MILAN, Scala. Riccardo Chailly joue ATTILA de VERDI

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitFRANCE MUSIQUE, Ven 7 déc 18 : 20h. VERDI: ATTILA, Chailly.  En direct (ou presque) de La Scala de Milan, l’opéra de Verdi créé à la Fenice de Venise le 17 mars 1846, ouvre ainsi sur le petit écran mais en quasi direct, la nouvelle saison du théâtre scaligène. On sait combien le librettiste de départ Solera, qui pourtant dut partir avant de livrer la fin de l’intrigue, se brouilla avec Verdi : celui ci commanda à Piave, un nouveau final, non pas un chœur comme le voulut Solera, mais un ensemble (et quel ensemble! : un modèle du genre). Du nerf, du sang, du crime… le premier Verdi semble s’essayer à toutes les ficelles du drame sanglant et terrible. Au Vè siècle, la ville d’Aquilée près de Rome, fait face aux invasions des Huns et à la superbe conquérante d’Attila (basse). Ce dernier, cruel et barbare en diable, refuse toute entente pacifique avec le romain Ezio (baryton) ; c’est pourtant ce dernier qui a l’étoffe du héros, patriote face à l’ennemi étranger (« Tu auras l‘univers, mais tu me laisses l’Italie » / une déclaration qui soulève l’enthousiasme des spectateurs de Verdi, à quelques mois de la Révolution italienne…).

Au I : Attila marche sur Rome, mais frémit devant l’Ermite dont il a rêvé la figure… cependant que parmi les vaincus, Foresto (ténor) rejoint la fière Odabella (soprano) qui entend se venger des Huns, arrogants, victorieux…

Au II : Attila défie Ezio qui proteste vainement ; tandis que, coup de théâtre, Odabella déjoue la tentative d’empoisonnement d’Atiila par Foresto : elle épouse même le vainqueur Attila…

Au III : Odabella qui n’en est pas à une contradiction près, se repend, rejoint Foresto et tue son époux Attila, tandis que les troupes romaines menées par Ezio, le sauveur, attaquent les Huns…

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chailly riccardo maestro stravisnky portrait presentation par classiquenews ae64e0366e4c19713bd9183f508c800f.jpg.w=262Sans vraiment de profondeur encore, ni d’ambivalence ciselée, (cf la manière avec laquelle, les épisodes et les situations se succèdent au III), les personnages d’Attila ne manquent pas cependant de noblesse ni de grandeur voire de noirceur trouble (comme Attila, dévoré par les songes et les rêves au I, préfiguration des tourments de Macbeth). Le protagoniste ici est une femme, soprano aux possibilités étendues digne d’Abigaille (Nabucco) : ample medium, belcanto mordant, à la fois raffiné et sauvage… comme la partition de ce Verdi de la jeunesse. A Milan, le directeur musical de La Scala, Riccardo Chailly devrait défendre la partition avec intensité et profondeur, malgré les évidentes maladresses et déséquilibres de la partition de 1846…  Le chef dirige les forces locales, et la basse Ildar Abdrazakov incarne Attila, sur les traces du légendaire Nicolai Ghiaurov dans le rôle-titre…

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Giuseppe Verdi : Attila
Opéra en un prologue et trois actes sur un livret de Temistocle Solera et Francesco Maria Piave tiré de la tragédie de Zacharias Werner : “Attila, König der Hunnen »

Ildar Abdrazakov, basse, Attila, roi des Huns
Saioa Hernandez, mezzo-soprano, Odabella, fille du seigneur d’Aquileia
Simone Piazzola, baryton, Ezio, général romain
Fabio Sartori, ténor, Foresto, chevalier aquiléen
Francesco Pittari, ténor, Uldino, jeune breton esclave d’Attila
Gianluca Buratto, basse, Leone, vieux romain
Choeur et Orchestre de la Scala de Milan
Direction : Riccardo Chailly

(Davide Livermore, mise en scène)

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Plus d’infos sur le site de la Scala de Milan / Teatro alla Scala :
http://www.teatroallascala.org/en/index.html

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