Sade par Bussotti

Sade justine les malheurs de la vertu lapassion selon sade_1NÎMES. BUSSOTI : La Passion de Sade, le 23 fĂ©vrier 2017. Nouvelle production philosophique, Ă©rotique
 La libertĂ© des sexes est un acte politique. Nouvelle production prĂ©sentĂ©e Ă  NĂźmes, La Passion selon Sade de Sylvano Bussotti (crĂ©Ă©e en 1965), est proposĂ©e le 23 fĂ©vrier 2017 dans un dispositif qui entend Ă©lucider les nombreuses annotations et dessins laissĂ©s « énigmatiques » (sans explications claires) par le compositeur italien. Le metteur en scĂšne Antoine Gindt en rĂ©sidence durant 3 semaines au ThĂ©Ăątre de NĂźmes, offrent une mise en contexte de la partition, soulignant sous son caractĂšre provocateur, sa portĂ©e politique en liaison avec l’engagement sociĂ©tal et philosophique de l’auteur : Antoine Gindt ajoute un prologue extrait de « Français encore un effort si vous voulez ĂȘtre RĂ©publicains » de Sade et un Ă©pilogue extrait de la Passion selon Saint Matthieu de J.S. Bach. Ainsi Bach le spirituel se retrouve en dialogue avec Sade l’iconoclaste Ă©rotomane.

Ensemble MultilatĂ©rale — LĂ©o Warynski, direction musicale,
Antoine Gindt, mise en scĂšne
Avec la soprano Raquel Camarinha, Justine et Juliette
et le comédien Eric Houzelot, Sade

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La Passion selon Sade de Sylvano Bussoti, 1965
Nouvelle production

Nßmes, Théùtre
Mardi 23 février 2017, 19h30
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Présentation de La Passion selon Sade


SADE Marquis_de_Sade_portraitLe Titre excite ou du moins attise la curiositĂ© car Sade ici associĂ© (dans la partition) Ă  Bach suscite un immanquable Ă©tonnement. Bach, Sade, un oxymore contemporain ? Chaque tableau y est un labyrinthe, un jeu de piste dont le spectateur doit deviner l’itinĂ©raire, l’architecture, la sortie, et Ă©videmment le sens final. La musique est son guide. John Cage inspire Bussoti dans un langage plastique (Bussoti est peintre et sa partition est tableau graphique, dessinĂ© avec de nombreux schĂ©mas, Ă  la façon de hiĂ©roglyphes ou lĂ  aussi de rĂ©bus dont il faut rĂ©tablir la signification profonde). MĂȘme les instrumentistes sont invitĂ©s Ă  se poser des questions, confrontĂ©s aux graphies inscrites dans chaque partie.

Que veulent dire les annotations ? Ici l’expĂ©rience des musiciens qui sont familiers de la musique contemporaine, est dĂ©cisive : Bussotti a Ă©laborĂ© dans le jeu des instruments, par exemple celui du piano sur lequel l’instrumentiste frappe divers objets (ceinture
), une sorte de nouveau langage musical, une maniĂšre d’archĂ©ologie du son. Le mystĂšre est entier car Bussotti n’a rien expliquĂ© ni de ses intentions sonores et musicales, ni des lumiĂšres indiquĂ©es, ni des mouvements scĂ©niques. Aujourd’hui il faut retrouver l’éclat expressif et l’énergie comme la tension d’un spectacle pensĂ© dans les annĂ©es 60. Sade apparaĂźt tel comme un clichĂ© mais la musique rĂ©invente la sonoritĂ© des rites sadiques (ceinture, chaĂźnes utilisĂ©es avec les instruments
).

Comment la musique Ă©lucide-t-elle le profil des personnages ? ici Justine / Juliette, et Sade lui-mĂȘme ? Le rapport professeur et Ă©lĂšve, le rite sexuel, le rapport homme / femme, l’idĂ©e qu’une seule personne, fĂ©minin de surcroĂźt, synthĂ©tise le vice et la vertu (Juliette et Justine incarnĂ©e par une mĂȘme interprĂšte) ne laissent pas d’interroger
 DerriĂšre l’orgie apparente, la philosophie et la politique, comme l’humanisme
 s’invitent ? Sous d’indĂ©cence, le vrai propos de Sade c’est dans sa libertĂ© de parole, son appel Ă  la suprĂȘme libertĂ© individuelle : une bombe pour tous les pouvoirs. Dans une piĂšce moins Ă©rotique que philosophique. La religion ne peut s’unir Ă  la libertĂ©, Ă  la RĂ©publique : elles sont dĂ©finitivement incompatibles. Sade de prĂ©venir : « Ayons de bonnes lois et nous pourrons nous passer de religion  ». Sade, en apĂŽtre d’une laĂŻcitĂ© souveraine ? Rien de plus actuel qu’aujourd’hui. Production prometteuse. A suivre/

Voici un lien vers une vidéo qui présente le projet :
https://www.youtube.com/watch?v=vyISOS0ha6M&feature=youtu.be

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