alma en 1924, puis « achevé » avec le 3è mouvement (Purgatorio) par Ernst Krenek et le chef Franz Schalk. C’est ce dernier qui joue les deux épisodes ainsi restitués d’après les manuscrits autographes en octobre 1924. D’une durée circa 25 mn, l’Adagio est le seul mouvement dont subsistent des éléments significatifs de la main de Mahler pour autoriser une restitution acceptable. Ample, détaché, intérieur voire désincarné (le renoncement ultime en liaison avec la crise conjugale que vit alors le compositeur en 1910), rappelle l’adagio de la Symphonie n°9 de Bruckner. Mahler y superpose 3 idées thématiques, pas vraiment fusionnées ni dialoguées, alternées, sur un canevas harmonique où Mahler dépasse aussi loin qu’il le peut le classicisme tonal. Au moment de la conclusion, tous les motifs se combinent et se fondent, emblème d’un génie du développement et de l’architecture orchestrale.

Le mouvement ainsi joué marque le premier jalon du cycle Mahler 2019 / 2020 présenté par l’ONL Orchestre National de Lille : les prochains rv sont 1er et 2 octobre 2019 (Symphonie n°6), 18 octobre (Symphonie n°7), mercredi 20 et jeudi 21 novembre (Symphonie n°8 des mille), puis les 15 et 16 janvier 2020 (Symphonie n°9)…

Lille – Auditorium du Nouveau Siècle
Jeudi 5 septembre 2019, 20h

De l’ombre à la lumière
Orchestre Français des Jeunes
Fabien Gabel, direction

Lindberg : Vivo
Schumann : Concerto pour piano
Soliste : Lise de la Salle, piano

Mahler : Symphonie n°10, Adagio
R. Strauss : Mort et Transfiguration

Présentation du concert sur le site de l’ONL / Orchestre National de Lille : « L’Orchestre Français des Jeunes est en résidence en région Hauts-de-France.
Lorsqu’il entame sa Symphonie n°10 en 1910, Mahler est rongé par ses souffrances conjugales et par la maladie. Il ne pourra d’ailleurs achever sa dernière grande partition. L’Adagio qu’il compose est extraordinaire par ses sonorités tranchantes. Plus apaisé, le Concerto pour piano de Schumann est un exaltant cri du cœur composé pour sa femme Clara. Brillante musicienne du répertoire romantique, Lise de la Salle interprète ce joyau de la littérature pianistique. Couronnant un programme placé sous le signe de l’amour et de la mort, l’Orchestre Français des Jeunes et son chef Fabien Gabel présentent pour terminer la grandiose et lumineuse Mort et Transfiguration de Strauss. »

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/de-lombre-a-la-lumiere/

LIVRE événement, critique. DEBUSSY A LA PLAGE (Gallimard)

debussy a la plage catalogue gallimard livre CLIC de classiquenews critique livre par classiquenewsLIVRE événement, critique. DEBUSSY A LA PLAGE (Gallimard). Catalogue de l’exposition en plein air au domaine de Saint-Germain en Laye (78), « Debussy à la plage » regroupe un ensemble de photographies uniques dévoilant le compositeur en costume de villégiature, en Normandie principalement, à Houlgate et Prouville, en 1904 ou 1907 et surtout 1911. En couverture, Claude Debussy à la plage, appareil photo en main : tout est dit. Il s’agit de clichés le représentant lui et sa famille (Emma son épouse, leur enfant, Chouchou ; avec la fille d’Emma, Hélène), ou photographies début du siècle, fixant les lieux où ils ont séjourné, qu’il a saisis lui-même à travers son objectif. Debussy comme sujet, Debussy comme œil à l’affût, curieux de capter une atmosphère, une situation, le visage et la silhouette de ses proches ou de ses amis…
Ainsi est dévoilé, un aspect méconnu de la vie de l’auteur de Pelléas, le Debussy en vacances, qui comme ses contemporains, tout en se tenant à distance des bondieuseries mondaines, s’adonne au plaisir du bord de mer. Les clichés ainsi réunis composent une nouvelle manne scientifique, pilier inestimable d’une nouvelle source documentaire constituant désormais une archéologie par l’image d’une évidente vérité. L’auteur et commissaire Rémy Campos restitue un été idéal ou une villégiature type des Debussy (Claude, sa compagne Emma, leur fille, la mère de Emma…) pendant l’été 1911. Debussy est fatigué, peu disposé à sacrifier au rituel social (le défilé du promenoir), plutôt un solitaire qui préfère passé inaperçu en se fondant dans une foule pourtant avide de potins, signes extérieurs de pouvoir, respectabilité et convenances en tout genre…

 

 

 

Gallimard nous offre pour l’année de son Centenaire 2018
un portrait passionnant inédit de Claude Debussy…

VISAGES DU DEBUSSY PHOTOGRAPHE

 

 

 

