Rufol Noureev à Paris (1983-1989)

Noureev_belle_bois_dormantNoureev à Paris. La Belle au bois dormant. A 45 ans, en 1983 et pour 6 années, Rudolf Noureev prend ses fonctions comme directeur de la danse à l’Opéra de Paris. Le danseur virtuose ne fera pas qu’apporter un style envié dans le monde entier : il enrichit aussi considérablement le répertoire de la maison parisienne ; révisant la chorégraphie des grands classiques, il réécrit la magie des pas, rééquilibre la part des interprètes : grâce à lui, les hommes ne sont plus des faire valoir et des porteurs pour les ballerines, mais des personnages tout aussi aboutis et même psychologiquement achevés que leurs consœurs.
Noureev avant de trouver un port d’attache à Paris, éblouissait littéralement à Londres au Covent Garden (Royal Ballet) avec à ses côtés la précieuse partenaire de ses sommets, Margot Fonteyn : leur duo demeure légendaire et certainement insurpassé par sa grâce expressive, son naturel, son tempérament. Pour le centenaire du Figaro, le couple artistique Noureev/Fonteyn danse sur la scène de Garnier, le ballet de Frederick Ashton, Marguerite et Armand, inspiré de La Dame aux camélias de Dumas fils. C’était en 1963. 20 ans plus tard, le magicien danseur et chorégraphe revient donc à Paris pour y réenchanter l’histoire du ballet.

Réécrire les grands Tchaïkovski

Sur les traces de sa chorégraphie du ballet des Ombres de La Bayadère (IIIème acte) présenté à Paris en 1974, – où il danse seul entouré des danseuses talentueuses du ballet féminin-, Noureev reprend les classiques du répertoire auxquels il redonne une âme dramaturgique et pour les danseurs, de formidables rôles totalement repensés, amplifiés, approfondis. Ainsi aux côtés de Roméo et Juliette, Raymonda, Don Quichotte, paraissent les chefs d’oeuvre de son compatriote Tchaïkovski : Casse Noisette, Le Lac des cygnes et bien sûr La belle ou bois dormant. Sans omettre, naturellement La Bayadère. Tous ses ballets préservent la magie élaboré par Petipa tout en accentuant ce lustre oriental, spectaculaire, fantastique et féerique, propre à l’esthétique impériale russe. Très vite, une nouvelle génération de danseurs déjà Etoiles se reconnaissent dans cette école de la haute discipline et de l’excellence autant technique qu’interprétative : Elisabeth Platel, Claude de Vulpian, Charles Jude ; Noureev nommera sous sa direction les nouvelles Étoiles : Sylvie Guillem, Isabelle Guérin, Laurent Hilaire, Manuel Legris…
De toute évidence, sous sa direction, le Ballet de l’Opéra de Paris devient le premier du monde. La chorégraphie de La Belle au bois dormant qui allie poésie, élégance technique, spectaculaire flamboyant et aussi justesse dramatique dans l’écriture de chaque rôle, explique que la version Noureev de La Belle au bois dormant suscite toujours admiration voire fascination. Chacun y revient comme une source inégalée, atemporelle par l’équilibre de ses parties.

 

 

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