Gounod: Roméo et Juliette, Jean-Yves Ossonce Tours, Opéra. Les 25,27 et 29 janvier 2013

Charles Gounod

Roméo et Juliette

Opéra de Tours

vendredi 25 janvier 2012, 20h


dimanche 27 janvier 2012, 15h


mardi 29 janvier 2012, 20h

Nouvelle production

Paul-Emile Fourny
, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction

Non le chef d’œuvre, avec Faust, de Gounod, Roméo et Juliette, applaudi dès sa création en 1867, ne se réduit pas à quelques beaux duos suaves et inspirés: le traitement que réserve Gounod au mythe de Roméo et de Juliette affiche un tempérament original (harmoniquement), une construction dramatique progressive qui suit essentiellement le souffle tragique de l’action, avec, issue implacable, la mort des deux jeunes amants. Si aujourd’hui, la version discographique dirigée par Michel Plasson et qui réalise une heureuse synthèse entre la version de l’Opéra Comique (1873) et de l’Opéra (1888) demeure la référence absolue, la nouvelle production de l’Opéra de Tours entend restituer dans sa cohérence et son unité originelle, la partition romantique et tragique.

Le drame de Gounod insiste sur l’antagonisme viscéral entre Capulets et Montaigus. Les haines ancestrales broient comme un machine l’espoir de deux cœurs amoureux… L’action s’ouvre sur le bal chez les Capulets: Juliette y est promise au comte Pâris. L’accent sombre et tragique à l’énoncé des vrais sentiments de Roméo, (Montaigu rival des Capulets), pour la belle Juliette, est adouci par l’humeur légère de Mercutio (double de Roméo), qui évoque avec une facétie géniale la reine Mab… la force de l’opéra revient au choix de Gounod: au moment de l’action, les deux jeunes gens que tout sépare et oppose même, tombent éperdument amoureux l’un de l’autre (scène du jardin des Capulets, II). Pourtant mariés, porteurs d’une chance de réconciliation entre le deux clans, Roméo et Juliette ne peuvent empêcher une série de meurtres: Mercutio est blessé mortellement par Tybalt le Capulet, lequel est tué par Roméo (III). Grâce à Frère Laurent, Juliette qui a bu un puissant narcotique, feint la mort au moment de son mariage avec Pâris: consternation et choc: elle est conduite au tombeau (IV). Le dernier acte met en scène la tragédie inéluctable du mythe légué par Shakespeare: Roméo n’a pas été mis dans la confidence et quand le jeune amant détruit pénètre dans le tombeau de Juliette inanimée, croyant à la mort de son aimée, se donne la mort. Juliette s’éveille et se poignarde pour rejoindre son aimé en un duo funèbre particulièrement poignant.

En 1867, à l’époque où Verdi fait créer son Don Carlos (avec un “s”, donc en français), Charles Gounod livre l’un des sommets de sa carrière lyrique, Roméo et Juliette d’après Shakespeare, couronnant un parcours tenace et flamboyant en particulier sur la scène du Théâtre Lyrique.

Opéra orchestral autant que vocal, le Roméo de Gounod est d’abord sombre
et tragique, revisite l’opéra romantique à sa source berliozienne (le
chœur d’introduction qui explique le contexte); l’ivresse et l’extase
amoureuse se développent librement surtout dans les 4 duos d’amour entre
les deux adolescents, dont la scène de la chambre à coucher où ils se
donnent l’un à l’autre, marque le point d’accomplissement… Juliette a
très vite la prémonition de sa mort et même Roméo semble ne s’adresser
qu’à la faucheuse dans la dernière partie de l’action. Deux âme pures
sont vouées à la mort comme si l’issue fatale ne pouvait, ne devait que
s’accomplir pour réaliser leur union au-delà de la vie, au-delà des
haines fratricides qui enchainent le destin de leurs familles respectives,
Capulet contre Montaigus…

En réunissant deux chanteurs d’exception, Florian Laconi et Anne Catherine Gillet dans les rôles phares de Roméo et Juliette (sans pour autant minimiser la valeur des rôles complémentaires de Tybalt et de Mercutio), Jean-Yves Ossonce met toutes les chances de son côté et promet de célébrer le génie lyrique de Gounod avec la sensibilité et le tempérament dramatique que nous lui connaissons. Nouvelle production événement.

Conférence de présentation à l’œuvre, samedi 12 janvier 2012, 20h

Roméo et Juliette de Gounod à l’Opéra de Tours

Sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré, Roméo et Juliette de Gounod est créé à Paris, le 27 avril 1867.

Florian Laconi, Roméo

Anne Catherine Gillet, Juliette

Doris Lamprecht, Gertrude

Ronan Nédélec, Mercutio

Christophe Berry, Tybalt

Orchestre Symphonique Région Centre Tours

Choeurs de l’Opéra de Tours

toutes les infos et les modalités de réservation sur le site de l’Opéra de Tours.

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