Haendel : Partenope (Christie / Nantes, avril 2022)

handel-haendel-portrait-classiquenewsFrance Musique, Merc 24 août 2022, 20h. HAENDEL : Partenope / Christie (Nantes, 2022). L’opéra de 1730, Partenope de Georg Friedrich Handel doit pour convaincre, réunir une distribution vocale de premier plan. Force est de constater que le cast, homogène et d’une vive caractérisation, aussi subtile qu’intense et passionnée (combinaison primordiale chez Haendel) doit être mis au service d’une partition parmi les plus inspirées de Haendel ; pourtant peu jouée…
Après une première période au King’s Theatre, assez chaotique (1719-1728), conclu par le départ de la troupe de chanteurs italiens pourtant stupéfiante (dont le castrat vedette Senesino, et les prime donne Francesca Cuzzoni et Faustina Bordoni), tous retournant à Venise pour ne jamais plus remettre les pieds à Londres, Haendel réussit un tour de force en convaincant les nobles anglais, soutiens de l’entreprise lyrique (Royal Academy of Music) de le reconduire pour 5 années, à partir de janvier 1729 afin de lui offrir un confort de travail et le moyen de construire dans la durée, une vraie programmation d’opéra italien à Londres.
HAENDEL A LA RECONQUETE DU PUBLIC LONDONIEN… Après avoir en vain sensibilisé Farinelli pour participer à sa nouvelle équipe, Haendel regroupe de nouvelles personnalités chantantes, vrais tempéraments autant chanteurs qu’acteurs, mais de nouveaux solistes : Francesca Bertolli, contralto (Armindo), la soprano Anna Maria Strada del Po (Partenope), Antonio Bernacchi (castrat : Arsace), Antonio Margherita Merighi (Rosmira)… Ainsi naît le chef d’oeuvre mésestimé aujourd’hui, Partenope, créé le 24 février 1730 au King’s Theatre. L’enjeu est de taille pour le compositeur qui vient d’essuyer un premier revers avec son premier ouvrage composé pour la nouvelle équipe, « Lotario » (créé en décembre 1729 et vite mis au placard au regard de son peu de succès).
Toute approche de Partenope doit en mesurer, comprendre, exprimer le nouveau feu bouillonnant d’un Haendel quinquagénaire, plein d’entrain, dont l’objectif est au début d’un nouveau cycle musical où il peut enfin travailler en sécurité comme salarié de la Royal Academy, la reconquête d’une forte audience amatrice d’opéras serias.

antiquite-deesse-grece-renaissance-athena-294PARTENOPE, ROSMIRA… 2 PORTRAITS DE FEMMES PASSIONNANTS. Partenope malgré son titre qui fait référence à la fondation de la ville de Naples a très peu à voir avec la Fable mythologique propres aux aventures d’Ulysse de retour à Ithaque (l’une des sirènes qui souhaitait le charmer, se jette dans la mer et échoue sur le rivage de la futur Naples donnant son nom à la fière cité) : ici, le librettiste, membre de l’Arcadia romaine, académie poétique : Silvio Stampiglia dans le sillon des poètes pessimistes et satiriques tel le Vénitien Busenello (esprit libertin volontiers cynique et sensuel), transpose l’intrigue napolitaine dans un théâtre sentimental, véritable marivaudage avant l’heure où la reine Partenope est le centre des attentions de trois soupirants : Arsace, prince de Corinthe et favori en titre ; Armindo, prince de Rhodes, trop timide pour titiller la curiosité de la Souveraine bien qu’elle ne soit pas insensible à son charme tendrement viril ; enfin, Emilio (seul ténor), prince de Cumes qui est finalement humilié en étant défait lors d’une bataille expéditive.
L’arrivée de Rosmira, ancienne maîtresse d’Arsace, devenue ici jeune arménien Eurimène, bouscule les positions de cet échiquier amoureux : à son contact (entre haine vengeresse et regain amoureux), Arsace se rend compte qu’il est toujours épris de Rosmira ; les deux finiront par s’avouer leur indéfectible lien et Partenope convolera finalement avec le jeune Armindo.
 Haendel regorge d’inventive inspiration pour exprimer surtout les vertiges émotionnels nés du choc entre le favori en titre (Arsace) et la passion contradictoire à son égard de son ex : Rosmira, passionnant personnage, cœur racinien à l’opéra dont chaque air, comme c’est le cas d’Arsace, accumule en les nuançant, chaque jalon sentimental à travers les 3 actes d’un drame surtout psychologique.”

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LIRE la critique complète et développée de Partenope de Haendel par Riccardo Minasi (3 cd Erato)

LIRE aussi notre dossier PARTENOPE de Haendel : http://www.classiquenews.com/partenope-de-haendel-a-paris-et-a-madrid/

 

 

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Georg Friedrich Haendel : Partenope HWV 27
Opéra en trois actes sur un livret italien adapté par un auteur inconnu
à partir d’un livret écrit à l’origine en 1699 par Silvio
 Stampiglia,
créé le 24 février 1730 au King’s Theatre de Londres.


Ana Vieira Leite, soprano, Partenope, Reine de Naples
Hugh Cutting, contre-ténor, Arsace, Prince de Corinthe
Helen Charlston, mezzo-soprano, Rosmira / Eurimene, amoureuse d’Arsace
Alberto Miguelez Rouco, contre-ténor, Armindo, Prince de Rhodes (in alternance)
Jacob Lawrence, ténor, Emilio, Prince de Cumes
Matthieu Walendzik, baryton, Ormonte
Les Arts Florissants
William Christie, direction / «10ème édition du Jardin des Voix»

Opéra donné le 26 avril 2022 au Théâtre Graslin de Nantes.

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