Festival Musique & Mémoire 2018 : les 25 ans

musique et memoire festival 2018 les 25 ans visuel_2018Festival MUSIQUE & MEMOIRE 2018 : Les 25 ans : 13-29 juillet 2018. Sidérante ! La programmation du prochain festival Musique et Mémoire, fleuron des festivals de musique baroque dans les Vosges du sud, est tout simplement incontournable en promettant plusieurs événements. Du 13 au 29 juillet, soit tout au long des 3 derniers week ends de juillet 2018, le fonctionnement du festival laboratoire, – élu le plus intéressant des festivals du grand Est français par la Rédaction de classiquenews, confirme en 2018, un champs de recherche et d’accomplissement défendu depuis ses débuts.
« Né d’un rêve au coeur du plateau majestueux des Mille Etangs, espace naturel incontournable des Vosges du Sud, le festival Musique et Mémoire a su se forger une identité artistique originale et sans cesse en mouvement », on ne saurait dire mieux la singularité d’un cycle de concerts et d’événements musicaux idéalement inscrit dans son territoire.

La constance aux artistes devenus « associés », le goût du risque, des effectifs vocaux et instrumentaux nouveaux, le souci du défrichement et des auteurs méconnus (on l’a vu en 2016 pour la célébration des 400 ans du génie de Froberger), le sens critique appliqué dans les options interprétatives… réinventent aujourd’hui l’idée même d’un festival d’été. Equilibrée, audacieuse, exigeante, la ligne artistique pilotée par le directeur fondateur Fabrice Creux représente haut et fort ce que doit être un festival de musique aujourd’hui : proche des festivaliers, riche, rythmé mais à échelle humaine (ce qui manque à tant de festivals estivaux devenus de trop grosses machines), sachant allier surprise et relecture des piliers du répertoire. A n’en pas douter, la nouvelle édition 2018 satisfait tous ces critères.

 

 

VOSGES DU SUD : le Festival Musique & Mémoire diffuse l'excellence au Pays des 1000 étangs

 

 

L’an dernier, – 24è édition, les festivaliers, entre autres, redécouvraient l’écriture et les mondes de Jean-Sébastien Bach grâce au geste de l’ensemble Alia Mens (Olivier Spilmont, direction), dont le remarquable cd édité chez Paraty, fisait la pertinence et l’acuité sensible de la réalisation musicale – La cité céleste / CLIC de CLASSIQUENEWS 2017).
Cet été, continuité de la rédecouverte d’un Bach inspiré voire sublime avec un autre ensemble prometteur dans ce répertoire : VOX LUMINIS. Mais auparavant en ouverture d’une édition mémorable, ce sont LES TIMBRES, jeune collectif aux talents multiples, admirables, qui poursuivent leur résidence à Musique et Mémoire (5è année d’une très riche coopération), osant même cette année aborder l’opéra – domaine familier car ils avaient déjà en 2014, réussi un Lully exceptionnel (une Proserpine très peu connue et jouée, de surcroît dans une version historique inédite de 1682).
L’enchantement est bel et bien enraciné au cœur des Vosges saônoises, grâce au discernement et au goût du directeur Fabrice Creux : « Vivre la féerie du plus vieil opéra du monde, écouter une mélodie à perdre la raison, voter pour sa nation préférée lors d’une joute musicale, flotter entre inconscience et imagination couché dans un verger, suivre une voix unique en quête de l’essentiel, découvrir l’arme la plus puissante de l’amour, ressentir l’énergie des sonorités entre ombre et lumière de l’orgue espagnol, expérimenter l’universalité avec Bach…. Cette édition anniversaire ose tout ! ».

En 2018, l’été sera tout aussi enivrant voire enchanteur pour les festivaliers dans les Vosges du Sud, du 13 au 29 juillet 2018.

