Maria Callas, Soprano. Portrait-HommageLes 30 ans de la mort. (1923-1977)

Maria Callas
Soprano
(1923-1977)

Il y a 30 ans, le 16 septembre 1977, Ă  Paris, Marias Callas rejoignait le firmament des divas Ă©ternelles. TempĂ©rament de feu, vocalitĂ  Ă©ruptive, style plus expressionniste qu’angĂ©lique, la cantatrice a rĂ©volutionnĂ© l’art du chant lyrique. En plus d’ĂŞtre diva assoluta, “La Callas” fut aussi une femme dans son temps, Ă©pouse rangĂ©e et mĂŞme sage Ă©lève de son mari/agent Giovanni Battista Meneghini dit “Tita”, surtout amoureuse passionnĂ©e de Lucino Visconti, puis de l’armateur grec richissime Aristote Onassis, vivant dans une attente douloureuse, PĂ©nĂ©lope au dĂ©clin tragique. La silhouette et le visage de l’interprète saisissent par leur magnĂ©tisme. En plus d’ĂŞtre une artiste accomplie, Maria Callas, portĂ©e par l’excellence de son art, Ă©tait aussi une femme rayonnante, au charisme irrĂ©sistible. Star sur les planches, nouvelle icĂ´ne des soirĂ©es de la Jet set, elle fut aussi une actrice admirable pour le cinĂ©ma.
Sur la scène comme dans la vie, Maria Callas incarne un idĂ©al tissĂ© de romantisme, de passion, d’ivresse, d’exigence… Ici, opĂ©ra et rĂ©alitĂ© se mĂŞlent Ă©troitement. Sa vie est un roman, son art, une exception dĂ©concertante par son Ă©clat et son gĂ©nie. L’artiste nous Ă©blouit par sa grâce, son intensitĂ©, sa beautĂ©.
30 ans après sa disparition, le mythe Callas n’a pas faibli. En restant inĂ©galĂ©e, la voix de la chanteuse demeure unique. D’une irrĂ©sistible et troublante vĂ©ritĂ©. Portrait-hommage. Pour commĂ©morer sa disparition et souligner l’hĂ©ritage de la diva, voici le fil de sa vie, cousu comme un roman qui est l’un de nos feuilletons de l’Ă©tĂ© 2007. Point aussi sur l’actualitĂ© de la cantatrice, puisque, pour le 30 ème anniversaire de sa mort, Ă©diteurs de cd et de dvd annoncent dĂ©jĂ  d’allĂ©chantes rĂ©Ă©ditions dont quelques inĂ©dits, plus que recommandables…

1923-1947: Apprentissage et premiers succès

A Long Island, la jeune Maria souffre de n’ĂŞtre pas assez belle aux
yeux de sa mère qui lui préfère sa soeur aîné, Cynthia, rebaptisée
“Jackie”… un prĂ©nom qui lui fera encore de l’ombre au moment oĂą elle
n’attendait que d’ĂŞtre Ă©pousĂ©e par Onassis… Pour l’heure,
radiophile, la jeune femme s’impose dans son cercle et vis Ă  vis de sa
mère, en chantant les mélodies à la mode. Aucun doute, Maria a une
voix. Pour s’en convaincre, mère et filles dĂ©cident de rejoindre la
terre familiale. En 1937, Ă  14 ans, Maria dĂ©couvre la Grèce et le…
chant au Conservatoire d’Athènes…

1947-1957: De Fiorilla Ă  Traviata

Sur la scène italienne qui s’ouvre Ă  elle, la jeune Cecilia Sophia
Maria Anna a choisi de porter le nom nouveau de son père, Maria Callas.
A 24 ans, la jeune femme, Ă  VĂ©rone, fait deux rencontres qui lui seront
d’une aide prĂ©cieuse pour le lancement de sa carrière. Tullio Serafin
est Ă  l’Ă©poque l’un des chefs les plus cĂ©lèbres du milieu lyrique.

1959-1963: Ulysse et Pénélope (Onassis/Callas)
Sur la scène de la Scala de Milan, en mai 1955, Maria Callas a non
seulement ébloui la salle par son éloquente présence scénique qui en
fait une actrice géniale, mais elle a fasciné tout autant par la
mĂ©tamorphose de son propre corps. La jeune femme enveloppĂ©e d’hier, a
fait la place à une sirène élégante dont la beauté plastique, la
dignité royale, le maintien naturel sidèrent et captivent à présent
tous ceux qui l’approchent.

