LILLE, ONL, concert d’ouverture : Stravinsky, Lindberg…

bloch-alexandre-u-ponte-pour-onl-lille-classiquenews-582-767LILLE, ONL, les 27, 28 sept 2018. CONCERT D’OUVERTURE. « FÊTE ORCHESTRALE », concert d’ouverture de la nouvelle saison 2018 – 2019 de l’ONL, Orchestre National de Lille
 Les 27 et 28 septembre, Alexandre Bloch, directeur musical dirige un triptyque prometteur, comprenant musique contemporaine en crĂ©ation, jubilation concertante et symphonisme chorĂ©graphique
 un Ă©clectisme parfaitement dosĂ© qui confirme cet Ă©quilibre exemplaire qui prĂ©vaut toujours Ă  Lille, au Nouveau SiĂšcle, pour chaque programme dĂ©fendu par l’ONL Orchestre National de Lille.
D’abord, pleins feux sur le travail du nouveau compositeur en rĂ©sidence, Magnus Lindberg, Tempus Fugit (crĂ©ation française / explication et prĂ©sentation de la partition avant le concert par l’auteur lu-me^me Ă  18h45) ; puis le Concerto pour flĂ»te d’Ibert (avec Emmanuel Pahud, flĂ»te), et superbe programme en couleurs et scintillements symphoniques, la musique du ballet (dans un style onirique Ă  la fois tragique et imaginatif d’inspiration populaire russe), Petrouchka dans sa version originale de 1911 du grand Stravinsky. Illustration : Alexandre Bloch (© Ugo Ponte / ONL)

Triptyque inaugural Ă  Lille
Lindberg, Ibert, Stravinsky

Alors que Magnus Lindberg, compositeur positif et enthousiaste, cĂ©lĂšbre dans Tempus Fugit le centenaire de sa Finlande natale, l’orchestre souligne une affection particuliĂšre pour le travail et la ciselure concertante, grĂące au joyau nĂ©oclassique, que demeure le Concerto pour flĂ»te de Jacques Ibert

Grand Prix de Rome 1949, Ibert cultive humour et fantaisie, avec ce sens viscĂ©ralement français pour la transparence et la clartĂ©. En tĂ©moigne son Concerto pour flĂ»te (crĂ©Ă© en 1934) qui allie l’élĂ©gance exquise de FaurĂ© et les miroitements orchestraux des impressionnistes, Debussy et Ravel. En plus d’une orchestration raffinĂ©e, Ibert sait fusionner scherzando, mais avec une rĂ©elle profondeur : grĂące, lĂ©gĂšretĂ©, nostalgie.
Stravinsky portrait faceLa piĂšce attendue de ce programme, outre le dĂ©voilement de Tempus Fugit en France, est le ballet Petrouchka dans sa version originale. L’Ɠuvre appartient au cycle passionnant que Stravinsky en phase de reconnaissance et d’affirmation artistique, livre pour les Ballets Russes de Diaghilev. A partir de L’Oiseau de feu (1910) et jusqu’à la sidĂ©ration du Sacre du Printemps (1913), c’est un processus continu qui sur le plan musical Ă©largit toujours plus les possibilitĂ©s et les limites de l’orchestre moderne. Petrouchka est au milieu du guĂ©, crĂ©Ă© Ă  Paris en juin 1911, encore nimbĂ© et comme enchantĂ© par les mĂ©lodies populaires russes oĂč le jeune compositeur puise son inspiration. Comme Richard Strauss dans son poĂšme symphonique Till l’espiĂšgle, le compositeur russe imagine un jeune hĂ©ros la marionnette Petrouchka (le Polichinelle russe) excitant l’orchestre au point de l’exaspĂ©rer en une confrontation qui tourne Ă  la machinerie sanglante : Petrouchka, comme Till, sont mis Ă  mort par l’ivresse orchestrale
 on voit bien tout ce que le compositeur peut exploiter d’effets et de ressorts dramatiques comme expressif d’une telle trame. Cascades d’arpĂšges pour Petrouchka, fanfaron, facĂ©tieux, impertinent ; fanfares menaçantes de l’orchestre irrité  La force du ballet de Stravinsky vient d’une richesse assumĂ©e de l’orchestration (qui alors comme pour le Sacre Ă  venir, utilise tous les nouveaux instruments de la facture française, parisienne du dĂ©but du XXĂš), d’un jeu trĂšs subtil entre fiction et rĂ©alitĂ©, marionnettes et action dramatique (le prĂ©sentateur de marionnettes et l’ambiance de la fĂȘte foraine qui accueille le spectacle des poupĂ©es animĂ©es) : autour de Petrouchka, paraissent la Ballerine et le Maure
 la musique instille des sentiments humains aux protagonistes de ce drame des poupĂ©es, et plus d’un siĂšcle aprĂšs sa crĂ©ation parisienne, le ballet de Stravinsky saisit par sa puissance poĂ©tique et la sincĂ©ritĂ© des sentiments que Petrouchka, jeune hĂ©ros foudroyĂ©, porte pendant l’action, jusqu’à son dĂ©nouement hĂ©roĂŻque, libertaire, mĂȘme aprĂšs sa « mort ».

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FÊTE ORCHESTRALE
CONCERT D’OUVERTURE
Nouvelle saison ONL Orchestre National de Lille, 2018 – 2019
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Alexandre Bloch, direction

LINDBERG
Tempus Fugit [création française]

IBERT
Concerto pour flûte et orchestre
Emmanuel Pahud, flûte solo

STRAVINSKY
Petrouchka, ballet
(version originale de 1911)

JEUDI 27 SEPTEMBRE ‱ 20hboutonreservation
VENDREDI 28 SEPTEMBRE ‱ 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle
Billetterie en ligne sur le site de l’ONL Orchestre National de Lille

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/fete-orchestrale/

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Concert repris en région

Valenciennes Le Phénix
samedi 29 septembre 20h
Infos et réservations au 03 27 32 32 32 et sur lephenix.fr

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