Le Passage du Styx de Dufour d’après Patinir

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Paris, Radio France. Dufour : le passage du Styx d’après Patinir, le 6 mars 2015, 20h. L’Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Pierre-André Valade crée ce 6 mars 2015, la nouvelle partition inspirée par le peintre Joachim Patinir (v.1480-1524), Le Passage du Styx mis en musique par le compositeur Hugues Dufour. Une création très attendue où la sensibilité arachnéenne du compositeur spectral retrouverait le mystère poétique du tableau conservé au Prado : un drame circonscrit à une frêle silhouette (au centre, un voyageur passe à pied le fleuve…) dont le peintre adulé admiré par Philippe II d’Espagne et son meilleur collectionneur patron, fait un paysage pur à l’immensité onirique.  Le Styx dans la mythologie grecque mène au royaume des morts, c’est le fleuve qui annonce le jugement dernier : chacun y reçoit le salaire qui lui est dû selon le poids de ses fautes accumulées pendant sa vie terrestre. Patinir dessine un minuscule Charon, le passeur des âmes. Le fleuve d’un vert profond (sauf au niveau du gué par où passe le voyageur) y gagne une largeur colossale, concurrent du ciel azuréen. Sur les rives, de part et d’autres, se déroulent les royaumes des enfers et du Paradis : c’est surtout les paysages urbains familiers de Patinir au XVIème siècle.  Le tableau qui soigne la vraisemblance des détails comme le souffle épique du paysage impressionnant, est la source d’une nouvelle partition pour Hugues Dufour :

 

 

patinir-dateil-passage-du-styx-hugues-dufour-detail-430« Cette huile sur bois pourrait être également emblématique de notre époque dont la carte du monde s’élargit et se craquèle. Le passage du Styx, pour grand orchestre, en donne un aperçu symbolique. L’harmonie se fissure de toute part et ne parvient plus à contenir l’effervescence du matériau. En dépit des larges plages suspensives qui semblent prédominer, l’instabilité structurelle du détail se propage de proche en proche, fomentant les troubles, du frémissement des textures jusqu’à l’embrasement des accords. Deux principes entrent en compétition: l’un, de caractère « spectral », s’attache aux rapports de l’harmonie, du timbre, de l’intensité et de la durée, conjuguant d’un seul tenant tous les procédés de la « modulation » ; l’autre, de type « paradoxal », aborde les techniques de diffraction ou de distorsion du son : sonorités multi-phoniques, associations insolites de timbres instrumentaux, diversité des modes de jeu.   Dominique Delahoche, compositeur et tromboniste, a bien voulu conduire et coordonner les recherches dans le domaine des nouvelles techniques instrumentales. Ces recherches ont été menées à bien grâce au concours de Raquele Thiollet Magalhaes pour les flûtes; de Yannick Herpin pour les clarinettes; d’Aurélien Pouzet-Robert pour le hautbois; d’Élise Jacoberger pour le basson; de Dominique Delahoche et de Thomas Rocton pour les trombones. Qu’ils veuillent bien trouver ici l’expression de ma vive gratitude » précise le compositeur en prélude explicatif à la création de sa nouvelle partition pour grand orchestre. Diffusion en direct sur France Musique.

 

 

 

Paris, Maison de la Radio, Auditorium. Dufour : Le passage du Styx. Vendredi 6 mars 2015, 20h. Philharmonique de Radio France. Pierre-André Valade, direction.

Tristan Murail
Le Désenchantement du monde, concerto symphonique pour piano (CF)

Hugues Dufourt
Le Passage du Styx d’après Patinir
(Commande d’Etat – CM)

Pierre-Laurent Aimard, piano
Pierre-André Valade, direction

 

 

 

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