1965-1977: solitude et déclin
Les trois plus grands rĂ´les de sa carrière (Norma, Traviata, Tosca, Lucia…), discographie (10 intĂ©grales incontournables pour comprendre et connaĂ®tre l’Ă©volution de son mĂ©tier). Si depuis qu’elle s’est donnĂ©e Ă  Onassis (Ă©tĂ© 1959), la femme s’est
Ă©panouie, radieuse et rayonnante, la diva Callas s’est tue peu Ă  peu.
En 1961, quand le jeune Pavarotti débute sa carrière (à 26 ans, dans La
Bohème), Maria Callas a déserté les scènes lyrique: cinq pauvres
reprĂ©sentations pour toute l’annĂ©e…

Actualité 2007 de Maria Callas: cd & dvd

SĂ©lection en cours

Maria Callas, “Living and dying for art and love” par Steve Cole (1 dvd TDK. Steven Cole, 2003). A 40 ans, en 1964, Ă  l’invitation de Franco Zeffirelli, Maria Callas accepte de revenir sur scène, sur les planches de Covent Garden pour “ĂŞtre” Floria Tosca. Plus qu’une interprĂ©tation forte et intense, “La Callas” alors au soir de sa carrière, tout en renouant avec un rĂ´le qui la rĂ©vĂ©la au dĂ©but de sa carrière, Ă©poustoufle par son humanitĂ© rayonnante, sa justesse scĂ©nique, par sa profondeur tragique. Le film rĂ©alisĂ© pour le BBC en 2003 par Steve Cole dĂ©voile sous le gĂ©nie de l’interprète, le dĂ©sarroi et la dĂ©chirure d’une femme qui Ă©choua dans le combat pour la vie. Trahie, blessĂ©e puis solitaire, Maria Callas sur la scène comme dans la vie, fut une Tosca, entière et passionnĂ©e, qui vĂ©cut “d’art et d’amour”, jusque dans ses derniers instants. Documentaire bouleversant.

Maria Callas, La Divina. A portrait par Tony Palmer (1 dvd Arthaus Musik. Tony Palmer, 1987). A un journaliste qui lui demandait “Allez vous Ă  prĂ©sent Ă©pouser Aristote Onassis?”, Maria Callas qui venait de se sĂ©parer de son mari, Meneghini, rĂ©pondit radieuse autant que mystĂ©rieuse: “Je ne peux rĂ©pondre Ă  cette question. Je suis une femme libre aujourd’hui”. Or la femme Ă©prise Ă  en mourir du riche armateur grec ne souhaitait qu’une chose, l’Ă©pouser. Elle attendra longtemps sa demande car Onassis, ne lui fit jamais la dĂ©claration attendue, prĂ©fĂ©rant Ă©pouser finalement Jackie Kennedy. Maria Callas ne s’en remit jamais, blessĂ©e par cet abandon terrifiant, elle qui avait toujours chantĂ© pour obtenir l’amour de sa mère, de Meneghini, de son public…
Femme libre peut-ĂŞtre dans ses rĂŞves quand elle pensait que la cĂ©lĂ©britĂ© allait exaucer tous ses dĂ©sirs. Femme libre assurĂ©ment pas dans sa vie: femme comblĂ©e qui dĂ©couvrit l’amour Ă  partir de sa rencontre avec Onassis, elle resta enchaĂ®nĂ©e Ă  cet amour hĂ©las non partagĂ©…

Editeur possĂ©dant la discographie la plus complète de Maria Callas, Emi classics rĂ©Ă©dite pour les 30 ans de la disparition de Maria Callas, un coffret cd double (avec un bonus vidĂ©o de 12 mn), un dvd (avec un bonus inĂ©dit “Maria Callas in Rome, 1957″): Maria Callas, The eternal (1 dvd Emi Classics, 2h26mn).

