SYMPHONIE n°3 de MAHLER

MAHLER_GUSTAV_UNE_veranstaltungen_gustav_mahler_musikwochen_024_gustav_mahler_musikwochen_bigFRANCE MUSIQUE, lun 23 mars 2020, 20h. MAHLER : Symphonie n°3 en ré mineur. Fracas et dépression, mais combat et élévation, la Symphonie n°3 (en ré mineur) d’un Mahler âgé de 34 ans, suit le canevas d’une mystique personnelle, propre au compositeur qui ose dans l’écriture et le langage orchestral, renouvelé, expérimental, élargir le spectre musical comme peu avant lui. Mahler prolonge en cela l’expérience et l’ambition de Beethoven et Bruckner ; s’inscrit manifestement comme un symphoniste majeur au début du XXè, aux côtés de Richard Strauss.

Le texte énoncé par la mezzo soliste est extrait du Zarathoustra de Nietzsche : une exhortation adressée aux hommes, un appel, à la fois berceuse et prière, une invocation et une alerte pour que chacun s’interroge sur lui-même, sur le sens de sa vie terrestre. Le texte contient la clé de l’œuvre ; sans joie, sans dépassement de la souffrance, l’homme ne peut atteindre l’éternité. Encore faut-il qu’il atteigne cet état de conscience salvateur …
enfin spiritualisée en sa fin céleste, la 3ème Symphonie est aussi l’opus orchestral malhérien qui semble synthétiser toutes les directions déjà vécues dans ses opus précédents ; Mahler y compose comme le catalogue des espèces terrestres, un inventaire qui vaut sanctuaire écologique, prenant en compte dans une conscience inédite, la valeur du vivant, et des tous les genres animaux, une arche musicale et un bestiaire jamais exprimé ainsi auparavant (III. poésie naturaliste et spirituelle du « Comodo. Scherzando. Ohne Hast! »).

Tout se résout dans la dernier tableau (IV. Adagio) : « le plus aérien (aux cordes surtout), en jaillissements de lyrisme flexible et amoureusement déployé, un baume pour le cœur et l’esprit, après avoir passé tant d’épisodes si divers et contrastés. Le 6è mouvement final (« Langsam. Ruhevoll. Empfunde ») semble comme un choral fraternel et recueilli, embrasser tous les êtres vivants (hommes et animaux) et les couvrir d’un sentiment d’amour, irrépressible et caressant. Dans son intonation, sa pâte transparente, suspendue, le mouvement préfigure l’Adagietto de la 5è, ses amples respirations,s a couleur parsifalienne, sa ligne constante qui appelle et dessine l’infini…

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logo_france_musique_DETOUREFRANCE MUSIQUE, lun 23 mars 2020, 20h. MAHLER : Symphonie n°3 en ré mineur. Orchestre Symphonique de BambergJakub Hrusa, direction. Bernarda Fink, mezzo-soprano / Choeur de l’Orchestre de Paris. Concert enregistré le 15 fév 2019 à Paris, Philharmonie.

LIRE aussi notre compte rendu critique de la Symphonie n°3 de Gustav Mahler par L’ON LILLE Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch – avril 2019 :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-lille-le-3-avril-2019-mahler-symphonie-n3-orchestre-national-de-lille-alexandre-bloch/

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