King Arthur de Purcell

purcell Henry-Purcell-400-250France Musique. Dimanche 27 novembre 2016, 16h. Purcell : King Arthur. AUX ORIGINES DE L’OPERA ANGLAIS : Purcell et la reprĂ©sentation du roi-guerrier Arthur. Le semi opĂ©ra en 5 actes d’aprĂšs le livret de John Dryden est crĂ©Ă© Ă  Londres au Dorset Garden Theatre, au printemps 1691. Arthur vainc les Saxons et fonde le royaume d’Angleterre. En abordant le drame fondateur de l’état anglais, Purcell ajoute aussi une trame amoureuse qui enrichit la lecture uniquement Ă©pique et historique ; il s’agit aussi pour Arthur de retrouver Emmeline, la fille aveugle du Duc de Cornouailles, laquelle a Ă©tĂ© enlevĂ©e par l’ennemi saxon, Oswald, aidĂ© par le magicien Osmond. La force de l’opĂ©ra tragi-comique de Purcell est d’ajouter ce fantastique magique, surnaturel et poĂ©tique doublant les trames amoureuses et guerriĂšre, car pour l’aider dans sa reconquĂȘte d’Emmeline, Arthur est aidĂ© par le magicien Merlin. L’acte I est dominĂ© par les Saxons qui sacrifie Ă  Woden pour vaincre la guerre. L’acte II voit les Bretons finalement vaincre les forces malĂ©fiques suscitĂ©es par Grimbald, car le mage formĂ© par Merlin, Philidel, les mĂšne vers la lumiĂšre et les dĂ©livre dĂ©finitivement des malĂ©fices ourdis par les Saxons (charmante Pastorale finale).
L’acte III est celui d’Emmeline qui prisonniĂšre d’Oswald, retrouve la vue et sait rĂ©sister aux visions infernales et terrifiantes produites par le guerrier saxon qui veut la possĂ©der : les contrĂ©es glaciales sont ainsi Ă©voquĂ©es dans le fameux air du froid, Ă©noncĂ© par le dieu Hiver, clair rĂ©fĂ©rence au choeur des trembleurs dans Isis de Lully (1677).
AprĂšs l’épreuve imposĂ©e Ă  Emmeline, c’est au tour d’Arthur d’ĂȘtre malmenĂ© au IV : Osmond tente vainement de le sĂ©duire par des apparitions trompeuses (passacaille finale) : le jeune roi rĂ©siste.
Au V, aprĂšs une tempĂȘte qu’adoucit Eole, Arthur vainc Oswald : les Bretons Ă©crase les Saxons. VĂ©nus protĂšge les amours des hĂ©ros : Emmeline et Arthur (superbe air de la dĂ©esse profane et suave : « Fairest isle ») ; de sorte que l’üle enchantĂ©e, protĂ©gĂ©e peut enfin s’ouvrir au bonheur (Saint-Georges protĂšge alors l’Ordre de la JarretiĂšre qui fonde l’honneur comme la vertu premiĂšre de l’Angleterre).
ComparĂ© Ă  ses drames prĂ©cĂ©dents, – inscrits dans le genre du masque (alliant parlĂ© et chantĂ©), King Arthur s’affirme par sa nouvelle cohĂ©sion dramatique. Les forces surnaturelles sont attĂ©nuĂ©s par les demi mages Philidel et Grimbald – comme Ariel et Caliban dans La TempĂȘte de Shakespeare. L’opĂ©ra de Purcell dans sa version originelle de 1684 pour Charles II, roi lumineux, impose une solennitĂ© poĂ©tique qui s’efface dans la version tardive de 1691, quand l’avĂšnement de Guaillaume II, prince moins charismatique que son prĂ©dĂ©cesseur, inspire une toute autre conception de la reprĂ©sentation du pouvoir, moins poĂ©tique et fastueuse, plus cynique et trouble; les recherches et l’enregistrements de William Christie avec ses troupes inspirĂ©es ensorcelantes des Arts Florissants ont permis de rĂ©aliser une version de rĂ©fĂ©rence, diverse, majestueuse et ambivalente qui sert la nature Ă©quivoque et trĂšs riche du drame purcellien.

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique. Dimanche 27 novembre 2016, 16h. Purcell : King Arthur (La Tribune des critiques de disques : quelle est meilleure version enregistrĂ©e ?). AUX ORIGINES DE L’OPERA ANGLAIS : Purcell et la reprĂ©sentation du roi-guerrier Arthur.

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