Paris, Palais Garnier : exposition Rameau et la scène

Rameau restout XVIII gravureParis, Palais Garnier : exposition Rameau et la scène, 16 décembre 2014 – 8 mars 2015. La Bibliothèque nationale de France célèbre le 250 ème anniversaire de la mort de Jean-Philippe Rameau (1683-1764), théoricien de l’harmonie, génial compositeur pour le clavecin, l’église, l’opéra. L’exposition présentée à la Bibliothèque-musée de l’Opéra dans lenceinte du Palais Garniet à Paris, met en lumière l’œuvre lyrique de Rameau, rendant ainsi hommage à celui qui fut, pendant trente ans,  de 1733 (création de son premier opéra scandaleux : Hippolyte et Aricie) jusqu’à 1764 (Les Boréades dont il dirige les répétitions avant de mourir), l’une des personnalités musicales et intellectuelles les plus célébrées en France au siècle des Lumières, soit sous le règne de Louis XV. VOIR notre reportage vidéo dédié à l’exposition Rameau et la scène au Palais Garnier à Paris

 

Rameau 2014 : les Grands Motets par Bruno Procopio, William Christie

 

 

Après quarante ans comme maître organiste en province, Jean-Philippe Rameau (1683 -1764) part à la conquête de Paris où il s’impose, tant par sa réflexion théorique que par son génie musical qu’il consacre désormais à l’opéra à partir d’Hippolyte. De 1733 à son décès, en1764, il compose une vingtaine d’œuvres scéniques destinées à la Cour de Versailles (ses oeuvres sont alors créées au théâtre du Manège) comme à l’Académie royale de musique, communément appelée Opéra. Il explore tous les genres (la tragédie lyrique, l’opéra-ballet, l’acte de ballet,la pastorale héroïque, et même réinvente la comédie lyrique avec l’un de des chefs d’oeuvre : Platée de 1745…), orchestre ses œuvres avec hardiesse et acquiert une renommée jamais démentie.Grâce aux traces laissées par les représentations, de la création d’Hippolyte et Aricie en 1733 à la dernière reprise de cet opéra au Palais Garnier en 2012, l’exposition confronte, côté coulisses et côté scène, la fabrication d’un spectacle au XVIIIe siècle et les redécouvertes, depuis le début du XXe siècle, des chefs-d’œuvre que Rameau destine à la scène.

De l’écriture à la représentation. L’exposition présente les manuscrits autographes, les épreuves corrigées, les sources imprimées ou gravées conservés à la BnF, permettant de revenir sur la genèse et la diffusion des œuvres du compositeur comme sur sa collaboration avec ses différents librettistes (Pellegrin, Voltaire, surtout le génial Cahusac…). De rares maquettes de décors détenues par le Centre des monuments nationaux et des dessins de décors et de costumes sélectionnés parmi les collections iconographiques de la Bibliothèque-musée de l’Opéra laissent imaginer le faste des mises en scène de l’Opéra et des théâtres de cour. Car le spectaculaire, le merveilleux comme le fantastique infernal sont des composantes ordinaires de l’opéra français sous Louis XV.

Les interprètes, vedettes du chant  (le ténor légendaire Jélyotte, créateur entre autres du rôle délirant travesti de Platée, Marie Fel…) ou de la danse (La Camargo. ..)  sont présentés au travers de portraits soigneusement peints ou rapidement croqués. Enfin, des vues de spectacles et quelques pièces d’archives comme les billets ou affiches permettent d’évoquer un public qui s’habitue peu à peu à la modernité d’écriture du compositeur.

 

rameau-et-la-scene_catalogue bnf expositionDu « Purgatoire » à la lumière. L’exposition s’attache également à montrer comment Rameau est sorti du purgatoire dans lequel on l’avait remisé depuis le début du XIXe siècle, grâce à la publication complète de son œuvre par les éditions Durand, sous la direction du compositeur Camille Saint-Saëns, grâce aussi, à partir des années 1970, à la « vague baroque » qui a donné un nouveau souffle à l’étude et à l’interprétation de la musique ancienne. En cherchant à jouer sur instruments anciens quitte à refondre une pratique adaptée totalement nouvelle, les réformateurs du classique, convaincus par l’esthétique baroque ont renouvelé l’engouement pour l’opéra des XVIIè et XVIIIè siècles dont le théâtre de Rameau : le plus exigeant, le plus saisissant. Ce sont les chefs-d’œuvre repris à l’Opéra de Paris aux XXe et XXIe siècles qui structurent cette évocation : Hippolyte et Aricie (productions de 1908, 1985, 1996 et 2012), Castor et Pollux (1918), Les Indes galantes (1952), Platée (1977 et 1999), Dardanus (1980) et Les Boréades (2003). Partitions, livrets, dessins, maquettes, tableaux, costumes, photographies montrent à quel point ces différentes reprises reflètent des choix esthétiques et des convictions riches et variées. Les documents sélectionnés exposés témoignent aussi des moyens de plus en plus perfectionnés utilisés par la mise en scène, soit dans la lignée de la reconstitution historique soit dans celle de l’innovation la plus audacieuse, mais qui tous servent et magnifient la musique de Rameau. (Illustration ci-dessus couverture du catalogue de l’exposition “Rameau et la scène”, Par Mathias Auclair et Elizabeth Giuliani, 216 pages, 143 illustrations, 39 euros. Éditions de la BnF).

 

 

 

Exposition : Rameau et la scène
16 décembre 2014 – 8 mars 2015
Bibliothèque-musée de l’Opéra, Palais Garnier place de l’Opéra, Paris 9e
Tous les jours 10h > 17h. Sauf le 1er janvier 2015. Entrée : 10 euros , Tarif réduit : 6 euros (avec la visite du théâtre)

Commissariat : Mathias Auclair, conservateur en chef à la Bibliothèque- musée de l’Opéra, BnF ; Elizabeth Giuliani, conservateur général, directeur du département de la Musique, BnF.

Publication du catalogue :  « Rameau et la scène ». Par Mathias Auclair et Elizabeth Giuliani, 216 pages, 143 illustrations, 39 euros. Éditions de la BnF.

L’exposition répare un vide criant voire impardonnable : aucun opéra de Rameau ni opéra ballet ni tragédie lyrique à l’affiche de Garnier ou de Bastille pour l’année des 250 ans de l’immense Jean-Philippe Rameau. Un comble quand même…

 

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