Laurent Korcia joue Chausson et Schumann avec l’Orchestre de Chambre de Paris

L. KorciaÂźElodie CrebassaParis, TCE, le 19 mars, 20h. L’Orchestre de chambre de Paris et Laurent Korcia jouent Chausson. Et poursuivent aussi avec la 2Ăšme Symphonie de Robert Schumann, le fil rouge de la saison 2013-2014 de l’Orchestre de chambre de Paris. Le disciple de Massenet et de Franck, ami de FaurĂ© et de Duparc, Ernest Chausson reçoit durablement et profondĂ©ment l’influence de Wagner. Toute son oeuvre, d’un affinement extrĂȘme sur le plan de l’écriture et de l’orchestration, porte la marque de ce poison et de cet envoĂ»tement qui s’exprime en accents passionnĂ©s et denses, entre amertume, ivresse anĂ©antissement.
Chef-d’oeuvre du genre, le PoĂšme de l’amour et de la mer, une « mĂ©lodie-cantate », pourrait ĂȘtre la rĂ©ponse en musique Ă  L’Amour et la Vie d’une femme de Schumann. Schumann, prĂ©cisĂ©ment, dont la Seconde Symphonie referme le concert : « Elle m’a causĂ© bien des peines ; j’ai passĂ© bien des nuits inquiĂštes Ă  mĂ©diter sur elle », confiera le compositeur.
Le PoĂšme pour violon opus 25 (achevĂ©e dĂšs 1893) est aussi original que l’atypique et puissante Symphonie Ă©crite peu avant (1892). Au dĂ©part, il s’agissait d’un prolongement ou d’une Ă©manation de la nouvelle de son ami l’écrivain Tourgueniev (le chant de l’amour triomphant), mais la force de sublimation du compositeur dĂ©tache le PoĂšme de sa filiation littĂ©raire ; c’est une oeuvre absolue, dĂ©veloppement personnel de musique pure dont l’immense sensation de vapeur lĂ  encore indique dans la carriĂšre de son auteur une maturitĂ© captivante. L’Ɠuvre est finalement crĂ©Ă©e par EugĂšne YsaĂże en 1896. D’un caractĂšre wagnĂ©rien et proche de ce wagnĂ©risme assimilĂ© de façon si originale Ă  la maniĂšre de Franck, le PoĂšme ne laisse pas de frapper chaque auditeur par sa morsure enivrĂ©e, l’action du poison wagnĂ©rien, distillĂ© tel un baume magique.

Symphonie n°2 de Robert Schumann
EsquissĂ©e en 1845, crĂ©Ă©e Ă  Leipzig en 1846, la Symphonie n°2 approfondit encore l’acte novateur chez Schumann qui porte toute l’architecture par le seul fait de l’écoulement mĂ©lodique. L’unitĂ© organique naĂźt des multiples cellules thĂ©matiques qui se rĂ©pondent en dialogue, c’est un jaillissement irrĂ©sistible et malgrĂ© la versatilitĂ© psychique de l’auteur, un dĂ©sir d’organisation et de cohĂ©rence par l’acte musical, un formidable hymne Ă  la vie, gorgĂ© d’espĂ©rance qui s’oriente dans la lumiĂšre. Il est vrai que la Symphonie n°2 de Schumann porte aussi l’empreinte de son mariage tant espĂ©rĂ© avec Clara, pianiste et virtuose et vĂ©ritable muse sur le plan personnel et artistique. Chronologiquement il s’agit en fait de la 3Ăšme Symphonie, composĂ©e dans la suite du Concerto pour piano (Ă©crit pour sa chĂšre et tendre Ă©pouse).

 

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Programme

Chausson :
PoĂšme de l’amour et de la mer
PoĂšme pour violon

Paganini :
I Palpiti pour violon et orchestre

Schumann : Symphonie n°2 en ut majeur

Jean-Jacques Kantorow, direction*
Laurent Korcia, violon*
Ann Hallenberg, mezzo-soprano

*Changement d’artistes : le chef et violoniste Joseph Swensen est remplacĂ© par Jean-Jacques Kantorow Ă  la baguette et Laurent Korcia au violon.

RĂ©servez votre place sur le site de l’Orchestre de chambre de Paris

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