Premier concert symphonique de Benjamin Pionnier à TOURS

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'Opéra de ToursTOURS, concert. Les 5 et 6 novembre 2016. Concert Symphonique dirigé par Benjamin Pionnier. Premier concert symphonique du nouveau directeur musical de l’Opéra de Tours, pilote des effectifs maison : les musiciens de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours. La tradition symphonique est bien implantée à Tours et Benjamin Pionnier entend enrichir encore l’expérience des instrumentistes pour le plus grand bonheur des tourangeaux. Ce premier programme, éclectique mais d’une rare cohérence thématique (entre filiations et variations), premier volet de la nouvelle saison 2016 – 2017 de l’Opéra de Tours, inscrit entre autres au programme, 2 œuvres parmi les plus redoutables du répertoire orchestral et concertant : les Variations Enigma d’Elgar (1899), et en fin de soirée : la Rhapsodie sur un thème de Paganini du compositeur et pianiste virtuose, Sergei Rachmaninov (1934).

 

 

 

boutonreservationTOURS, Grand Théâtre / Opéra
Samedi 5 novembre 2016 – 20h
Dimanche 6 novembre 2016 – 17h

Johannes BRAHMS
Variations sur un thème de Haydn – Op.56

Edward ELGAR
Variations Enigma – Op.36

Eric TANGUY
Adagio pour cordes (2009)

Sergueï RACHMANINOV
Rhapsodie sur un thème de Paganini – Op.43 pour piano et orchestre

Lise de la Salle, piano
Direction musicale : Benjamin Pionnier
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Conférences d’explication au concert
Samedi 5 novembre – 19h
Dimanche 6 novembre – 16h
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

ELGAR symphony symphonie 2 review account of CLASSIQUENEWS Edward_Elgar_head2_copy2ENIGMA. Variations sur un thème original ENIGMA, opus 36. Créée à Londres en 1899, la partition affirme immédiatement la réputation d’Elgar âgé de 42 ans. Heureux quadra qui peut enfin jouir d’une reconnaissance méritée. L’énigme dont il est question, selon l’esprit interrogatif de l’auteur, concerne l’léboration même de la séquence mélodique qui inspire les 14 variations qui suivent son exposition : soit 6 mesures en sol mineur pour cordes seules, suivies de quatre en sol majeur. La grille ainsi produite est destinée à servir de contrepoint à un motif musical très connu… on a pensé à l’hymne God save the King. Seconde énigme : le cycle des identités de chaque personnalités portraiturées ainsi car comme le dit Elgar lui-même, chacune des Variations est le portrait d’un ami et d’un proche, indiqué par des initiales ou un pseudonyme. A l’auditeur de résoudre chaque énigme. L’intérêt du cycle est cette alliance réussie entre l’évocation intime et confidentielle de chaque personnalité, accordée au style souvent solennel et majestueux d’Elgar, l’un des plus grands symphonistes britanniques du début du XXè siècle.

RACHMANINOV-operas-elako-le-chevalier-ladre-classiquenews-dvd-rachmaninov-troika-rachmaninov-at-the-piano-1900s-1378460638-article-0RHAPSODIE. Filiations et variations sont en vedette dans le programme défendu par Benjamin Pionnier à Tours. La Rhapsodie sur une ème de Paganini opus 43 créée à Baltimore en 1934 : composée en Suisse la même année, avant sa tournée triomphale aux States, la partition est sa dernière œuvre concertante avec piano et peut-être considérée comme son 5ème Concerto pour piano. 24 variations se succèdent ainsi à partir du motif légué par le 24è Caprice pour violon du génial Paganini. Après un premier cycle (le 10 premières variations), plutôt nerveux et passionnel, l’atmosphère s’assombrit, et la 11è, d’une évanescence miroitante et impressionniste, indique l’émergence d’un Andante de Concerto. La 15è en serait le Scherzando, jusqu’au 18è volet qui en marque le plein épanouissement aux lueurs crépusculaires, spécifiquement rachmaninoviennes. Puis, comme un Finale, les 19 et 20è variations, développent une nouvelle séquences plus enjouées, légères mais fiévreuses. La réussite de la partition tient à la transformation / métamorphose que Rachmaninov est capable d’imposer au matériau transmis par Paganini : de la virtuosité parfois exclamative et exubérante, Rachmaninov pour lequel l’éloignement de la patrie était une source d’inspiration nostalgique, produit un cycle d’une force introspective inouïe, à la fois pudique, suggestive, aux agents et éclats lunaires et fantomatiques. C’est un vrai défi et un immense plaisir pour l’interprète solistes d’en exprimer la profondeur et l’ambivalence, entre exposition, déclaration et enfouissement, évanouissement vers l’ineffable.

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