POITIERS : Wolf, Mahler, Brahms sur instruments d’époque

Philippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs Elysées à PoitiersPOITIERS, TAP. Concert Wolf, Brahms… Ph. Herreweghe, le 5 octobre 2017. Joyaux du romantisme germanique. De Wolf à Brahms, et jusqu’au plus moderne Mahler – le plus grand symphoniste du début du XXè siècle avec Richard Strauss et Sibelius-, Poitiers concentre le temps de ce programme la quintessence du spleen romantique et germanique. Dietrich Henschel, baryton diseur au style mordant et habité chante ici Wolf et Mahler, deux âmes sensibles au verbe halluciné, capable pour le premier d’élever le lied (genre de la mélodie en Allemagne) au niveau de l’opéra ; pour le second, de cultiver mille et une nuances de la psyché humaine, dont il fait grâce au chant des instruments, un vaste théâtre symphonique. Le programme profite d’une première approche réalisée lors du dernier festival estival de Saintes. Rien ne saurait rivaliser avec l’équilibre sonore et le relief détaillé des timbres que procure l’alliage des instruments d’époque (grande spécialité de l’Orchestre des Champs Elysées) associés à une voix soliste. Qu’il s’agisse des Mörike-lieder de Wolf ou des Lieder eines Fahrenden Gesellen, toutes les nuances et les accents dynamiques qui s’offrent aux interprètes, permettent une immersion dans un festival de couleurs et d’évocations, fertile.

Lieder de Wolf et Mahler,  feu brahmsien à Poitiers
sur instruments d’époque

 

 

brahms 280Brahms attend d’être quadra pour « oser » sa première Symphonie, finalement créé à Karlsruhe le 4 novembre 1876. « L’héritier de Beethoven », qui amorce ses premières esquisses en 1854, après sa rencontre avec Schumann, s’affirme dès le début, en donnant l’impression de débouler sur le climax d’un air agité et déjà majestueux. Pas d’intro énigmatique ou progressive, mais un essor énergique qui saisit l’auditeur et le plonge au cœur de la mêlée. Voilà qui manifeste parfaitement la profonde originalité de Brahms : développer un Allegro, après le Poco sostenuto d’ouverture, en ne cachant rien d’un sentiment d’angoisse qui sourd et soustend toute l’architecture du mouvement. Johannes Brahms est a contrario du lumineux Schumann, ténébreux et secret. Et son orchestration, cuivrée et onctueuse, – certainement idéalement articulée par le geste analytique de Philippe Herreweghe -, ne laisse pas indifférent.
Saluons l’intérêt de ce programme, d’autant que le dernier cd, remarqué par la Rédaction de CLASSIQUENEWS, s’agissant de l’Orchestre des Champs Elysées et de son chef atittré, concernait Brahms, dont ils défendaient une remarquable approche, transparente et détaillée à la fois, de la 4è Symphonie. Concert événement à Poitiers.

 

 

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boutonreservationPoitiers, TAP – Auditorium
Jeudi 5 octobre 2017, 20h30
Réservez votre place
http://www.tap-poitiers.com/brahms-mahler-wolf-2148

 

 

 

concert
Brahms, Mahler, Wolf

> Hugo Wolf
Mörike-Lieder – extraits : Er ist’s, Schlafendes Jesuskind, Denk es, o Seele!, Neue Liebe, Wo find ich Trost, An den Schlaf

> Gustav Mahler
Lieder eines fahrenden Gesellen

> Johannes Brahms
Symphonie n° 1 en ut mineur op. 68

Orchestre des Champs-Élysées
Philippe Herreweghe, direction
Dietrich Henschel, baryton

 

 

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LIRE aussi notre critique développée du cd Symphonie n°4 de Brahms par Philippe Herreweghe et l’Orchestre des Champs Elysées
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-brahms-symphonie-n4-2015-alt-rhapsodie-2011orchestre-des-champs-elysees-philippe-herreweghe-1-cd-phi-2015/
CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017.

Brahms dépoussiéré, sublimé par HerrewegheBRAHMS DEPOUSSIERÉ… Extrait de la critique du cd BRAHMS par l’Orchestre des Champs Elysées : “… 25 ans que l’Orchestre des champs-Élysees défend les vertus sonores, esthétiques, pédagogiques des instruments anciens: les apports en sont multiples dans la précision et la caractérisation des timbres plutôt que le volume ; dans l’acuité renforcée du geste expressif aussi car bien sûr il ne suffit pas de jouer sur des cordes en boyau pour sublimer une partition. Il faut évidemment soigner (aussi, surtout) sa technique (jeu d’archet, etc…), ou aiguiser son style. Mais ici si l’auditeur et l’instrumentiste gagnent une intensité poétique décuplée, l’exigence de précision et d’articulation compensent la netteté souvent incisive du trait et de chaque accent. Autant de bénéfices qui replacent le jeu et l’interprétation au cœur de la démarche… De ce point de vu, 25 ans après sa création, l’OCE porté par la direction affûtée, précise de son chef fondateur, Philippe Herreweghe, affirme une santé régénératrice absolument captivante, dépoussiérant des œuvres que l’on pensait connaître….”

 

 

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