Anvers, Gand: Candide déjanté au Vlaamse Opera
Jusqu'au 29 décembre 2009 à Anvers puis jusqu'au 17 janvier 2010 à Gand, le Vlaamse Opera ou Opéra des Flandres, affiche Candide de Leonard Bernstein. Spectacle pétaradant et visuel, idéal pour les fêtes de fin d'année...
A Anvers puis à Gand, le pari du Vlaamse Opera privilégie une carte blanche à un homme de théâtre:
Nigel Lowery.
Le spectacle visuel n'épargne pas le spectateur en idées délurées, en
références à un monde barbare, violent, parfaitement inhumain. Nigel Lowery s'accorde à la charge satirique que
l'opéra de Bernstein, cache sous une apparente bouffonnerie.

Candide,
anti héros trop innocent et naïf s'entête à vivre ici bas comme s'il
s'agissait du meilleur des mondes. Aveugle aux souffrances et à
l'injustice qui frappent ses semblables, il reste étonnamment passif et
contemplatif. A Barcelone (où sévit un tremblement de terre... que
Voltaire avait vécu avec horreur), à Paris (capitale du sexe et de la
prostitution), à Venise (et son casino trompeur ruinant chaque
visiteur)... Candide est confronté à la barbarie ordinaire. Même au
paradis de l'Eldorado, il sait encore s'émerveiller malgré
l'exploitation des indigènes par un autocrate colonialiste...
Chaque épisode du roman flamboyant de Voltaire, est prétexte à une idée
scénique facétieuse, décalée, fantasque dont la première scène est la
plus réussie: les protagonistes chanteurs (en particulier Pangloss,
Candide et Cunéguonde) y paraissent dans un théâtre de marionnettes,
auquel il ne manque pas l'âne ni le boeuf de notre crêche
traditionnelle: immédiatement, le spectateur est confronté à un théâtre
faussement enchanté, illusoirement innocent, dont l'action symbolique,
fait le procès de l'humanité...
Lire la suite de notre compte rendu Bernstein: Candide. Satire pétaradante par Alexandre Pham
Leonard Bernstein: Candide (1989)
Vlaamse Opera, Anvers et Gand, jusqu'au 17 janvier 2010