Jean-Claude Casadesus : le goût des autres. Portrait

casadesus_jean_claude_portrait_290Télé. Jean-Claude Casadesus : le goût des autres. Portrait d’un chef engagé, passionné, humaniste, généreux … Chef d’orchestre de renommée internationale, et depuis de nombreuses années, directeur musical de l’Orchestre national de Lille, Jean-Claude Casadesus se révèle à travers ce documentaire intime et proche tel un artiste humaniste, doué de sagesse, témoignant sans cesse de sa solidarité envers ceux qui sont en marge de la société. La musique est un baume pour l’âme et le cœur : l’activité multiple engagée du maestro lillois nous le montre avec passion et générosité.

Il évoque avec beaucoup d’émotion son enfance à Montmartre, ses parents, ses enfants, ses rencontres. Il nous fait part des liens très forts qui l’unissent à ses musiciens de l’Orchestre national de Lille et définit le rôle du chef, en charge de cette grande famille que constitue l’orchestre.
Notre avis. Enfant d’une famille de musiciens (et de comédiens) – qui a même sa place à Montmartre, Jean-Claude Casadesus honore la tradition familiale: le chef d’orchestre qui conduit avec générosité, amour, patience et surtout humilité, le destin des 100 musiciens du National de Lille, se livre devant la caméra à l’occasion de concerts à Lille (Symphonie n°5 de Schubert, Symphonie n°9 de Dvorak), de répétitions autour de Ravel … Pourquoi devenir chef ? Pour l’envie voire la passion de partager la magie de la musique.
Il est passé par tous les instruments avant la baguette : violon, piano, contrebasse et timbalier (un poste privilégié pour observer ce qui se passe à l’orchestre : j’étais au coeur du réacteur… face aux chefs, un avant poste idéal pour analyser leurs gestes, les bons comme les moins convaincants). Alors à quoi consiste le métier de chef ? Battre la mesure et tenir le rythme (à la main droite) ; exprimer, souligner, infléchir un caractère à la main gauche… Mais toujours être habité.
Dans son appartement parisien non loin de Montmartre, le maestro présente une partie de ses objets chers  dont un intérêt pour les lettres de musiciens (Stravinsky qu’il a approché, Berlioz dont il souligne la bipolarité attachante, éreintante, Darius Milhaud, voisin de quartier très estimé … ). Le chef est un berger, celui qui prépare l’action simultanée des instrumentistes de l’orchestre pour susciter une lévitation émotionnelle collective. Ainsi il faut servir la partition, oser certains partis personnels (comme le rubato, ce temps précipité ou ralenti, offrant la sensation oxygénante du flux et du reflux, de la tension et de la détente…), et obtenir…  Un chef d’envergure ne commande pas : il invite chaque musicien à écouter les autres et à se dépasser.
Pour autant, le maestro ne reste pas dans sa bulle artistique : l’art musical est un art vivant qui doit demeurer en contact avec la vie ; c’est pourquoi il est montré dans le docu, chef et musiciens se déplacent jusque dans les prisons et maisons d’arrêt pour y faire souffler un vent d’espérance, y donner une perspective positive. La musique rend meilleur. Comme on aimerait le croire. Bravo maestro ! Portrait simple, direct, éloquent.

 

france2-logo_2013« Au clair de la lune », documentaire
Jean-Claude Casadesus, le goût des autres
France 2
Mardi 26 novembre 2013 à 00h30

Documentaire de 54’
Réalisé par : Claude Couderc

Produit par : Skopia Films – Eric Bitoun et Adèle Menard
Unité Musique et Spectacles vivants : Nicolas Auboyneau – Brice Chappey

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