 
 

 
 

5 temps forts 2018

 

 

Voici les 4 temps forts, avec pour chaque cycle événement, nos raisons de ne manquer AUCUN concert et programme défendu par l’interprète ou l’ensemble invité… :

 

 

 

 

 

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MONTEVERDI : Orfeo par Les Timbres
Vendredi 13 juillet 2018, 21h

commande du festival
ENSEMBLE MAGICIEN : Les Timbres, trio enchanteurLe trio fondateur des Timbres, soit : Yoko Kawakubo, Myriam Rignol, Julien Wolfs poursuit une résidence qui a compté déjà nombre de réalisations exemplaires. L’équilibre de la proposition des Timbres (qui d’ailleurs publient en avril 2018, un remarquable cd dédié au génie de François Couperin : les Concerts Royaux), tient à la nature même des programmes et dispositions des concerts choisis : des chefs d’oeuvres connus que l’on redécouvre : tel ORFEO de Monteverdi (1606), sublimé par leur sens de la subtilité réjouissante, articulée, naturelle, expressive… et très habitée. Invention, disposition élocution, passion… tout devrait couler comme une seconde langue, à travers le geste collectif des Timbres. Cet Orfeo, commande du Festival pour ses 25 ans, devrait être un temps fort mémorable dans l’Histoire de Musique et Mémoire. Favola in musica, 5 actes, créée au Palais Ducal de Mantoue, le 24 février 1607, d’après les Métamorphoses d’Ovide, Les Gerogiques de Virgile. Orfeo, fable musicale, n’est pas le premier opéra de l’histoire : il faut plutôt attendre près de 30 ans plus tard, et du même auteur, – mais à Venise, la création en 1642, du Couronnement de Poppée / L’incoronazione di Poppea, véritable drame moderne d’un réalisme sublime, alliant cruauté, vérité, poésie et érotisme. VOIR notre reportage Le Couronnement de Poppée de Monteverdi par Patrice Caurier et Moshe Leiser / présentée par Jean-Paul Davois / Angers Nantes Opéra 2017.
Encore entre deux eaux, celle du magrilisme de la Renaissance et des prémices de la déclamation baroque, – récitar cantando, Orfeo met en scène l’opéra lui-même, c’est à dire la force et la puissance du chant incarné. Même s’il échoue à sauver Eurydice et s’unir à elle (comme chez Wagner, l’élu Lohengrin et Elsa), Orphée, le poète de Thrace montre qu’il est capable d’émouvoir jusqu’au dieu des enfers, Pluton ; l’infléchir et le convaincre par sa peine endeuillée que son chant a sublimé…

 

 

distribution :

Ensemble Les Timbres
Orfeo : Marc Mauillon, baryton
La Musica, Euridice : Elodie Fonnard, soprano
La Messaggera, Speranza, Proserpina : Luca Mancini, alto
Pastor, Ninfa : Paul-Antoine Bénos, contre-ténor
Appolon, Pastor, Spirito : Nicholas Scott, ténor
Pastor, Spirito : Victor Sicard, baryton
Caronte, Plutone : Lisandro Abadie, basse

Elise Ferrière et Kenichi Mizuuchi, flûte à bec
Yoko Kawakubo et Maite Larburu, violon
Myriam Rignol, viole de gambe
Thibaut Roussel, théorbe et guitare baroque
Vincent Bernhardt et Julien Wolfs, clavecin et orgue
Emmanuel Ménard, mise en espace / Benoît Colardelle, lumières

17h, répétition publique

Réservation conseillée
20 €, 5 € (réduit), 15 € (adhérents Musique et Mémoire et de la MGEN)

 

 

 

 

4 autres concerts des Timbres

Samedi 14 juillet, 15 h
Chapelle Saint-Martin et Eglise Saint-Georges de Faucogney
Folianniversaire
25 micro-concerts-surprises pour la 25e édition du festival sur le thème de la Folia
programme en création (commande du festival)
Ensemble Les Timbres
Marc Mauillon, baryton
Elise Ferrière et Kenichi Mizuuchi, flûte à bec
Yoko Kawakubo et Maite Larburu, violon
Myriam Rignol, viole de gambe
Thibaut Roussel, théorbe et guitare baroque
Julien Wolfs, clavecin et orgue
Emmanuel Ménard, comédien
Benoît Colardelle, lumières

 

 

Dimanche 15 juillet, 17 h
Eglise Notre-Dame de l’Assomption de Servance
Tournoi musical
Joute instrumentale entre l’Allemagne, l’Angleterre, la France et l’Italie
programme en création (commande du festival)
Ensembles Les Timbres et Harmonia Lenis
Yoko Kawakubo, violon
Myriam Rignol, viole de gambe
Kenichi Mizuuchi, flûtes à bec
Julien Wolfs, orgue et clavecin
Benoît Colardelle, lumières

