L’Orchestre de DOUAI joue César Franck

orchestre de douai concert classiquenews critique concertDOUAI, les 29, 30 avril, 3 mai 2022. L’Orchestre de DOUAI joue César Franck, son unique Symphonie, sommet symphonique français postromantique à l’époque du wagnérisme ambiant… Programme de la saison Anniversaire de l’Orchestre de Douai qui célèbre également celui du compositeur César Franck (bicentenaire de la naissance en décembre 2022). Dans son unique symphonie, César Franck innove et excelle avec le traitement de la cellule cyclique – sa propre invention, réalisant cet idéal hautement spirituel entre lyrisme et grandeur.
En pratique, la ré mineur (créée non sans rebondissements et résistances à Paris en 1889) succède aux jalons du genre: Symphonie espagnole de Lalo (1875), Symphonie romantique de Joncières (1876, hommage wagnérien personnel), Symphonie avec orgue de Saint-Saëns (1885), Symphonie Cévenole de D’indy (1886)… Franck, critiqué, vilipendé même par ses contemporains, trop antiwagnériens, sont aveuglés par dogmatisme et ne trouvent ici que pédantisme et épaisseur, surtout « wagnérisme non dépassé ». Or c’est tout l’inverse: dédié à son élève Duparc, la Symphonie de Franck dès le début développe ce caractère profond et empoisonné (tristanesque) et excelle dans l’art ténu et si subtil de la modulation et du développement cellulaire, offrant surtout une leçon d’écriture cyclique d’un souffle aussi saisissant qu’inédit alors : les motifs étant réitérés tout au long des mouvements mais dans une formulation métamorphosée constante, soulignant dans l’écriture cette fluidité structurelle que doit diffuser l’orchestre. La cellule paraît et réapparaît, ses réitérations n’étant jamais identiques au premier énoncé; chacun de ses avatars jalonne les progrès et les avancées du flux dramatique. Chacun des trois thèmes développés séparément dans chacun des trois mouvements est exposé dès le début; leur combinaison superposée relève de la résolution libératrice qui structure encore l’architecture globale de l’œuvre…

L’Orchestre de Douai joue en 2è partie, le deuxième concerto pour piano de Tchaïkovski (soliste : Rémi Geniet, piano), immense partition, à l’orchestration aussi raffinée que le plus connu 1er Concerto. Piotr Illiytch cisèle une partition crée en mars 1881 à Moscou, pourtant empreinte de virtuosité, d’expression et de souffle romantique (comme en atteste le début de l’Andante qui laisse aux côtés du piano la parole au violon et violoncelle).

 

 

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Symphonie en ré mineur> César Franck, 
200ème anniversaire de la naissance

Concerto n°2 pour piano > Piotr-Illich Tchaïkovski

Piano > Rémi Geniet  -  
Orchestre de Douai – Région Hauts-de-France
Jean-Jacques Kantorow, direction

Collégiale Saint Piat – Seclin
29 avril 2022 – 20h30

Espace Mac Orlan – Péronne
30 avril 2022 - 20h30

Auditorium Henri Dutilleux – Douai
3 mai 2022 - 20h30

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directement sur le site de l’Orchestre de DOUAI, ici :
https://www.orchestre-douai.fr

 

 

 

 

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LIRE aussi notre dossier spécial César FRANCK 2022
2022 : l'année miraculeuse du Bicentenaire César Franck ?2022 marque les 200 ans de la naissance de César Franck, compositeur né à Liège (le 10 décembre 1822) mais français de coeur et qui marqua définitivement la musique hexagonale à l’époque du wagnérisme. Les historiens et musicologues ont réduit l’image du créateur à un organiste mystique, pédagogue fervent, apportant à chaque genre musical, une manière de modèle irréfutable : le Quatuor, la Sonate, évidemment la Symphonie (chez lui en ré mineur, développée de façon organique selon le principe cyclique). En vérité Franck et le franckisme – car l’époque est aux courant constitués, communautarisés dirions nous aujourd’hui-, défend une manière de classicisme moderne : il fait partie des membres fondateurs de la Société nationale de musique, fondée après le choc de 1870 pour favoriser l’éclosion des compositeurs français (et qu’il dirige en 1886). Ses disciples militent pour son art désormais irréfutable et admirable : Chausson, d’Indy, Vierne, Ropartz, Tournemire, Bréville… sans omettre Mel Bonis et Augusta Holmès dont on ferait bien de redécouvrir la singularité captivante.
Aux côtés de son œuvre symphonique, passionnante à plus d’un titre, aux côtés de son travail au clavier (piano et orgue), il reste de nombreux pans à réévaluer à la faveur des nombreuses commémorations annoncées entre Liège et Paris en 2022 : en particulier ses partitions pour la voix, révélant un goût pour l’art lyrique comme en témoignent ses mélodies, ses oratorios (Béatitudes), ses opéras (4 au total : Stradella, Le valet de ferme, Hulda, Ghiselle, ce dernier laissé inachevé, terminé par ses élèves, Chausson, D’Indy, Bréville, Rousseau en hommage à leur « Père » décédé le 8 nov 1890 à Paris).

http://www.classiquenews.com/200-ans-de-cesar-franck-1822-2022-dossier-pour-le-bicentenaire-cesar-franck/

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LIRE aussi notre présentation de la symphonie en ré mineur 1889 de César Franck
http://www.classiquenews.com/franck-symphonie-en-re-1889/

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