POITIERS, TAP. L’OCE joue Dvorak et Schumann : apogée romantique !

dvorak antoninPOITIERS, TAP. Brahms, Schumann, Dvorak. Dim 17 OCT 2021. L’Orchestre des Champs Elysées fête cette saison ses déjà 30 ans. Au programme de ce premire concert de retrouvailles avec le public poitevin : 3 compositeurs à l’apogée du romantisme. Si la Symphonie du Nouveau Monde n°9 est la plus connue de son catalogue, la 7è de Dvorak, écrite en 1883, indique la maturité exemplaire du compositeur tchèque très influencé par Brahms : l’écriture y est plus naturelle et âpre, douée d’un souffle romantique qui dépasse considérablement les emprunts au folklore tchèque…
Puissante, brucknérienne par ses cuivres impressionnants entre autres, mais aussi (surtout) Brahmsienne et wagnérienne soit d’un germanisme assumé, la “grande Symphonie” en ré mineur opus 70, est créée à Londres sous la direction de Dvorak en avril 1885. Membre d’honneur de la Royal Philharmonic Society de Londres, Dvorak devait ainsi honorer une commande passée par l’institution musicale londonienne : par ses couleurs tendres (bois) et sa palpitation atmosphérique, convoquant les grandes frissons de la nature, qui plonge aussi dans une introspection plus personnelle (cors combinés souvent aux cordes), Dvorak entend égaler son ami Brahms dont la 3ème Symphonie venait alors d’être créée. Dvorak très inspiré ajoute aussi des références wagnériennes manifestes dans le second mouvement d’une tendresse voluptueuse et même amoureuse (Poco Adagio).
Au germanisme brahmso-wagnérien du 2ème mouvement, Dvorak impose dans le 3ème mouvement, un rythme et une mélodie envoûtante (combinaison basson / cordes) résolument tchèques (annonciatrice d’ailleurs de sa sublime 8ème, noble et intérieure à la fois) ; c’est un Scherzo-vivace que beaucoup de chefs s’obstinent à aborder sans le caractère rythmique nonchalant mais caractérisé voulu par l’auteur. Le dernier mouvement (Allegro) aussi majestueux et impétueux que le premier (Allegro maestoso) fait rugir l’intensité rhapsodique, de caractère tzigane de l’écriture : c’est un nouvel épisode qui frappe par la précision de son orchestration et surtout le souffle de son écriture ; il réclame un orchestre étoffé mais d’une transparence colorée et finement caractérisée : le germanisme brahmsien et wagnérien comme la sensibilité tchèque des mélodies, et cette vitalité rythmique propre à Dvorak doivent ici trouver un juste équilibre. Maître de la grande forme, Dvorak conclue le cycle dans un tierce picarde, emblème d’un optimisme souverain et majestueux (noblesse des cors de la fin).

SCHUMANN robert-schumann-540x540Le Concerto pour violoncelle en la mineur est composé en octobre 1850, juste avant la Symphonie n°3 Rhénane, dans une séquence d’exaltation et de pleine conscience dont le destin gratifia cependant Schumann (alors âgé de 40 ans) pourtant très affecté par des crises psychiques à répétition. Les 3 parties du Concerto se succèdent sans pause aucune, en une continuité organique exaltante : l’ivresse qui porte le développement du premier mouvement Allegro alterne sérénité et énergie syncopée ; puis c’est la pleine introspection distanciée mais tendre et sincère de l’adagio indiqué « langsam », construit comme un lied (cantabile ample du violoncelle). Le Finale, « Vivace » synthétise la construction globale du doute et de l’ombre vers l’éblouissante lumière, du ré mineur au la mineur. Jamais Schumann ne fut aussi franc dans cette oeuvre irrésistible qui porte en elle la clé de sa nature double, frappé par l’humoresque spécifiquement germanique et la tragédie lentement destructrice car il est rongé de l’intérieur par un mal qui l’emportera en 1856 : optimisme à tout craint mais aussi sa face ténébreuse, aspiration à la mort et anéantissement irréversible.

ORCHESTRE DES CHAMPS-ÉLYSÉESSCHUMANN-concerto-violoncelle-Nicolas-Altstaedt-critique-concert-classiquenews
Philippe Herreweghe, direction
Nicolas Altstaedt, violoncelle

Johannes Brahms : Ouverture dite « Tragique » op. 81
Robert Schumann : Concerto pour violoncelle en la mineur op. 129
Antonín Dvořák : Symphonie n° 7 en ré mineur op. 70

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1h35 avec entracte

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