 

 

Mercredi 18 juillet, 17 h 30
Ecomusée du Pays de la Cerise de Fougerolles
Visite, dîner et concert couché
programme en création (commande du festival)
Ensemble Les Timbres
Kenichi Mizuuchi, flûte à bec
Marc Mauillon, baryton
Yoko Kawakubo et Maite Larburu, violon
Myriam Rignol, viole de gambe
Thibaut Roussel, théorbe et guitare baroque
Julien Wolfs, clavecin
Benoît Colardelle, lumières

 

 

Dimanche 22 juillet, 17 h
Eglise Saint Jean-Baptiste de Corravillers
De Hambourg à Nüremberg
Cinquante ans de sonates en trio en Allemagne du Nord
Dietrich Buxtehude, Philipp Heinrich Erlebach, Johann Philipp Krieger, Johann Sebastian Bach et Georg
Philipp Telemann
Ensemble Les Timbres
Yoko Kawakubo, violon
Myriam Rignol, viole de gambe
Julien Wolfs, orgue et clavecin
Benoît Colardelle, lumières

 
 

 
 

 

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2 – Plénitude, solitude : le Chant magicien de Marc Mauillon

Vendredi 20 juillet, 21h

 

Choeur roman de Melisey
Songline, itinéraire monodique
Marc Mauillon, voix
Benoît Colardelle, lumières

MARC MAUILLON, baryton enchanteurDISEUR, ORFEVRE DU VERBE MUSICAL... Son dernier cd, comme soliste, savait rendre hommage au premier bel canto de l’histoire musical, ce « recitar cantando » où le texte et son articulation priment sur toute idée de virtuosité vocale : d’abord le sens du mot, et le relief comme la nuance du verbe. Lire notre critique du cd les 2 orphies / Le due Orphei : Caccini / Peri… CLIC de Classiquenews d’avril 2016. Pour Musique et Mémoire 2018, le baryténor Marc Mauillon retrouve les défis d’un programme où son chant incarné, expressif est au devant de la scène.
CHANT ET MAGIE ES ABORIGENES AUSTRALIENS. Le spectacle s’inspire du livre Songlines (en français « Le chant des pistes ») de Bruce Chatwin, qui raconte la vibrante expérience de l’auteur à la recherche des itinéraires chantés des aborigènes
australiens; ces itinéraires chantés, véritables cartes permettant de se repérer dans le désert, sont l’héritage des ancêtres du « temps du rêve » car dans la mythologie aborigène tout ce qui existe a dû être chanté pour être créé. Adapté au rythme de la marche, le chant est alors guide et allié dans ce milieu hostile.
Voilà maintenant plus de 25 ans que le chant remplit ce même rôle dans la vie de Marc Mauillon. Le chant exprime et façonne, élève l’esprit et l’âme, guide et inspire, rassure et donne du courage, partage et rassemble… Solo : c’est tout seul, comme ces aborigènes qui partent en « walkabout » que le chanteur a décidé de présenter son itinéraire, comme une initiation qui se doit d’être solitaire. Un bagage minimum, un récital nomade, adaptable et évolutif, avec juste cette ligne de chant pour guide, sans accompagnement.
Une quête d’essentiel, une ascèse qui met en valeur les infinies possibilités de « l’instrument humain ». L’abondance dans la simplicité. La puissance aussi du chant solitaire, quand il est connecté au monde et à la nature.
LE CHANT, CARTE D’EXPLORATION ET DE DECOUVERTE DU MONDE… « Songline : le titre a perdu son pluriel et devient personnel : une proposition, une direction, une seule ligne de chant. Monodie. Tout tient dans cette ligne chantée qui se suffit à elle-même et qui crée un monde en soi. L’unique portée sur la partition devient temps et espace et le voici connecté à ses propres ancêtres du «Temps du rêve », ses « ancêtres » musiciens, du VIIIe au XXIe siècle, avec lesquels le lien est bien vivant et le message, sacré ou profane, toujours vibrant. Il s’incarne dans un corps pensé comme une matière modulable. L’incarnation est humaine, animale, végétale. Ces chants suscitent des variations de densité du corps et créent par ce filtre une émotion. Le corps lui-même devient une cartographie qui entre en résonance avec ce qui l’entoure. ». Nul d oute que dans la réverbération naturelle et détaillée pourtant du Choeur roman de Melisey, en écho à la pureté de son architecture minérale, la voix incantatoire, allusive, prophétique de Marc Mauillon saura fusionner le temps, l’espace, … en une quête de sens essentielle;

