LILLE : l’Orchestre National joue la RĂ©surrection de Mahler

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, ONL. 28 fĂ©v 2019 : MAHLER : RĂ©surrection. La Symphonie n°2 de Gustav Mahler est un prolongement naturel de la 9è de Beethoven : pour solistes et choeur, l’arche orchestrale exprime la vie restaurĂ©e, une rĂ©mission espĂ©rĂ©e, attendue ardemment par un compositeur qui nous invite Ă  en parcourir tout le cheminement, de jalon en jalon, – Ă  travers les 5 mouvements, explicitĂ©s par le texte (Ă©crit par Mahler lui-mĂŞme) qui un hymne Ă©perdu Ă  la grâce divine, rĂ©confortant le pèlerin, perdu, Ă©prouvĂ© sur la route de l’existence.
La partition est achevé en juin 1895 : Mahler l’a affinée comme chaque été, dans sa cabane de Steinbach, son fameux « Hauschen » (la cabane), le spectacle de la miraculeuse nature lui insufflant les germes de l’inspiration, comme le cri de 2 corneilles lui ont soufflé la mélodie du Finale : on ne saurait imaginer plus étroite connivence entre le créateur et la nature, les oiseaux.

BERLIN, 1895 : Symphonie de l’élévation
L’ivresse des hauteurs après l’Apocalypse

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsC’est l’époque où Mahler rencontre Brahms puis à Bayreuth à l’invitation de Cosima, assiste au représentation de Parsifal, Lohengrin, Tannhäuser (sous la direction de Richard Strauss). L’orchestration du Finale de la Symphonie Résurrection est réalisée dans ce contexte musical. L’ouvrage est créé à ses frais et dans son intégralité à Berlin le 13 décembre 1895. Pour se faire il choisit lui-même la cloche qui doit résonner dans le dernier mouvement, celui de libération et d’apothéose dans la lumière. Le public boude le concert et il a fallu distribuer des billets gratuitement pour remplir la salle. Musiciens et élèves du conservatoire assistent médusés au Finale, le chant de l’oiseau de la mort qui plane, puis les premiers murmures du chœur final en sa sublime prière ultime, vraie élévation, de la terre au paradis. Ainsi les épreuves passées sont le tremplin au salut, le passage vers l’éternité bienheureuse.
Si les spectateurs sont touchés, les critiques fustigent en général une écriture pompeuse, grandoliquente qui manque de personnalité, empruntant trop aux anciens Meyerbeer et Wagner en tête. Les contrastes « durs », les vertiges spectaculaires déconcertent et même agacent une bonne partie des soit disants spécialistes…lesquels ne détectent pas la modernité d’une écriture dont ils dénoncent la « fausse nouveauté ». Rare, Humperdinck, que Mahler avait invité, adresse au compositeur, une lettre admirative.

Itinéraire de la Symphonie n°2 « Résurrection »
Mahler a laissĂ© un texte qui explique le sens de sa symphonie de 1895. On peut y retrouver les Ă©lans et passions qui ont inspirĂ© sa symphonie n°1 Titan. Le premier mouvement Ă©voque les funĂ©railles du hĂ©ros qui s’est battu – il Ă©voque son bonheur terrestre (2è mouvement), mais aussi l’incrĂ©dulitĂ© et l’esprit de nĂ©gation qui l’ont saisi jusqu’à douter de tout mĂŞme de Dieu (Scherzo). Mais l’espoir revient (4è mouvement). Et le Finale (5è et dernier mouvement) dĂ©cide de son sort car il Ă©voque avec terreur et vertige l’Apocalypse, les dĂ©chus et les damnĂ©s qui hurlent, la chute de tous les hommes trop corrompus et lâches… (fracas et cri des cuivres) ; puis dans le silence, se prĂ©cise le chant de l’oiseau (le rossignol porteur de la vie terrestre) et le chĹ“ur des anges qui chante l’ivresse salvatrice de la rĂ©surrection (« tu ressusciteras! ») : l’amour submerge le cĹ“ur des Ă©lus et des mĂ©ritants ; le bonheur Ă©ternel apparaĂ®t comme une porte cĂ©leste attendue, espĂ©rĂ©e.

Portés par le cycle des 9 symphonies de Mahler, amorcé au début de ce mois de février par la Symphonie n°1 Titan (LIRE notre critique / concert du 1er février 2019), Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille relisent avec une rare ardeur, l’écriture de Mahler, génie symphonique du XXè. Cet unique concert le dernier soir de février 2019 s’annonce comme un nouveau jalon majeur du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch. 2è volet du cycle Mahler à Lille, incontournable.

 

 

 

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LILLE, Nouveau Siècleboutonreservation
Jeudi 28 février 2019, 20h

MAHLER : Symphonie n°2 « Résurection »
Kate Royal, soprano / Christianna Stotijn, mezzo-soprano
Orchestre National de Lille
Philharmonia Chorus
Alexandre Bloch, direction

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/resurrection/

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A 18h45, rencontre mahlérienne insolite
entrée libre muni du billet du concert de 20h

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APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre présentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

9ème Symphonie de Gustav Mahler à l'Opéra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (été 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprète la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonorités étranges et familières, à la fois autobiographiques donc intérieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spécifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche très attendue des textures et étagements malhériens. A Saintes, lieu de résidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se réalise sur une partition majeure du … XXème siècle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immédiatement, ainsi au diapason d’une subjectivité à l’échelle du cosmos, établissent de nouvelles règles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son … en route pour la modernité complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXème siècle ! Concert incontournable. Grand reportage vidéo CLASSIQUENEWS.COM

