Mozart in the Jungle, saison 3

TĂ©lĂ©, sĂ©rie. Mozart in the Jungle, saison 3. OCS City, dès le 12 dĂ©cembre 2016 : Musique classique et dolce vita ! Saison 3 inĂ©dite — Ă€ partir du 12 dĂ©cembre 2016 Ă  20h50, chaque lundi soir, sur OCS City. Pour sa troisième saison, l’équipe du Symphonique de New York gagne l’Europe, avec une nouvelle star, – lyrique, Monica Bellucci en soprano scarifiĂ©e, diva hypnotique et sirène envoĂ»tante, dont le port et l’élĂ©gance ne sont pas sans faire rĂ©fĂ©rence Ă  Maria Callas, pour laquelle la carrière de la chanteuse et la vie personnelle se sont inextricablement mĂŞlĂ©es.

 

 

 

MOZART IN THE JUNGLE, saison 3

 

 

 

OCS-mozart-in-the-jungle-diva-alessandra-monica-bellucci-presentation-review-compte-rendu-critique-classiquenewsDes States Ă  l’Europe, du Symphonique au lyrique… La fin de la saison 2, avec la tourmente collective consĂ©cutive Ă  la grève de l’Orchestre, Ă©tait marquĂ© par le dĂ©sarroi de chaque protagoniste : chef dĂ©sorientĂ©, jeune oboĂŻste, l’instrumentiste hĂ©roĂŻne Hailey dont le spectateur a suivi chaque Ă©volution de son intĂ©gration dans l’orchestre-, en plein doute, et peut-ĂŞtre crĂ©atrice de son propre ensemble… La rĂ©demption pour le jeune maestro latino (GaĂ«l Garcia Bernal) pourrait bien revĂŞtir les traits d’Alessandra (Monica Bellucci), soprano hier adulĂ©e qui recherche justement un chef audacieux, charismatique pour orchestrer son grand retour sur les scènes lyriques europĂ©ennes… L’actrice italienne offre un portrait sensible et crĂ©dible de la cantatrice pleine d’espĂ©rance mais aussi Ă  l’égo hypertrophiĂ©, capable du pire comme du meilleur, pour elle-mĂŞme comme pour ceux qui travaillent avec elle. De toute Ă©vidence, les scĂ©naristes renouvellent le paysage amoureux et artistique du jeune chef, passant de la naĂŻve et romantique Hailey, Ă  Alessandra, icĂ´ne hyperfĂ©minine et fatale… LĂ  encore, dans la suite de la saison 2, ce qui fait la force de la nouvelle saison de Mozart in the Jungle, c’est le relief de chaque personnage, vĂ©ritable portrait psychologique souvent dĂ©lirant, et l’acuitĂ© des situations qui rĂ©vèle chaque ambition… alors dans les 10 nouveaux Ă©pisodes, qui manipule qui ?

 

 

Mozart in the Jungle, Saison 3 (10 Ă©pisodes de 30mn) — Etats-Unis, 2016 — Diffusion en France en dĂ©cembre 2016, InĂ©dit — SĂ©rie crĂ©Ă©e par Roman Coppola, Jason Schwartzman, Alex Timbers (Ă  partir du livre « Mozart in the Jungle: Sex, Drugs and Classical Music » de Blair Tindall). Compte rendu critique de la saison 3 de Mozart in the Jungle : LIRE ci après notre “Carnet critique”.

 

 

MOZART IN THE JUNGLE, Saison 3
A partir du 12 décembre 2016, sur OCS city
Tous les lundis Ă  20h50, diffusion de deux Ă©pisodes

 

 

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CARNET CRITIQUE
Que penser du premier Ă©pisode de la sĂ©rie “MOZART in the Jungle”, saison 3 ?

 

 

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FINE ANALYSE PSYCHOLOGIQUE ET HUMOUR GRINCANT… A Venise, le jeune chef accueilli par un agent débraillé excité qui lui recommande surtout de le pas coucher avec elle, découvre la soprano vedette (dite « La Fiamma » / la Flamme) dans son palais historique… traversant les salons majestueux sur la mélodie française « Les filles de Cadix » de l’exquis Delibes chanté au Palais Garnier par son hôtesse (version de Victoria de Los Angeles ? on ne pouvait choisir meilleure lecture)… aimantation, séduction, rencontre finalement électrique entre la cantatrice mûre et le jeune maestro : la cougar et son jeune mâle (qui se souvient être tombé amoureux de sa voix immédiatement après avoir écouté sa Tosca phénoménale).
Pour la diva faussement simple, qui joue les sirènes séductrices auprès de ce jeune homme désirable plutôt idéalement testostéroné, il s’agit de revenir sur la scène lyrique ; du côté du maestro invité, l’admiration pour la cantatrice se mêle à une excitation croissante… à la curiosité succède un trouble d’ordre de plus en plus sexuel… cela est très bien saisi par les scénaristes, et subtilement insinué tout ua long de ce premier épisode. La diva lui fait la cuisine : meilleur moyen pour séduire et convaincre : c’est si juste. Les deux ont une revanche à prendre : elle, reconquérir l’art vocal et passionner le public ; lui, remagnétiser un orchestre, transmettre le feu et le sang, surtout après la débandade vécue à New York avec les musiciens ingrats du Philharmonique.
Puis tout tourne non au vinaigre mais dans la passion exacerbée : la diva étant une folle dingue, à la sensibilité épidermique, pleurant, s’exaltant, exigeant dans un murmure de louve blessée…, exige davantage s’il veut diriger à ses côtés. Dès le début, on sent que cette nouvelle saison nous tiendra en haleine par la fine galerie d’égos susceptibles, extrêmistes, parfois grandguignolesques, tellement réaliste.

