RINALDO de HAENDEL (1711)

Bruxelles : Tamerlano et AlcinaANGERS NANTES OPERA. HAENDEL : Rinaldo, 24 janv – 6 fév 2018. Un couple brillant s’impose ici, Rinaldo / Renaud et Almirena, la fille de Goffredo, le chef des armées des croisés venues assiéger et conquérir Jérusalem. Dans la cité occupée par les musulmans, Argante tente vainement de sauver son trône et ses privilèges grâce à la magie de son amante la perfide et fourbe Armida (figure emblématique des sorcières baroques, noires et manipulatrices). La force de la partition de Haendel est de marier l’héroïque et le fantastique, labyrinthe poétique propre à régénérer le genre de l’opera seria moribond et trop mécanique ; les failles qu’il sait y développer offrent par instants, de superbes portraits individuels où percent la folie et la vulnérabilité maladie des hommes. L’Amour est un poison délicieux et mortel. Même si l’amour et la vertu triomphent, il faut que les héros passent par l’épreuve du doute, du soupçon, de la haine et de la trahison.
Avec Rinaldo (1711), le jeune Haendel, saxon âgé de 26 ans, qui vient de finir son tour italien, offre son premier opéra italien à Londres. Le triomphe est total : il scelle d’heureuses noces entre l’étranger et la public londonien. Haendel apporte tout à Angleterre : l’opéra seria et bientôt l’oratorio d’abord italien, ensuite spécifiquement anglais… une trajectoire inouïe dans l’histoire de l’opéra baroque et dans l’Histoire musicale tout court.

Présentation de Rinaldo de Haendel sur le site d’Angers Nantes Opéra :

« En ce début de XVIIIe siècle à Londres, on craignait Georg Friedrich Haendel autantrinaldo qu’on l’admirait. Celui qu’on avait surnommé le grand ours parce qu’il était grand et massif, était célèbre pour ses colères. Ne l’avait-on pas vu donner des coups de pied à ses musiciens inattentifs ou leur jeter leurs instruments à la figure quand ils ne parvenaient pas à suivre ses indications ? Force de la nature, glouton et solitaire, souvent débraillé, déambulant dans les rues en parlant à haute voix, Haendel n’avait rien d’un gentleman mais avait conservé sa rudesse allemande et l’héritage d’érudition de sa ville natale, l’universitaire Halle.
Sa puissance physique, son caractère volontaire, rigoureux, il les mit entièrement au profit de son oeuvre et de son ambition, de Halle, où il se forme, à Hambourg où il se révèle à dix-huit ans avant que d’y créer son premier opéra, Almira, à tout juste vingt ans. Puis en Italie dans laquelle son talent brille à Florence, Rome, Naples et Venise où son opéra Agrippina connaît un tel triomphe qu’il peut s’en servir comme d’un prestigieux marchepied pour atteindre, conquérir Londres, qu’il désire, à seulement vingt-cinq ans.
Bourreau de travail, sans autres plaisirs connus que ceux de la musique et de la table, passant rarement plus de trois semaines pour composer un opéra ou un oratorio, capable de corriger ses erreurs en trois nuits si le public n’est pas aussitôt conquis, le jeune prodige fascine le beau monde, est introduit à la Cour d’Angleterre où la reine Anne le reçoit avec enthousiasme. On l’admire brillant claveciniste et organiste, on savoure la rigueur architecturale de ses compositions, on s’extasie de sa maîtrise de l’art du théâtre, on aime son exotique parfum musical qu’il a importé d’Italie. On espère aussi son autorité salvatrice.
Et, en effet, la brutalité de Haendel apporta le salut tant désiré à la scène londonienne, menacée de périr quand la mode de l’opéra italien, en gloire depuis 1706, aurait fini par disparaître de ses excentricités. Car les divas que sacrait cet opéra multipliaient les caprices, ne voulaient plus chanter qu’à prix d’or, exigeaient crânement qu’on réécrive leurs rôles pour mieux servir leur talent… et leur prétention. Haendel remit de l’ordre, voulut même passer par la fenêtre une prima Donna qui refusait sa partition. Les mélomanes anglais avaient longtemps espéré, attendu un maître digne de remplacer Henry Purcell, Haendel leur a offert plus qu’ils n’espéraient, lui qui, même vieillissant, même devenu aveugle, continua de composer, demeurant fidèle à sa patrie d’adoption jusqu’à sa mort à l’âge de soixante-quatorze ans.”

 
 
 

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RINALDO de HAENDEL par ANGERS NANTES OPERA
OPERIA SERIA – EN TROIS ACTES.
Livret de Aaron Hill et Giacomo Rossi. Créé au Queen’s Theater de Londres le 24 février 1711.

 
 

NANTES THÉÂTRE GRASLIN
mercredi 24, vendredi 26,
dimanche 28, lundi 29, mercredi 31 janvier 2018

 

ANGERS GRAND THÉÂTRE
dimanche 4, mardi 6 février 2018

en semaine à 20h, le dimanche à 14h30

 
 

RESERVER VOTRE PLACE
http://www.angers-nantes-opera.com/rinaldo.html

 
 
 

distribution :

DIRECTION MUSICALE BERTRAND CUILLER
MISE EN SCÈNE ET SCÉNOGRAPHIE CLAIRE DANCOISNE

AVEC
Paul-Antoine Bénos, Rinaldo 
Lucile Richardot, Goffredo 
Emmanuelle de Negri, Almirena 
Aurore Bucher, Armida 
Thomas Dolié, Argante

Ensemble Le Caravansérail
Bertrand Cuiller (direction)

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