Gilbert Bezzina, entretien. Teseo de Haendel, Journées Buxtehude. Nice, Mars et avril 2007.

Le Baroque aurait-il trouvé à Nice une terre promise ? L’un de ses ambassadeurs les plus engagés, Gilbert Bezzina, qui fête en 2007, les 25 ans de son “Ensemble Baroque de Nice”, s’apprête à diriger Teseo de Haendel (les 18, 20 et 22 mars 2007 à l’Opéra de Nice), avant de célébrer en avril sur trois jours (les 20, 21 et 22 avril 2007), le tricentenaire Buxtehude. Pourquoi Teseo ? Quelles œuvres choisies pour les Journées Buxtehude ? Entretien.

Vous dirigez à partir du 18 mars prochain, à l’Opéra de Nice, Teseo de Haendel. Pourquoi cet opéra précisément ?
Nous avions le projet avec Paul-Emile Fourny, directeur de l’Opéra de Nice, de poursuivre le cycle des opéras baroques, après « Rosmira Fedele » de Vivaldi que nous avons dirigé en 2003. Paul-Emile Fourny et Gilbert Blin, qui avait signé la mise en scène et les décors de Rosmira fedele, ont choisi « Teseo ». Il s’agit d’un opéra de jeunesse de Haendel, complexe et très riche sur le plan expressif. A ce titre, la figure de Médée qui apparaît comme enchanteresse est très intéressant. En outre, l’action de Teseo permet la réutilisation d’une partie des décors de « Rosmira Fedele », ce qui réduit les coûts de ce genre de production. On peut saluer la politique de l’opéra de Nice à ce sujet.

Quelles sont les difficultés que pose la production de Teseo ? Sur quelles sources travaillez-vous ?
L’ouvrage ne pose pas vraiment de difficultés pour les interprètes, pour qui la musique de Haendel n’est plus une découverte. Haendel se montre très précis sur l’orchestration. Par ailleurs, même si le matériel d’orchestre de Teseo semble avoir été perdu, la consultation des partitions d’orchestre des ouvrages similaires nous permet de savoir par exemple que Haendel utilisait deux clavecins ou qu’il ajoutait des timbales lors des passages avec les trompettes. Il existe deux versions « exploitables » : celle qui est conservée dans la collection Haendel du Foundling Museum de Londres datant de 1712, l’année de composition de l’ouvrage, et celle plus tardive conservée à la BN à Paris, datant de 1790.

Quels sont vos projets ?
Nous allons publier chez Ligia Digital un disque qui concerne un programme joué depuis de longues années par l’Ensemble baroque de Nice, les concertos de Jean-Sébastien Bach. Sur la scène, mon rêve serait d’aborder les œuvres d’Alessandro Scarlatti, un compositeur méconnu aujourd’hui pour son répertoire lyrique , pourtant particulièrement fécond en la matière. J’avais, il y a une dizaine d’années, dirigé son « Télémaque » à Nice.

En avril 2007, vous participez aux célébrations du Tricentenaire de la mort de Dietrich Buxtehude. Pouvez-vous nous parler du week-end thématique que vous consacrez au compositeur baroque ?
Nous avons essayé de donner un panorama complet des différents aspects de l’œuvre de Buxtehude. Bien que l’œuvre pour orgue soit monumentale, j’ai choisi une seule pièce d’orgue car à Nice, il n’existe aucun orgue de type allemand. Nous avons plutôt centré nos programmes autour des cantates et des sonates pour violon et viole de gambe. Les cantates seront chantées par trois chanteurs, deux sopranos et un baryton : il s’agit de partitions magnifiques, très peu jouées. En plus des concerts, le musicologue Gilles Cantagrel donnera une conférence sur l’homme et le musicien (ndlr : le 21 avril à 16h30. Nice, Chapelle Sainte-Croix)

Propos recueillis par Alexandre Pham

Crédit photographique
Gilbert Bezzina (DR)

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