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Edouard Lalo : La Jacquerie, 1895

castronovo-cahrles-carre-582logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, vendredi 24 juillet 2015, 20h. Edouard Lalo : La Jacquerie, 1895. Fiesque de 1868 fut un Ă©chec, Le Roi d’Ys (1888), le fruit d’une genèse difficile… sur le chemin lyrique, Edouard Lalo collectionna les avatars comme les jalons d’une suite maudite : La Jacquerie crĂ©Ă© en 1895 ne dĂ©roge pas Ă  la règle. Ce fut mĂŞme son ultime malĂ©diction. Le compositeur dĂ©cède pendant la composition en 1892. Et Ă  partir du schĂ©ma global et de l’orchestration quasi achevĂ©e du premier acte, le très wagnĂ©rien Arthur Coquard dĂ©cide de terminer le dernier opĂ©ra de Lalo. Sans la main complète de son concepteur, l’ouvrage ressucite Ă  Montpellier dans l’assemblage post mortem signĂ© de Coquard : en rĂ©sultent 4 actes de 20 mn chacun avec des effets propres au grand opĂ©ra romantiques hĂ©ritĂ© de Meyerbeer (scènes spectaculaires tels ballets et choeurs d’envergure), vocalitĂ© verdienne (baryton et mezzo) et wagnĂ©rienne (tĂ©nor et soprano) mĂŞlĂ©es. Pour autant la première main de Lalo, la reprise de Coquard, en dĂ©pit des effets ambitieux de l’ensemble… font-ils un bon opĂ©ra ? Dramatiquement tendu, psychologiquement profond voire juste ? Et l’Ă©tat fragmentaire laissĂ© par Lalo ne fait-il pas malgrĂ© tout une action composite dĂ©sĂ©quilibrĂ©e ? IntensĂ©ment dramatique, plus tragique que sentimentale, l’oeuvre vit Ă  Montpellier une nouvelle chance… La partition est crĂ©Ă©e Ă  Monte-Carlo, le 9 mars 1895, puis Ă  l’OpĂ©ra-Comique le 23 dĂ©cembre suivant. A dĂ©couvrir sur France Musique, le 24 juillet 2015 Ă  partir de 20h. 
La distribution regroupe la Blanche de VĂ©ronique Gens, et deux chanteurs dĂ©jĂ  sollicitĂ©s in loco pour une prĂ©cĂ©dente rĂ©surrection : ThĂ©rèse de Massenet-, Nora Gubisch et l’excellent Charles Castronovo (dans le rĂ´le du hĂ©ros Robert, cĹ“ur vaillant, amoureux de Blanche). Souhaitons que tous dĂ©fendent avec ardeur, une composante clĂ© de l’opĂ©ra français : l’intelligibilitĂ©. Le tĂ©nor Castronovo jamais en mal d’intensitĂ©, sait pour sa part allier Ă©nergie et articulation… C’est l’argument majeur de cette recrĂ©ation attendue Ă  Montpellier.

EDOUARD LALO (1823-1892) : LA JACQUERIE (1895)
En direct du Corum / Opéra de Montpellier
Opéra en 4 actes achevé par Arthur Coquard (1846-1910)
Livret Édouard Blau et Simone Arnaud – Version concert

Orchestre Philharmonique de Radio France
Chœur de Radio France
Patrick Davin direction
Chef de chœur Michel Tranchant
Chef de chant Brigitte Clair
VĂ©ronique Gens soprano : Blanche de Sainte-Croix
Nora Gubisch mezzo-soprano : Jeanne
Charles Castronovo ténor : Robert
Boris Pinkhasovich baryton : Guillaume
Christophoros Stamboglis baryton-basse : Le Comte de Sainte-Croix
Patrick Bolleire basse : Le Sénéchal
Enguerrand de Hys ténor : Le Baron de Savigny

 

 

Synopsis
 


Acte I : la dot, objet de la révolte. 
France, milieu du XIVè. Près de Beauvais, dans son château féodal, le comte de Sainte-Croix prépare le mariage de sa fille Blanche avec le baron de Savigny. Le seigneur impose à ses serfs de fournir la dot : les paysans sont exaspérés et menés par Guillaume et venu de Paris, Robert, pensent à la révolte.
Acte II : Robert, meneur des rĂ©voltĂ©s. 
Dans les bois, les paysans jurent de mettre fin au servage en se rĂ©voltant contre le comte : se distinguent deux tempĂ©raments : le brutal Guillaume (“Ă  mort!”), le plus raisonnĂ© et juste Robert (“justice!”). Robert contre l’avis de sa mère Jeanne, est nommĂ© chef de la Jacquerie.
Acte III : l’assassinat du comte. 
Au château du comte de Sainte-Croix, les “Jacques” rĂ©voltĂ©s surgissent avec fracas pendant la fĂŞte de fiançailles de Blanche.  Le comte rĂ©pond avec mĂ©pris : il est assassinĂ©. Robert sauve de justesse la vie de Blanche, qui l’avait sauvĂ© Ă  Paris lors d’une Ă©meute. 



Acte IV : la rĂ©pression et la mort de Robert. 
Dans une chapelle en ruines, au milieu de la forĂŞt, Les Jacques sont pourchassĂ©s par la troupe des Seigneurs fĂ©dĂ©rĂ©s. Robert retrouve Blanche et lui avoue son amour mais Guillaume accuse le jeune homme de trahison : il souhaite Ă  tout prix sauver la fille du comte. Les Seigneurs surgissent mais Guillaume poignarde Robert, laissant seule Blanche qui se retire au couvent.