Réservation obligatoire
15 €, 5 € (réduit), 12 € (adhérents Musique et Mémoire et de la MGEN)
Songline, Marc Mauillon / 1 CD Son an Ero, décembre 2016

 

 

 

 

3 -  Première année pour les Traversées Baroques …

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Samedi 21 juillet, 21h

2018 à Musique et Mémoire offre une entrée nouvelle au jeune ensemble bourguignon Les Traversées Baroques

Samedi 21 juillet, 21 h
Eglise de Saint-Barthélemy
Passions et tourments amoureux
Cantates de Barbara Strozzi (1619-1667)
Les Traversées Baroques
Anne Magouët, soprano
Stéphanie Erös , violon
Judith Pacquier, cornet à bouquin
Laurent Stewart, clavecin
Florent Marie, théorbe et luth
Benoît Colardelle, lumières
Muse, chanteuse, compositrice à Venise : Barbara Strozzi, une femme au destin exceptionnel…

 

 

 

 

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4 — Jean-Charles Ablitzer
joue l’orgue ibérique de Grandvillars
Jeudi 26 juillet 2018

thumbnail_Orgue de Grandvillars vue généraleMusique et Mémoire a su depuis ses début inventer des formes nouvelles de concerts autour de l’orgue. Les Vosges du Sud offrent aujourd’hui une palette large d’orgues historiques, où il est désormais possible de ressusciter la musique pour orgue des XVIè, XVIIè, XVIIIè, tout en respectant les esthétiques des écoles européennes germaniques, françaises, ibériques à présent grâce à l’activité de l’organiste Jean-Charles Ablitzer dont l’engagement et la passion comme initiateur et interprète est depuis toujours lié à l’aventure de Musique et Mémoire. Dans l’église Saint-Martin de Grandvillars, jeudi 26 juillet à 21h, Jean-Charles Ablitzer en complicité avec le baryton espagnol Josep Cabré, joue l’orgue nouvellement installé à Grandvillars et inauguré au printemps 2018 : les deux interprètes ressuscitent Le Siècle d’Or dans les Espagnes… La splendeur de la ferveur ibérique à l’époque impériale des Habsbourg, s’incarne entre vanité, épure, flamboyance et fulgurance dans l’art de Cabezon (organiste de Charles Quint) et jusqu’aux contrastes sensuels et mystique du fabuleux Cabanilles. Voix et orgue fusionnent en un concert riche en contrastes, comme l’est l’Espagne Baroque, celle qui a aimé Titien, celle qui a permis l’essor inouï de Velazquez.

Œuvres de Francisco de la Torre, Antonio de Cabezon, Manuel Rodrigues Coelho, Sebastian Aguilera de Heredia, Francisco Correa de Arauxo, Joan Prim, Pablo Bruna, Juan Hidalgo, Juan Bautista Cabanilles — Illustration : orgue Grandvillars © Jean-François Lami.

 

 

 

 

5 – Vox Luminis

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Objectif Jean-Sébastien Bach
Vendredi 27, samedi 28 et dimanche 29 juillet 2018

 

 

vox luminis lionel meunier festival musique et memoire juillet 20153è résidence de l’ensemble vocal d’une remarquable cohésion sonore : Vox Luminis à Musique et Mémoire, le cycle « Toute la lumière de Bach » promet une immersion exceptionnelle à travers Motets, Magnificat, Messe en si mineur. Comment redécouvrir Bach en un geste et une sonorité réinventés ? Leur dernier album « Actus Tragicus » a été salué par un CLIC de CLASSIQUENEWS, coup de cœur de la Rédaction de CLASSIQUENEWS.

