Gala Monteverdi sur Arte

monteverdiarte_logo_2013Arte. Gala Monteverdi, dimanche 28 septembre 2014, 18h30. Le gĂ©nie de Monteverdi tient en deux mots : texte et thĂ©Ăątre. Il est le seul Ă  son Ă©poque Ă  ressentir comme aucun autre, les convulsions et vertiges sensibles de l’ñme et du cƓur, puis surtout de les exprimer en une langue claire, intelligible oĂč la musique sert le texte. L’articulation, le mĂ©tamorphose des sentiments, les brĂ»lures de l’amour, Monteverdi a tout dit avec une efficacitĂ© qui embrase sa riche production de madrigaux (8 Livres Ă  ce jour, de plus en plus dramatiques, Ă©ditĂ©s toutes sa vie, simultanĂ©ment Ă  ses opĂ©ras, jusqu’en 1638). EN effet ses ouvrages lyriques ont Ă©tĂ© essentiels pour l’évolution du genre, alors totalement rĂ©volutionnaire Ă  son Ă©poque : Orfeo en 1607 puis prĂšs de 30 annĂ©es plus tard Ă  Venise, Le Couronnement de PoppĂ©e et Le Retour d’Ulysse in patria : des  modĂšles de drames cyniques et barbares, faisant la satire de l’histoire romaine et de la mythologie, mais avec cette sensualitĂ© languissante dont il est le seul Ă  dĂ©tenir le secret. Le Livre VIII est le plus emblĂ©matique de sa maniĂšre directe et poĂ©tique, oĂč aux cĂŽtĂ©s des styles fervent et langoureux, il invente pour exprimer la frĂ©nĂ©sie passionnelle, le style concitato, «  agitĂ© «  propre aux gestes et vertiges guerriers.  En fĂ©vrier 2014, Le Concert d’Astre rend hommage au thĂ©Ăątre et Ă  l’écriture de Monteverdi, le plus grand auteur dramatique de la premiĂšre moitiĂ© du XVIIĂšme siĂšcle. Monteverdi invente vĂ©ritablement l’opĂ©ra vĂ©nitien, bientĂŽt sublimĂ© encore et de façon Ă©gale par son disciple Cavalli qui fut chanteur Ă  San Marco sous sa direction.

Les chanteurs Magdalena Kozena, Rolando Villazon, Emiliano Gonzalez Toro, Topi Lehtipuu
 incarnent la transe incandescente d’un Monteverdi, pĂšre de l’opĂ©ra baroque et de l’opĂ©ra tout court. Extraits de PoppĂ©e, du Lamento della Ninfa (Livre VI), de l’Orfeo et de plusieurs autres chefs d’Ɠuvres des Livres VII et VIII dont Ă©videmment le sublime drame guerrier et amoureux : Il Combattimento de Tancredi e Clorinda (Le combat de TancrĂšde et Clorinde). Comme Caravage en peinture, Monteverdi rĂ©alise le passage de la polyphonie mĂ©diĂ©vale au drame baroque individualisé  le musicien rejoint le peintre dans l’expression contrastĂ©e, languissante et sauvage des passions humaines. Chapeau bas Ă  l’inventeur de l’opĂ©ra moderne, lĂ©gitimement cĂ©lĂ©brĂ© dans cette soirĂ©e parisienne  spĂ©ciale Monteverdi.

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