LILLE, L’ONL joue le Stabat Mater de Rossini (1842)

Stabat Mater de PergolesiLILLE, ONL : ROSSINI : Stabat Mater : 15 mars 2018. Rossini en fin de carriĂšre, aprĂšs un rythme effrĂ©nĂ© comme compositeur d’opĂ©ras, et la retraite qui s’en suit pour s’en remettre, compose un sacrĂ© opus, une musique sacrĂ©e qui en liaison avec son gĂ©nie purement et idĂ©alement lyrique, reste Ă©tonnamment proche de l’opĂ©ra. Mais son Stabat Mater, sur le sujet des larmes de la Vierge, qui dĂ©couvre au sommet de la douleur, le corps suppliciĂ©, mort de son Fils JĂ©sus, dĂ©posĂ© de la croix, atteint dans le registre tragique, une tendresse rare. La partition lui est demandĂ©e par un ecclĂ©siastique lors d’un sĂ©jour de repos en Espagne en 1830. Eloquence, intĂ©rioritĂ©, intensitĂ© s’accordent ici Ă  l’écriture virtuose d’un maĂźtre de la scĂšne lyrique. Rossini Ă©crit dans la foulĂ©e les 6 premiers numĂ©ros (sur les 10 finaux), puis tombe malade. A la suite d’un procĂšs avec celui qui devait secrĂštement finir la commande en remplacement du compositeur, Giuseppe Tadolini, Rossini reprends possession de son manuscrit original et achĂšve enfin le cycle, en 1841. Remarquable de lumiĂšre et de sensualitĂ©, d’une inspiration idĂ©ale, l’écriture du MaĂźtre subjugue toujours autant, lors de sa crĂ©ation assez agitĂ©e de janvier 1842. « C’est inconcevable ! Il n’en finira donc jamais d’ĂȘtre Ă  la mode !» s’écrira alors un certain Valentino, en rĂ©alitĂ© Wagner lui-mĂȘme, jaloux du gĂ©nie rossinien. MĂȘme usĂ©, celui qui a dit fini, donne une leçon de lyrisme ardent, tendu, Ă©lĂ©giaque et racĂ©. Une claque pour tout le milieu musical des annĂ©es 1840.

Les musiciens lillois retrouvent les choristes britanniques du Philharmonia Chorus venus pour Daphnis et ChloĂ© de Ravel sous la direction d’Alexandre Bloch en ouverture de saison 2017-2018.

POULENC_francis_francis-poulenc_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95-1En complĂ©ment au Stabat Mater de Rossini, les Sept RĂ©pons des TĂ©nĂšbres sont la derniĂšre oeuvre orchestrale de Francis Poulenc. CrĂ©Ă© trois mois aprĂšs la mort du compositeur en avril 1963, l’ouvrage clĂŽt le triptyque des grandes fresques de musique religieuse avec choeur et orchestre que Poulenc avait dĂ©butĂ© en 1950 avec le Stabat Mater et poursuivi en 1959 avec le Gloria. En novembre 1959, le compositeur fut d’autant plus inspirĂ© qu’il recevait sous les encouragements du chef Leonard Bernstein, alors directeur du New York Philharmonic. Sans ĂȘtre pratiquant, Poulenc a toujours ressenti une force intĂ©rieure guider sa propre ferveur ; signes d’une spiritualitĂ© personnelle, solitaire, pourtant trĂšs aiguĂ«, toutes ses oeuvres sont particuliĂšrement traversĂ©es par le sentiment tragique d’une humanitĂ© en souffrance, recueillie, humble et pĂ©nitente
 dont son opĂ©ra Dialogues des CarmĂ©lites pourrait ĂȘtre une remarquable synthĂšse.

 

 

Poulenc :
Sept RĂ©pons des TĂ©nĂšbres,
pour soprano, choeur et orchestre

Rossini :
Stabat Mater (1842)

Soprano : Gabrielle Philiponet
Mezzo : Monika Bohinec
Ténor : Frédéric Antoun
Basse : Mirco Palazz

Philharmonia Chorus
Orchestre National de Lille
Nicholas Jenkins, direction

 

 

 

 

 

Jeudi 15 mars 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle

RESERVEZ VOTRE PLACE sur le site de l’ONL
http://www.onlille.com/saison_17-18/concert/stabat-mater/

 

 

Tarifs : 5 Ă  50€ – RĂ©servations sur www.onlille.com et Ă  la Boutique de l’Orchestre, 3 place MendĂšs France – LILLE –
Renseignements : 03 20 12 82 40 (du lundi au vendredi 10h-
18h)

 

 

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