PARIS ressuscite La Nonne Sanglante de Gounod

PARIS, OpĂ©ra Comique. GOUNOD : La Nonne Sanglante, 2-14 juin 2018. Sur un livret d’EugĂšne Scribe, Gounod Ă©crit son grand opĂ©ra en 5 actes pour l’OpĂ©ra de Paris (Salle Le Peletier), crĂ©Ă© le 18 octobre 1854. Le sujet renoue avec ce gothique historique, fantastique et lugubre propre Ă  l’Angleterre des annĂ©es 1820 (l’équivalent britannique du style Troubadour, dont l’essor en France est autour de 1825-1830 et dont tĂ©moignent les oeuvres du peintre français Paul Delaroche) : inspirĂ© du Moine de Mathew Greg Lewis (1796), La nonne sanglante illustre la tentative avortĂ©e du directeur de l’OpĂ©ra, Nestor Roqueplan pour renouveler le genre du grand opĂ©ra, alors en crise.

opéra gothique et surnaturel

gounod charles portrait jeune par classiquenews gounod centenaire 2018 par classiquenews portr19Las, le directeur est congĂ©diĂ© et son successeur François-Louis Crosnier annule les reprĂ©sentations en cours (11 reprĂ©sentations auront lieu cependant), traitant le nouvel opĂ©ra de Gounod, d’ordure intolĂ©rable. Rien de moins. Gounod se souvient en rĂ©alitĂ© de Robert le Diable, modĂšle des opĂ©ras mĂ©diĂ©vaux historiques et fantastiques mais copieusement tragique voire terrifiant, Ă©laborĂ© par Meyerbeer plus de 20 annĂ©es auparavant (1831). L’OpĂ©ra Comique rend service Ă  la rĂ©estimation de l’ouvrage et aussi Ă  la meilleure connaissance de Charles Gounod, compositeur acadĂ©micien, surtout connu pour son tragique et sentimental Ă©perdu, RomĂ©o et Juliette (1867), sommet de l’opĂ©ra romantique français.
La Nonne sanglante est une oeuvre de jeunesse, composée aprÚs Sapho (1851), et avant Faust (1859).

 

 

 

PARIS, Opéra Comique.
GOUNOD : La Nonne Sanglante,
7 représentations, du 2-14 juin 2018.

INFOS & RESERVATIONS
https://www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2018/nonne-sanglante

 

 

 

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Synopsis

La lĂ©gende gothique mĂȘle songe horrifique, suscitant son acte des spectres (II), et amour contrariĂ©, celui du tĂ©nor (Rodolphe) et de la soprano (AgnĂšs). En rĂ©alitĂ©, alors qu’il propose Ă  sa fiancĂ©e promise Ă  son frĂšre ainĂ© (ThĂ©obald) de revĂȘtir la figure du spectre de la Nonne sanglante (Ă  qui toutes les portes sont ouvertes), Rodolphe croyant avoir affaire Ă  sa fiancĂ©e (AgnĂšs), se fiance bel et bien avec une morte : tout l’acte II plonge en pleines noces fantastiques et surnaturelles. Au III, la mort rĂ©elle de son frĂšre Ă©tant advenue, Rodolphe peut envisager d’épouser celle qu’il aime, AgnĂšs de Moldaw. Mais le spectre de la Nonne sanglante lui apparaĂźt Ă  nouveau : l’ayant trompĂ© par ce faux mariage, elle exige qu’il la venge de celui qui se fit honteusement passĂ© pour mort, Ă  cause duquel elle rejoignit les ordres et fut assassinĂ©e dans sa cellule
 par celui lĂ  mĂȘme qui s’était fait passer pour mort. Rodolphe promet nĂ©anmoins de venger l’honneur de la femme sacrifiĂ©e.
Au IV, alors que la cour de Luddorf est rĂ©unie pour cĂ©lĂ©brer ses noces avec AgnĂšs, Rodolphe interrompt la cĂ©rĂ©monie et annule tout engagement : la Nonne vient de lui rĂ©vĂ©ler l’identitĂ© de celui qui l’a trahie : le propre pĂšre du jeune homme, le comte de Luddorf.
L’acte V est celui qui rĂ©soud toutes les intrigues : le voeu de la Nonne d’ĂȘtre vengĂ©e, AgnĂšs qui ne comprend pas pourquoi Rodolphe ne l’a pas Ă©pousĂ©e, Rodolphe sommĂ© de tuer son propre pĂšre pour venger la Nonne
 Ainsi, en un dernier tableau gothique sombre et lugubre, prĂšs du tombeau de la Nonne, le comte de Luddof s’offre aux poignards des meutriers de Rodolphe, venu le tuer pour laver l’affront de la fiancĂ©e AgnĂšs Ă  laquelle il avaitavait rĂ©fusĂ© de s’unir : alors paraĂźt le fantĂŽme aĂ©rien de la Nonne enfin libĂ©rĂ©e : en reconnaissant le sacrifice du comte Luddorf, elle libĂšre Rodolphe de son engagement vis Ă  vis d’elle et dĂ©clare, en une injonction surnaturelle et hautement morale : « la vertu du coupable est dans le repentir ».

gounod la nonne sanglante opera presentation par classiquenewsAlors que Meyerbeer aime tuer ou assassiner ses hĂ©ros amoureux, comme emportĂ©s par le souffle de l’histoire qui les dĂ©passe, Gounod reste fidĂšle au roman gothique heureux, oĂč les coupables sont dĂ©voilĂ©s et punis ; laissant aux jeunes innocents, pourtant empĂȘtrĂ©s dans l’écheveau des intrigues qu’ils subissent, une issue favorable.

 

Illustrations : portrait de Gounod jeune / Paul Delaroche : Herodias (DR)

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