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Les 224 pages de ce catalogues très illustrĂ©s offrent ainsi pour son Centenaire 2018, un portrait inĂ©dit et vivant de Debussy tel qu’en lui-mĂŞme, (et aussi PAR lui-mĂŞme puisqu’il photographie son entourage et les lieux investis) ; devant l’objectif, – pas toujours très prĂ©cis (ce qui donne aux images, un caractère Ă©vanescent et pictural), le compositeur paraĂ®t face Ă  l’oeil mĂ©canique, distinguĂ© dans ses costumes estivaux, chapeau, gilet, nĹ“ud de papillon… en sus.
L’auteur ajoute l’apport de témoignages réels (inespérés) comme celui de Jacques-Henri Lartigue lequel semble reconnaître sur un cliché pris en 1907, la silhouette typique de Debussy ; ou bien le regard hypothétique d’un contemporain, Proust qui lui aussi fréquenta les mêmes lieux et aima à la différence de Claude, l’esprit des sites de vacances (Casino et Grand Hôtel, digues et plages…), tout ce théâtre social qui suit règles et tenues loin de la ville, tout en en recomposant les rites et les convenances des mondanités les plus élaborées.

Contrairement à ce qui est présenté comme « trivial », ce milieu balnéaire et maritime révèle la relation de Debussy aux autres, ou plutôt renforce une volonté de se préserver coûte que coûte des banalités sociales. Est ainsi épinglée, la « mondanité » chose si « triviale » pour Debussy (en effet de son point de vue), lui qui cultive comme compositeur, la suggestion, le mystère, l’indicible.
Rien n’est tenu caché des intentions des promeneurs, des motivations avouées ou non des nombreux hommes qui se tiennent debout sur le sable, au moment du bain… alors que les robes sont longues (voir les toilettes des élégantes à Auteuil ou à Longchamps en 1911…) et que les corps des baigneuses sont abondamment couverts d’habits, l’œil s’excite à l’idée de contempler à travers le vêtement mouillé au sortir de l’onde, des formes que l’on tient ordinairement cachées.

 

 

 

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DEBUSSY en SON HÔTEL PARTICULIER avec EMMA… Plus loin dans la partie « citadine » (non balnéaire), à Paris, l’intimité du clan Debussy dans l’hôtel particulier au Bois de Boulogne, est « traquée » par un jeune photographe en herbe, Lartigue, leur voisin (habitant rue Leroux, donnant sur l’avenue du Bois, le quartier du compositeur), dont l’appareil capte un formidable cliché (entre autres) méconnu voire inédit des 3 femmes de Claude en promenade : Chouchou, Emma, et la fille de cette dernière, Hélène (superbe cliché sur le vif, « Avenue des Acacias, mai 1911).
Cette partie sur la vie à Boulogne, « mondaine », plutôt réservée à quelques habitués, est tout aussi passionnante que les témoignages de l’activité estivale à la plage. On y repère à travers les clichés sur le perron du bâtiment situé près du chemin de fer, Satie, Bonnard… et à l’intérieur de l’Hôtel, Stravinsky, … et bien sûr Debussy lui-même à son bureau, en compositeur « embourgeoisé ».
Le bénéfice visuel et documentaire de ce corpus ainsi idéalement présenté (par thématiques : La Plage, La Digue-promenoir, Le Casino, Le Grand Hôtel; puis, dans l’intimité de la famille Debussy hors été : L’Hôtel particulier, Avenue du Bois, Une Biographie en images…) offre un aperçu plus que concret ou anecdotique sur la vie intime du clan Debussy. Du musicien, ailleurs tenu discret, timide, réservé. Le livre est un formidable écran, révélant l’homme et le père de famille en bord de mer et à Paris, en cette année clé, 1911.

CLIC D'OR macaron 200CD, BONUS PROFITABLE : l’éditeur ajoute un cd Ă©voquant l’activitĂ© musicale de Debussy en 1911 : partitions crĂ©Ă©es et dirigĂ©es cette annĂ©e par Debussy aux Concerts Sechiari, ou avec l’Orchestre du Cercle Musical ; Ĺ“uvre inĂ©dite reconstituĂ©e Ă  partir de la partition mentionnĂ©e par le compositeur sur une carte postale dĂ©diĂ©e Ă  Emma pour NoĂ«l 1911: chĹ“ur des marins dont le texte consigne le renoncement de Debussy – selon le voeu d’Emma-, Ă  rejoindre Boston pour y assister Ă  la crĂ©ation de PellĂ©as,.
Edition magistrale. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2018.

 

 

 

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BEAUX-LIVRES, Ă©vĂ©nement. RÉMY CAMPOS : Debussy Ă  la plage. Hors sĂ©rie Connaissance, Gallimard / Parution : 13 sept 2018. PrĂ©face de Jean-Yves TadiĂ© + 1 cd : activitĂ© musicale de Debussy en 1911. DurĂ©e d’Ă©coute : 74 mn – 224 pages, ill., sous couverture illustrĂ©e, 275 x 210 mm, cartonnĂ© – ISBN : 9782072797910 – Gencode : 9782072797910 – Code distributeur : G02130. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2018.

 

 

LIRE aussi notre grand dossier CENTENAIRE DEBUSSY 2018 

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