KIRILL PETRENKO, chef électrique

petrenko-kirill-wagner-bayreuthFRANCE MUSIQUE. KIRILL PETRENKO, les 10 et 11 fév 2019. Otello, Strauss. Le chef russe Kirill Petrenko vient de prendre la direction musicale du Berliner Philharmoniker : une prise de fonction qui devrait compter dans l’histoire de la phalange berlinoise tant le tempérament « électrique » du chef devrait réaliser de nouveaux accomplissements convaincants. Il est né à Omsk le 11 fév 1972 (Sibérie). A presque 50 ans, la maestro est devenue l’une des baguettes les plus passionnantes, en particulier à Bayreuth où il a assuré récemment dans un Ring magistral, l’attrait vacillant d’un festival qui se cherche encore une identité solide. Sa nomination suscite l’interrogation en France où il est peu connu finalement. Le chef lyrique qui entend la musique dramatique comme peu, est aussi un symphoniste inspiré et son travail avec le Berliner devrait confirmer cette orientation.

KIRILL PETRENKO sous tension
un chef électrique

Petrenko Kirill maestro chef orchestreL’adolescent Petrenko (18 ans) a suivi sa famille exilée en Autriche : à Vienne, il approfondit ses études de piano. Ce musicien affûté, sut plaire aux instrumentistes du Berliner qui en 2015, au moment de désigner un successeur à Rattle, furent séduit par l’allure modeste, en rien démonstratif et autocratique de Christian Thielemann, l’autre candidat officiel. En juin 2015, la décision tomba comme un éclair, soulignant le choix de la probité, du travail, de l’humilité aussi, plutôt que l’autocélébration parfois pompeuse du talent (fut-il réel et égal). Reste que Petrenko a depuis 2015 particulièrement séduit et captivé par son sens de l’intériorité et du détail : un laborieux discret – qui rappelle d’ailleurs à maints titres Carlos Kleiber, le légendaire chef germano-argentin-, que les prochaines sessions en concerts, diffusées et enregistrées sous label du Philharmoniker devraient encore éclairer et expliciter.
Répétitions assidues, d’une rare intensité, écoute, exigence, ténacité et absence de compromis… sont les qualités entre autres d’un chef à suivre désormais. Il a commencé à diriger les Berliner en 2006 ; sa saison officielle d’ouverture, officialisant sa prise de fonction, se réalisera à l’été 2019. D’ici là chaque concert témoigne d’une réelle complicité entre le chef et les instrumentistes.

Pour se familiariser avec une direction à la fois puissante et ciselée, – vraie gageure, que l’hédoniste Karajan a longtemps incarné, avant Claudio Abbado, France Musique diffuse les 10 et 11 février en première partie de soirée, deux programmes phares, représentatifs de la sensibilité du maestro : soirée opéra d’abord avec Verdi (l’Otello de Jonas Kaufmann) puis Strauss et Beethoven (7è) dans un volet purement orchestral. Sens de la tension, soucieux du relief et de l’acuité des accents, Petrenko est aussi un architecte qui soigne l’écoulement et le sens de la lecture (ce qui a fait de ses Wagner, d’authentiques réalisations dramatiques, d’une rare efficacité). La fermeté et la poigne supportent la vitalité de l’orchestre qui paraît souvent comme électrisé et chauffé à blanc.

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Dim 10 février 2019, 19h50.
VERDI : Jonas Kaufmann chante OTELLO. Munich, nov 2018.
Représentation donnée le 23 novembre 2018 à 19h au Théâtre National de Munich – Opéra en quatre actes sur un livret d’Arrigo Boito d’après “Othello ou le Maure de Venise” de William Shakespeare
Jonas Kaufmann, ténor, Otello
Gerald Finley, baryton, Iago
Evan LeRoy Johnson, ténor, Cassio
Gaelano Salas, ténor, Roderigo
Balint Szabo, basse, Lodovico
Milan Siljanov, baryton-basse, Montano
Markus Suihkonen, basse, un héraut
Anja Harteros, soprano, Desdemona
Rachael Wilson, mezzo-soprano, Emilia
Choeur de l’Opéra d’Etat de Bavière
Orchestre de l’Opéra d’État de Bavière
Kirill Petrenko, direction

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Lundi 11 février 2019, 20h
R STRAUSS, BEETHOVEN : 7ème Symphonie
Concert donné le 24 août 2018 à la Philharmonie de Berlin

Richard Strauss
Don Juan, poème symphonique op. 20 TrV 156
Tod und Verklärung (Mort et transfiguration), poème symphonique op. 24

Ludwig Van Beethoven
Symphonie n°7 en la Majeur op. 92
Poco sostenuto-Vivace
Allegretto
Presto – Assai meno presto (Trio)
Allegro con brio
Orchestre Philharmonique de Berlin
Kirill Petrenko, direction

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