 

 

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianVendredi 27 juillet, 21 h
Eglise luthérienne d’Héricourt
Motets de Johann Sebastian Bach
Singet dem Herrn ein neues Lied BWV 225
Der Geist hilft unser Schwachheit auf BWV 226
Komm, Jesu, Komm BWV 229
Ich lasse dich nicht BWV Anh.159
Jesu meine Freude BWV 227
Vox Luminis
10 chanteurs et 3 instrumentistes (orgue, basson et viole de gambe)
Les Motets de Johann Sebastian Bach occupent une place de choix au sein du répertoire choral. Composés lors des premières années à Leipzig (1723-1731), les pièces ont d’autant plus de poids à ses yeux qu’elles appartiennent à un genre que sa famille pratique depuis des générations. En tant que cantor à l’Église St Thomas (Director musices), Bach est entre autres chargé de composer pour les funérailles et pour les offices commémoratifs. Or, dans la liturgie luthérienne, c’est au genre du motet que l’on a recours pour ce type de services funèbre. Les Motets de Bach exigent dextérité et virtuosité, la ligne vocale « peut s’y avérer instrumentale ». Bach allie ici habilement tradition et innovation. Il applique d’une part les règles que Josquin Des Prés a fixées au XVIe siècle si bien que son langage polyphonique se compose d’écriture imitative et de passages en homophonie où les voix chantent simultanément le même texte. Il agrémente d’autre part son écriture de deux pratiques italiennes : l’emploi du double choeur et l’insertion de madrigalismes visant à traduire musicalement certains mots du texte.
De passage à Leipzig en 1789, Mozart ne manquera pas d’être conquis par la somptuosité de ces pièces qu’il s’empresse d’étudier en détail tant il estime qu’elles sont inspirantes.
Les motets de Bach, tout en prolongeant une tradition familiale remarquablement continue et qualitative, expriment le lien viscéral du croyant à Dieu, la contemplation comme le miracle de la dévotion humble et sincère…

 

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianSamedi 28 juillet, 21 h
Eglise Saint-Martin de Lure
Magnificat(s)
Johann Pachelbel (1653-1706) : Cantate Jauchzet dem Herrnalle Welt
Johann Kuhnau (1660-1722) : Magnificat
Johann Sebastian Bach : Magnificat BWV 243
Vox Luminis
31 musiciens
Le premier Noël de Bach à Leipzig fut une grande responsabilité. En sa qualité de nouveau cantor de Saint-Thomas, – l’une des 2 églises dont il devait assurer le service musical, Jean-Sébastien déploie sa musique alors la plus impressionnante. Un fait remarquable, car durant sept mois, il avait écrit et interprété une à deux nouvelle(s) cantate(s) par semaine. Et pour cette fête de Noël, il devait faire ses preuves dans une ville qui, depuis la récente fermeture de sa maison d’opéra, restait sur sa faim en matière de divertissements musicaux. Le Magnificat offre donc un drame majestueux dans une échelle resserrée, du moins dans la dernière version de Bach avec trompettes de cérémonie. Vox Luminis rétablit l’atmosphère de Noël, avec le Magnificat de Kuhnau, une oeuvre que Bach a très probablement dirigée. D’Allemagne du Sud, on entendra également une cantate de Pachelbel, aujourd’hui surtout connu pour son Canon, mais en son temps célèbre pour ses talents d’organiste. Sans chef, Vox Luminis s’immerge totalement dans la musique pour en révéler un océan de nuances et d’intentions passionnées.

17h, Répétition publique

 

 

 

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianDimanche 29 juillet, 21 h
Basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains
Messe en si BWV 232
Vox Luminis
10 chanteurs et 20 instrumentistes
Jamais jouée à l’époque de Bach, sous la forme que nous lui connaissons actuellement, la Messe en si mineur est une oeuvre emblématique de la musique occidentale sacrée, le testament de toute une vie, celle de Jean-Sébastien Bach. Même dans ses dimensions spectaculaires (associant trompettes éclatantes et choeur en majesté), la partition reste un témoignage d’une puissante et profonde ferveur, exprimant ce qui est au coeur de la piété luthérienne comme catholique, les doutes du croyant, sublimés par la révélation de la grâce divine. Tout le cycle alterne doxologie collective victorieuse, et sentiment d’abandon et de perte, de solitude et d’impuissance, cependant réconforté par la présence ineffable de la miséricorde divine.

