STREAMING OPERA (chez soi) : DON GIOVANNI par Ivo van Hove (2019)

don-giovanni-jordan-van-hove-car-dreisig-critique-opera-classiquenewsCULTUREBOX, mar 2 mars 2021, 21h. MOZART : DON GIOVANNI. Ivo van Hove met en scène au Palais Garnier le chef d’oeuvre mozartien au printemps 2019. C’était le monde d’hier. Production dominé par l’excellent baryton québécois Etienne Dupuis qui prologne l’incarnation féline, animale, carnassière voire viscérale du rôle titre tenu à Bastille en 2006, 2007 et 20212 par son confrère Peter Mattei (qui faisait aussi en héros désabusé distancié un non moins mémorable Eugène Onéguine…).

A mesure qu’il séduit et soumet chaque femme rencontrée, Don Giovanni a le sentiment contraire d’une perte irrémédiable. L’aristocrate déluré se fuit lui-même dans une quête infinie, esclave de son désir, victime d’une insatisfaction toujours réitérée… La musique de Mozart exprime ce vertige existentiel qui à défaut d’un amour véritable (celui que lui propose mais en vain, la fidèle Elvira), se perd et se consume dans la pulsion érotique immédiate. L’engagement ne fait pas partie du mode opératoire de Don Giovanni : la dissimulation (avancer masqué) et séduire pour tromper et voler.

Présentation par culturebox :
« Don Giovanni (Don Juan) n’aspire qu’à une chose, jouir par tous les moyens sans tenir compte du mal qu’il fait autour de lui. Sa dernière victime est Donna Anna, la fille du Commandeur, qu’il violente sans Ă©prouver le moindre remords. Fou de rage, le commandeur provoque Don Giovanni en duel. Pourtant la chance rĂ©compense le bourreau : le père de Donna Anna Ă©choue Ă  venger sa fille et y perd la vie. Don Giovanni multiplie alors les provocations et invite deux fois le dĂ©funt Ă  revenir d’entre les morts pour diner avec lui. Combien de temps encore le comportement frivole et amoral de Don Giovanni restera-t-il impuni ?

Pour sa deuxième collaboration avec Da Ponte, Mozart devait marquer au fer rouge l’histoire de l’opéra. Kierkegaard nous invitait à écouter dans ce Dissolu puni « le chuchotement de la tentation, le tourbillon de la séduction, le silence de l’instant ». Fruit de la collaboration mythique entre Mozart (le compositeur) et Da Ponte (le librettiste) Don Giovanni est réalisé ici par Ivo Van Hove, habitué à interroger le sens politique des œuvres, qui après Boris Godounov, pilote ainsi sa deuxième mise en scène pour l’Opéra de Paris ».

Le spectacle est suivi de Simon Boccanegra Ă  l’opĂ©ra de Dijon.
Crédit photo : © Charles Duprat / OnP

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CULTUREBOX, LE SPECTACLE CONTINUE
VOIR ici Don Giovanni par Ivo van Hove à l’Opéra de Paris, 2019 :
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/2261129-culturebox-en-direct.html

Plus d’infos sur Don Giovanni par Ivo van Hove à l’Opéra de Paris, 2019
https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/9653920

 

 

Présentation de la production de Don Giovanni par Ivo Van Hove à Paris (2019) :
http://www.classiquenews.com/ce-soir-19h30-don-giovanni-de-wolfgang-amadeus-mozart-en-acces-gratuit-du-23-mars-des-19h30-philippe-jordan-direction-ivo-van-hove-mise-en-scene/
Sur la scène de l’Opéra Garnier, voici une lecture de DON GIOVANNI (Prague, 1787), bien peu poétique. La mise en scène d’Ivo Van Hove remplace celle antérieure conçue par Michael Haneke pour Bastille, souvent glaçante et passablement cynique ; la nouvelle production toute de grise et de noir, sise dans un décor minéral et bétonné (en construction) se concentre sur les situations et le profil des personnages. C’est miroir de notre société, froid, déshumanisé, livide. Exit toutes références au XVIIIè mozartien, sauf dans la scène du bal et des masques et la tentative de viol par le séducteur sur la pauvre Zerlina. Dès l’ouverture, l’Orchestre de l’Opéra de Paris montre qu’il sait articuler et nuancer, avec une sensibilité active, habilement cultivée par l’excellent Philippe Jordan. Mais les instruments modernes n’ont pas cette fragilité ailleurs magistralement expressive. Les tutti sont droits et sonnent secs (trompettes), comme plus tard dans la confrontation finale Don Giovanni / Commandeur.

 

 

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