Les Concerts Royaux : bilan discographique

couperin francois-bio_0 vignette classiquenewsFRANCE MUSIQUE. Dim 29 mai 2022, 16h. Couperin : Concert royaux, bilan discographique. La Tribune des critiques de disques. Pour chaque dimanche à Versailles, Couperin satisfait le plaisir de Louis XIV, grand amateur de « petits concerts de chambre » : la fin du grand siècle, s’accomplit ainsi à l’heure dominicale, en 1714 et 1715, le compositeur offrant au souverain de lumière, un crépuscule baigné de lueurs chaudes et caressantes, dans l’intimité de sa chambre, en un rouge et or, fascinant. Les amateurs de peinture diront de teintes solaires et automnales, « vénitiennes » car le style qui marque la fin du règne de Louis XIV, est un tonalisme de fin d’été, un néotitianisme, … les Coypel, Rigaud, Largillière, Lafosse,- pour certains, peintres de la voûte de la Chapelle royale, dernier chantier du Roy-, s’inspirent directement de la palette vaporeuse, chromatique de l’inégalable peintre vénitien du XVIè, Titien. En musique, Couperin fait de même, avec la pudeur mélancolique d’un Watteau.
Edités à Paris en 1722, après les avoir joués lui-même à Versailles (depuis le clavecin), les quatre Concerts royaux offrent un catalogue de danses d’une poésie intense, rappelant au Souverain vieillissant, l’éclat juvénile de sa jeunesse perdue. Car il fut grand danseur. Couperin qui ne fut jamais claveciniste de la Chambre (charge qui incombe à D’Anglebert fils), comme Marc-Antoine Charpentier, fut proche du Souverain : la finesse de son écriture parlait directement au cœur du roi. Mais déjà, la vivacité, l’espièglerie, une nouvelle virtuosité rayonnante, « italienne » se fait jour en particulier dans les dernières séquences des derniers Concerts : en cela, Couperin annonce directement Rameau, grand amateur de musicalité et de vocalità italiennes.

L’inventivité poétique, italienne,
pré ramiste de François Couperin

COUPERIN portrait couleursDeux ans plus tard, en 1724, les Nouveaux Concerts ou « Goüts réunis » affirmeront cette dilection ultramontaine. Et la fusion franco-italienne, en un esprit de synthèse dont Couperin le Grand garde le génie toujours intact. Les Sonades (Sonates en trio dans le goût italien, selon la terminologie chère au compositeur) citent Corelli ; elles répondent et complètent ici l’élégance racée des Concerts (strictement français, dans le style du très admiré Lully dont Couperin écrit une Apothéose demeurée célèbre en 1725 : leur tendresse, leur équilibre diffusent l’éclat versaillais à l’époque de Louis XIV). Les Concerts Royaux de 1722 (qui forment une totalité avec leur « suite », les Goüts réunis de 1724) ne ferment pas une ère, ils la subliment en l’inscrivant irrémédiablement vers le futur.

COUPERIN subliméPour nous, il n’existe qu’un seul enregistrement de référence des Concerts Royaux, recueillant le meilleur de la nouvelle génération d’instrumentistes baroqueux : celle des TIMBRES, fondé par Yoko Kawakubo (violon), Myriam Rignol (viole de gambe) et Julien Wolfs (clavecin)
LIRE ici notre critique développée des Concert Royaux de François Cuperin par LES TIMBRES, fondé par Yoko Kawakubo (violon), Myriam Rignol (viole de gambe) et Julien Wolfs (clavecin) :
http://www.classiquenews.com/cd-critique-fr-couperin-concerts-royaux-les-timbres-1-cd-flora-2017/

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