 

 

 

LE PREMIER EPISODE DE LA SAISON 3 de « MOZART in the JUNGLE » confirme la réussite et la justesse des scénaristes : entre délire parodique et fragilité à fleur de peau, les épisodes entretiennent un habile dosage qui rend chaque protagoniste, plutôt attachant.

 

 

mozart-in-the-jungle-classiquenews-danseur-arsenal-dragueSATIRE ET VERITÉ… La satire et la parodie vont aussi bon train et la scène où Hailey imite en le caricaturant le chef de leur ensemble (Andrew Walsh Ensemble) qui doit jouer justement dans un festival à Venise, est plutôt hilarante… Ce qui débouche à nouveau sur une confrontation de narcissismes exacerbée. Tout cela est l’aboutissement de séances d’observation très précise, témoignages d’expériences réelles qui viennent évidemment du roman originel dont est issue les épisodes de la série : « Sex, Drugs and Classical Music » de Blair Tindall. La musique est toujours très présente dans chaque séquence (le Fauré pour violoncelle joué par l’ensemble où joue Hailey)… ce qui rétablit régulièrement malgré les situations grinçantes, le quotidien de chacun : servir coûte que coûte la sainte musique. Soit ce qui les unit malgré leurs affrontements.
Venise et ses scènes clichés pour touristes négligents (gondoles, prises de vues des monuments le splus connus de la Sérénissime…) cultive ce factice illusoire de la série, où chacun n’écoute personne, mais toujours et exclusivement son égo blessé, outragé, défié… Les avatars du jeune maestros dans les rues de la Cità, où parait le jeune garçon baroque emperruqué, à la façon du Don Giovanni de Losey mais évidemment en plus léger, est très habilement troussé ; il introduit une autre dimension dans la narration, c’est à dire le jaillissement du poétique dans un agrégat de cynisme délirant : c’est alors une immersion simultanée dans une Venise « historique », où jaillit le gemme fragile, délicat, diamantin de la diva maladive… qui semble comme Antonia des Contes d’Hoffmann, se consumer littéralement quand elle chante. Elle veut chanter puis ne veut plus, s’affirme comme une lionne puis s’efface évanescente… De plus en plus proche du jeune maestro RODRIGO, ALESSANDRA avoue s’être réfugiée après un incident survenu dans sa carrière lyrique, dans un monastère à Venise, une retraite comme nonne… Le jeu de cache cache qu’impose la cantatrice au jeune maestro dont elle entend éprouver la résistance et l’affection déclarée, rétablit aussi la vérité de l’humain, cette fenêtre ouverte sur l’âme, qui confère à la série sa sincérité voire sa profondeur… , aux côtés des scènes plus émoustillantes et sexy (quand par exemple Hailey drague pour le seul garçon de son ensemble, un jeune danseur belge devant l’Arsenal de Venise)… Tout cela est bien dosé et assure à la narration sa richesse émotionnelle, ses contrastes parfois lumineux ; révélant la part d’intimité réelle comme le masque défensif des héros qui se succèdent, y compris chez les musiciens, qui se shootent à la musique et ont comme depuis le début de la série, une libido totalement libérée.

 

 

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Au Conservatoire (rĂ©el) de Venise (la production a choisi de filmer dans les lieux rĂ©els) oĂą a Ă©tĂ© tournĂ© la scène des rĂ©pĂ©titions avec la diva Alessandra, le propos est tout aussi juste : premiers accrocs sur le choix des pièces jouĂ©es pour leur rĂ©cital Ă  venir. Il lui suggère de chanter les auteurs contemporains, des airs pour mezzos… osant dĂ©fier l’artiste qui s’en trouve piquĂ©e mais stimulĂ©e, – osant dĂ©fier aussi l’agent de la soprano, toujours hystĂ©rique et agitĂ©, croyant mieux qu’elle, dĂ©fendre les intĂ©rĂŞts de sa poule aux oeufs d’or…
Dans la dernière scène de cet Ă©pisode 1, le concert du Walsh Ensemble Ă  San Rocco (sous le plafond noir, entĂ©nĂ©brĂ© des lumineux Tintoret), auquel se joint Hailey in extremis, est celui d’une crise personnelle pour l’hautboiste ; une catastrophe oĂą la musicienne se lève en plein solo du chef violoncelliste, est virĂ©e par ce dernier,.. C’est un crĂ©tin finalement gaussĂ© par la diva et le maestro venus assistĂ©s Ă  la performance. Les 3 (le Maestro, la diva et la jeune hautboiste) finissent la soirĂ©e ensemble sans qu’il soit prĂ©cisĂ© ce qu’ils font ensuite… De sorte que Venise revĂŞt les apparences d’un labyrinthe psychique oĂą chacun faisant l’expĂ©rience de ses propres limites, pourrait ainsi se rĂ©vĂ©ler Ă  lui-mĂŞme. Et si le vrai personnage central Ă©tait la ville et ses ruelles Ă©troites ? Le ton est plus intimiste, le scĂ©nario semble fouillĂ© davantage la psychĂ© insatisfaite de chacun. Comment tout cela va-t-il s’exprimer et se cristalliser ? On en redemande. A suivre sur CLASSIQUENEWS.COM

 

 

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