Jacques Offenbach: les opérettes France Musique, du 31 décembre 2007 au 4 janvier 2008, de 9h à 10h

Jacques Offenbach
(1819-1880)



France Musique
Du 31 décembre 2007 au 4 janvier 2008
, de 9h à 10h

Jean-Christophe Keck, l’un des spécialistes français de Jacques Offenbach présente quatre opérettes d’Offenbach en 1 acte

A la fin de La Vie parisienne (1867), quand le collectif des acteurs et des danseurs entonne le choeur final “Et Pif et Pif, et Pif et Paf“, mené sur un galop d’enfer ( et pas de french cancan qu’Offenbach ne connut jamais!) avec l’esprit du pur divertissement, c’est tout l’élan de la fête qui explose, offrant un motif désigné pour les célébrations de la fin d’année autour du nouvel an. Le public est ravi car il peut taper des mains, comme lors du Concert du Nouvel an viennois. Cependant on aurait tort de considérer l’ensemble des opérettes de monsieur Offenbach d’une manière aussi légère voire superficielle et les historiens actuels, défenseurs d’une version plus juste des oeuvres, rectifient bon nombre de fausses idées sur le compositeur dont les ouvrages lyriques ont été souvent réadaptés, en cela plus proches du music-hall que de l’opérette Second-Empire. En travaillant à l’OEK (Offenbach Edition Keck), publiée chez Boosey & Hawkes, Jean-Christophe Keck, chef d’orchestre (atittré des concerts Offenbach de l’orchestre Pasdeloup), compositeur mais aussi musicologue et en particulier passionné par le théâtre de Jacques Offenbach, oeuvre pour la plus juste connaissance des partitions du musicien. Il s’agit comme pour la musique baroque de retrouver les partiques justes, contre les habitudes qui ont dénaturé le propos d’origine et le style réel de l’époque d’Offenbach. Les documents les plus fidèles existent pourtant, comme par exemple les enregistrements de l’Equipe Radio Lyrique (sous la direction de Jules Gressier ou Marcel Cariven) qui à partir de 1946 et jusqu’aux années 1970, ont gravé quelques opérettes dans une conception très honorable, parce que scrupuleuse. L’idée qu’Offenbach aux Bouffes Parisiens ait surtout engagé des acteurs et des comédiens sachant à peine chanter, reste une grossière erreur: son égérie Ortense Schneider (pour laquelle il composa La Périchole et La Grande Duchesse de Gerolstein…) avait été choisie par Saint-Saëns pour chanter Dalila pour son opéra Samson et Dalila. Chanter Offenbach signifie donc maîtriser l’art du chant lyrique. De même sur le plan musical, la fine orchestration élaborée par le compositeur est le plus souvent “réarrangée”, c’est à dire totalement transformée, proposant contre la réalité historique, une vision réduite et souvent caricaturale. Il suffit d’écouter Les Contes d’Hoffmann mais aussi Fantasio pour comprendre et mesurer le génie de Jacques Offenbach: un musicien à redécouvrir et surtout réévaluer…

Agenda
Jean-Christophe Keck dirige Orphée aux enfers, avec l’Orchestre Pasdeloup à Paris, le 16 février 2008. Le chef musicologue crée un label de disque, Orphée 58 (en référence à l’année 1858, où est créée la première version d’Orphée).

Crédits photographiques: (1) Jacques Offenbach. (2) Jean-Christophe Keck (DR)

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