LIVE STREAMING, concert. L’ON LILLE joue Cherubini et Beethoven

ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-maestro-alexandre-Bloch-concert-classiquenews-critique-annonceLIVE STREAMING, concert. ON LILLE, sam 13 mars 21, 20h. L’Orch National de Lille offre à nouveau un superbe concert, nouveau jalon de son offre digitale à suivre sur la toile (intitulée depuis début 2021 « Audito 2.0 »). Depuis l’Auditorium du Nouveau siècle à Lille, chaque concert lillois confirme la poursuite de l’activité musicale des instrumentistes soucieux à Lille de prolonger leur activité coûte que coûte, tout en diffusant les fruits de leur travail grâce aux concerts numériques. Ce samedi 13 mars 2021 à 20h, l’Orchestre retrouve son premier chef invité, le néerlandais Jan Willem De Vriend dans un programme « héroïque » autour des compositeurs Cherubini (qui fut directeur du Conservatoire) et Beethoven, mais aussi ceux qui les ont inspirés : Louis XVIII et Napoléon (fêté cette année pour son bicentenaire). Le programme solennel et spectaculaire évoque le dernier Cherubini et le tempérament de feu, éruptif et poétique du jeune Beethoven, spectateur passionné des événements français au début du nouveau siècle…
LIRE ici notre dossier spécial Napoléon et l’opéra :
http://www.classiquenews.com/napoleon-1er-et-lopera-1804-1814/

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Samedi 13 mars 2021, 20h

Cherubini : Marche funèbredevriend_orchestre national de lille concert annonce présentation critique par classiquenews 328px_18-19
Beethoven : Symphonie n°3 « héroïque »
Jan Willem de Vriend, direction

VOIR le concert de l’ON LILLE / J W de Vriend
https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw

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CHERUBINI ingres alf6_ingres_001fNé à Florence, Cherubini s’installe à Paris à l’âge de vingt-sept ans en 1787. Il fonde l’année de la Prise de la Bastille une compagnie d’opéra parrainée par le futur Louis XVIII. Ses relations royales et l’apparition d’un nouvel opéra italien à l’époque napoléonienne entraîne sa chute. Très déprimé, le musicien songe même à abandonner la composition pour se consacrer à la peinture et à la botanique!
Mais le phénix Cherubini renoue avec l’écriture dès 1809 grâce à une œuvre d’église. Il délaisse l’opéra qui a fait sa gloire pour composer plus de 5 messes et de nombreux motets en latin. Le succès revient et aussi la faveur des nouveaux puissants : Louis XVIII le nomme au prestigieux poste de surintendant de la musique du Roi. En 1817,Cherubini signe son plus grand succès, un Requiem (admiré par Brahms, Schumann et Berlioz qui reste pourtant son détracteur jaloux). Beethoven admirait l’oeuvre au point qu’on la joua à ses propres obsèques en 1827.
D’une puissance spectaculaire, la courte Marche Funèbre (composée en 1820 pour les funérailles du Duc de Berry, l’héritier du trône) annonce déjà l’ampleur grave et recueillie des fresque.. berlioziennes.

Ludwig-Van-BeethovenLa Symphonie n°3 de Beethoven fixe les avancĂ©es inĂ©dites du dernier Mozart symphoniste. La durĂ©e de son premier mouvement (plus de 15 mn) indique une vigueur ambitieuse rĂ©volutionnaire (qui annonce le dĂ©veloppement du futur Hymne Ă  la Joie de la Symphonie n°9, le plus long parmi les mouvements de Beethoven). La n°3 dite “HĂ©roique” confirme le tempĂ©rament fougueux et grave d’un Beethoven visionnaire voire messianique en ce qu’il ressent et exprime les mouvements profonds de son Ă©poque. Autour de 1800, Ludwig gagnĂ© voire passionnĂ© par les idĂ©es de la RĂ©volution Française cĂ©lèbre alors la figure de Bonaparte comme le hĂ©ros moderne, acteur d’une ère europĂ©enne nouvelle. La n°3 porte les espoirs et la vitalitĂ© Ă©lectrisĂ©e du compositeur romantique, spectateur admiratif des Ă©vĂ©nements politiques en France. Mais quand Bonaparte devient NapolĂ©on, cĂ©dant Ă  la tentation du pouvoir impĂ©rial absolu (auto proclamĂ© empereur en 1804), Beethoven trahi, colĂ©rique, rĂ©vise la dĂ©dicace de son manuscrit et inscrit « Sinfonica Eroica, composta per festeggiare il sovvenire di un grand uomo – Symphonie hĂ©roĂŻque, composĂ©e pour cĂ©lĂ©brer le souvenir d’un grand homme ». Ainsi la partition porte le destin foudroyĂ© d’un jeune politicien devenu l’emblème de la tyrannie europĂ©enne : Ă  l’énergie irrĂ©pressible du premier mouvement rĂ©pond l’esprit de dĂ©faite, d’anĂ©antissement funèbre du second. Mais le hĂ©ros de cette odyssĂ©e orchestrale reste Beethoven lui-mĂŞme, nouveau hĂ©ros musicien, alchimiste de nouveaux sons, architecte d’un monde nouveau dont il a seul la conscience ; aux auditeurs d’en saisir les prĂ©monitions salvatrices, la possibilitĂ© de le rĂ©aliser Ă  partir de prières fraternelles et humanistes dont le compositeur s’est fait le prophète. Au cĹ“ur de sa propre tragĂ©die, – sa surditĂ© croissante, inĂ©luctable comme en tĂ©moigne sa confession saisissante (le Testament d’Heiligenstadt Ă©crit en 1802), Beethoven ressent les gouffres vertigienux de la dĂ©sespĂ©rance et de l’impuissance humaine, contre lesquelles la musique est un rempart, une forme de rĂ©sistance Ă  partager…

VOIR tous les concerts de l’Orchestre National de Lille sur la chaîne YouTube de l’Orchestre ON LILLE (plus d’1 million de vues depuis sa création en 2009) : https://bit.ly/3ortO8b

Notes de programme Ă  retrouver sur : www.onlille.com/saison_20-21/concert/l-heroique/

Retrouvez en streaming gratuit les concerts de l’Orchestre dans L’Audito 2.0 : https://bit.ly/2INlAIg

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