Télé

Arte
Dimanche 16 septembre 2007 Ă  9h
Maria Callas, Conversations (réalisation : Pierre-Martin Juban . 2007, 26 mn). Callas qui a décidé de mettre fin à sa carrière lyrique en juillet 1965, à l’âge de 42 ans, ne chantera plus en effet après sa prestation à Covent Garden, le 5 juillet 1965. Elle acceptait néanmoins de donner un entretien avec Pierre Desgraupes, quatre ans plus tard, le 20 avril 1969. Conception du métier, débuts avec Tullio Serafin, collaboration avec un homme dont elle fut amoureuse, Luchino Visconti… extraits de Norma (répétitions à l’Opéra de Paris, juin 1964), de Manon (avec Georges Prêtre, le 2 mai 1965).

Dimanche 16 septembre 2007
Maria Callas à Paris (réalisation : Pierre-Martin Juban. 2007, 43mn). Arte met en relief deux étapes clés de la carrière de la soprano lors de deux prestations parisiennes. 1958 : récital du 19 décembre. Débuts à Paris (35 ans), après le scandale causé à Rome par sa décision de ne pas poursuivre une représentation de Norma, après le premier acte. Devant la caméra, La Callas fait valoir ses immenses dons d’interprète, approfondissant la vérité et l’intensité psychologique de chacun des rôles choisi lors de ce gala de bienfaisance : Tosca, Leonora (Trouvère), Rosine… surtout Norma (Casta Diva…). Le rôle de Norma de Bellini devait être le dernier rôle chanté à Paris, sept ans plus tard en 1965. Le 2 mai de cette année, Callas est accompagné par l’Orchestre national de l’ORTF, dirigé par Georges Prêtre. Sept années ont passé. A l’époque où la diva chante Norma sur la scène de l’Opéra de Paris, dans la mise en scène de Franco Zeffirelli, elle choisissait ici d’aborder deux rôles extraits de La Somnambula (Bellini) et de Gianni Schicchi ( Puccini). Le 5 juillet de la même année, la cantatrice décidait après Tosca à Covent Garden de ne plus chanter sur une scène d’opéra.

Mezzo
Dimanche 16 septembre 2007 Ă  20h45
Maria Callas, Living and Dying for Art et Love (rĂ©alisation: Steve Cole. 2003, 1h). Pour Callas, le rĂ´le de Tosca reste avec Traviata et Norma, un aboutissement artistique exceptionnellement abouti. Le documentaire britannique de Steve Cole tout en parcourant la vie et la carrière de la Divina, s’intĂ©resse en particulier Ă  ses dons d’actrice, rĂ©vĂ©lĂ©s dans Tosca. En plus d’ĂŞtre un rĂ´le tragique et flamboyant taillĂ© pour sa nature passionnelle, Tosca dĂ©voile aussi l’identitĂ© de la femme amoureuse, blessĂ©e et mĂŞme trahie, après que Onassis Ă©pouse Jackie Kennedy, quand Maria Callas pensait se marrier avec l’armateur grec… Passion, tragĂ©die: de la scène Ă  la vie, la figure de La Callas n’en sort que plus fascinante et mythique. Incontournable. Lire notre critique du dvd Maria Callas, Living and dying for art and love (1 dvd TDK). Rediffusions: le 17 Ă  13h45, 25 Ă  5h35, 27 septembre 2007 Ă  15h45, le 6 octobre Ă  16.

Arte
Mercredi 19 septembre 2007 Ă  20h40

Maria Callas, Assoluta (réalisation : Philippe Kohly. 2007, 98 mn). « Premier roman vrai » sur Callas : dans ce film récent écrit et réalisé par Philippe Kohly, Maria Callas parle d’elle-même, en particulier des deux rôles de sa vie de femme et d’artiste : l’amoureuse malheureuse, Traviata ; la prêtresse de l’opéra, Norma.Tout est dit par l’intéressée : « j’ai perdu mon corps, puis ma voix, puis Onassis… ». Le réalisateur qui a signé précédemment de nombreux portraits documentaires sur Matisse/Picasso, JacqueHenri Lartigue, Dalida, Barbara…, s’intéresse au mythe Callas où tout est exacerbé et sublime : solitude, génie, jeu scénique et voix d’opéra, magnifié par une présence et un tempérament tragique hors du commun. Nombreuses images d’archives.

Crédits photographiques
Maria Callas (DR)

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