L’histoire nous laisse dans l’ombre tant sur l’origine que sur la fonction de l’oeuvre. Bach aurait-il été soucieux de sa vulnérabilité ? Cette compilation puisant dans des ressources antérieures (Bach y recycle de nombreuses partitions précédemment créées dans d’autres contextes) est dotée cependant d’une ingéniosité sans équivoque ; elle semble vouloir donner un aperçu global de tous les styles et techniques, pleinement maitrisés à l’époque de Bach. Son éclectisme n’empêche pas au final, une cohérence troublante. L’architecture est unique et englobe une voûte et son contraire : l’ancien et le nouveau, l’objectivité grégorienne dérivée de la psalmodie et la forme baroque la plus contemporaine, les formes libres et les formes carrées, le coeur et le choeur, l’individu et l’humanité, le populaire et le spirituel, les rythmes dansés et les voix angéliques. Résumer le ciel et la terre, voici l’essence même de l’Ordinaire – la partie récurrente que le croyant se doit d’invoquer à l’heure de la messe et que Bach met ici en musique. Même le meilleur de la musique profane y est intégré ; Qui sedes ad dextram Patris réfère à une Gigue, Quoniam tu solus Sanctus à une Polonaise, Crucifixus à une Passacaille, Et resurrexit à une Réjouissance.
Plus on plonge dans l’oeuvre, plus la recherche d’une abstraction universelle semblemusique et memoire festival 2018 les 25 ans visuel_2018 évidente. Une messe en latin dans un contexte luthérien allemand est en soi un choix ambivalent qui a donné à l’oeuvre un caractère oecuménique. Y aurait-il la volonté de transgresser les convictions individuelles en vue d’un message universel, inscrit dans la musique ? En offrant la Messe en si de Bach, le 25è Festival Musique et Mémoire offre pour sa conclusion, « une clôture sur le toit du monde de la création artistique » . Tous les grands chefs s’y sont frottés, récemment William Christie avec le succès que l’on sait. Lire notre critique de la Messe en si de Bill Christie.

bach jean sebastian sebastien portrait vignette par classiquenews bach_js-jean-sebastianMesse en si de Jean-Sébastien Bach. Collection éclectique de pièces écrites à différentes périodes de la vie de Jean-Sébastien bach, la Messe en si nous saisit aujourd’hui par son unité, son exclamation humaine et fervente d’une vérité inépuisable. Bach en achève à la fin des années 1740, les dernières pages alors qu’il est directeur de la musique à Leipzig en particulier pour l’église de Saint-Thomas. Le raffinement de l’orchestre, le nombre important des solistes du choeur – qui fournit les chanteurs des airs solos et des duos, composent de multiples versions à la fois monumentale et d’une rare éloquence active, d’un caractère plus individuel voire intimiste ; toujours préserver selon les options musicales, l’expressivité d’une foi sereine mais éclatante qui s’agissant de Leipzig, même dans un contexte luthérien orthodoxe, n’hésite pas à utiliser le terme de Messe pour les occasions exceptionnelles et les célébrations importantes de l’année. Ainsi, même si la Messe en si que nous connaissons actuellement dans une forme jamais élobarée ainsi par Bach, récapitule toute la recherche chorale et instrumentale de Jean-Sébastien, tout au long de sa vie, confronté à la nécessité du décorum, mais plutôt inspiré par la sincérité d’une ferveur surtout individuelle. Outre ses grandes proportions, et sa solennité, la Messe en si rayonne et touche les cœurs, par sa transparence, sa juvénilité vocale, son sens du rebond et du détail, de la nuance et du scintillement collectif, à travers son éloquente humanité, son architecture plus fraternelle que spectaculaire : le sens de tout le cycle s’achevant dans une séquence finale bouleversante, où tout est dit et exprimé par la voix solo de l’alto et du continuo réduit à l’essentiel. Programme événement.

Pour les 25 ans de Musique et Mémoire, nul doute que les voix enchantées, enivrées et si précises et souples de Vox Luminis en proposeront une lecture caractérisée et subtilement incarnée. Concert événement.

17 h >  répétition publique

 

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INFOS & RESERVATIONS :

Festival Musique et Mémoire — 25 ans, du 13 au 29 juillet 2018
Informations pratiques
Pour tous renseignements 06 40 87 41 39/ festival@musetmemoire.com
Présentation détaillée sur www.musetmemoire.com

 

 

 

 

 

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