LIEGE. Jérusalem de Verdi

LIEGE. Jérusalem de Giuseppe Verdi LIEGE. Verdi : Jérusalem. 17-25 mars 2017. Pour la scène parisienne, Verdi reprend et adapte en 1847, son ancien drame I Lombardi créé 3 ans plus tôt ; réalise Jérusalem, nouveau jalon du grand opéra français où brille le relief introspectif, bouleversant d’un seul personnage, véritable héros imprévu du drame sacré en Palestine, Roger, le frère du Comte de Toulouse. Au début la réconciliation doit être célébrée par le mariage de la fille du Comte de Toulouse, Hélène, avec Gaston dont la jeune femme est totalement éprise. C’est compter sans les coups bas de Roger, frère du Comte, qui aime furieusement sa nièce : il commandite l’assassinat de Gaston. Mais le mercenaire tue le Comte (par le truchement d’un manteau blanc dans la chapelle) : Roger fait condamner Gaston pour le meurtre de son frère.

Acte II. En Palestine, 25 ans après les faits, Roger rongé par le remords, vit en Ermite. Hélène recherche de son côté Gaston qui est prisonnier de l’Emir de Ramala, qui s’empare aussi d’Hélène.

Acte III. Au Harem de l’Emir, les femmes arabes se moquent d’Hélène. Pour la scène de l’Opéra de Paris, Verdi écrit l’un de ses plus beaux ballets, d’une frénésie rythmique nerveuse et d’un orientalisme suave… Mais les Croisés attaquent l’Emir : ils ont à leur tête le Comte de Toulouse qui a été sauvé de l’assassinat perpétré contre lui : il libère Hélène et Gaston, demandant à la première de quitter le traître : elle refuse. Le Comte maudit sa fille et condamne Gaston à être dégradé puis exécuté. Après la Bataille pour Jérusalem mené par les Croisés et le Comte de Toulouse, qui en sortent victorieux, Gaston casque baissé se dévoile : il se révèle au Comte qui a demandé qui était ce preux à l’audace exemplaire. Surgit Roger l’ermite pénitent qui apprend à tous le terrible secret et la vérité : c’est lui qui a tenté de tuer son frère, accuser à torts Gaston pour épouser sa nièce. Roger entrevoit une ultime fois Jérusalem…
Vague verdienne en juin 2014Malédiction et acharnement (sur Gaston), étreintes puis séparations déchirantes (entre Hélène et le même Gaston), remords du coupable (Roger en faux ermite), dévoilement dramatique de la vérité… l’opéra Jérusalem est un ouvrage captivant grâce à son souffle historique et sacré, exigeant des solistes et des choeurs de fabuleuses scènes d’ivresse émotionnelle, individuelle et collective. Verdi qui n’a jamais écrit de symphonie, prouve la qualité de son inspiration dans le fameux ballet du III.
Le compositeur, dramaturge né, égal dans le traitement des grandes scènes collectives comme dans le relief des profils plus introspectifs, affirme la puissance de son écriture lyrique dans Jérusalem destinée à la scène parisienne – créé à l’Opéra de Paris, en novembre 1847, qui reprend en réalité la matière musicale et aussi l’intrigue de son opéra précédent en italien, créé à la Scala de Milan en février 1843 (I Lombardi).
Ici, la lyre sentimentale de Verdi cultive les splendides métamorphoses : si les justes amants Hélène et Gaston sont empêchés, éprouvés, « tragiques », le coupable – Roger, responsable de leurs épreuves et menteur éhonté, apprend la compassion, le remords, et la confession publique. L’opéra s’il s’intitule Jérusalem, en cristallisant la vision finale du criminel, et relatant les jalons de son itinéraire de la jalouse félonie à la répentance ultime, aurait certainement pu s’appeler Roger. Un titre certainement moins porteur que la cité céleste défendue, recherchée, reconquise par les Croisés…

Roger est le vrai héros de Jérusalem
un rôle passionnant pour les barytons-basses verdiens

De fait, Verdi offre ici aux barytons-basses, un rôle passionnant qui peut voyager entre regrets, haine, jalouse détestation, puis compassion et tiraillements introspectifs… jusqu’à l’ultime scène où éclate l’aveu de la vérité qui libère : de toute évidence, le vrai grand rôle de cet opéra qui éblouit par sa compréhension des enjeux du grand opéra à la française, demeure celui de Roger.

Pour Paris, le livret de Solera est réécrit et favorise désormais les croisés toulousains plutôt que les Lombards.
A l’Opéra de Paris, corps de ballet de danseurs, grand orchestre, solide distribution pour les sublimes airs solistes et les situations / confrontations en contrastes dramatiques… Verdi pouvait révéler au monde, depuis un théâtre réputé pour son modernisme et l’ambition de ses moyens, son immense talent dramatique et lyrique.

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Jérusalem de Verdi à
L’Opéra royal de Wallonie
Les 17, 19, 21, 23, 25 mars 2017
5 représentations événements à Liège

 

Choeurs et orchestre de l’Opéra royal de Wallonie
Speranza Scapucci, direction
Stefano di Pralafera, mise en scène

distribution à Liège :

Gaston: Marc LAHO
Hélène: Elaine ALVAREZ
Roger: Marco SPOTTI *
Comte de Toulouse: Ivan THIRION
Raymond: Pietro PICONE
Isaure: Natacha KOWALSKI
Adémar de Montheil, légat papal: Patrick DELCOUR
Un Soldat: Victor COUSU
Un Héraut: Benoît DELVAUX
Émir de Ramla: Alexei GORBATCHEV
Un officier: Xavier PETITHAN
Un Pélerin: Marcel ARPOTS

TOUTES LES INFOS ET LES MODALITES DE RESERVATION sur le site de l’Opéra royal de Wallonie, première scène lyrique belge pour classiquenews
http://www.operaliege.be/fr/activites/jerusalem

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