POITIERS. L’Enfance du Christ de Berlioz au TAP

fuite en egypte bourdon berlioz enfance du christ annonce critique concert classiquenews opera berlioz 2019 concertPOITIERS, TAP. BERLIOZ : 10 déc 2019. Pour mieux faire accepter sa proposition sacrée, d’un « classicisme » assumé, Hector Berlioz (1803-1869) toujours en mal de reconnaissance, mais véhément militant pour le romantisme musical, depuis la création triomphale de sa Symphonie Fantastique en 1830, « ose » un subterfuge : son oratorio L’Enfance du Christ, véritable opéra biblique miniature, est présenté selon son vœu comme l’oeuvre d’un compositeur baroque français oublié : soit « Pierre Ducré, maître de musique à la Sainte-Chapelle de Paris en 1679 ». Créé en 1850, et présenté sous cette fausse identité, l’Enfance du Christ suscite immédiatement l’intérêt du public et des critiques. Berlioz a composé un pastiche de musique chorale sacrée dont la pureté du style néoclassique enchante les audiences. En particulier le choeur « L’Adieu des bergers à la Sainte Famille », créé le 12 novembre 1850 : sitôt le succès avéré, Berlioz avoue être le véritable auteur et encouragé par l’accueil des parisiens, s’attèle à parachever son drame sacré. En 1854, le pastiche presque sans ambition, devient un solide triptyque pour solistes, chœurs, orchestre et orgue, créé le 10 décembre 1854 à Paris.

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsLa première partie, « Le Songe d’Hérode », évoque l’épisode sanguinaire où le roi de Judée redoutant la prophétie, ordonne la mise à mort tous les nouveaux-nés, contraignant Marie et Joseph à s’enfuir après la naissance de Jésus dans une étable, à Bethléem. Dans la deuxième partie de l’œuvre, « La Fuite en Égypte », culmine le temps d’adoration et de compassion pour la fuite tragique et dangereuse du couple saint, protecteurs dérisoire de l’Enfant qui sauvera l’humnaité : ainsi le chœur de l’Adieu des bergers, devient le pilier dramatique et psychologique de la trilogie sacrée. La troisième et dernière partie, « L’Arrivée à Saïs », narre comment la Sainte Famille est recueillie par un ismaélite ; ses enfants jouent de la flûte et de la harpe pour distraire un temps Mari Joseph et l’Enfant. Simple, naïve même par sa sobriété lumineuse, l’oratorio se termine dans l’apaisement de la Nativité, mais en ne gommant rien de l’annonce tragique du Sacrifice futur ; quand est suggéré alors la Crucifixion à venir par lequel le Fils sauvera l’humanité… L’archaïsme que maîtrise Berlioz accuse en réalité l’efficacité dramatique de l’action. Argument de la production à Poitiers (créée l’an passé au Festival Berlioz de la Côte Saint-André), Laurent Alvaro en Hérode (tempérament puissant et halluciné pour la scène de folie crépusculaire où le roi de Judée exige le massacre des nouveaux nés). Avec les chœurs de l’Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine. Poitiers célèbre ainsi en fin d’année l’anniversaire BERLIOZ 2019, en soulignant l’inspiration du Romantique français dans une partition trop rarement représentée, mais idéale pour le temps de Noël.

 

 

 

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RÉSERVEZ VOTRE PLACEboutonreservation
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/berlioz/
Mardi 10 décembre 2019
TAP Auditorium, 20h35
durée 1h35

Berlioz : L’Enfance du Christ
Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine
Chœur Les Pierres Lyriques

 

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Faust Symphonie de Liszt (1854)

FRANCE, MUSIQUE, Dim 14 avril 2019, 16h. FAUST-SYMPHONIE, LISZT. La Tribune des critiques de disque questionne l’œuvre clé de Franz Liszt, composée en 1854 à 43 ans. Le virtuose au piano impose son génie de la couleur et de la construction orchestrale dans cet ample poème symphonique avec ténor, créé à Weimar en 1857, structuré en 3 portraits psychologiques qui campent désirs et agissements des 3 protagonistes du mythe créé par Goethe : Faust, Marguerite, Méphistophélès.

 
 
 

Les 3 visages d’un mythe / Faust en triptyque
Liszt : l’orchestre psychologique

 
 
 

LIVRES. Liszt, "premier de son siècle"

 
 
 

Un point de vue cinématographique d’une modernité absolue qui campe le regard de chacun sur les enjeux d’une même situation. Liszt s’inspire du Fauts de Berlioz car ce dernier lui a révélé la force du sujet. La vision psychologique de Liszt permet à l’orchestre d’exprimer ce en quoi chacun des personnages est lié aux autres , avec musicalement le principe des motifs répétés d’une partie à l’autre et qui se répondent en reliant les rôles (et assumant de fait la cohésion interne de la partition tripartite). Liszt ajoute chez Méphistophélès un chœur d’hommes et la voix du ténor solo qui célèbre (avant Wagner et son Tristan de 1865), l’éternel féminin, comme source de rédemption. Ainsi, ce labyrinthe des passions (et manipulations) terrestres s’accomplit par l’apothéose finale, un volet spirituel qui évidemment cite aussi l’architecture de la Damnation de Faust de Berlioz (laquelle s’achève par l’apothéose de Marguerite). Liszt dédie son Faust à ce dernier.
Le chant orchestral dessine ainsi le portrait de Faust (le plus long, le plus complexe, tiraillĂ© par ses dĂ©sirs et sa clairvoyance, espoir et renoncement, mais l’épreuve essentielle demeure l’amour dont la force donne finalement le sens de sa vie) ; ensuite Marguerite dont le thème innocent et angĂ©lique est Ă©noncĂ© au hautbois solo : andante soave, puis – quand Marguerite succombe Ă  Faust-, soave con amore. Enfin MĂ©phistophĂ©lès, qui niant tout, ne crĂ©ant rien, dĂ©forme et caricature tous les thèmes de sa victimes dont il se nourrit. Le volet est un vaste rire et ricanement, grimaçant et vide ; mais Ă  la fin par le choeur d’hommes et le tĂ©nor solo, c’est marguerite qui a triomphĂ© ; son amour pur a conquis l’âme de Faust, au dĂ©triment de toutes les intrigues du diable. 
 
 
 
 
 

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logo_france_musique_DETOUREFRANCE, MUSIQUE, Dim 14 avril 2019, 16h. FAUST-SYMPHONIE, LISZT. La Tribune des critiques de disque questionne l’œuvre clé de Franz Liszt, composée en 1854 à 43 ans: un sommet de l’inspiration symphonique et romantique qui tout en s’inspirant du Faust de Berlioz, renouvelle totalement la conception architecturale de l’édifice orchestral.