JEAN DE LA FONTAINE 2021 : les 400 ans

la-fontaine jean de la fontaine 400 ans en juillet 2021400 ANS de JEAN DE LA FONTAINE : 1621 – 2021 – NĂ© Ă  Château-Thierry, Jean de La Fontaine aurait eu … 400 ans, le 8 juillet prochain. GĂ©nie poĂ©tique, narrateur subtile autant que douĂ© d’une impertinence raffinĂ©e, le contemporain de Racine, n’eut pas contrairement Ă  ce dernier, les faveurs du Roi Soleil. Proche du surintendant Fouquet Ă  Vaux le Vicomte, La Fontaine prit la dĂ©fense du ministre malgrĂ© les foudres royales ; et la disgrâce qui foudroya Fouquet, Ă©claboussa le poète, Ă  jamais Ă©cartĂ© des privilèges et pensions de la Cour. Mais Ă  force de louanges et sollicitudes ciblĂ©es, il rĂ©ussira nĂ©anmoins Ă  se faire Ă©lire Ă  l’AcadĂ©mie, après son contemporain (et ami) Boileau. On connaĂ®t Ă©videmment ses fables (inspirĂ©es d’Esope), toujours Ă©tudiĂ©es, piliers dans l’apprentissage de notre langue, terrain propice pour aiguiser l’esprit critique de ous les Ă©coliers de France et de Navarre. Au total 3 recueils fondamentaux de Fables sont publiĂ©s en 1668, 1678 puis Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la carrière en 1694 (Livre XII) ; on connaĂ®t moins ses Contes. La Fontaine autant moraliste que fabuliste de gĂ©nie, et orfèvre-narrateur devient acadĂ©micien en 1684.

D’abord avocat (diplôme obtenu au Parlement de Paris en 1649), Jean de La Fontaine acquiert la charge de maître des eaux et des forêts du duché de Château-Thierry (charge revendue en 1672). Il publie son premier texte, une comédie en 5 actes d’après Térence, L’EUNUQUE en 1654. Séparé de sa première épouse, Jean rejoint le cercle de Nicolas Fouquet, fastueux surintendant des Finances en 1658. Pour son protecteur, l’écrivain livre ADONIS d’après Ovide, puis LE SONGE DE VAUX, laissé inachevé au moment de l’arrestation de Fouquet par Louis XIV. Pour défendre son protecteur de la disgrâce royale, Jean de La Fontaine écrit au Souverain : l’ODE AU ROI (1662) puis L’ÉLÉGIE AUX NYMPHES DE VAUX. Manifestes favorables à l’incarcéré et qui suscitent la désapprobation de Colbert et de Louis XIV lui-même.

La première fable JOCONDE d’après Roland furieux de L’Arioste affirme l’ambition d’un poète qui entre alors au service de la Duchesse de Bouillon (1664) et ambitionne de réécrire les légendes antérieures sans en trahir le sens ni la morale. Boileau dans sa dissertation sur la Joconde reconnaît à La Fontaine, sa maîtrise indiscutable comme narrateur et poète. Deux recueils comprenant Contes et nouvelles en vers sont publiées en 1665 et 1666, période de l’apothéose littéraire. L’époque est celle d’un âge d’or poétique incarné alors par un quatuor illustre, tous amis qu’une légende opiniâtre a souhaité emblématique : Molière, Boileau, Racine, La Fontaine. C’est d’ailleurs La Fontaine qui présente le premier au second. Racine, poète officiel et historiographe à Versailles, correspond avec La Fontaine.
Après JOCONDE, paraissent les Fables choisies et mises en vers, pour l’éducation du Grand Dauphin (1668). Inclassable et déroutant (pour les contemporains), Les Amours de Psyché (1669) affirme un nouveau modèle, rompant désormais les liens avec l’idéal classique, mêlant en une apparente incohérence, prose, vers, mythologie (d’après Apulée), conversations littéraires… La faveur du Roi se profile car en 1669, le poète et fabuliste est reçu dans les salons de Versailles pour présenter au Souverain ses Amours de Psyché et de Cupidon (1669). Suivent les poésies chrétiennes éditées par Port-Royal (1670), un 3è recueil de Contes et Nouvelles en vers (1671). Le poète est hébergé chez son amie Marguerite de la Sablière, esprit libre et indépendant qui aime la proximité des artistes et des philosophes.

 

 

400 ans de la naissance de JEAN DE LA FONTAINE

Un génie baroque de la Fable
qui écrivit aussi plusieurs livrets d’opéras…

 

 

En 1674, alors que l’opéra français voit le jour (Cadmus et Hermione, 1673), La Fontaine se rapproche de Lully pour un projet d’opéra (Daphné, 1674). Comme seront écrits les livrets lyriques pour Galatée, Astrée…
Mais leur collaboration avorte et le poète écrit une satire contre le surintendant de la musique, LE FLORENTIN. La publication des Nouveaux Contes est saisie et interdite.
Quand meurt sa protectrice (1693), La Fontaine séjourne chez ses nouveaux bienfaiteurs, les d’Hervart en leur château de Bois-le-Vicomte. Saisi par une brûlante et récente foi, il traduit du latin, Hymnes et psaumes. Il s’éteint le 13 avril 1695, « papillon du parnasse » ainsi qu’il aimait se présenter, curieux de tous les genres mais grand faiseur dans l’art de la fable, qu’elle soit … descriptive, galante, élégiaque, dramatique, satirique, didactique. Pour lui, astre éloquent, il ne s’agit pas tant de narrer, occupation bien ennuyeuse, que de distraire et plaire pour mieux instruire, c’est à dire « faire passer le précepte ». Une fable des Lumières, en quelque sorte qui tout en dévoilant et dénonçant la barbarie humaine, a su aussi défendre un certain humaniste éclairé, sensible et proche de l’intelligence animale. Tout en prêtant aux animaux, les caractères humains, sentiments, passions, émotions, Jean de La Fontaine est le premier animaliste de la littérature baroque ; un observateur et un penseur qui a parfaitement analysé et compris ce qui fait la grandeur et la barbarie des hommes, comme ce qui fait le charme et le prix de chaque animal.

________________________________________________________________________________________________

 

 

A VISITER
Le musée Jean de la Fontaine dans sa ville natale de Château-Thierry (hôtel particulier de la famille, classé monument historique en 1887)

________________________________________________________________________________________________

 

 
 

 

Comments are closed.