mercredi, décembre 7, 2022

La Rochelle. La Coursive, le 13 avril 2012. Vivaldi, Parish Alvars, Marcello, Durante, Godefroid. Xavier de Maistre, harpe; ensemble Arte del mondo.Werner Ehrhardt, direction.

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La Rochelle, compte rendu de concert
Par notre envoyée spéciale Hélène Biard

Lorsque l’on pense à la harpe, on associe presque toujours un visage féminin à la pratique de cet instrument. On ne peut cependant que saluer l’incroyable réussite de Xavier de Maistre qui a parfaitement réussi dans la voie qu’il s’est tracé : premier harpiste français à être admis au sein du prestigieux orchestre philharmonique de Vienne, Xavier de Maistre s’est ensuite lancé dans une carrière soliste dont le chemin l’a mené, le temps d’un récital, dans la grande salle de la coursive située en plein coeur de La Rochelle.


Xavier de Maistre en récital à La Rochelle

Pour l’occasion, le harpiste est accompagné par l’ensemble Arte del mondo dirigé par son chef et fondateur Werner Ehrhardt. Si le concert tourne essentiellement autour d’Antonio Vivaldi et de ses contemporains vénitiens, le harpiste défend aussi deux très belles pièces de compositeurs romantiques qui gagnent à être connus.

Tous les concertos au programme du récital de ce vendredi 13 avril, à l’exception du concerto a quattro en fa de Francesco Durante (1684-1755), ont été arrangés pour harpe soliste et formation réduite; les interprètes convainquent dans une sélection majoritairement baroque dont ils savent articuler les arabesques avec souplesse et complicité.

Pourtant les partitions sont difficiles, complexes, accumulant de mille thèmes et images, pics redoutables, de couleurs riches et variées qui font aussi de ce récital un moment de virtuosité, inoubliable.

L’ouverture de L’Olimpiade, opéra créé en 1734 par Antonio Vivaldi (1678-1741) met à nue, l’ensemble Arte del mondo seul. Le feu collectif des musiciens fait honneur à ce lever de rideau lyrique.
Dès les premières notes du concerto en ré majeur du même Vivaldi, Xavier de Maistre fait sonner son instrument avec une aisance déconcertante; la grande force du harpiste, ne vient pas seulement de son talent naturel ou de la formation qu’il a reçu mais aussi de l’excellente relation qu’il entretient avec les autres musiciens. Et lorsqu’il s’agit de permettre aux autres instrumentistes de prendre une courte pause, ils ne sont arrivés des Etats Unis que le matin même du concert, Xavier de Maistre n’hésite pas une seconde et annonce lui même l’oeuvre qu’il va jouer en lieu et place de la sinfonia initialement prévue; Il s’agit de mandoline de Elias Parish Alvars (1808-1841) lui même harpiste et également compositeur. L’interprète ne tremble pas une seconde face aux défis d’une partition très virtuose elle aussi, composée et pensée pour la harpe par un musicien qui connait parfaitement l’instrument et en profite pour glisser des pièges dont Xavier de Maistre se tire aisément. Et l’interprétation du concerto en ré mineur d’Alessandro Marcello (1669-1747) nous donne une nouvelle occasion de poursuivre le voyage vénitien entamé en début de soirée et dans le même temps de constater avec plaisir que Ehrhardt et de Maistre ont su programmer des oeuvres méconnues en alternance avec celles du plus célèbre Vivaldi.

En seconde partie de soirée, l’ensemble Arte del mondo revient seul pour le concerto a quattro en fa de Francesco Durante (1684-1755); l’oeuvre aussi festive et aussi bien pensée que celles qui l’ont précédée.

Si nous n’échappons pas au célèbrissime concerto en ré « l’hiver » tiré des quatre saisons, l’arrangement pour harpe soliste ne manque pas de saveurs tout comme le concerto en sol majeur opus 7. L’accueil du public est si chaleureux que Xavier de Maistre, rappelé sur scène à plusieurs reprises rempile dans l’univers carnavalesque vénitien, avec une oeuvre qui porte bien son titre : carnaval de Venise de Félix Godefroid (1818-1897). C’est d’ailleurs cette oeuvre qui figure sur ma couverture de son dernier cd, enregistré avec Arte del mondo et qui est paru en mars dernier. Du style, de la finesse, de la générosité, rien ne manque au jeu d’un soliste chaleureux et exigeant.

La Rochelle. La coursive, le 13 avril 2012. Antonio Vivaldi (1678-1741) : L’Olimpiade (ouverture), concerto en ré majeur, concerto en sol majeur op 7, Les quatre saisons (concerto en ré « l’hiver »); Elias Parish Alvars (1808-1841) : mandoline; Alessandro Marcello (1669-1747) : concerto en ré mineur; Francesco Durante (1684-1755) : concerto a quattro en fa. Bis : Félix Godefroid (1818-1897) : carnaval de Venise. Avec Xavier de Maistre; ensemble Arte del mondo; Werner Ehrhardt, direction. Compte rendu redigé par notre envoyée spéciale, Hélène Biard.

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