Hamlet de Thomas à RENNES

thomas-ambroise-compositeur-opera-hamlet-opera-romantique-francais-opera-francaisRENNES, Opéra. Les 6, 8, 10 nov 2019. THOMAS : HAMLET. Vue à Nantes, au tout début octobre 2019, cette production passionnante rend hommage au mythe shakespearien traité par le plus romantique des Romantiques Français, Ambroise Thomas. L’ouvrage est créé à l’Opéra impérial en 1868, fleuron de grande classe du Second Empire, qui a vu précédemment triompher la manière de Verdi dans le registre du grand opéra (Don Carlos en français en 1867). Noir et acide, efficace et mélodiquement très raffinée, avec dans l’orchestration l’utilisation visionnaire des saxophones (dans la scène des comédiens payés par Hamlet), la partition étonne, surprend, saisit même : il y est pour la première fois question d’un spectre, s’adressant longuement et directement à l’esprit du prince Hamlet… dans son monologue du début, scène admirable et très exigeante pour le baryton soliste. Comme Verdi, Thomas expose avec goût et force dramatique, le personnage du baryton (quand ailleurs, c’est plutôt le ténor qui tire la couverture à soi; voyez les Werther de Massenet, José de Nizet, Roméo de Gounod)… Alors Hamlet faux fou manipulateur ou âme trop fragile face à la barbarie de son oncle et de sa mère ? Qui croire ? Que voir ? Que comprendre ? A voir absolument.

 

 

 

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Photos : © JM Jagu / Angers Nantes Opéra

 

 

 

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3 représentations à RENNES, Opéra
merc 6 (20h), vend 8 (20h), dim 10 novembre 2019 (16h)

RESERVEZ : http://www.opera-rennes.com

 

 

 

 

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Extrait de notre critique d’HAMLET par le duo Pierre Dumoussaud / Frank Van Laecke :
… « Tout commence par un somptueux duo d’amour que n’aurait pas renié Gounod (celui de Roméo et Juliette, créé un an avant Hamlet, en 1867) : autres cœurs inspirés shakespeariens, – mais eux aussi, maudits, Hamlet et Ophélie y échangent des serments d’une rare intensité.
Puis le fantastique et le surnaturel prennent bientôt le pas sur cette histoire somme toute assez banale de trouble dynastique et royale à la cour danoise. Ce qui nous vaut une scène mémorable où le spectre du père assassiné, paraît à Hamlet (et aussi devant Marcellus et Horatio médusés, hallucinés ; preuve qu’il n’est pas fou comme le pense sa mère Gertrud) ; en une séquence très forte et face au public, Hamlet développe son grand air de vengeance et de rage haineuse, chauffé à blanc par la voix paternelle qui lui enjoint (terrible injonction) à le venger : il n’existe pas de drame plus terrifiant ni de rôle plus engageant à l’opéra… »

 

 

 

 

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LIRE notre critique intégrale d’HAMLET de Ambroise Thomas par le duo Pierre Dumoussaud / Frank Van Laecke (4 octobre 2019, Nantes)

https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-nantes-opera-graslin-le-2-oct-2019-thomas-hamlet-franck-van-laecke-pierre-dumoussaud/

 

 

 

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