Symphonie n°3 d’Albert ROUSSEL

ALBERT ROUSSEL, symphoniste magicien (150 ans en 2019)FRANCE MUSIQUE, le 9 juin 2019. ROUSSEL : Symphonie n°3 de ROUSSEL, Tribune des critiques de disques. Les célébrations ROUSSEL sont rares, aussi en attendant le prochain festival International ALBERT ROUSSEL (21 sept – 25 nov 2019) porté par Damien Top, grand spécialiste et biographe affûté du compositeur français, contemporain de Ravel et comme ce dernier, génie de la composition et de l’orchestration, fêtons le 150è anniversaire de sa naissance sur France Musique qui lui consacre un numéro de sa Tribune des critiques à la sublime Symphonie n°3, sommet de maturité composée entre 1929 et 1930, en pleine crise européenne. Pour nous, il n’existe qu’une seule version convaincante celle de Charles Munch récemment éditée par Warner Erato dans son fabuleux coffret ROUSSEL 2019 – CLIC de CLASSIQUENEWS (11 cd)
http://www.classiquenews.com/coffret-evenement-annonce-albert-roussel-edition-integrale-albert-roussel-2019-11-cd-erato/

« Printemps et maturité », sont les deux qualités mises en équation, et qui fondent selon Poulenc, la grande réussite de la Symphonie n°3 d’Albert Roussel. De fait, l’œuvre exalte une motricité irrésistible, un feu rythmique juvénile et printanier qui démontre incontestablement le génie roussellien en matière d’invention et de composition symphonique.
Comme portée par une urgence intérieure, impérieuse, mais aussi lumineuse et poétique, la 3è symphonie de Roussel est une commande de l’Orchestre de Boston, pour son jubilé (50è anniversaire) et son chef, Serge Koussevitzky, grand admirateur de Roussel et de la musique française du XXè en général. Ils créent à Boston l’ouvrage le 17 octobre1930. Les USA ont toujours été à le pointe du discernement, contrairement au public et à la critique parisienne, qui brille depuis toujours par son imbécilité et ses goûts archaïques. Ainsi Rousel encore aujourd’hui n’intéresse personne en France, en particulier pas les directeurs et responsables de salles comme de festivals, pour lesquels il demeure à torts, un compositeur secondaire. A contrario de cette culture réductrice, nous pensons que Roussel est un génie de la composition à l’égal d’un Ravel. C’est dire. Et ce symphonie n°3 le démontre amplement.
PLAN : 4 mouvements : Allegro vivo ; Adagio ; Vivace ; Allegro con spirito. Sans cependant utilisé le principe cyclique, un motif de 5 notes apparaît dans chacun des 4 séquences, et tend à unifier le cycle global.
L’allegro vivo initial affirme cette énergie primordiale, marqué par une urgence trépidante, entraînée par les cuivres (à la rondeur généreuse et cinglante chez Munch) ; l’Adagio aborde diversement le motif des 5 notes clés, en forme ABA, en fugue, en marche et de façon contrapuntique : la fin rejoint ce goût qu’a Roussel pour le rêve enfin recouvré ; le Vivace est u scherzo qui trépigne, animé par une certaine truculence hyper rythmique, vivifiée par le traitement des cordes et des bois, en leur couleur spécifique. Enfin l’Allegro vivace impose jusqu’à l’ivresse orgiaque (comme le Sabat berliozien) une fermeté nerveuse, allante, irrépressible en une élégance d’intonation toute haydnienne, sans omettre un court épisode de douceur élégiaque au violon solo, remarquablement ciselé sur la clarinette voluptueuse. Un chef d’oeuvre d’équilibre et d’activité rayonnante.

Approfondir
LIRE notre présentation du coffret Albert ROUSSEL 2019, 11 cd Warner Erato
http://www.classiquenews.com/coffret-evenement-annonce-albert-roussel-edition-integrale-albert-roussel-2019-11-cd-erato/

FRANCE MUSIQUE, le 9 juin 2019, 16h. Symphonie n°3 de ROUSSEL
Tribune des critiques de disques.

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