L’Orchestre de chambre de Paris joue Robert Schumann

orchestre de chambre de Paris OCP logo 2013Paris, TCE, le 25 fĂ©vrier, 20h. Symphonie n°1 de Schumann, Concerto pour violon. Orchestre de chambre de Paris. Ce 25 fĂ©vrier 2014 au TCE (20h), l’Orchestre de chambre de Paris cĂ©lèbre Schumann selon un fil conducteur dĂ©fendu pendant cette saison 2013-2014. La vitalitĂ© printanière de la Symphonie n°1, oĂą l’agilitĂ© trĂ©pidante des cordes doivent rĂ©pondre aux fanfares pĂ©tulantes et irrĂ©sistibles des cuivres (trompettes et cors : un appel vĂ©ritable au rĂ©veil depuis les hauteurs selon Schumann), exprime cette Ă©nergie nerveuse et engageante dont fut capable le Schumann trentenaire quand il s’attaque pour la première fois (après surtout une Ă©criture chambriste et pianistique) Ă  l’Ă©criture orchestrale. L’exaltation dĂ©fendue par chaque pupitre n’est pas sans prolonger l’Ă©clat tendre et la tonicitĂ© lumineuse, apollinnienne, de Mendelssohn qui crĂ©a la Première Symphonie de son confrère Ă  Leipzig fin mars 1831. C’est une Ă©poque heureuse bĂ©nie, encore portĂ©e par l’exaltation amoureuse ; Robert Ă©pousera enfin sa chère Clara, noces attendues, cĂ©lĂ©brĂ©es (1840) qu’exprimera surtout les Symphonies n°2 et 3 marquĂ©e par la plĂ©nitude d’un bonheur qui inonde dĂ©jĂ  la Symphonie n°1, d’une force voire d’une sauvagerie flamboyante qui dĂ©borde du clavier sur lequel le compositeur Ă©crit, comme dĂ©passĂ© par le fourmillement d’idĂ©es qui se pressent alors sous son pauvre crâne… (df. les deux trios si tonifiants et inventifs du scherzo, sans compter l’ivresse dĂ©bridĂ©e et Ă©chevelĂ©e du finale, rĂ©ellement printanier). La quarantaine de musiciens de l’Orchestre de chambre de Paris compose un collectif taillĂ© pour exalter et Ă©lectriser ce feu permanent que Schumann fait jaillir dans cette première symphonie d’une inoubliable ivresse.

 

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Feu et crĂ©pitements schumanniens …

 

La Symphonie bouillonne de motifs avec une clartĂ© d’intention et une maturitĂ© d’orchestration qui forcent l’admiration. C’est ici surtout le Schumann Florestan,  exaltĂ©, positif, tournĂ© vers la lumière, conquĂ©rant de ses mondes intĂ©rieurs, en pleine possession de ses moyens sensitifs (surtout dans le quatrième et dernier mouvement ” allegro animato et grazioso “) : Eusebius le rĂŞveur s’est Ă©cartĂ© pour cĂ©der la place Ă  son pendant habitĂ© par une vivacitĂ© chorĂ©graphique souvent proche de la transe !

zehetmair_ravel_debussy_naive_orchestre_chambre_parisSelon le principe dĂ©sormais identifiĂ© du dirigĂ© / jouĂ©, c’est Thomas Zehetmair qui joue et dirige le trop rare Concerto pour violon en rĂ© mineur, dĂ©diĂ© au virtuose Joszef Joachim, dĂ©couvert dans le concerto de Beethoven Ă  DĂĽsseldorf en 1853. L’Ĺ“uvre est composĂ©e la mĂŞme annĂ©e en hommage au soliste d’exception ainsi rĂ©vĂ©lĂ©. Jamais publiĂ© du vivant du compositeur, le Concerto n’a Ă©tĂ© Ă©ditĂ© et crĂ©Ă© que dans les annĂ©es 1930… Il reste une admirable page d’un romantisme vibrant, traversĂ© par des Ă©clairs de gĂ©nie, sublimĂ© par l’exaltation et le feu lyrique dont Schumann avait le secret malgrĂ© ses dĂ©sordres psychiques. La Fantaisie en ut majeur qui ouvre ce concert majoritairement Schumannien date de la mĂŞme pĂ©riode.

 

programme du concert Robert Schumann

Fantaisie pour violon en ut majeur
Symphonie n°1
Concert pour violon en ré mineur

Philippe Manoury : Michigan Trio

Orchestre de chambre de Paris
Deborah Nemtanu, violon
Thomas Zehetmair, direction

 

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Concert diffusé ultérieurement sur France Musique

Voir aussi nos temps forts de la saison 2013-2014 de l’Orchestre de chambre de Paris

 

Illustrations : Robert Schumann, Couverture du dernier disque de l’Orchestre de chambre de Paris 100% musique française (Ravel et Debussy), paru en novembre 2013.

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