Giuseppe Verdi: Don Carlo (1884). Rizzi, Vick Paris, Opéra Bastille. Du 11 février au 14 mars 2010


Giuseppe Verdi


Don Carlo
, 1884

Paris, Opéra Bastille
Les 11, 17, 20, 24 et 27 février,
puis 2, 5, 8, 12 et 14 mars 2010

10 dates, du 11 février au 14 mars 2010

Carlo Rizzi, Direction musicale
Graham Vick, Mise en scène
Version en 4 actes (sans l’acte de Fontainbleau I)

L’Inquisiteur, maître de l’Escurial

Après Beethoven (Fidelio), Verdi (1813-1901) se passionne pour les drames politiques et romantiques de Schiller. Avant Don Carlo, il y eut déjà Luisa Miller où un amour innocent et pur est sacrifié sur l’autel des haines familiales, des intérêts politiques…
Dans Don Carlo – commande officielle de la France du Second Empire-, par l’entremise de l’Académie impériale de musique, Verdi approfondit encore le portrait des êtres déchirés, entre responsabilités du pouvoir et désirs individuels, aspiration des coeurs et obligations sociales…
A la cour de Philippe II (baryton), l’Infant Carlos (ténor) souffre car il a dû sacrifier son amour pour Elisabeth (de Valois) pour que son père épouse sa promise! Père abusif et mari autoritaire rongé par une solitude apeurée (vis à vis du Grand Inquisiteur), Philippe II (baryton basse) est aussi puissant que solitaire et démuni: plus l’on monte dans la hiérarchie politique, plus l’aigreur et l’angoisse s’imposent à celui qui est sensé diriger le monde…
En opposition aux tourments des coeurs empêchés: Carlos, Elisabeth, Verdi brosse le portrait d’individualités malheureuses: Philippe II, la princesse Eboli (mezzo, amoureuse sans espoir de Carlos) ou d’autorités effrayantes comme celle du Grand Inquisiteur (basse).
Le compositeur enrichit encore la fresque espagnole en réservant à l’autre baryton de la distribution, Posa, un rôle tendre et attachant: l’ami de Carlos s’engage pour les révoltés flamands, comme Carlos avait demandé vainement à son père d’être nommé gouverneur des Flandres pour défendre leur cause… En eux, s’exprime le chant des partisans de la liberté fraternelle contre les injustices commises par les tyrans, politiques et religieux. Hélas, Posa ne fera pas long feu: il sera assassiné. Et Carlos doit être livré par son père à l’Inquisiteur…
Dans cette évocation de la Cour espagnole des Habsbourg, terrorisée par l’Inquisition, le prince Carlos est saisi d’horreur et il faut bien la figure légendaire et protectrice de Charles Quint pour l’en sauver.

Au moment où Georges Bizet fait applaudir Carmen, à l’Opéra Comique, Giuseppe Verdi réussit un tour de force en se soumettant aux contraintes d’un opéra fastueux pour la grande machine, – celle d’une tradition grandiloquente et spectaculaire fixée après Rossini (Guillaume Tell) par Meyerbeer: français de rigueur, action en 5 actes, ballets enflammés, tableaux historiques et sentimentaux, mêlant l’introspectif et le collectif… rien ne manque à son opéra inspiré de Schiller. Cet équilibre dans l’écriture, servi par une musique saisissante explique l’actuel engouement pour l’ouvrage verdien. La version française (en 5 actes avec l’acte I dit de Fontainebleau) est créée le 11 mars 1867. La version italienne en 4 actes (plus abondamment produite aujourd’hui), est créée ensuite à la Scala de Milan, le 10 janvier 1884.

Distribution
Giacomo Prestia, Filippo II

Stefano Secco, Don Carlo
Ludovic Tézier, Rodrigo, marchese di Posa

Victor Von Halem, Il Grande Inquisitore

Balint Szabo, Un Frate

Sondra Radvanovsky, Elisabetta di Valois

Luciana D’Intino, La Principessa Eboli
Jason Bridges, Il Conte di Lerma

Orchestre et choeur de l’Opéra national de Paris

Illustrations: Don Carlos, Infant d’Espagne par Alonso Sanchez Coello (DR). Giuseppe Verdi (DR)

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