Récital du pianiste Ivan Ilic à Paris

Ivan Ilic, le pianiste funambuleParis, le 29 mai 2015, 20h. Récital du pianiste Ivan Ilic.  Sons de l’invisible… La Fondation des Etats-Unis à Paris accueille le pianiste Ivan Ilic pour un récital qui reprend en grande partie l’enchaînement des pièces enregistrées dans son dernier album intitulé The transcendentalist : sélection de perles confinant à l’abstraction et au renoncement signé Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman (et son énigmatique Palais de Mari)… Le clavier d’Ivan Ilic vibre au diapason des sphères et de l’indicible…  Derrière le jeu acrobate et la réalité matérielle du clavier, la pure émanation de mondes inconnus, brossés comme des visions à la fois introspectives et contemplatives se profilent ; des questionnement intimes qui font de la musique, l’émanation d’humanismes critiques à l’œuvre, s’invitent : tel est le défi de ce disque très personnel qui implique et révèle derechef la grande sensibilité du pianiste Ivan Ilic, son exigence artistique comme sa fougue et son questionnement interprétatif (ainsi s’exprimait au moment de la sortie du disque notre rédacteur Lucas Irom).

ilic ivanIvan Ilic révèle les sensibilités diverses des compositeurs qu’il a choisis mais qui tous convergent en un questionnement suspendu, emperlant les sons des mondes invisibles ; voici … ” le mysticisme de Scriabine, la pensée bouddhiste de Cage, l’approche hautement intuitive de Feldman aux questionnements hypnotiques, l’offrande synthétique d’un Wollschleger dont l’écriture synesthésique paraît récapitulative de tous.
La sérénité chantante et liquide, déjà éthérée, mystique du premier Scriabine (Prélude opus 16), puis sa face plus insouciante et comme libérée (Prélude opus 11) ; les climats suspendus énigmatiques de Cage (Dream, 1948), énoncés à l’infini comme des questions sans réponses, des broderies ou des arabesques projetées dansantes dans l’espace (In a Landscape, même date, liquide et cyclique) aux résonances de gong asiatiques (alors que s’agissant de Feldman, l’idée de gong basculerait plutôt vers l’annonce funèbre de glas).
Scriabine s’avère le plus inventif, le plus visionnaire et le plus expérimental, un mentor pour tous, une puissante source d’inspiration…. (…) Même accomplissement pour le dernier tableau, le plus long de tous : Palais de Mari (1986) signé Feldman, où le questionnement interroge la forme même, et le silence et la résonance ultime ; où le bruit de la mécanique du clavier participe d’une question qui touche l’essence et le sens de la musique comme langage de connaissance et de dépassement. Le jeu puissant, intense confine à l’exténuation d’une formulation condamnée à se répéter sans trouver d’écho libérateur. “

Près d’un an après la sortie de son disque événement intitulé The Transcendentalist, le pianiste Ivan Ilic, trop rare en France et surtout à Paris, offre le 29 mai 2015, un superbe voyage musical inspiré de son dernier disque. L’album avait retenu l’attention de la Rédaction cd de classiquenews qui n’hésitait pas à lui décerné le CLIC de classiquenews de mai 2014.

LIRE notre compte rendu critique complet du dernier CD “The Transcendentalist” d’Ivan Ilic par Lucas Irom . The Transcendentalist. Ivan Ilic, piano. Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman. 1 cd  Heresy. Durée: 1h04. Enregistré en novembre 2013 à Paris.

 

 

 

 

boutonreservationRécital du pianiste Ivan Ilic à Paris
Festival “La Fête de la Cité”
Fondation des Etats-Unis à Paris
15 Boulevard Jourdan – 75014 Paris
01 53 80 68 80

Entrée libre – réservation conseillée :
http://www.feusa.info/?p=1042

Au programme :

Frédéric Chopin
Nocturne Opus 9 no 1
Nocturne Opus 62 no 2

John Cage
In a Landscape (1948)

Alexandre Scriabine
Prélude Opus 16 no 1
Prélude Opus 31 no 1
Guirlandes Opus 73 no 2

Morton Feldman
Palais de Mari (1986)

 

 

 

Illustrations : Ivan Ilic ; Morton Feldman, photo d’Earle Brown (DR) / Paris, mai 1968.

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